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Discours de Ségolène Royal

Mardi 22 janvier 2008 2 22 /01 /Jan /2008 22:54
Samedi après midi, devant 750 personnes se tenait la conclusion des travaux du forum organisé par Vincent Peillon. Sont intervenus, Pierre Moscovici, Marisol Touraine, Gaëtan Gorce, André Vallini, Ségolène Royal et Vincent Peillon, l'ensemble modéré par François Rebsamen. Voici des extraits de l'intervention de Ségolène Royal.

Ségolène Royal Extraits Intervention
Vidéo envoyée par segoleneparis

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 22:08
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"Quelques raisons de ma venue au Québec"

 
 
1ère raison : Dans la Région que je préside, le 400ème anniversaire de la fondation de Québec a un retentissement particulier car il s’inscrit dans une histoire au long cours :

* parce que Champlain était saintongeais, né à Brouage en Charente-Maritime ;

* parce que beaucoup d’habitants de ma région ont jadis émigré au Québec (et aussi en Acadie) : dans les mémoires familiales et l’histoire des territoires, ce lien transatlantique perdure ;

* parce que la Région Poitou-Charentes est aujourd’hui engagée dans des actions communes et des partenariats avec le Québec auxquels j’attache beaucoup de prix (sujets ?).

Cela suffirait au plaisir que je prends à cette visite et aux rencontres dont elle sera l’occasion.

Mais d’autres raisons poussent aussi la responsable politique nationale que je suis à m’intéresser de près à ce laboratoire de la modernité, imaginatif et pragmatique, qu’est aujourd’hui le Québec.

2ème raison : Notre engagement conjoint dans la francophonie, notre conviction commune que la défendre et la promouvoir, c’est contribuer activement au respect de la diversité des cultures dans une mondialisation qui peut être, selon ce que nous en ferons, une chance riche de nouveaux possibles ou un risque majeur d’uniformisation marchande et d’accentuation des inégalités, toutes choses qui alimenteront les replis apeurés et haineux, les fondamentalismes réactifs et, au bout du compte, les insécurités planétaires.

Cet apport de l’expérience francophone dans un monde globalisé, que le Québec incarne si bien, j’y vois une chance pour civiliser la mondialisation.

Les Québécois savent, eux, ce que défendre une langue, une culture, une histoire, une identité veut dire, pour soi donc aussi pour les autres et en relation avec les autres.

Certaines élites adeptes des conformismes dominants ne voient pas la modernité du message francophone et cette promesse d’avenir contenue dans notre obstination à faire vivre et respecter la langue que nous avons en partage.

J’y vois, moi, les prémisses d’une nouvelle cohabitation planétaire.

3ème raison : Je suis, vous le savez, partisane d’une relation équilibrée entre l’Europe et les Etats-Unis, où l’amitié n’exclue pas la franchise, la liberté de jugement et, le cas échéant, les désaccords. Le Canada anglophone et le Québec ont l’expérience d’un voisinage au long cours sans inféodation. C’est là un sujet sur lequel les échanges entre nous me paraissent utiles et nécessaires.

En particulier au moment où les organismes de ce qu’on appelle, hélas un peu abusivement, « la gouvernance mondiale » peinent à trouver un second souffle, à s’ouvrir aux préoccupations du sud et aux nouvelles puissances émergentes, à un moment où ils doivent trouver une légitimité et une efficacité en phase avec le monde d’aujourd’hui, ses attentes, ses rapports de forces et ses risques inédits.

4ème raison : Dans la lutte contre le réchauffement climatique, le monde a besoin du Canada, directement touché par la fonte de la banquise et engagé dans la « bataille de l’Arctique » qui s’annonce. Je sais que le Canada et la France n’ont pas fait le même choix face au protocole de Kyoto mais, depuis, la prise de conscience écologique s’est partout renforcée. Pour moi qui attache une importance prioritaire à l’excellence et à la sécurité environnementales, ce voyage au Québec est aussi une occasion d’évoquer ces questions et de voir, sur place, des réalisations éco-industrielles exemplaires (comme cette entreprise de construction de maisons à ossature bois que je visiterai à Montmagny).

5ème raison : Enfin, et ça n’est pas le moins important, les questions aujourd’hui en débat au Québec autour de ce qu’on y appelle « les accommodements raisonnables » me paraissent essentielles. Comment assumer la pluralité des origines pour fortifier l’appartenance commune ? Comment lutter efficacement contre les discriminations ? Quels droits et quels devoirs pour les individus et les groupes ? Quelle laïcité ? Comment construire une histoire partagée, accueillante à toutes les mémoires et toutes les trajectoires, qui soit un point d’appui pour se projeter ensemble vers l’avenir ?

Ce sont des questions que se posent toutes les nations, toutes les sociétés que les vagues migratoires, la soif croissante de reconnaissance des individus et les effets de la mondialisation poussent à actualiser leurs valeurs communes et leurs règles de vie.

L’expérience québécoise est particulièrement intéressante car elle est à la fois lutte opiniâtre pour être reconnu dans un environnement majoritairement anglophone et volonté reconnaître toutes les composantes actuelles du Québec. Nos approches et nos outils ne sont pas forcément les mêmes mais nos interrogations sont très voisines et je crois que la confrontation de nos expériences respectives peut être très fructueuse.

6ème raison : J’ajoute que, convaincue que nous devons actualiser un « modèle social » français qui tient mal ses promesses dans le monde d’aujourd’hui, je suis curieuse de voir comment, au Québec, on cherche aussi un nouvel équilibre entre le rôle de l’Etat et celui du marché, entre les adaptations nécessaires et les protections solidaires.

Il me semble que nous avons en commun une culture qui refuse l’effacement de la puissance publique et croit au pouvoir de la volonté politique pour corriger le désordre des choses. C’est, par exemple, le Québec qui, bien avant la France, a mis en place des quotas de chansons en langue française à la radio, mesure de protection et de promotion qui a favorisé l’éclosion des talents et n’est pas étrangère au vif succès des artistes québécois sur la scène internationale. Mais il me semble aussi que ce volontarisme fait bon ménage avec un pragmatisme dont la tradition française est moins familière et qui est pourtant, à mes yeux, une condition de l’efficacité des politiques publiques.

En matière de sécurité, de prévention de la délinquance et de la récidive, en particulier des délinquants sexuels, il y a au Québec des expériences qui font la preuve de leur efficacité car elles ont les moyens de leurs objectifs et se gardent de ce populisme pénal qui, jamais, n’obtient les résultats promis.

Dynamisation économique, protection contre les dérives de la financiarisation, création d’emplois : sur ces sujets aussi, je suis très intéressée par la démarche et les réalisations québécoises.

Comme vous le voyez, l’amitié enracinée dans l’histoire, la curiosité personnelle, les combats partagés et les questionnements communs sont à l’origine d’un voyage dont j’avais depuis longtemps le projet et dont je prends aujourd’hui le temps avec grand plaisir.

Je vais vous faire une confidence : c’est en ouvrant toutes grandes ses portes et ses fenêtres sur l’expérience des autres que la gauche française renouera avec son temps et formulera, à sa manière, une proposition politique en phase avec les attentes actuelles des Français et en prise avec les mutations de notre monde. C’est à cela que je m’emploie.

J’étais il y a quelques jours en Italie et j’y ai vu un bel exemple de démocratie participative associant largement les citoyens au choix des dirigeants et candidats de la gauche.

Je voyage. J’observe. J’écoute. Je regarde ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et j’en tire des leçons pour la France.
 
Signature Ségolène Royal
 
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 12:53
Merci pour ces retrouvailles, pour votre confiance, votre fidélité, votre engagement intact.

Certains se demandent pourquoi je prends la parole aujourd’hui à quelques jours de l’université d’été du parti socialiste. J’ai lu certains commentaires : lorsque que les socialistes se taisent, ils n’ont rien à dire, lorsqu’ils parlent, ils sont en compétition. Je vais vous faire une confidence : j’ai quelque chose à vous dire et je ne suis en compétition avec personne et ne recherche rien d’autre que d’assumer mes responsabilités dans le débat d’idées. De toute façon, c’est un travail collectif de longue haleine qui commence. Et, même, ce que je vais vous dire aujourd’hui est le fruit d’un travail collectif, c’est le début d’un processus au long cours.Comme je m’y étais engagée et forte ce que j’ai compris durant cette campagne, je commence aujourd’hui, comme viennent de le faire tous les amis qui se sont exprimés, à mettre ce que j’ai appris au service de tous les socialistes, simplement et sérieusement et, au-delà, de l’action au service de la France. Je souhaite aussi faire monter les nouvelles générations, renouveler celles et ceux qui participent au débat.

Je ne vais pas vous faire un grand discours grandiloquent, un discours de campagne, mais vous présenter quelques idées fortes en complément de ce qui a été dit tout à l’heure. J’ai retrouvé ici une ambiance de travail propice à la réflexion.

Cette réflexion devra déboucher sur une rénovation profonde de nos méthodes et de certaines de nos idées dans la fidélité à nos valeurs.

Je me sens entièrement mobilisée et animée d’une volonté très solide et du bonheur qui nous rassemble. Contrairement à ce que je lis ici ou là, je n’ai aucun esprit de rancune, de revanche, aucune amertume, y compris envers ceux dont la chaude affection littéraire m’entoure dans cette rentrée. Je ne suis animée que par une énergie positive, plus renforcée par les épreuves et les bonheurs vécus au cours de cette année écoulée.

