Lundi 30 mars 2009

Ségolène Royal - AG Désirs d'Avenir
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L'intervention de Ségolène Royal lors de l'AG de Désirs d'Avenir.

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Lundi 30 mars 2009

Régis Debray - La Fraternité
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Lors de l'AG de Désirs d'Avenir, Régis Debray nous livre ses réflexions à propos du mot " Fraternité ".

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes
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Lundi 16 mars 2009



« Elle a jonché d'or et de jade ma routine
Elle a jonché de sopalin des torrents de larmes
Mais l'ampleur m'a fait me fissurer
Ode à la vie
Ode à la parodie
Ode à la poésie
Ode à la vie
Ode à la vie... »

 

Alain Bashung, Ode à la vie

 

La musique, disait-il, m'a donné la parole. Et aussi : « Depuis le début, j'ai eu envie de donner la parole à ceux qui n'ont pas une grande gueule. J'en fais partie. » Alain Bashung aimait les réservés, ceux qui en tiennent pour la nuance. Son élégance nonchalante était bien plus qu'une esthétique : une éthique dont, jusqu'au bout, il ne s'est pas départi.

Une génération après l'autre a fredonné ses titres impeccablement ciselés, dont la poésie faisait corps avec la musique car le son, dans son oeuvre, raconte autant que les mots. On l'a dit le plus sophistiqué des rockers français. Il concevait le rock comme une incitation à s'affranchir des structures qui emprisonnent,. Comme une invitation à explorer d'autres formes musicales, métissées de blues, de jazz ou de country urbaine. Comme une façon d'emmener son public vers d'autres rivages, au-delà des « lacs gelés » qu'un jour, il avait juré d'enjamber (A perte de vue).

Son amie Brigitte Fontaine l'appelait « le rigolo ténébreux ». Pour moi, il restera cet équilibriste du style, audacieux et subtil, trop libre pour entrer dans une case. Il nous avait d'ailleurs prévenus dans Retours : « Surtout ne me colle pas d'étiquette, ça n'adhère pas, j'ai essayé ».

Il disait concevoir ses albums à la manière d'un metteur en scène et ses chansons comme autant de petites maisons s'inscrivant dans un paysage d'ensemble, avec un rythme pour chaque phrase et un grain pour chaque texte. Ainsi, ajoutait-il, « on ne se retrouve pas avec une chanson qui n'a rien à voir avec l'humanité de l'autre. »

Bashung se moquait que certains qualifient de professionnellement suicidaires des virages musicaux qui étaient sa manière exigeante d'être fidèle à lui-même et la marque d'une méfiance toujours en alerte contre « les idées resucées comme un chewing-gum usagé ». Il avait donné à un précédent album le beau titre d'Imprudence, « le mot, disait-il, de toute une vie », grâce auquel les portes s'ouvrent.

Parce qu'il respectait son public, Alain Bashung estimait ne pas devoir dicter, asséner, imposer une façon de voir et de ressentir. Il ne voulait pas « souligner en rouge une interprétation et une seule » mais plutôt suggérer, laisser imaginer, « raconter de biais » et, toujours, préserver plusieurs niveaux de lecture. Il excellait à exprimer ces fêlures intimes que chacun porte en soi, les fragilités enfouies et les rêves obstinés dont chaque vie est tissée.

Avec Bleu Pétrole, il avait fait le choix de nous livrer un regard sur le monde qu'il voulait « humblement politique » quoique toujours ennemi du premier degré. Dans ce superbe album, son dernier, il confiait ses sentiments sur l'époque et les questions qu'elle pose aux « résidents de la République ». Il revendiquait, pour son titre, plusieurs sens possibles, l'ambivalence de ce pétrole à la fois « sang dans les veines de la société », moteur d'innovations technologiques et fauteur de pollutions, de conflits, de morts. Pétrole évocateur d'une geste héroïque de l'industrialisation et vecteur de  nos crises actuelles. Il avait rappelé la mémoire de ces chanteurs qui se tenaient aux côtés des ouvriers en lutte et des syndicats américains naissants, comme Woody Guthrie guitare au poing face aux milices briseuses de grèves. « Je retiens, disait-il, la grandeur de ces combats. »

Mais aujourd'hui, ajoutait-il, on ne sait plus très bien avec quelles armes et contre qui lutter, car « l'ennemi semble invisible, caché derrière des armées d'actionnaires ». Il n'en tirait aucune réponse désabusée mais, au contraire, cette belle définition du rôle des artistes dans leur société : montrer que les rêves peuvent percer le brouillard en donnant le goût d'autres possibles.

