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Discours de Ségolène Royal

Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /Mai /2007 23:36
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Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /Mai /2007 22:25
SEGOCN.jpg Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.
Vous dire aussi la fierté d’avoir conduit cette campagne, désignée par 60 % des militants socialistes, je voudrais souligner la très forte mobilisation dans les fédérations, la mobilisation des militants, bien sûr, mais aussi celles des partis alliés qui nous ont rejoints, qui nous ont soutenus dans cette campagne, tous les élus qui ont également été en première ligne de ce combat. Nous avons vu des salles pleines à craquer, des citoyens enthousiastes, des citoyens mobilisés, et aujourd’hui c’est une force qui s’est levée, même si le combat ne s’est pas terminé comme nous l’aurions souhaité. C’est une force qui s’est levée de 17 millions de voix.


Et je pense, je le vois, vous le voyez aussi sur vos territoires, ce vote contient des perspectives d’avenir, ce vote contient un élan. On sent, à la fois bien sûr une tristesse, et j’y reviendrai, même parfois plus, et en particulier dans les quartiers populaires, mais on sent également une fierté très forte et une volonté de continuer. Il n’y a pas d’abattement, il y a une fierté dans ce qui a été réalisé, dans ce qui a été dit, dans ce qui a été porté au cours de cette campagne, dans ce qui a été réalisé, à l’exemple de ces images de meetings extraordinaires, dans ces images de Charléty par exemple, mais aussi partout dans les régions dans lesquelles vous êtes et dans lesquelles vous êtes mobilisés.
Moi, je veux aujourd’hui surtout retenir cette fierté-là parce que c’est sur ce socle-là que nous allons pouvoir construire le mouvement des élections législatives. Les valeurs fondamentales étaient là, les problèmes étaient bien identifiés, la question de la vie chère et des bas salaires, la question du chômage et des délocalisations, notamment le chômage des jeunes, la question de la précarité qui était au centre de notre campagne, les questions aussi liées à la sécurité, aux sécurités au sens large, avec le besoin que ressentent les Français d’avoir une clarification des règles du jeu, ce que j’ai appelé l’ordre juste. La question du refus de l’assistanat pour les tout petit salariés, pour les travailleurs pauvres. Et, cette question aussi, nous devons continuer à y travailler, les peurs aussi, les peurs des délocalisations, les peurs des personnes âgées face au déficit de tous les régimes de retraite et de santé. Bref, les questions sont là, les questions aussi que nous avons abordées sur la République, sur la nation, sur l’identité. Nous l’avions fait il y a déjà deux ans, donc ces questions-là qui ont parfois été recaptées, raptées parfois par la droite en étant déformées, nous devons continuer à y travailler et à les clarifier.
Je pense aussi à la question de la valeur travail, dont j’ai été une des premières à la mettre en avant dans ce débat. Tous ces sujets continuent à tarauder les Français, ils vont donc à nouveau émerger au cours de la campagne des élections législatives. Et tout ce travail qui a été accompli par le Parti socialiste, par le mouvement aussi de rassemblement au cours des échéances de la campagne présidentielle devra rapidement déboucher et être clarifié. Et c’est le rôle aussi de ce Conseil national et des présentations qui seront faites tout à l’heure.
Je voudrais ici dire très simplement que j’entends ici ou là des interprétations de la défaite, certaines justes, bien sûr, d’autres dérisoires, et d’autres inutilement blessantes, mais je crois qu’aujourd’hui le temps n’est pas aux polémiques. Je dirai pour ma part ce que j’en pense après les élections législatives. Car je crois que, d’ici là, nous devons rester unis et nous avons entre les mains ce talisman que j’évoquais tout à l’heure de la fierté et de la volonté de 17 millions d’électeurs qui attendent de nous que nous redéclenchions, pour les élections législatives, un mouvement d’unité, de fraternité, de solidarité, un élan qui nous permettra d’envoyer à l’Assemblée nationale le plus grand nombre possible de parlementaires ; parce que c’est le fonctionnement de la démocratie qui est en jeu, c’est l’émergence d’un contrepouvoir par rapport à une droite dure qui a fait la jonction avec l’extrême droite, donc il y a une attente extrêmement forte à notre égard. Et, pour ma part, ce que je crois, c’est que nous devons mobiliser les énergies positives qui ont émergé au cours de cette campagne, et nous devons les transformer positivement au cours de cet élan des élections législatives. La