Le renouveau, ce sera aussi une nouvelle manière pour nous les socialistes de travailler ensemble entre nous et une nouvelle manière de dialoguer avec les autres forces politiques parce que les besoins sont urgents et que les solutions ne peuvent pas attendre, que les Français sont impatients. Nous sommes aujourd’hui dans l’opposition mais ce qu’attendent de nous des millions de gens c’est que nous nous comportions comme si nous étions en responsabilité pour nous mettre, là où nous sommes, parti, parlement, syndicats, laboratoires, entreprises, associations, régions, départements communes, au service de la nécessaire transformation des structures économiques et sociales du pays en agissant pour que ces mutations indispensables et difficiles ne se fassent pas au profit de quelques-uns uns et aux dépends du plus grand nombre.

Nous devons avoir la même attitude intellectuelle que celle d’un chercheur devant un problème nouveau : modestie mais obstination, esprit de curiosité et d’inventivité, rassemblement des intelligences, invention de nouvelles façons de faire, de se parler et de réfléchir.

Quelques leçons de l’élection présidentielle

L’élection présidentielle nous a fourni des leçons précieuses. Je ne serai pas exhaustive ici, bien sûr, ce serait trop long.

Tout d’abord, quelle année riche d’expériences, de rencontres, d’espérances, avec ses joies et bien sûr ses peines, sa déception dans le résultat mais quelle année formatrice pour les prochaines batailles et nos prochaines victoires !

Qu’avons-nous fait ensemble ?

A la fin de ces campagnes présidentielle et législative, nous avons commencé à inventer le socialisme du 21ème siècle, nous avons fait vivre à une échelle inédite et avec intensité, cette démocratie qui rend aux Français la parole et, avec elle, le pouvoir de proposer et de peser.

Nous avons redonné à nos concitoyens le goût de la chose publique et du débat politique, et notamment aux jeunes.

Nous n’avons abandonné à la droite aucun terrain, car il n’y a pas des sujets de gauche et des sujets de droite mais des problèmes que vivent les Français, notamment la baisse du pouvoir d’achat en cette rentrée. Par contre, il y a des manières de gauche et des manières de droite d’apporter des réponses à ces problèmes et aussi des dépassements et des convergences au-delà de l’affrontement bloc contre bloc.

Nous avons rencontré tant de gens dans tout le pays qui ont soif de progrès.

Tant de gens qui refusent l’assistanat mais veulent des solidarités vraies, efficaces, respectueuses de la dignité due à chacun.

Et pourtant, nous avons perdu.

Pourquoi ?

Il y a, en effet, parmi d’autres raisons, deux chantiers essentiels que nous n’avons pas eu le temps de conduire à leur terme et pour lesquels il faut reprendre l’ouvrage :

* actualiser complètement nos réponses, nos propositions pour qu’elles soient en prise directe sur la société et les attentes d’aujourd’hui. Il nous faut voir le monde tel qu’il est et moi-même je l’avoue, j’ai parfois improvisé à cause du temps qui était compté.Mais regarder les choses en face ne suffit pas : il nous faut aussi être inventifs, créatifs, ne pas déplorer ce qui n’est plus : repérer et comprendre les prémisses d’autres possibles, penser les menaces mais aussi les opportunités nouvelles du monde d’aujourd’hui, pour mieux protéger de ses risques et se saisir de ses chances.

* le temps nous a aussi manqué collectivement pour nous organiser en un grand parti moderne, portes et fenêtres largement ouvertes sur la société, efficace, tirant dans le même sens, mobilisant au mieux les réserves d’intelligence collective et d’engagement de ses militants et de ses sympathisants dont j’ai pris la mesure pendant cette campagne. Un grand parti moderne qui prenne pleinement appui sur cette force de propositions dont les milliers de contributions ont montré la richesse, de l’entreprise à l’école en passant par l’excellence écologique, le logement, les retraites et tous ces grands chantiers que nous allons prendre à bras le corps en partant d’une analyse sans œillères des choses telles qu’elles sont et des attentes fondamentales que partagent les Français quels qu’aient été leurs votes.

La bonne nouvelle = ce temps qui nous a manqué, nous allons le prendre.

Je vous en fais la promesse.

Et nous achèverons le travail.

Collectivement. Fraternellement. Obstinément. Et surtout, tous ensemble.

Mais ce que nous avons été nombreux, dans les étapes, à voir c’est qu’il faut se méfier des faux débats qui déconcertent nos électeurs. Je prendrai deux exemples. Le marché et la place de l’individu dans notre société.

Est-on pour ou contre le marché ? Question singulière pour un parti qui ne professe plus depuis bien longtemps l’étatisation des moyens de production.

Le marché nous est aussi naturel que l’air que l’on respire ou que l’eau que l’on boit. Il s’agit là d’un jeu d’enfoncement de portes ouvertes. Mais l’eau peut être polluée et l’air vicié et c’est là que le débat politique trouve sa pertinence.

Nous inscrivons bien évidement notre action dans le cadre des économies de marché et s’il faut l’écrire, écrivons-le une fois pour toutes. Mais nous ne faisons pas confiance au marché pour assurer la justice sociale et la cohésion démocratique des sociétés, et s’il faut le dire disons-le. Le marché se dirige spontanément vers là où il y a du pouvoir d’achat. Il n’est pas, contrairement à une gentille comptine des théoriciens libéraux, lucides sur les nouvelles demandes sociales, les souffrances, les carences. Il s’y engouffrera quand l’action politique et les évolutions de la société auront créé le mouvement et le mouvement, le besoin. Par exemple, l’industrie pharmaceutique et l’industrie du tourisme ont connu hier un boom grâce aux lois sur les congés payés et la sécurité sociale. Cette même logique se vérifiera demain avec la sécurité environnementale. Le marché doit avoir sa place, toute sa place, rien que sa place. Les socialistes allemands ont une devise, le marché chaque fois que cela est possible, l’Etat chaque fois que cela est nécessaire. Nous, socialistes français, nous pouvons y ajouter la juste place des services publics.

Je suis convaincue qu’un Etat et des collectivités locales en symbiose avec la société sont la canne d’aveugle du marché. Ce qui veut dire des pouvoirs publics performants et une société agissante, participative, et par-dessus le marché une économie dynamique.

Seconde leçon et autre faux débat,l’individualisme.

Nous, socialistes, ne serions pas au clair quant à la place de l’individu. Je suis assez sidérée que nous ayons peur de l’affirmation de l’individu qui est dans nos textes juridiques fondateurs celle de la personne humaine. Depuis l’Habeas corpus, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la convention européenne des droits de l’homme, la liberté de conscience et d’expression de chaque être humain, et je n’oublie pas les droits de la femme et de l’enfant, tout le progrès de la civilisation fut d’attribuer des droits nouveaux à chaque humain : le droit à un travail, à une famille à un logement, au savoir, à la santé. Le rôle éminent de l’individu a commencé là et soyons en fiers d’y avoir contribué.

Notre objectif est donc de favoriser le plein épanouissement de chacun et nous sommes de gauche précisément en ce que nous affirmons que chacun recèle des talents propres et que chaque être humain est singulier dans l’humanité plurielle.

La confusion réside ailleurs. Cette charge contre l’individualisme révèle notre difficulté à élaborer des formes nouvelles et adaptées de délibération collective.

Nos concitoyens sont informés et ils demandent encore plus d’information, ils cherchent les lieux de confrontation, comment prétendre le contraire après ce que nous avons vécu durant la campagne présidentielle ?

La Parti Socialiste du 21ème siècle doit être à la fois un lieu de connaissance, un lieu de délibération, d’élaboration, enfin un outil de combat collectif. Il ne peut l’être que s’il vit en osmose avec les citoyens dont il est une des représentations.

Ses réunions doivent être ouvertes, les mouvements de société doivent lui être associés, les forums doivent nourrir ses propositions en amont, l’usage d’Internet doivent lui permettre d’être en contact quotidien avec ses millions d’électeurs.

Nos congrès doivent obéir à cette nouvelle logique. Plutôt que d’être le camp clos d’affrontements parfois obscurs, les positions des uns et des autres doivent avoir été validées par des débats qui leur donneront leur légitimité. Il faut que notre fonctionnement favorise les vrais débats et pas la prolifération des motions qui donnent souvent lieu à des règlements de compte inutilement brutaux suivis de synthèse parfaitement illisibles. Les Français se détournent de cette manière de faire de la politique. Ils sont au-delà et pas en deçà, Ne nous y trompons pas ce malentendu sera fatal au Ps s’il n’est pas levé, et vite.

Enfin, si nous sommes ensemble, c’est pour ne pas se désunir à la première contrariété d’ambitions. Notre nouveau fonctionnement devra être clair là dessus aussi.

Ceci signifie que la vie interne doit tenir compte des échéances institutionnelles. Le programme ne doit pas être un programme de tactique interne mais un programme pour convaincre et gagner et pour faire progresser notre pays en réhabilitant justice et efficacité.

Le Parti socialiste est un grand parti, mais c’est aussi aujourd’hui un parti qui doute. C’est fructueux, le doute, c’est se poser des questions sur ce que l’on est, sur ce que l’on pense. C’est un mouvement nécessaire, je dirai même salutaire : car j’y vois la marque de ceux qui savent se mettre en question pour avancer.

On nous dit que la gauche dans son ensemble est aujourd’hui affaiblie par une accusation à laquelle elle n’a pas répondu avec suffisamment de force.

La gauche est suspectée de faire du collectif la mesure de toute chose. Accusée de faire des situations individuelles le seul résultat d’inerties sociales, de reproductions.

Suspectée de déresponsabiliser nos concitoyens, aussi, et de ne parler que de droits, quand il faudrait parler de devoirs et de contreparties.