Il y a tout juste un an, évoquant le propos général de ce dernier album, il nous posait cette question : «  Etes-vous équipé, quasiment comme le serait un explorateur à la veille d'une aventure, pour survivre dans l'avenir ? Disposez-vous du matériel, des sentiments, de la force intérieure, des convictions nécessaires ? » Il ajoutait ceci, bien à sa manière : « Moi, j'ai des doutes et j'ai envie de dire : réfléchissons-y ensemble. » Il n'est plus là pour y penser avec nous et poser ses mots justes sur les choses de la vie et les énigmes du temps qui vient. Mais ses chansons magnifiques continueront de nous parler.

Jadis, Alain Bashung pensait mourir jeune, aux alentours de 25 ans, et ne pouvoir arracher à ce bref trajet qu'un petit lot d'expériences intenses et fortes. Il nous a, pour notre bonheur, accompagnés plus longtemps sans que jamais s'érode, d'un album à l'autre, ce pouvoir de surprendre, d'émouvoir, d'enchanter, d'une liberté encourageant la nôtre. J'ai eu la chance de l'accueillir l'été dernier, aux Francofolies de La Rochelle. Nous le savions gravement malade. Il fut, sur scène, d'une générosité intacte. Car il était ainsi, Bashung : donnant sans peser, homme de tenue et de retenue, de courage sans pathos, de lucidité sans cynisme.

Musicien, auteur, interprète, comédien, il nous laisse ce qui constitue, pour moi, le fil conducteur de son immense talent aux multiples facettes : une exceptionnelle leçon d'humanité.



NDLR : Comment vous parler de Bashung sans en écouter un peu. Je vous propose donc le clip de ce qui est à mon avis le titre le plus abbouti d'Alain Bashung, "Madame Rêve". Alain Bashung nous emmêne dans un moment de poésie la plus pure et la plus sensuelle. A noter dans ce clip la présence de Fany Ardant. NG

Alain Bashung - Madame Reve
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Alain Bashung - Madame Reve Pop - (C) 1992 Barclay Universal Music Division Barclay Pour vous inscrire à sa newsletter officielle cliquez ici : http://www.musicreg.net/checkform?force_form=1&form_id=5081


Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Communiqué
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Jeudi 12 mars 2009

Ségolène Royal - France Inter
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Ségolène Royal est l'invité de Fabrice Drouelle dans le 7/10 de France Inter (8h20 - 11 mars 2009)

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Interviews
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Mardi 17 février 2009

"Si l'élection du président Obama a d'abord réconcilié l'Amérique avec elle-même, elle a aussi posé les fondements d'une réconciliation de l'Amérique avec le reste de la planète. En dénonçant avec courage l'aveuglement de la puissance brute, en acceptant d'écouter le monde tel qu'il est, complexe, riche, mais aussi fragmenté et imprévisible, en plaçant sa confiance dans le dialogue avec tous plutôt que dans le coup de poing solitaire, il a sonné le glas d'une vision impériale dont le seul résultat aura été l'impasse irakienne.

Avec son retour dans le commandement intégré de l'OTAN, la France envoie un signal de repli sur la sphère occidentale qui va à rebours de la stratégie d'ouverture impulsée par Barack Obama. Cette décision, prise quand George W. Bush était encore en fonctions, n'est pas le gage d'une nouvelle relation avec les Etats-Unis, ces derniers ayant de plus en plus besoin d'une Europe politiquement forte et indépendante. Au fond, ce repli traduit un triple contresens : sur l'évolution du monde aujourd'hui ; sur le rôle de la France et de l'Europe dans les relations internationales ; sur les garanties de notre sécurité collective.

Le mur de Berlin est tombé depuis presque vingt ans. En vingt ans, de nouvelles puissances ont émergé, à l'image de la Chine, de l'Inde ou encore du Brésil. Les menaces ont changé, les conflits aussi. Les risques d'affrontement entre blocs ont laissé place à une prolifération de guerres civiles et à la déterritorialisation d'un terrorisme transfrontière. Des Etats se sont effondrés, de nouvelles zones grises sont apparues dans les interstices de l'ancien empire soviétique, les trafics de toutes sortes se sont globalisés.