campagne sera conduite par le Premier secrétaire. J’y prendrai bien évidemment toute ma place en tant que candidate à l’élection présidentielle, je suis disponible pour venir faire des réunions sur le territoire, d’autant plus que je ne suis pas candidate. Je ne sais pas candidate parce que je m’applique à moi-même une des règles du pacte présidentiel du non-cumul des mandats, mais je conçois que cette règle ne soit pas suivie par tous puisque la loi ne l’impose pas aujourd’hui, donc je ne l’impose pas comme modèle, mais il me semble élémentaire, par rapport à ce que j’ai dit en tant que candidate à l’élection présidentielle, et portant une rénovation sur ce que nous avons appelé ensemble la république nouvelle, la VIe République, la modification des formes de l’exercice de la politique et en particulier la réforme des institutions au sein de laquelle nous avions inscrit ensemble, dans le projet socialiste, le non-cumul des mandats, il me semble que la politique par la preuve, qui m’est chère, est que le non-écart entre le discours et les actes soit appliqué.
Pour la suite, je ne sais pas si, ce qui compte, c’est de savoir s’il faut être plus ou moins à gauche. Vaut mieux être à gauche de toute façon, mais je crois que la question, et je pense qu’il ne faudrait pas qu’il y ait des conflits, de débats inutiles sur cette question-là, qui pourraient entraîner des difficultés ou freiner le mouvement positif, essentiel, indispensable, pour gagner le plus grand nombre de circonscriptions.
Je crois que la question, pour nous socialistes, c’est d’être vrais et de réaliser, d’incarner le socialisme du réel, c’est ensuite d’être cohérents, et j’allais dire disciplinés, même si ce n’est pas un mot fréquemment utilisé parmi les socialistes. Et je pense que pour l’avenir, sans anticiper les échéances, il est clair qu’il faudra réformer notre calendrier. D’abord, que le projet pour l’élection présidentielle ne soit pas fait avant, mais après la désignation de notre candidat ou de notre candidate pour qu’il y ait une cohérence. Ensuite, il faudra que le processus de désignation interne ne soit pas situé aussi près du combat principal et ne pas laisser un certain nombre de séquelles ou d’utilisations du combat interne utilisées par la droite. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, et d’en reparler sereinement, y compris dans la part que j’ai prise dans ce résultat qui n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. L’heure est maintenant à la mobilisation. Et je voudrais simplement souligner aussi un autre élément de fierté : nous avons reconquis le vote populaire, et notamment le vote ouvrier, 54 %. Nous avons fait venir vers la citoyenneté des jeunes, des jeunes très nombreux qui sont venus s’inscrire et qui ont voté pour nous, et notamment les jeunes des quartiers. Il y a des résultats qui sont sans appel, sans commentaire : Vaulx-en-Velin : 63 %, La Paillade : 65 %, Le Mirail à Toulouse : 70 %, les quartiers Nord de Marseille : 70 %, Aubervilliers : 61 %, Saint-Denis : 67 %, Trappes : 70 %, Bobigny : 66 %. Merci à ces jeunes, à leur élan citoyen, et nous savons aussi leur déception, leur désarroi, leur profonde tristesse.
Je pense que l’une de nos responsabilités, pour que ces jeunes continuent à venir voter, et continuent à s’inscrire dans cet élan citoyen, notre responsabilité, c’est de leur offrir des perspectives, c’est sans doute de repenser les formes de militantisme dans les quartiers, c’est d’y conduire avec eux, et non pas à leur place, des actions concrètes. Et nous pouvons le faire avec les collectivités territoriales, je pense en particulier aux emplois tremplins, je pense à toutes les formes de soutien, de solidarité, d’aide scolaire que nous devons aujourd’hui relayer et mettre en place, et prolonger par rapport à ce que nous avons dit dans le pacte présidentiel au niveau des Régions, des Départements, des communes. Je vois ici ou là déjà des élus qui se mobilisent et qui se demandent comment nous allons répondre à cette immense attente de citoyenneté et d’engagement des jeunes dans les quartiers, qui nous ont fait confiance et qui constituent une partie, non pas un problème comme de l’ai dit souvent dans cette campagne, mais une grande partie de la solution aux problèmes qui se posent aujourd’hui en France, et en particulier au regard de la consolidation du pacte républicain.
Et donc cette mobilisation-là, je crois que c’est le cœur de notre réflexion. Les catégories précaires, les milieux populaires, mais aussi les classes moyennes, qui attendent de nous que nous restions debout, que nous restions fiers, que nous restions imaginatifs, que nous restions forts sur nos valeurs qui finiront par l’emporter.