Accusée d’oublier la flamme qui anime tous ceux qui, chaque matin, se rendent à leur travail pour nourrir leur famille et se bâtir une vie digne.

Nous ne devons pas seulement répondre à cette suspicion, mais reprendre l’offensive parce que c’est seule une bonne articulation de l’individuel et du collectif qui permettra d’affronter les mutations du monde et les légitimes aspirations à la réussite individuelle.

Etre socialiste, c’est penser en effet que le collectif vient en soutien de chaque foyer, de chaque personne insuffisamment armée pour affronter les difficultés de la vie.

Etre socialiste, ce n’est donc pas nier le potentiel de l’individu mais comprendre que l’individu isolé est faible, que sa volonté, aussi forte soit-elle est parfois insuffisante.

Etre socialiste, c’est faire en sorte que chacun bénéficie de garanties collectives pour retremper ses ambitions et se créer de nouvelles opportunités.

Etre socialiste, finalement, c’est penser la complémentarité profonde qui existe entre l’individu et la société et refuser l’opposition caricaturale que certains en font.

Une sécurité sociale efficace, des services collectifs dans tous les territoires, une école et une formation dignes de ce nom, un accompagnement personnalisé vers l’emploi, c’est cela qui, pour nous à gauche, permet aux individus d’affirmer leurs choix et leur liberté, de s’affranchir d’un destin tracé d’avance.

Aujourd’hui, c’est l’idéal socialiste qui est au service du progrès de chaque personne, de toutes les femmes et de tous les hommes de ce pays. Et c’est la droite, qui tout en mettant en avant la responsabilité et la liberté de chacun, dissimule son engagement au côté des réseaux, des rentiers, des gens de pouvoir et d’influence.

La complémentarité entre le collectif et l’individuel me permet de dire avec force qu’il n’y a pas de droits sans devoirs. Parce que chacun d’entre nous est comptable des moyens collectifs mis à sa disposition. Cet équilibre, la gauche a donné le sentiment qu’elle l’oubliait. Cela ne doit plus jamais arriver.

Je pense également que la notion de responsabilité est fondamentale. Et nous autres, socialistes, ne devons pas avoir peur de le dire car cette éthique de la responsabilité est ancrée au plus profond de notre patrimoine, chez Jean Jaurès comme chez Léon Blum.

La responsabilité de chacun vient du fait que nous vivons dans une communauté de citoyens. Lorsque je suis soigné, d’autres contribuent aux soins que je reçois. Alors il est normal que je rende des comptes, il est normal que je ne dise pas simplement « c’est mon droit ».

C’est cette conviction aussi qui nous conduit à souhaiter un Etat performant, capable de faire une juste utilisation des deniers publics. L’Etat ne peut pas se permettre de dilapider l’argent des impôts de manière inconsidérée ; l’Etat a le devoir à chaque instant d’évaluer son action.

Vous l’avez compris, équilibre des droits et des devoirs, éthique de la responsabilité, efficacité de l’action publique, autant de valeurs que la gauche et le Parti socialiste doivent à nouveau faire entendre, approfondir, et accompagner de propositions innovantes. Cette liste n’est pas exhaustive, car il y aurait plein d’autres sujets à évoquer à l’échelle nationale comme internationale. A commencer bien sûr par celle, majeure à mes yeux, de l’excellence écologique, que j’aborderai dans quelques jours, notamment à l’Université d’été de La Rochelle.

Et que dire aujourd’hui de la politique conduite dans le pays sans caricaturer le pouvoir. Je crois que la nouvelle politique à gauche doit reconnaître qu’il y a dans ce nouveau pouvoir une sincère volonté de réforme, un mouvement même frénétique, une réactivité du chef de l’Etat et qu’aujourd’hui la majorité de nos concitoyens le reconnaissent.

Mais annoncer la réforme, ce n’est pas l’accomplir et c’est ce que là que la critique est légitime et que pour aider à faire avancer la France, nous devons dire ce qui ne va pas et proposer les réformes de bon sens, dans le parti, à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Et paradoxalement, face à ce mouvement perpétuel, ce qui menace la France aujourd’hui, en plus des injustices fiscales, du nouvel impôt en préparation, c’est l’immobilisme. De vieilles méthodes ressurgissent : empilement de lois, mis en place de commissions tous azimuts. La dernière en date, la commission Attali sur les freins à la croissance, fait suite à une commission Camdessus sur le même sujet de 2004 qui proposait au ministre des finances de l’époque Nicolas Sarkozy, 110 propositions pour lever les freins à la croissance.

Ce n’est pas une bonne gouvernance. Notre pays prend du retard.

Prenons trois exemples : sur la justice on aggrave les peines sur les récidives. On froisse au passage quelques principes mais surtout on ne donne pas plus de moyens au juge pour suivre l’application des peines et surtout on n’a pas les moyens d’augmenter la place et les conditions de dignité humaine dans les prisons. Le nombre de personnels soignants est notoirement insuffisant en prison.

Nous en sommes au moins à six lois, peu ou pas évaluées. Et toutes vouées à l’échec par défaut de moyens.

Il est temps de rompre avec ce cycle infernal de lois sans moyens qui ne protègent pas les victimes et qui à la fin décrédibilise et ignore tous les rapports déjà rendus sur ce sujet dont le dernier en acte, celui de la commission Robert, recommande des moyens humains nouveaux et surtout pas de lois nouvelles.

Autre exemple, un premier pas a été fait sur l’autonomie des universités qui est une bonne chose en soi. Seulement cette autonomie ne peut marcher qu’à deux conditions. Première condition c’est que les décisions des présidents d’universités ne soient pas discrétionnaires.

Mais surtout, l’autonomie ne conduit à l’excellence que si elle en a des moyens. La loi est muette sur ce point. Le problème des 40% d’échec en premier cycle n’a pas été pris à bras le corps. On est au milieu du gué.

Autre exemple encore, au lieu de polémiquer sur la question du service minimum, il faudrait s’occuper des retards dans les transports qui constituent les principales nuisances pour le quotidien des usagers et des familles.

Au lieu de faire, allons, disons-le, une loi sans effet pour faire plaisir à son électorat, on aurait pu utilement s’inspirer de la RATP où les syndicats et la direction ont trouvé une forme tout à fait moderne et adapté d’anticipation des conflits.

Se trouve posée la question de la morale de l’action politique : ne plus faire croire par des annonces ou des lois que les problèmes sont réglés, car l’exaspération populaire pourrait venir plus vite que prévu.

La croissance ne sera pas au rendez-vous sans les réformes indispensables qui permettraient de muscler notre appareil productif. Sans ces réformes, les facilités fiscales d’aujourd’hui seront lourdement compensées demain. Et les plus fragiles d’aujourd’hui seront plus exposés demain et les familles à revenu moyen seront ceux qui paieront la facture de la croissance non retrouvée.

Nos inquiétudes sur la mauvaise utilisation des fonds publics sont attisées par la crise boursière et les mauvaises performances de croissance du mois dernier. D’ailleurs le gouvernement est en train d’étudier la création d’un nouvel impôt, qui n’était pas au programme la TVA sociale. Finalement ce paquet fiscal, qui est déjà incompris de nos partenaires européens, le sera encore moins demain des Français. Je demande, et c’est bien le minimum, que le gouvernement procède à une évaluation loyale et transparente devant les Français, du double impact de la crise financière et du paquet fiscal.

Quel est le bilan aujourd’hui de la politique conduite ? On donne beaucoup à ceux qui ont beaucoup, un peu à ceux qui ont un peu et rien à ceux qui n’ont rien. Surtout, c'est une politique qui, pour l’instant, ne prépare pas la France et les Français à relever le défi de la croissance et de la mondialisation.

- Quelle est la réalité de notre situation économique? Nous sommes lourdement endettés: plus de 20 000€ par Français. Et en même temps nous devrions investir dans l'avenir, justement pour générer la croissance qui nous permettra entre autre de rétablir l'équilibre de nos comptes.

La France doit investir en priorité dans l'enseignement supérieur et la recherche. En dépit de nombreux atouts (un excellent système de formation primaire et secondaire, une sécurité sociale que le monde nous envie), la France est en effet mal préparée pour affronter les défis de l'économie de la connaissance et de la mondialisation. Un chiffre seulement résume tout: nous investissons chaque année moins de 1% du PIB dans l'enseignement supérieur, alors que les pays d'Europe du Nord et les Etats-Unis investissent près de trois points de PIB, soit trois fois plus!

Ensuite, la France doit investir dans les réformes structurelles : ouvrir les professions fermées, libéraliser le secteur de la distribution, établir un véritable « Small business act » pour les PME, mettre en place une véritable flexsécurité à la française avec un service de l'emploi efficace disposant des moyens nécessaires en matière de formation professionnelle: ces réformes sont coûteuses dans le court terme, on le sait, et pourtant indispensables pour générer une croissance forte et durable.

- Dans ces conditions, les responsables politiques doivent fixer des priorités, et expliquer aux Français qu'il n'est pas possible de tout faire en même temps. En tant que femme politique responsable, je veux dire qu'il n'est pas raisonnable de promettre aujourd'hui des baisses massives de prélèvements obligatoires. Tant qu’on n’a pas dit comment on allait régler le problème de la dette et surtout quand on sait que le gouvernement met à l’étude un nouvel impôt, la TVA sociale.

Surtout, on le sait, il faut affecter l'intégralité des ressources à ce qui relance la croissance en dynamisant tous les secteurs de l'économie. Croissance par l'investissement dans l'enseignement supérieur, la formation professionnelle, la recherche et l'innovation. Pour préparer les salariés et les nouvelles générations à relever les défis de la mondialisation, je veux que les salariés français soient les mieux formés et les plus productifs du monde. Et pour cela il faut tenir au pays un discours de vérité.