Face à ces bouleversements, l'OTAN a traversé une crise d'identité profonde. Partiellement périmée par l'effondrement du Pacte de Varsovie, la doctrine de sanctuarisation de l'espace Atlantique a été élargie au profit d'une logique d'intervention extérieure, au Kosovo, puis en Afghanistan. Certaines ambiguïtés majeures n'ont pas pour autant été levées. L'OTAN demeure une organisation marquée par la guerre froide, avec pour corollaire le leadership politique et militaire que les Etats-Unis y exercent. Ainsi s'explique sa force d'attraction sur les anciens satellites de la Russie, désireux de s'affranchir de l'"étranger proche" de Moscou en se plaçant sous le "parapluie" américain.

Fermée aux grandes puissances non occidentales, mais ouverte à des théâtres d'opérations extérieures, l'Alliance vit dans un entre-deux délicat. Elle apparaît désormais comme le bras armé de l'Occident dans le monde, sans avoir la légitimité dont bénéficierait une alliance à vocation universelle. Avant de décider d'une réintégration au sein du commandement militaire intégré, il aurait donc été souhaitable qu'un débat politique s'engage sur les nouvelles missions confiées à l'OTAN. Faut-il, alors que d'autres pays s'affirment sur la scène internationale, donner le sentiment de nous crisper sur la "famille occidentale" ?

Ne risquons-nous pas de nous enfermer dans une logique défensive d'avant-hier, alors même que le monde est en train de basculer ? Ne donnons-nous pas le signal de l'enfermement, alors que nous devons être dans un mouvement d'ouverture ?

Dès les années 1960, le général de Gaulle avait compris l'intérêt de jouer un rôle de "pont" entre l'Est et l'Ouest, entre le tiers-monde d'alors et ceux que l'on n'appelait pas encore les pays du Nord. Bien que la donne ait changé, cette posture est plus pertinente que jamais. Le monde a besoin de pays qui jouent le rôle de médiateurs, voire de recours, politique et moral. Cela vaut pour la France. Mais cela vaut aussi pour l'Europe dans son ensemble. L'indépendance de la politique étrangère n'est pas destinée à flatter l'esprit cocardier. Elle est le fondement d'une stratégie d'influence globale destinée à nouer le dialogue, en évitant d'être marqué au fer rouge par l'assignation à un camp.

Bien sûr, le retour dans les structures de l'OTAN ne signifie pas une adhésion de droit à toutes les opérations de l'Organisation, mais il est évident que notre participation aux commandements de l'OTAN fera peser sur nos choix d'engagement une pression morale considérable. L'étouffante pression de l'unanimité ne constituera jamais un gage sûr de notre liberté, car il faut beaucoup de force d'âme pour s'opposer lorsqu'on est seul. Non, le cadre de l'OTAN n'est pas aussi flexible et protecteur de notre indépendance diplomatique que Nicolas Sarkozy cherche à le faire croire. Or, les drames vécus en Irak ont prouvé que la France voyait juste. Cette voix pourra-t-elle encore s'élever demain ? Rien n'est moins sûr. En tout état de cause, ce tournant ne peut pas être pris sans un débat et un vote au Parlement.

Enfin, la réintégration de la France dans l'OTAN aurait pu se comprendre comme un choix tactique s'inscrivant dans le cadre d'un projet ambitieux pour une Europe de la défense indépendante. Des bases solides pour l'Europe de la défense étaient d'ailleurs selon Nicolas Sarkozy la condition nécessaire à notre retour dans l'OTAN. En lieu et place, on trouve un maigre bilan.

Les importants moyens humains et financiers qui vont être mis au service de l'OTAN auraient eu plus de sens s'ils avaient été précédés par de nouveaux moyens mis au service de l'Europe. On ne peut demander à l'Europe de la défense de progresser tout en consacrant plus de moyens à l'OTAN. Il y a ici une contradiction forte qui ressemble à un choix trop facile de l'OTAN contre l'Europe.

Plus que jamais, il faut doter la France et l'Europe d'une vision stratégique. Les idéaux de paix et de démocratie que les pères fondateurs voulaient pour l'Europe, et qui sont les nôtres aujourd'hui, ne sont pas des horizons qu'il faut invoquer au détour d'un discours : ils sont les fondements réels de notre puissance et de notre rayonnement dans ce monde. L'Europe de la défense n'est pas seulement un dispositif militaire, c'est avant tout un pilier au service d'une identité propre, fondée sur le droit, l'esprit de justice et l'indépendance. Soyons-en sûrs : c'est de cette Europe dont les Etats-Unis et le monde ont besoin aujourd'hui.

Ségolène Royal

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Communiqué
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