Merci de votre engagement.

NDLR : Je ne sais pas quel est le journaliste qui a prétendu que Ségolène Royal avait dit dans son discours qu'il fallait désigner le candidat socialiste ou la candidate socialiste pour les Présidentielles 2012 juste après les Législatives de cette année mais si vous le connaissez, dîtes lui que je suis tout disposé à lui fournir des cotons tiges. NG

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /Mai /2007 21:35

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Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 14:00
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Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 21:20

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Bonsoir Lille !

Bonsoir le Nord.

Merci à tous d’être aussi nombreux rassemblés ! Je vois toute cette foule devant moi, toute cette foule sentimentale ! Toute cette foule, et vous tous, et j’ai envie, ce soir, simplement de vivre ce bonheur que vous me donnez, une nouvelle fois, ce soir, à Lille. Merci pour ce bonheur. Merci. Merci pour cette joie extraordinaire, pour ce miracle à chaque fois recommencé, et ce soir si particulier, si particulier parce que c’est le dernier grand rassemblement. Demain, je vais en Bretagne, je ne veux pas minimiser la réunion de Brest, mais ce soir, c’est notre dernier grand, immense rassemblement populaire !

« Ségolène, Présidente ! »

Quand autour de moi, on me demande : mais comment tu fais pour rester encore debout ? La réponse, elle est là : devant moi, je suis debout grâce à vous parce que vous l’êtes aussi, je suis debout grâce à vous parce que vous voulez aussi que la France se remette debout.

Je suis libre grâce à vous, parce que je sens votre amitié, je sens votre proximité, je sens votre énergie, et je sens tout simplement que nous nous aimons très fort ; oui, que nous nous aimons très fort, et c’est pourquoi, dimanche prochain, cette victoire que nous voulons tant, cette victoire que nous désirons tant pour la France, cette victoire, elle est maintenant à portée de main. Alors je vous demande encore pendant deux jours de vous mobiliser pour que, dimanche prochain…

Ségolène, Présidente !

Merci à Gilles Parniaud* et à la fédération du Nord d’avoir organisé ce vaste rassemblement. Merci à Renaud qui est venu tout à l’heure à l’improviste, et qui nous a donné de l’émotion. Merci à Pierre Mauroy pour son indéfectible fidélité. Merci à Martine pour son talent, et merci à toi, Jacques, merci à Jacques Delors pour sa sagesse, pour son invention, pour ses combats de toujours.

Merci à tous les élus, à tous les responsables politiques ici rassemblés autour de vous, autour de nous.

Merci aux responsables des autres partis politiques, Jean-Pierre Chevènement et Jean-Michel Baylet, qui sont là ce soir, avec Christiane Taubira. Merci à Dominique, merci à Elisabeth, merci à vous tous d’être ici représentés. Merci à Michel d’être là, vous êtes là si nombreux, à Dominique, à Pierre, à Daniel, je ne peux pas tous vous citer, mais je vous vois tous rassemblés… Arnaud qui est là.

Puis je voudrais remercier toute mon équipe de campagne, François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, les deux directeurs, l’ensemble des porte-parole qui sont là aussi ce soir, Patrick Menucci qui, sans faille, a organisé tous ces meetings, et que ceux que je n’ai pas cités veuillent bien m’en excuser.

Mais je voudrais vous le redire ici ce soir, il reste deux jours : ne vous démobilisez pas, mon équipe, continuez à convaincre autour de vous, parce que mon équipe de campagne, c’est vous, c’est chacun d’entre vous, c’est vous qui allez porter le peuple, c’est vous qui avez déclenché ce mouvement populaire, c’est vous, et ici dans cette région ouvrière, dans cette région du Nord, où l’on sait ce que la valeur travail veut dire, où on sait ce qu’être dur à la peine veut dire, où l’on sait ce que l’on attend pour lutter contre les inégalités, contre toutes les formes de précarité, pour lutter contre le chômage, pour lutter contre la vie chère, pour lutter pour un logement décent, pour lutter pour la réussite scolaire, pour lutter pour la République. Ici, on sait tout ce que cela veut dire.