La croissance, comme le disent tous les économistes, les experts et les chefs d’entreprises, cela nécessite le pilotage sérieux de réformes sérieuses. Il faut préparer un véritable agenda des reformes, avec un calendrier précis des dépenses sur les différents secteurs. Il faut être très clair sur ce qu'on peut et ce qu'on ne peut pas financer à chaque étape. C'est cela qui redonnera à la France sa crédibilité économique auprès de ses partenaires européens, crédibilité qui nous fait cruellement défaut. C’est cela aussi respecter les Français.

- Or, le pouvoir actuel n’a t-il pas fait tout le contraire d'une politique sérieuse ? Il a distribué sans compter des cadeaux fiscaux pour des montants considérables: au total plus de 15 milliards d'euros en année pleine pour le paquet fiscal, soit l'équivalent d'une hausse de deux points de TVA sans avouer qu'en l'absence de croissance forte ces décisions vont conduire inexorablement à des dépenses injustes : de nouvelles franchises médicales, le projet de création d’une TVA dite sociale, un alourdissement de la dette, et l'impossibilité de financer des réformes de croissance véritables, celles que plusieurs de nos voisins européens ont entreprises. Un système dangereux est à l’œuvre pour notre économie. Surtout, les nouvelles dépenses de 15 milliards ne sont pas des investissements d’avenir. Croit-on vraiment préparer les Français à relever les défis de la mondialisation en dépensant des sommes importantes uniquement sur les heures supplémentaires ?

En revanche, et comme nous l’avions proposé, le renforcement du crédit d’impôt recherche annoncé hier va dans la bonne direction.

La politique étrangère soulève aujourd’hui beaucoup de questions.

La France se distinguait par une certaine cohérence de sa diplomatie. Quel spectacle donne-t-elle depuis deux mois ? En Afrique celle d’un président qui donne au Sénégal des leçons de gouvernance à l’Afrique et qui ose tenir des propos humiliants « l’homme africain qui aurait manqué son rendez-vous avec l’histoire » et qui, le lendemain, s’affiche au Gabon avec un chef d’Etat, archétype d’une vieille histoire. Où est la cohérence, où est le message, où est la dignité ?

Les Etats-Unis. Voilà un pays qui est touché par une crise d’identité, qui se cherche un rôle dans l’après guerre froide. L’Amérique est impliquée dans une remise en cause profonde de sa politique étrangère et nul ne peut ignorer le remarquable rapport James Baker, qui prône une nouvelle approche basée sur le dialogue plutôt que sur le rapport de force militaire. Le doute traverse le parti républicain lui-même et le peuple américain a validé cette nouvelle approche lors des élections au congrès et la présidence de Nancy Pelosi dont chacun se souvient des positions fermes et courageuses. A contre-courant de ce formidable mouvement, pourquoi le président de la République française s’est-il cru obligé de rencontrer le seul Georges bush et ensuite de dépêcher son ministre des affaires Etrangères dans une visite en Irak, si peu préparée, qu’elle n’a été saluée que par George Bush et que la proposition de conférence a été sèchement refusée par le gouvernement irakien. Où est la cohérence, où est le message, où est la dignité ?

Au même moment, nous constatons que Gordon Brown se démarque habilement et sans esbroufe de la politique néo-conservatrice de l’administration Bush.

Le monde attend autre chose de la France et je suis sûre que tôt ou tard les Français demanderont autre chose à leurs gouvernants. Cela m’amène naturellement à parler du renouveau de la gauche et de notre idéal socialiste.

Nous avons un travail politique passionnant à accomplir, parce que nous croyons à notre mission et que nous devons comprendre la France et le monde.

Le parti socialiste est à la fois un lieu de connaissance, de délibération, un laboratoire d’idées, enfin un outil de combats collectifs. Il le sera complètement s’il vit en osmose avec les citoyens dont il procède. Ses réunions doivent être ouvertes, les mouvements de société doivent être associés aux solutions qu’il élabore, les débats doivent nourrir ses propositions en amont, l’usage d’internet doivent lui permettre d’être au contact quotidien avec des millions de citoyens, pour faire partager son travail et ses valeurs. La participation massive de jeunes citoyens à l’élection présidentielle ou d’électeurs qui s’en étaient détournés constitue une injonction à changer à laquelle nous ne pouvons plus dorénavant nous dérober. C’est par centaines de milliers que ces électeurs qui ont partagé notre espérance doivent nous rejoindre car nous avons besoin d’eux pour accomplir la transformation nécessaire.

A ceux qui y verraient une utopie, je rappellerai que des centaines de milliers d’adhérents, c’est le droit commun des grands partis socialistes et socio-démocrates en Europe. Un parti rénové devra le permettre. C’est le défi de la rénovation. Au-delà de toutes les qualités du parti socialiste où nous nous sentons bien, de ses militants et de ses cadres, de ses dirigeants, dont je veux ici une nouvelle fois souligner avec force, l’incroyable, l’exceptionnelle, la fabuleuse mobilisation pendant la campagne.

Au-delà de toutes ces qualités, qu’est-ce qui ne peut plus durer au parti socialiste ?

* les champs clos d’affrontements obscurs

* des règlements de compte inutilement brutaux

* une violence verbale incompatible avec l’idéal socialiste

* parfois de la désinvolture alors que le vote des militants devrait être respecté par tous

* des luttes de place et de courants qui étouffent le débat d’idées et qui assèchent les sections.

On pourrait continuer longtemps la liste de ce dont nous sommes collectivement responsables. Constatons le gâchis de talent qui n’est plus possible face à une alternance. Le renouveau du parti socialiste doit aussi conjuguer efficacité politique, éthique du débat et des comportements.

Je n’hésite pas à le dire : il faut un parti réuni, amical et discipliné. Les phrases désobligeantes, outre leur vulgarité, font un mal terrible à l’œuvre collective. Changer de méthode, c’est ce qui fera aussi la crédibilité des propositions des socialistes car les Français sauront sur quoi ils peuvent compter.

De la qualité de notre rénovation dépendra celle de notre inscription dans la vie politique nationale.

Je vous appelle tous et toutes à vous emparer de ces débats qui s’ouvrent. J’appelle le plus grand nombre de citoyens à nous rejoindre et à tous les adhérents de Désirs d’Avenir à venir au PS. Je souhaite que tous les mouvements et sensibilités de progrès y soient associés le plus tôt possible. Les socialistes ne doivent pas rester entre eux. Nous avons vocation par la dynamique des débats au service des problèmes des gens que nous impulseront à favoriser les convergences de toute la gauche, des communistes, des radicaux, des écologistes et, s’il le souhaite, avec le Modem. Notre stratégie de projets municipaux doit être cohérente et éclairée par nos débats d’idées nationaux. Sinon, nos alliances seront indéchiffrables et il y aurait un risque évident de dispersion du parti.

Il y a une urgence de réforme. Oui, à droite, il y a non seulement des injustices qui se creusent, il y a un risque d’immobilisme. Nicolas Sarkozy et son gouvernement, au-delà des annonces et des lois sans moyens, doivent maintenant prendre leurs responsabilités et réformer en profondeur pour faire revenir la croissance. Le rôle de la gauche c’est de pousser à agir et dans le bon sens sans tarder. D’où l’urgence de définir une stratégie, de mettre en oeuvre de nouvelles formes d’organisation et d‘action et d’imposer nos idées et nos propositions dans le débat public. Elles s’imposeront par leur excellence d’autant plus naturellement qu’auront été mobilisées les plus grandes compétences et qu’elles auront été validées par le plus grand nombre.

Nous avons tous été témoins de l’immense désir d’avancer des Français. Ce pays est prêt pour les réformes mais sans celles-ci, il régressera très rapidement à l’échelle planétaire car d’autres pays et d’autres continents vont de l’avant et nous dépassent. La mission historique de la gauche et des socialistes, c’est de moderniser la France à la lumière de la justice et du progrès et d’être la voix de ceux qui n’ont pas de voix.

C’est pour cela qu’il faut être debout, être le lieu où convergent, avec bonheur et fraternité, toutes les intelligences collectives et continuer à se battre ensemble. 
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /Juin /2007 23:01

 


Royal
Vidéo envoyée par lefigaro
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /Juin /2007 09:39
Sego-foulard.jpg
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Il faut une gauche qui surveille, mais aussi une gauche qui propose, une gauche qui va reconstruire et préparer la prochaine alternance.

Je voudrais dire aux 17 millions d'électeurs qui ont porté leurs suffrages sur moi le 6 mai de venir voter.

Je sais pourquoi un certain nombre d'entre vous ne sont pas venus voter : il y a eu une forme de fatalisme, ils sont déçus, tristes.

Les urnes ont parlé mais d'autres urnes peuvent parler dimanche prochain, la République a besoin de vous car la République a besoin de respirer, la démocratie a besoin de vous car la démocratie a besoin d'une grande force à gauche qui va veiller en appui sur ses valeurs fondamentales à ce qu'il n'y ait pas d'abus de pouvoir, de creusement des inégalités, des précarités, des dérapages de la dette, que les promesses fiscales ne soient pas payées par le plus grand nombre et par les catégories moyennes

Vous devez venir voter pour vous-mêmes d'abord, vous les jeunes, qui êtes restés chez vous alors que souvent vous vous étiez inscrits pour la première fois sur les listes électorales.

Je ne vous accable pas, bien sûr, mais je vous dis de venir voter en vous rappelant qu'il y a dans le monde des hommes et des femmes qui risquent leur vie pour avoir le droit de vote.

Venez voter, venez pour vous. Venez pour la République, la France, la justice sociale. Venez pour nous aider à reconstruire demain une gauche neuve qui ira de l'avant et qui se préparera aux victoires de demain.

Nous avons besoin de votre énergie, nous avons besoin de votre présence
".
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /Mai /2007 23:36
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Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /Mai /2007 22:25
SEGOCN.jpg Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.
Vous dire aussi la fierté d’avoir conduit cette campagne, désignée par 60 % des militants socialistes, je voudrais souligner la très forte mobilisation dans les fédérations, la mobilisation des militants, bien sûr, mais aussi celles des partis alliés qui nous ont rejoints, qui nous ont soutenus dans cette campagne, tous les élus qui ont également été en première ligne de ce combat. Nous avons vu des salles pleines à craquer, des citoyens enthousiastes, des citoyens mobilisés, et aujourd’hui c’est une force qui s’est levée, même si le combat ne s’est pas terminé comme nous l’aurions souhaité. C’est une force qui s’est levée de 17 millions de voix.


Et je pense, je le vois, vous le voyez aussi sur vos territoires, ce vote contient des perspectives d’avenir, ce vote contient un élan. On sent, à la fois bien sûr une tristesse, et j’y reviendrai, même parfois plus, et en particulier dans les quartiers populaires, mais on sent également une fierté très forte et une volonté de continuer. Il n’y a pas d’abattement, il y a une fierté dans ce qui a été réalisé, dans ce qui a été dit, dans ce qui a été porté au cours de cette campagne, dans ce qui a été réalisé, à l’exemple de ces images de meetings extraordinaires, dans ces images de Charléty par exemple, mais aussi partout dans les régions dans lesquelles vous êtes et dans lesquelles vous êtes mobilisés.
Moi, je veux aujourd’hui surtout retenir cette fierté-là parce que c’est sur ce socle-là que nous allons pouvoir construire le mouvement des élections législatives. Les valeurs fondamentales étaient là, les problèmes étaient bien identifiés, la question de la vie chère et des bas salaires, la question du chômage et des délocalisations, notamment le chômage des jeunes, la question de la précarité qui était au centre de notre campagne, les questions aussi liées à la sécurité, aux sécurités au sens large, avec le besoin que ressentent les Français d’avoir une clarification des règles du jeu, ce que j’ai appelé l’ordre juste. La question du refus de l’assistanat pour les tout petit salariés, pour les travailleurs pauvres. Et, cette question aussi, nous devons continuer à y travailler, les peurs aussi, les peurs des délocalisations, les peurs des personnes âgées face au déficit de tous les régimes de retraite et de santé. Bref, les questions sont là, les questions aussi que nous avons abordées sur la République, sur la nation, sur l’identité. Nous l’avions fait il y a déjà deux ans, donc ces questions-là qui ont parfois été recaptées, raptées parfois par la droite en étant déformées, nous devons continuer à y travailler et à les clarifier.
Je pense aussi à la question de la valeur travail, dont j’ai été une des premières à la mettre en avant dans ce débat. Tous ces sujets continuent à tarauder les Français, ils vont donc à nouveau émerger au cours de la campagne des élections législatives. Et tout ce travail qui a été accompli par le Parti socialiste, par le mouvement aussi de rassemblement au cours des échéances de la campagne présidentielle devra rapidement déboucher et être clarifié. Et c’est le rôle aussi de ce Conseil national et des présentations qui seront faites tout à l’heure.
Je voudrais ici dire très simplement que j’entends ici ou là des interprétations de la défaite, certaines justes, bien sûr, d’autres dérisoires, et d’autres inutilement blessantes, mais je crois qu’aujourd’hui le temps n’est pas aux polémiques. Je dirai pour ma part ce que j’en pense après les élections législatives. Car je crois que, d’ici là, nous devons rester unis et nous avons entre les mains ce talisman que j’évoquais tout à l’heure de la fierté et de la volonté de 17 millions d’électeurs qui attendent de nous que nous redéclenchions, pour les élections législatives, un mouvement d’unité, de fraternité, de solidarité, un élan qui nous permettra d’envoyer à l’Assemblée nationale le plus grand nombre possible de parlementaires ; parce que c’est le fonctionnement de la démocratie qui est en jeu, c’est l’émergence d’un contrepouvoir par rapport à une droite dure qui a fait la jonction avec l’extrême droite, donc il y a une attente extrêmement forte à notre égard. Et, pour ma part, ce que je crois, c’est que nous devons mobiliser les énergies positives qui ont émergé au cours de cette campagne, et nous devons les transformer positivement au cours de cet élan des élections législatives. La campagne sera conduite par le Premier secrétaire. J’y prendrai bien évidemment toute ma place en tant que candidate à l’élection présidentielle, je suis disponible pour venir faire des réunions sur le territoire, d’autant plus que je ne suis pas candidate. Je ne sais pas candidate parce que je m’applique à moi-même une des règles du pacte présidentiel du non-cumul des mandats, mais je conçois que cette règle ne soit pas suivie par tous puisque la loi ne l’impose pas aujourd’hui, donc je ne l’impose pas comme modèle, mais il me semble élémentaire, par rapport à ce que j’ai dit en tant que candidate à l’élection présidentielle, et portant une rénovation sur ce que nous avons appelé ensemble la république nouvelle, la VIe République, la modification des formes de l’exercice de la politique et en particulier la réforme des institutions au sein de laquelle nous avions inscrit ensemble, dans le projet socialiste, le non-cumul des mandats, il me semble que la politique par la preuve, qui m’est chère, est que le non-écart entre le discours et les actes soit appliqué.
Pour la suite, je ne sais pas si, ce qui compte, c’est de savoir s’il faut être plus ou moins à gauche. Vaut mieux être à gauche de toute façon, mais je crois que la question, et je pense qu’il ne faudrait pas qu’il y ait des conflits, de débats inutiles sur cette question-là, qui pourraient entraîner des difficultés ou freiner le mouvement positif, essentiel, indispensable, pour gagner le plus grand nombre de circonscriptions.
Je crois que la question, pour nous socialistes, c’est d’être vrais et de réaliser, d’incarner le socialisme du réel, c’est ensuite d’être cohérents, et j’allais dire disciplinés, même si ce n’est pas un mot fréquemment utilisé parmi les socialistes. Et je pense que pour l’avenir, sans anticiper les échéances, il est clair qu’il faudra réformer notre calendrier. D’abord, que le projet pour l’élection présidentielle ne soit pas fait avant, mais après la désignation de notre candidat ou de notre candidate pour qu’il y ait une cohérence. Ensuite, il faudra que le processus de désignation interne ne soit pas situé aussi près du combat principal et ne pas laisser un certain nombre de séquelles ou d’utilisations du combat interne utilisées par la droite. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, et d’en reparler sereinement, y compris dans la part que j’ai prise dans ce résultat qui n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. L’heure est maintenant à la mobilisation. Et je voudrais simplement souligner aussi un autre élément de fierté : nous avons reconquis le vote populaire, et notamment le vote ouvrier, 54 %. Nous avons fait venir vers la citoyenneté des jeunes, des jeunes très nombreux qui sont venus s’inscrire et qui ont voté pour nous, et notamment les jeunes des quartiers. Il y a des résultats qui sont sans appel, sans commentaire : Vaulx-en-Velin : 63 %, La Paillade : 65 %, Le Mirail à Toulouse : 70 %, les quartiers Nord de Marseille : 70 %, Aubervilliers : 61 %, Saint-Denis : 67 %, Trappes : 70 %, Bobigny : 66 %. Merci à ces jeunes, à leur élan citoyen, et nous savons aussi leur déception, leur désarroi, leur profonde tristesse.
Je pense que l’une de nos responsabilités, pour que ces jeunes continuent à venir voter, et continuent à s’inscrire dans cet élan citoyen, notre responsabilité, c’est de leur offrir des perspectives, c’est sans doute de repenser les formes de militantisme dans les quartiers, c’est d’y conduire avec eux, et non pas à leur place, des actions concrètes. Et nous pouvons le faire avec les collectivités territoriales, je pense en particulier aux emplois tremplins, je pense à toutes les formes de soutien, de solidarité, d’aide scolaire que nous devons aujourd’hui relayer et mettre en place, et prolonger par rapport à ce que nous avons dit dans le pacte présidentiel au niveau des Régions, des Départements, des communes. Je vois ici ou là déjà des élus qui se mobilisent et qui se demandent comment nous allons répondre à cette immense attente de citoyenneté et d’engagement des jeunes dans les quartiers, qui nous ont fait confiance et qui constituent une partie, non pas un problème comme de l’ai dit souvent dans cette campagne, mais une grande partie de la solution aux problèmes qui se posent aujourd’hui en France, et en particulier au regard de la consolidation du pacte républicain.
Et donc cette mobilisation-là, je crois que c’est le cœur de notre réflexion. Les catégories précaires, les milieux populaires, mais aussi les classes moyennes, qui attendent de nous que nous restions debout, que nous restions fiers, que nous restions imaginatifs, que nous restions forts sur nos valeurs qui finiront par l’emporter.

Merci de votre engagement.

NDLR : Je ne sais pas quel est le journaliste qui a prétendu que Ségolène Royal avait dit dans son discours qu'il fallait désigner le candidat socialiste ou la candidate socialiste pour les Présidentielles 2012 juste après les Législatives de cette année mais si vous le connaissez, dîtes lui que je suis tout disposé à lui fournir des cotons tiges. NG

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /Mai /2007 21:35

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Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 14:00
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Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 21:20

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Bonsoir Lille !