Et c’est pourquoi je suis particulièrement heureuse de vous dire ici ce soir, d’abord de vous remercier pour toutes celles et ceux qui, au premier tour, m’ont apporté leur suffrage, pour toutes celles et ceux, pour cette participation citoyenne exceptionnelle, pour cet élan civique du premier tour de l’élection présidentielle, pour ce mouvement profond, pour cette vague qui continue à monter et qui doit monter, je compte sur vous, jusqu’à dimanche prochain. Oui, faisons-la monter avec bonheur, cette vague, elle n’est pas encore à son maximum.

Beaucoup de choses vont se jouer pendant ces deux derniers jours. Il y a eu le grand rassemblement de Charlety, que l’ensemble de la France a vu, et ce soir, c’est un rassemblement de même ampleur, de même densité, de même amitié, de même fraternité, de même enthousiasme que je vois ici devant moi.

C’est vous, peuple de France, c’est vous, militants, citoyens, citoyennes, c’est vous, hommes et femmes, toujours de plus en plus nombreux au cours de ce long périple, de cette longue campagne, qui avez fait ce que je suis ici ce soir, devant vous : une femme volontaire, une femme libre, une femme combattante, une femme affranchie, une femme qui ne dépend d’aucun clan, d’aucun dogme, d’aucune puissance d’argent, d’aucun groupe de médias, une femme qui sent tout simplement qu’elle a la responsabilité de parler aussi au nom des sans voix, de ceux qui ont trop longtemps pensé que la politique ne pouvait plus rien pour eux, de ceux qui étaient désespérés d’attendre quelque chose qui ne venait pas. C’est avec vous tous et vous toutes que je veux, dimanche prochain, réussir la France présidente et vous conduire à la victoire !

Oui, je vais vous conduire à la victoire tout simplement parce que vous le méritez. Vous le méritez, parce que vous vous êtes mis en mouvement pour mettre fin, et il est temps, à un système dépassé qui a tellement aggravé les inégalités et les précarités. Il est urgent d’inventer une France neuve, une France protectrice, une France dynamique, une France fraternelle et une France conquérante. C’est à cela que je veux vous conduire, et nous y parviendrons !

Nous allons la construire ensemble, cette France neuve qui va permettre à chacun de réussir sa vie et de réussir sa vie d’abord grâce à l’éducation. Et nous remettrons l’éducation au cœur de tout et en avant de tout.

Oui, la République tiendra sa promesse égalitaire parce que, dans l’éducation, comme le dit Jacques Delors, un trésor est caché dedans, ce trésor, nous l’avons entre les mains, et c’est à tous les enfants, tous les enfants pour lesquels je veux ce que j’ai voulu pour mes propres enfants. Voilà ce que la France va demain leur donner, ce trésor, ce trésor de la famille qui éduque ses enfants, ce trésor de l’éducation qui est donné à tous et à chacun, ce trésor que demain la République donnera et mettra à portée de tous.

Vous le savez, je ne veux pas d’une France du chacun pour soi, dominée par la loi du plus fort et par la concentration du pouvoir entre quelques mains, toujours les mêmes. Je veux une France qui soit à l’avant-garde d’une Europe sociale, qui lutte contre les délocalisations et qui protège la planète, je veux une France qui se réforme sans brutalité, sans mépris et qui répare la fracture républicaine. Voilà la France présidente que nous allons construire dimanche !

Avec vous, nous ferons reculer toutes les injustices, toutes les formes de violence, toutes les formes de brutalité. Avec vous, la France présidente remettra les citoyens au cœur de l’action politique, et la parole que vous avez prise durant cette campagne, vous devrez la garder et ne plus jamais la lâcher, parce que la démocratie aura un souffle nouveau, grâce à la réforme des institutions. La République, c’est vous, la démocratie c’est vous, je la veux pour vous, mon projet, c’est vous, et c’est tous ensemble que nous allons le construire.