Bonsoir le Nord.

Merci à tous d’être aussi nombreux rassemblés ! Je vois toute cette foule devant moi, toute cette foule sentimentale ! Toute cette foule, et vous tous, et j’ai envie, ce soir, simplement de vivre ce bonheur que vous me donnez, une nouvelle fois, ce soir, à Lille. Merci pour ce bonheur. Merci. Merci pour cette joie extraordinaire, pour ce miracle à chaque fois recommencé, et ce soir si particulier, si particulier parce que c’est le dernier grand rassemblement. Demain, je vais en Bretagne, je ne veux pas minimiser la réunion de Brest, mais ce soir, c’est notre dernier grand, immense rassemblement populaire !

« Ségolène, Présidente ! »

Quand autour de moi, on me demande : mais comment tu fais pour rester encore debout ? La réponse, elle est là : devant moi, je suis debout grâce à vous parce que vous l’êtes aussi, je suis debout grâce à vous parce que vous voulez aussi que la France se remette debout.

Je suis libre grâce à vous, parce que je sens votre amitié, je sens votre proximité, je sens votre énergie, et je sens tout simplement que nous nous aimons très fort ; oui, que nous nous aimons très fort, et c’est pourquoi, dimanche prochain, cette victoire que nous voulons tant, cette victoire que nous désirons tant pour la France, cette victoire, elle est maintenant à portée de main. Alors je vous demande encore pendant deux jours de vous mobiliser pour que, dimanche prochain…

Ségolène, Présidente !

Merci à Gilles Parniaud* et à la fédération du Nord d’avoir organisé ce vaste rassemblement. Merci à Renaud qui est venu tout à l’heure à l’improviste, et qui nous a donné de l’émotion. Merci à Pierre Mauroy pour son indéfectible fidélité. Merci à Martine pour son talent, et merci à toi, Jacques, merci à Jacques Delors pour sa sagesse, pour son invention, pour ses combats de toujours.

Merci à tous les élus, à tous les responsables politiques ici rassemblés autour de vous, autour de nous.

Merci aux responsables des autres partis politiques, Jean-Pierre Chevènement et Jean-Michel Baylet, qui sont là ce soir, avec Christiane Taubira. Merci à Dominique, merci à Elisabeth, merci à vous tous d’être ici représentés. Merci à Michel d’être là, vous êtes là si nombreux, à Dominique, à Pierre, à Daniel, je ne peux pas tous vous citer, mais je vous vois tous rassemblés… Arnaud qui est là.

Puis je voudrais remercier toute mon équipe de campagne, François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, les deux directeurs, l’ensemble des porte-parole qui sont là aussi ce soir, Patrick Menucci qui, sans faille, a organisé tous ces meetings, et que ceux que je n’ai pas cités veuillent bien m’en excuser.

Mais je voudrais vous le redire ici ce soir, il reste deux jours : ne vous démobilisez pas, mon équipe, continuez à convaincre autour de vous, parce que mon équipe de campagne, c’est vous, c’est chacun d’entre vous, c’est vous qui allez porter le peuple, c’est vous qui avez déclenché ce mouvement populaire, c’est vous, et ici dans cette région ouvrière, dans cette région du Nord, où l’on sait ce que la valeur travail veut dire, où on sait ce qu’être dur à la peine veut dire, où l’on sait ce que l’on attend pour lutter contre les inégalités, contre toutes les formes de précarité, pour lutter contre le chômage, pour lutter contre la vie chère, pour lutter pour un logement décent, pour lutter pour la réussite scolaire, pour lutter pour la République. Ici, on sait tout ce que cela veut dire.

Et c’est pourquoi je suis particulièrement heureuse de vous dire ici ce soir, d’abord de vous remercier pour toutes celles et ceux qui, au premier tour, m’ont apporté leur suffrage, pour toutes celles et ceux, pour cette participation citoyenne exceptionnelle, pour cet élan civique du premier tour de l’élection présidentielle, pour ce mouvement profond, pour cette vague qui continue à monter et qui doit monter, je compte sur vous, jusqu’à dimanche prochain. Oui, faisons-la monter avec bonheur, cette vague, elle n’est pas encore à son maximum.

Beaucoup de choses vont se jouer pendant ces deux derniers jours. Il y a eu le grand rassemblement de Charlety, que l’ensemble de la France a vu, et ce soir, c’est un rassemblement de même ampleur, de même densité, de même amitié, de même fraternité, de même enthousiasme que je vois ici devant moi.

C’est vous, peuple de France, c’est vous, militants, citoyens, citoyennes, c’est vous, hommes et femmes, toujours de plus en plus nombreux au cours de ce long périple, de cette longue campagne, qui avez fait ce que je suis ici ce soir, devant vous : une femme volontaire, une femme libre, une femme combattante, une femme affranchie, une femme qui ne dépend d’aucun clan, d’aucun dogme, d’aucune puissance d’argent, d’aucun groupe de médias, une femme qui sent tout simplement qu’elle a la responsabilité de parler aussi au nom des sans voix, de ceux qui ont trop longtemps pensé que la politique ne pouvait plus rien pour eux, de ceux qui étaient désespérés d’attendre quelque chose qui ne venait pas. C’est avec vous tous et vous toutes que je veux, dimanche prochain, réussir la France présidente et vous conduire à la victoire !

Oui, je vais vous conduire à la victoire tout simplement parce que vous le méritez. Vous le méritez, parce que vous vous êtes mis en mouvement pour mettre fin, et il est temps, à un système dépassé qui a tellement aggravé les inégalités et les précarités. Il est urgent d’inventer une France neuve, une France protectrice, une France dynamique, une France fraternelle et une France conquérante. C’est à cela que je veux vous conduire, et nous y parviendrons !

Nous allons la construire ensemble, cette France neuve qui va permettre à chacun de réussir sa vie et de réussir sa vie d’abord grâce à l’éducation. Et nous remettrons l’éducation au cœur de tout et en avant de tout.

Oui, la République tiendra sa promesse égalitaire parce que, dans l’éducation, comme le dit Jacques Delors, un trésor est caché dedans, ce trésor, nous l’avons entre les mains, et c’est à tous les enfants, tous les enfants pour lesquels je veux ce que j’ai voulu pour mes propres enfants. Voilà ce que la France va demain leur donner, ce trésor, ce trésor de la famille qui éduque ses enfants, ce trésor de l’éducation qui est donné à tous et à chacun, ce trésor que demain la République donnera et mettra à portée de tous.

Vous le savez, je ne veux pas d’une France du chacun pour soi, dominée par la loi du plus fort et par la concentration du pouvoir entre quelques mains, toujours les mêmes. Je veux une France qui soit à l’avant-garde d’une Europe sociale, qui lutte contre les délocalisations et qui protège la planète, je veux une France qui se réforme sans brutalité, sans mépris et qui répare la fracture républicaine. Voilà la France présidente que nous allons construire dimanche !

Avec vous, nous ferons reculer toutes les injustices, toutes les formes de violence, toutes les formes de brutalité. Avec vous, la France présidente remettra les citoyens au cœur de l’action politique, et la parole que vous avez prise durant cette campagne, vous devrez la garder et ne plus jamais la lâcher, parce que la démocratie aura un souffle nouveau, grâce à la réforme des institutions. La République, c’est vous, la démocratie c’est vous, je la veux pour vous, mon projet, c’est vous, et c’est tous ensemble que nous allons le construire.

Oui, nous allons réconcilier l’efficacité économique et la justice sociale, parce que sans justice, il n’y a pas de performance économique possible. D’autres pays l’ont compris bien avant nous, et cette réconciliation-là est nécessaire, c’est le vrai fondement de la valeur travail. C’est parce que les salariés seront bien payés que la valeur travail sera respectée, c’est parce que les salariés seront respectés que la valeur travail sera garantie, c’est parce que l’égalité salariale entre les hommes et les femmes sera réalisée que les salariés seront motivés. Et cette Sécurité sociale professionnelle que la droite nous promet aujourd’hui dans les derniers jours de campagne, elle a eu cinq ans pour la mettre en place, nous, nous la réaliserons, nous, nous la ferons, parce que nos valeurs fondamentales, elles sont là : c’est lorsqu’il y a un respect mutuel entre partenaires sociaux que nous pouvons avancer ensemble, et non pas en dressant les uns contre les autres. C’est parce que nous ferons grandir un syndicalisme respecté que nos entreprises iront de l’avant, c’est parce que nous aiderons l’innovation, la recherche, la formation professionnelle, et que nous permettrons à chaque salarié d’avoir accès à la formation professionnelle qui lui permettra de progresser tout au long de sa carrière.

Je ne veux plus voir un ouvrier, une ouvrière commencer au SMIC et terminer quarante ans plus tard au SMIC. Non ! Dans une France moderne, ce n’est plus possible. La France présidente garantira à chaque salarié la possibilité de progresser dans son travail, dans sa qualification, dans son salaire, et donc de donner l’exemple de l’effort récompensé pour tous, et pas seulement pour quelques-uns.

Voilà le projet que je vous propose, voilà la France moderne que nous allons construire ensemble. Voilà ce que j’appelle construire un avenir pour chacun, le respect pour chacun. Mais le progrès social pour tous, parce que cela n’est pas incompatible avec une croissance économique qui repart, bien au contraire, c’en est même la condition, la première condition, c’est cet investissement massif dans la valeur humaine, dans la ressource humaine, dans la formation professionnelle, dans la qualité des hommes et des femmes, et c’est parce que les hommes et les femmes, les salariés de ce pays, les travailleurs de toutes les professions se remettront debout en ayant l’espérance de progresser et d’avancer que la France entière se redressera et avancera. Voilà ce que nous allons bâtir ensemble.

Et c’est pourquoi la France présidente engagera immédiatement la bataille de la lutte contre le chômage. Les premières décisions iront à la hausse du SMIC, des bas salaires et des petites retraites.

Quand j’entends certains me dire « 980 euros nets par mois, c’est déjà trop », à ceux-là, je leur dis « mais vous ? Pourriez-vous vivre avec 980 euros nets par mois ? » Non. C’est pourquoi nous revaloriserons et nous remonterons le SMIC et les bas salaires, et nous les ferons de telle façon à ce que cela ne pèse pas principalement sur les entreprises de main-d’œuvre. Car nous ferons en sorte qu’une bonne fois pour toutes, cet engagement si souvent pris et jamais réalisé soit enfin réalisé, c’est-à-dire que le travail sera moins taxé que le capital, et c’est comme cela que la France avancera.

Les emplois tremplins pour les jeunes seront immédiatement mis en place pour qu’aucun jeune ne puisse rester sans activité ou sans travail pendant plus de six mois. Je ne veux plus que la jeunesse de la France soit gaspillée, je ne veux plus qu’un seul jeune qualifié ou diplômé, qui a fait l’effort d’accéder à une qualification et à une formation, reste au chômage pendant plus de six mois.

Il y aura une mobilisation nationale, ce sera le pays tout entier qui devra se mobiliser contre le chômage des jeunes, parce que si les jeunes sont au chômage, c’est tout le pays qui va mal.

Quand j’entends certains parler de l’effort récompensé, mais la première façon de récompenser l’effort, c’est de faire en sorte que les entreprises tendent la main aux jeunes pour leur donner leur chance. Et cette chance, les politiques publiques se mettront en mouvement avec imagination, avec mobilisation. Toutes les bonnes idées seront rassemblées : les emplois tremplins ici, les bourses tremplins là, l’encouragement des jeunes à créer leurs entreprises, le premier emploi pour ceux qui sont sans qualification et qui sortent du système sans n’avoir rien entre les mains. A ceux-là, nous leur donnerons le contrat d’une première chance pour accéder à cet emploi qui, demain, leur permettra de reprendre confiance en eux-mêmes.

Cette bataille centrale essentielle contre le chômage n’oubliera pas les salariés de plus de cinquante ans, et notamment les femmes qui se retrouvent si souvent sur le carreau, qui se retrouvent si souvent aux emplois précaires, qui se retrouvent si souvent au chômage partiel, et ce sont souvent elles les travailleuses pauvres : 80 % des travailleurs pauvres sont des femmes. Eh bien, je leur dis à ces femmes, à toutes les femmes, à celles qui travaillent comme à celles qui ne travaillent pas, à celles qui sont en famille comme à celles qui sont seules, à ces millions de femmes seules de toutes générations, à celles qui ont choisi d’élever leurs enfants, et je le redis, c’est aussi l’un des plus beaux métiers du monde, je leur dis que la précarité n’a pas de sens lorsqu’elles arrivent à l’âge de la retraite. Je revaloriserai la situation des femmes seules, des pensions de réversion, des petites retraites, et de tout ce qui peut leur permettre de leur garantir l’accès à la santé, aujourd’hui si fragile et si menacée par les différents projets de déremboursement de soins, qui va prioritairement frapper les personnes âgées et nos anciens.

Avec moi, la Sécurité sociale sera non seulement protégée, préservée, mais elle sera consolidée par la création de la cinquième branche de la Sécurité sociale pour les personnes âgées et pour les personnes handicapées, parce que cela relève de la solidarité élémentaire entre les générations.

Je nouerai avec les entreprises, avec les petites et moyennes entreprises, je l’ai dit tout à l’heure, un contrat de progrès. Nous allons mettre fin aux gaspillages, aux abus de toutes sortes dans toutes ces grandes entreprises, celles du Cac 40, celles qui sont insolentes, celles qui veulent les plus hautes rémunérations et les stock-options, les parachutes dorés, celles que la droite feint d’avoir ignorées. Et on ne se lasse pas de rappeler que le pactole avec lequel est parti l’ancien patron d’Airbus est l’équivalent, tenez-vous bien, de quatre mille emplois payés au SMIC, et la droite nous fait croire qu’elle ignorait tout cela. Non seulement elle ne l’ignorait pas, mais elle a donné son autorisation pour cela, et elle a supprimé la loi sur la transparence des rémunérations.

Tout cela cessera, parce que désormais, les représentants des salariés feront partie des organes dirigeants des entreprises et seront associés, comme dans tous les pays modernes, aux décisions stratégiques.

Et les pays qui vont bien, qui vont très bien, les pays qui ont débloqué la croissance, ce ne sont pas, comme on entend le dire, ceux qui ont détaxé quelques heures supplémentaires, ce sont les pays qui ont modernisé le dialogue social, qui ont investi dans l’innovation et dans la recherche, ce sont les pays qui ont mis en place, comme nous le ferons, un plan massif de formation professionnelle. Voilà les pays qui vont de l’avant, voilà les pays modernes qui réussissent, voilà comment demain la France se relèvera, grâce à vous, cela dépend de vous, cela dépend de ce qui va se passer dimanche prochain !

Oui, cela dépend de ce qui va se passer dimanche prochain. On dit aujourd’hui que la France est en déclin. C’est vrai qu’elle est tirée, et parfois désespérément, vers le bas, et que chacun se demande : « Mais quelle va être l’étape suivante ? Est-ce que je vais être un peu plus dégradé vers l’échelon du dessous ? » C’est comme cela aussi que l’on attise les jalousies, que l’on attise les haines, l’esprit de revanche. Nous, nous n’avons aucun esprit de revanche, nous avons un esprit de conquête, nous avons l’optimisme au cœur, nous avons la joie au cœur, nous voulons rendre à la France son sourire.

Ce que je vous propose à vous tous, à ceux qui vont bien, mais aussi qui vont bien et qui s’occupent de ceux qui vont moins bien, à ceux qui vont moins bien et qui ont envie que pour eux, ça aille mieux mais qui ne font pas porter la responsabilité de ce qui leur arrive à leur voisin ou à celui qui est différent, ce que je vous propose, au contraire, c’est de faire converger les énergies positives, c’est que chacun trouve en lui-même, au plus profond de lui-même une énergie qui ne demande qu’à se déployer. Ce que je veux, c’est que chacun puisse déployer cette énergie qu’il sent au sein de lui-même, mais cette énergie qui est parfois si bridée, bridée de tant de blocages, bridée de tant de discours négatifs, bridée de tant d’ombres, ce que je veux déployer à travers le pays et en chacun de vous, ce n’est pas la part d’ombre qui sommeille en nous-mêmes, et qui est parfois dangereusement flattée ici ou là, non, ce n’est pas la part d’ombre que je veux réveiller, c’est la part de lumière, c’est la part d’espérance, c’est la part de la joie, c’est la part du sourire, c’est la part de la France qui s’aime telle qu’elle est, c’est la part de l’imagination, c’est la part du regard fraternel, du regard posé sur celui qui va moins vite, sur celui qui est plus lent, sur celui qui est différent, sur celui qui a du mal à s’intégrer, sur celui qui comprend que d’un côté, on lui propose d’aller toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus haut, de franchir je ne sais quelle étape, de gagner je ne sais quel maillot jaune, de franchir je ne sais quelle marche, et celui qui ne va pas assez vite, il sera laissé sur le bord du chemin ! Mais non ! Moi je vous dis : chacun ira à son rythme, et nous attendrons ceux qui vont un peu plus lentement, sans freiner ceux qui veulent accélérer. Mais nous ne laisserons pas dans le fossé ceux qui vont un peu plus lentement, au contraire, nous les prendrons par la main, et nous leur dirons : vous êtes différents, c’est un peu plus difficile, mais on va essayer tous ensemble que ces différences reculent parce que justement, on va se tenir par la main, on ne va oublier personne. On va garantir des solidarités fondamentales. On ne dira plus que quelques-uns…

Ségolène ! Ségolène !

Dans la France présidente, on ne dira pas qu’il faut que quelques-uns, les plus riches, deviennent encore plus riches avec le bouclier fiscal pour que tous les autres aient quelques miettes. Ça, ça ne marche pas puisque, même avec le bouclier fiscal, on en voit certains quand même franchir les frontières pour éviter de payer leurs impôts. Donc ce système ne peut pas marcher, ce système, il est même destructeur pour la France.

Moi, je vous propose le contraire : c’est parce qu’il y aura de la création de richesses et de la croissance économique et que cette croissance sera répartie équitablement que tout le monde pourra se relever et se tirer vers le haut. Voilà la différence !

Et cette différence-là, on sait bien que ça marche, et il faudra aussi lutter, farouchement lutter contre toutes les formes de discrimination, les discriminations entre hommes et femmes, les discriminations que subissent les handicapés, les discriminations liées à la couleur de la peau, les discriminations liées à l’âge aussi, où l’on voit des salariés se sentir mis au rebut, certains me l’ont dit « nous sommes mis au rebut sous prétexte que nous avons dépassé l’âge » et j’ai même vu des femmes de quarante-cinq ans mises au rebut sous prétexte qu’il y avait une génération plus jeune. Je ne veux pas d’opposition entre les générations.