Oui, nous allons réconcilier l’efficacité économique et la justice sociale, parce que sans justice, il n’y a pas de performance économique possible. D’autres pays l’ont compris bien avant nous, et cette réconciliation-là est nécessaire, c’est le vrai fondement de la valeur travail. C’est parce que les salariés seront bien payés que la valeur travail sera respectée, c’est parce que les salariés seront respectés que la valeur travail sera garantie, c’est parce que l’égalité salariale entre les hommes et les femmes sera réalisée que les salariés seront motivés. Et cette Sécurité sociale professionnelle que la droite nous promet aujourd’hui dans les derniers jours de campagne, elle a eu cinq ans pour la mettre en place, nous, nous la réaliserons, nous, nous la ferons, parce que nos valeurs fondamentales, elles sont là : c’est lorsqu’il y a un respect mutuel entre partenaires sociaux que nous pouvons avancer ensemble, et non pas en dressant les uns contre les autres. C’est parce que nous ferons grandir un syndicalisme respecté que nos entreprises iront de l’avant, c’est parce que nous aiderons l’innovation, la recherche, la formation professionnelle, et que nous permettrons à chaque salarié d’avoir accès à la formation professionnelle qui lui permettra de progresser tout au long de sa carrière.

Je ne veux plus voir un ouvrier, une ouvrière commencer au SMIC et terminer quarante ans plus tard au SMIC. Non ! Dans une France moderne, ce n’est plus possible. La France présidente garantira à chaque salarié la possibilité de progresser dans son travail, dans sa qualification, dans son salaire, et donc de donner l’exemple de l’effort récompensé pour tous, et pas seulement pour quelques-uns.

Voilà le projet que je vous propose, voilà la France moderne que nous allons construire ensemble. Voilà ce que j’appelle construire un avenir pour chacun, le respect pour chacun. Mais le progrès social pour tous, parce que cela n’est pas incompatible avec une croissance économique qui repart, bien au contraire, c’en est même la condition, la première condition, c’est cet investissement massif dans la valeur humaine, dans la ressource humaine, dans la formation professionnelle, dans la qualité des hommes et des femmes, et c’est parce que les hommes et les femmes, les salariés de ce pays, les travailleurs de toutes les professions se remettront debout en ayant l’espérance de progresser et d’avancer que la France entière se redressera et avancera. Voilà ce que nous allons bâtir ensemble.

Et c’est pourquoi la France présidente engagera immédiatement la bataille de la lutte contre le chômage. Les premières décisions iront à la hausse du SMIC, des bas salaires et des petites retraites.

Quand j’entends certains me dire « 980 euros nets par mois, c’est déjà trop », à ceux-là, je leur dis « mais vous ? Pourriez-vous vivre avec 980 euros nets par mois ? » Non. C’est pourquoi nous revaloriserons et nous remonterons le SMIC et les bas salaires, et nous les ferons de telle façon à ce que cela ne pèse pas principalement sur les entreprises de main-d’œuvre. Car nous ferons en sorte qu’une bonne fois pour toutes, cet engagement si souvent pris et jamais réalisé soit enfin réalisé, c’est-à-dire que le travail sera moins taxé que le capital, et c’est comme cela que la France avancera.

Les emplois tremplins pour les jeunes seront immédiatement mis en place pour qu’aucun jeune ne puisse rester sans activité ou sans travail pendant plus de six mois. Je ne veux plus que la jeunesse de la France soit gaspillée, je ne veux plus qu’un seul jeune qualifié ou diplômé, qui a fait l’effort d’accéder à une qualification et à une formation, reste au chômage pendant plus de six mois.

Il y aura une mobilisation nationale, ce sera le pays tout entier qui devra se mobiliser contre le chômage des jeunes, parce que si les jeunes sont au chômage, c’est tout le pays qui va mal.

Quand j’entends certains parler de l’effort récompensé, mais la première façon de récompenser l’effort, c’est de faire en sorte que les entreprises tendent la main aux jeunes pour leur donner leur chance. Et cette chance, les politiques publiques se mettront en mouvement avec imagination, avec mobilisation. Toutes les bonnes idées seront rassemblées : les emplois tremplins ici, les bourses tremplins là, l’encouragement des jeunes à créer leurs entreprises, le premier emploi pour ceux qui sont sans qualification et qui sortent du système sans n’avoir rien entre les mains. A ceux-là, nous leur donnerons le contrat d’une première chance pour accéder à cet emploi qui, demain, leur permettra de reprendre confiance en eux-mêmes.

Cette bataille centrale essentielle contre le chômage n’oubliera pas les salariés de plus de cinquante ans, et notamment les femmes qui se retrouvent si souvent sur le carreau, qui se retrouvent si souvent aux emplois précaires, qui se retrouvent si souvent au chômage partiel, et ce sont souvent elles les travailleuses pauvres : 80 % des travailleurs pauvres sont des femmes. Eh bien, je leur dis à ces femmes, à toutes les femmes, à celles qui travaillent comme à celles qui ne travaillent pas, à celles qui sont en famille comme à celles qui sont seules, à ces millions de femmes seules de toutes générations, à celles qui ont choisi d’élever leurs enfants, et je le redis, c’est aussi l’un des plus beaux métiers du monde, je leur dis que la précarité n’a pas de sens lorsqu’elles arrivent à l’âge de la retraite. Je revaloriserai la situation des femmes seules, des pensions de réversion, des petites retraites, et de tout ce qui peut leur permettre de leur garantir l’accès à la santé, aujourd’hui si fragile et si menacée par les différents projets de déremboursement de soins, qui va prioritairement frapper les personnes âgées et nos anciens.

Avec moi, la Sécurité sociale sera non seulement protégée, préservée, mais elle sera consolidée par la création de la cinquième branche de la Sécurité sociale pour les personnes âgées et pour les personnes handicapées, parce que cela relève de la solidarité élémentaire entre les générations.

Je nouerai avec les entreprises, avec les petites et moyennes entreprises, je l’ai dit tout à l’heure, un contrat de progrès. Nous allons mettre fin aux gaspillages, aux abus de toutes sortes dans toutes ces grandes entreprises, celles du Cac 40, celles qui sont insolentes, celles qui veulent les plus hautes rémunérations et les stock-options, les parachutes dorés, celles que la droite feint d’avoir ignorées. Et on ne se lasse pas de rappeler que le pactole avec lequel est parti l’ancien patron d’Airbus est l’équivalent, tenez-vous bien, de quatre mille emplois payés au SMIC, et la droite nous fait croire qu’elle ignorait tout cela. Non seulement elle ne l’ignorait pas, mais elle a donné son autorisation pour cela, et elle a supprimé la loi sur la transparence des rémunérations.

Tout cela cessera, parce que désormais, les représentants des salariés feront partie des organes dirigeants des entreprises et seront associés, comme dans tous les pays modernes, aux décisions stratégiques.

Et les pays qui vont bien, qui vont très bien, les pays qui ont débloqué la croissance, ce ne sont pas, comme on entend le dire, ceux qui ont détaxé quelques heures supplémentaires, ce sont les pays qui ont modernisé le dialogue social, qui ont investi dans l’innovation et dans la recherche, ce sont les pays qui ont mis en place, comme nous le ferons, un plan massif de formation professionnelle. Voilà les pays qui vont de l’avant, voilà les pays modernes qui réussissent, voilà comment demain la France se relèvera, grâce à vous, cela dépend de vous, cela dépend de ce qui va se passer dimanche prochain !

Oui, cela dépend de ce qui va se passer dimanche prochain. On dit aujourd’hui que la France est en déclin. C’est vrai qu’elle est tirée, et parfois désespérément, vers le bas, et que chacun se demande : « Mais quelle va être l’étape suivante ? Est-ce que je vais être un peu plus dégradé vers l’échelon du dessous ? » C’est comme cela aussi que l’on attise les jalousies, que l’on attise les haines, l’esprit de revanche. Nous, nous n’avons aucun esprit de revanche, nous avons un esprit de conquête, nous avons l’optimisme au cœur, nous avons la joie au cœur, nous voulons rendre à la France son sourire.