Je veux que l’expérience au contraire soit valorisée et soit mise au service des plus jeunes, c’est pourquoi je veux la validation des acquis de l’expérience professionnelle, pour que l’avancée en âge, dans cette espèce de jeunisme qui met au rancard dès que l’on n’est pas formaté selon je ne sais quel modèle, qui est loin d’être un modèle idéal, là aussi, il y a des discriminations insupportables. Je veux rassembler toutes les générations de France dans leurs diversités, je veux rassembler tous les enfants de France quelle que soit leur origine et leur quartier, et qu’il n’y ait plus de discrimination à l’embauche.

Je veux rassembler toutes les croyances, et même ceux qui n’ont pas de croyance, dans leurs diversités des convictions et des engagements. Je veux rassembler les villes et les campagnes, les centres-villes et les quartiers, je veux rassembler ceux qui savent et ceux qui pensent en savoir moins, mais ils savent aussi tous quelque chose, tous citoyens, vous êtes tous des experts de ce qui vous concerne. Je veux rassembler tous ces talents dans leurs diversités. Tout le monde sera mis à contribution pour mettre la France en mouvement, comme ce soir, car vous vous mettez en mouvement dans cette campagne, je sais que c’est parce que vous voulez aussi que le pouvoir change. Sinon, vous ne seriez pas là ! Vous ne seriez pas là aussi nombreux si vous n’aviez pas envie que la politique change ! Eh bien, avec moi, la politique va changer !

Elle ne sera plus jamais comme avant. Je veux sortir de l’enfermement dans les dogmes, je veux sortir de la confrontation bloc contre bloc, je veux que nous soyons ouverts sur les autres, je veux que toutes les bonnes idées soient rassemblées. Je veux tout cela sans jamais en rabattre sur les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité et de fraternité, parce que c’est au nom de ces valeurs que je me bats.

Je ne veux pas laisser la fracture, ne laissons pas la fracture républicaine se creuser. C’est de cela qu'il s’agit aussi dimanche prochain.

Nous, nous avons les valeurs républicaines profondément chevillées au corps, nous n’acceptons pas de faire acclamer dans les réunions publiques des mots qui n’ont rien à voir avec la République, des mots comme « liquider », comme « reformater », comme « karcher » ! Non, jamais vous ne m’entendrez mobiliser ce que je disais tout à l’heure, la responsabilité de la France présidente, la responsabilité d’une présidente de la République, c’est de ne jamais se laisser aller à flatter à ce qu’il y a, je le disais tout à l’heure et je le respecte, de plus obscur ou de plus mesquin dans l’être humain. Bien au contraire !

C’est pourquoi, dans cette France que nous aimons, il y a place pour tous et pour toutes. Il y a place, oui, pour tous et pour toutes, pourvu que ces valeurs fondamentales soient respectées, pourvu que ce qui a fait le combat de toujours de la gauche et du progrès social ne soit jamais oublié, pourvu que ce qu’ont fait les générations qui nous ont précédés, et rappelons-nous Fourmi*, le 1er mai, ces jeunes qui ont perdu la vie parce qu’ils luttaient pour le droit syndical, pour le droit du travail, pour la semaine des quarante heures, pour les congés payés, pour le progrès social, pour le respect des familles, pour le logement décent. Et ceux qui étaient contre eux déjà à cette époque où l’on perdait la vie pour conquérir ses droits et ses libertés, même ceux qui étaient contre eux à cette époque ont bénéficié de ces combats-là.

Eh bien, je le dis aujourd’hui, c’est la même chose : les combats que nous conduisons sont les combats justes, ce sont ceux qui permettront à la France de se relever.

Et ceux qui nous combattent aujourd’hui, ayons de l’indulgence pour eux, car je leur dis : ces combats pour la justice que je mène en votre nom, ces combats pour la Sécurité sociale, ces combats pour la relance économique, ces combats pour la hausse des bas salaires, ces combats pour la formation professionnelle, ces combats pour une école plus juste et plus performante, ces combats pour la recherche et pour l’innovation, ces combats pour relever le défi écologique, aujourd’hui, il y en a qui nous combattent sur ces combats, et pourtant, demain, si nous gagnons, ils en bénéficieront aussi, et nous leur faisons ce cadeau ! Ne lésinons pas sur la générosité !

Ils ne le savent même pas encore eux-mêmes, mais si la France présidente gagne dimanche prochain, ceux qui sont contre nous aujourd’hui gagneront eux aussi d’une certaine façon, parce que la France plus belle sera plus forte, parce que la France plus juste sera plus forte, parce que la France reviendra avec sa dignité à la table de l’Europe, parce que la France retrouvera sa place dans le monde et qu’elle participera à l’œuvre de paix, parce que je vous représenterai avec fierté, avec dignité, avec efficacité, parce que je me tiendrai debout…

« On va gagner ! »

Parce que je sais que nous allons réussir à rendre la France meilleure, je sais que nous allons réussir à donner à chacun la chance de pouvoir progresser, je sais que nous allons réussir à réaffirmer les valeurs fondamentales qui nous font tenir debout ensemble. Je sais que nous allons réussir à faire reculer toutes les formes de violence.

Oui, je vous propose de bâtir une France présidente de la non-violence, de la non-arrogance, de la non-brutalité, parce que nous n’avons pas le droit, compte tenu de l’immensité des défis qu’il y a à relever, nous n’avons pas le droit de perdre de l’énergie dans les brutalités et les violences, c’est de l’énergie perdue. Je veux tout simplement qu’il n’y ait que des énergies positives. Et ce soir, à Lille, je vous demande de mobiliser vos énergies positives !

Il vous reste… Il vous reste deux jours pour cela. Je compte sur vous.

Il y en a qui hésitent encore, il y en a qui ont déjà pris une autre décision, mais cette décision n’est peut-être pas définitive, on peut encore les retourner, mais bien sûr, il y en a que l’on peut encore convaincre et qui croient qu’ils ne vont pas voter pour moi, mais peut-être que d’ici dimanche prochain, ils vont changer d’avis en vous voyant, parce qu’ils ont, en vous voyant, envie de nous rejoindre. Ils ont, en vous voyant, envie aussi de venir participer à cet élan d’affection, de solidarité, d’amitié. Ils ont envie, en nous voyant nous aimer si fort, ils ont envie aussi de faire partie de ce moment exceptionnel que nous espérons tous pour dimanche prochain.

Alors, je leur tends la main. Venez, venez avec nous ! Venez partager ce bonheur ! Venez partager ce désir, ce désir d’avancer ! Venez rendre à la France son sourire, son espérance, sa confiance en elle, son amour de la beauté, son amour de la culture, venez construire une France artistique et culturelle ! Venez avec nous construire la France de toutes les espérances, de toutes les joies, de toutes les peines que l’on saura consoler, de tous les souvenirs merveilleux de cette campagne que je veux voir prolonger après dimanche, à travers tout le pays, pour que toute cette force soit mise au service de la France.

Voilà ce que je vous demande ce soir, à Lille. Je sens que c’est possible. Tout dépend de vous. Je sens cette vague qui se lève et dont j’aurai besoin demain pour bien présider la France.

Je sens aussi, parce que vous m’avez donné le courage, l’immense courage, que reculent les objections de ceux qui pensaient, et qui pensent peut-être encore un peu : mais au fond, est-ce bien raisonnable de choisir une femme ? Mais je vais vous le dire : non seulement le temps des femmes est venu, mais le temps pour le plus grand bonheur d’ailleurs des hommes et des femmes, mais aussi parce que c’est le choix de l’audace, et que nous sommes regardés à l’échelle de la planète. Et au risque de vous paraître un peu immodeste, quand je lis ce qui se dit dans la presse étrangère, dans celle qui nous regarde, dans celle qui regarde la France, ce grand pays qui a porté à travers le monde des valeurs universelles, ce grand pays qui n’est jamais si grand, et quand il rencontre une grande idée, comme disait François Mitterrand, ici à Lille, ils font tous les deux le tour du monde. Quand je vois ces millions d’hommes et de femmes qui se demandent : mais est-ce que la France va oser ? Je vous dis : osez ! Osez ! Osez, oui, vous ne le regretterez pas, parce que la garantie que je vous donne, c’est la garantie des valeurs fondamentales que je viens à nouveau de développer devant vous : la garantie de l’éducation, la garantie des familles qui fonctionnent bien, la garantie du travail respecté et valorisé, la garantie des entreprises qui redémarrent, la garantie de la revalorisation des retraites et de la protection de nos anciens, la garantie de la Sécurité sociale et la garantie de la modernité parce que je vais moderniser la politique, mettre un souffle de nouveauté.

La garantie, et je sais que beaucoup de Français se posent cette question, la garantie de la lutte contre toutes les formes de gaspillage. Oui, avec moi, un euro dépensé sera un euro utile, la France sera bien gérée pour que les moyens publics aillent à ceux qui en ont le plus besoin. Voilà la garantie que je vous donne.

Mais surtout, ce que je veux porter, c’est un idéal, c’est une espérance, c’est un rêve qui deviendra réalité, et non pas un rêve abstrait dans les discours. C’est une France fière d’elle-même, une France fière de l’audace qu’elle aura dimanche prochain, c’est une France qui saura désormais qu’une nouvelle page de son histoire va s’écrire. Je vous invite à écrire avec moi cette nouvelle page de cette histoire, je vous donne la garantie que cette page sera belle, lumineuse, que vous en serez fiers, que la France retrouvera son sourire, que la France sera regardée avec respect et avec admiration parce que le peuple français sera regardé avec admiration pour ce qu’il va accomplir dimanche prochain.

Alors à dimanche !

Vive la République, vive la France !
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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