Ce que je vous propose à vous tous, à ceux qui vont bien, mais aussi qui vont bien et qui s’occupent de ceux qui vont moins bien, à ceux qui vont moins bien et qui ont envie que pour eux, ça aille mieux mais qui ne font pas porter la responsabilité de ce qui leur arrive à leur voisin ou à celui qui est différent, ce que je vous propose, au contraire, c’est de faire converger les énergies positives, c’est que chacun trouve en lui-même, au plus profond de lui-même une énergie qui ne demande qu’à se déployer. Ce que je veux, c’est que chacun puisse déployer cette énergie qu’il sent au sein de lui-même, mais cette énergie qui est parfois si bridée, bridée de tant de blocages, bridée de tant de discours négatifs, bridée de tant d’ombres, ce que je veux déployer à travers le pays et en chacun de vous, ce n’est pas la part d’ombre qui sommeille en nous-mêmes, et qui est parfois dangereusement flattée ici ou là, non, ce n’est pas la part d’ombre que je veux réveiller, c’est la part de lumière, c’est la part d’espérance, c’est la part de la joie, c’est la part du sourire, c’est la part de la France qui s’aime telle qu’elle est, c’est la part de l’imagination, c’est la part du regard fraternel, du regard posé sur celui qui va moins vite, sur celui qui est plus lent, sur celui qui est différent, sur celui qui a du mal à s’intégrer, sur celui qui comprend que d’un côté, on lui propose d’aller toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus haut, de franchir je ne sais quelle étape, de gagner je ne sais quel maillot jaune, de franchir je ne sais quelle marche, et celui qui ne va pas assez vite, il sera laissé sur le bord du chemin ! Mais non ! Moi je vous dis : chacun ira à son rythme, et nous attendrons ceux qui vont un peu plus lentement, sans freiner ceux qui veulent accélérer. Mais nous ne laisserons pas dans le fossé ceux qui vont un peu plus lentement, au contraire, nous les prendrons par la main, et nous leur dirons : vous êtes différents, c’est un peu plus difficile, mais on va essayer tous ensemble que ces différences reculent parce que justement, on va se tenir par la main, on ne va oublier personne. On va garantir des solidarités fondamentales. On ne dira plus que quelques-uns…

Ségolène ! Ségolène !

Dans la France présidente, on ne dira pas qu’il faut que quelques-uns, les plus riches, deviennent encore plus riches avec le bouclier fiscal pour que tous les autres aient quelques miettes. Ça, ça ne marche pas puisque, même avec le bouclier fiscal, on en voit certains quand même franchir les frontières pour éviter de payer leurs impôts. Donc ce système ne peut pas marcher, ce système, il est même destructeur pour la France.

Moi, je vous propose le contraire : c’est parce qu’il y aura de la création de richesses et de la croissance économique et que cette croissance sera répartie équitablement que tout le monde pourra se relever et se tirer vers le haut. Voilà la différence !

Et cette différence-là, on sait bien que ça marche, et il faudra aussi lutter, farouchement lutter contre toutes les formes de discrimination, les discriminations entre hommes et femmes, les discriminations que subissent les handicapés, les discriminations liées à la couleur de la peau, les discriminations liées à l’âge aussi, où l’on voit des salariés se sentir mis au rebut, certains me l’ont dit « nous sommes mis au rebut sous prétexte que nous avons dépassé l’âge » et j’ai même vu des femmes de quarante-cinq ans mises au rebut sous prétexte qu’il y avait une génération plus jeune. Je ne veux pas d’opposition entre les générations.

Je veux que l’expérience au contraire soit valorisée et soit mise au service des plus jeunes, c’est pourquoi je veux la validation des acquis de l’expérience professionnelle, pour que l’avancée en âge, dans cette espèce de jeunisme qui met au rancard dès que l’on n’est pas formaté selon je ne sais quel modèle, qui est loin d’être un modèle idéal, là aussi, il y a des discriminations insupportables. Je veux rassembler toutes les générations de France dans leurs diversités, je veux rassembler tous les enfants de France quelle que soit leur origine et leur quartier, et qu’il n’y ait plus de discrimination à l’embauche.

Je veux rassembler toutes les croyances, et même ceux qui n’ont pas de croyance, dans leurs diversités des convictions et des engagements. Je veux rassembler les villes et les campagnes, les centres-villes et les quartiers, je veux rassembler ceux qui savent et ceux qui pensent en savoir moins, mais ils savent aussi tous quelque chose, tous citoyens, vous êtes tous des experts de ce qui vous concerne. Je veux rassembler tous ces talents dans leurs diversités. Tout le monde sera mis à contribution pour mettre la France en mouvement, comme ce soir, car vous vous mettez en mouvement dans cette campagne, je sais que c’est parce que vous voulez aussi que le pouvoir change. Sinon, vous ne seriez pas là ! Vous ne seriez pas là aussi nombreux si vous n’aviez pas envie que la politique change ! Eh bien, avec moi, la politique va changer !

Elle ne sera plus jamais comme avant. Je veux sortir de l’enfermement dans les dogmes, je veux sortir de la confrontation bloc contre bloc, je veux que nous soyons ouverts sur les autres, je veux que toutes les bonnes idées soient rassemblées. Je veux tout cela sans jamais en rabattre sur les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité et de fraternité, parce que c’est au nom de ces valeurs que je me bats.

Je ne veux pas laisser la fracture, ne laissons pas la fracture républicaine se creuser. C’est de cela qu'il s’agit aussi dimanche prochain.

Nous, nous avons les valeurs républicaines profondément chevillées au corps, nous n’acceptons pas de faire acclamer dans les réunions publiques des mots qui n’ont rien à voir avec la République, des mots comme « liquider », comme « reformater », comme « karcher » ! Non, jamais vous ne m’entendrez mobiliser ce que je disais tout à l’heure, la responsabilité de la France présidente, la responsabilité d’une présidente de la République, c’est de ne jamais se laisser aller à flatter à ce qu’il y a, je le disais tout à l’heure et je le respecte, de plus obscur ou de plus mesquin dans l’être humain. Bien au contraire !

C’est pourquoi, dans cette France que nous aimons, il y a place pour tous et pour toutes. Il y a place, oui, pour tous et pour toutes, pourvu que ces valeurs fondamentales soient respectées, pourvu que ce qui a fait le combat de toujours de la gauche et du progrès social ne soit jamais oublié, pourvu que ce qu’ont fait les générations qui nous ont précédés, et rappelons-nous Fourmi*, le 1er mai, ces jeunes qui ont perdu la vie parce qu’ils luttaient pour le droit syndical, pour le droit du travail, pour la semaine des quarante heures, pour les congés payés, pour le progrès social, pour le respect des familles, pour le logement décent. Et ceux qui étaient contre eux déjà à cette époque où l’on perdait la vie pour conquérir ses droits et ses libertés, même ceux qui étaient contre eux à cette époque ont bénéficié de ces combats-là.

Eh bien, je le dis aujourd’hui, c’est la même chose : les combats que nous conduisons sont les combats justes, ce sont ceux qui permettront à la France de se relever.

Et ceux qui nous combattent aujourd’hui, ayons de l’indulgence pour eux, car je leur dis : ces combats pour la justice que je mène en votre nom, ces combats pour la Sécurité sociale, ces combats pour la relance économique, ces combats pour la hausse des bas salaires, ces combats pour la formation professionnelle, ces combats pour une école plus juste et plus performante, ces combats pour la recherche et pour l’innovation, ces combats pour relever le défi écologique, aujourd’hui, il y en a qui nous combattent sur ces combats, et pourtant, demain, si nous gagnons, ils en bénéficieront aussi, et nous leur faisons ce cadeau ! Ne lésinons pas sur la générosité !

Ils ne le savent même pas encore eux-mêmes, mais si la France présidente gagne dimanche prochain, ceux qui sont contre nous aujourd’hui gagneront eux aussi d’une certaine façon, parce que la France plus belle sera plus forte, parce que la France plus juste sera plus forte, parce que la France reviendra avec sa dignité à la table de l’Europe, parce que la France retrouvera sa place dans le monde et qu’elle participera à l’œuvre de paix, parce que je vous représenterai avec fierté, avec dignité, avec efficacité, parce que je me tiendrai debout…

« On va gagner ! »

Parce que je sais que nous allons réussir à rendre la France meilleure, je sais que nous allons réussir à donner à chacun la chance de pouvoir progresser, je sais que nous allons réussir à réaffirmer les valeurs fondamentales qui nous font tenir debout ensemble. Je sais que nous allons réussir à faire reculer toutes les formes de violence.

Oui, je vous propose de bâtir une France présidente de la non-violence, de la non-arrogance, de la non-brutalité, parce que nous n’avons pas le droit, compte tenu de l’immensité des défis qu’il y a à relever, nous n’avons pas le droit de perdre de l’énergie dans les brutalités et les violences, c’est de l’énergie perdue. Je veux tout simplement qu’il n’y ait que des énergies positives. Et ce soir, à Lille, je vous demande de mobiliser vos énergies positives !

Il vous reste… Il vous reste deux jours pour cela. Je compte sur vous.

Il y en a qui hésitent encore, il y en a qui ont déjà pris une autre décision, mais cette décision n’est peut-être pas définitive, on peut encore les retourner, mais bien sûr, il y en a que l’on peut encore convaincre et qui croient qu’ils ne vont pas voter pour moi, mais peut-être que d’ici dimanche prochain, ils vont changer d’avis en vous voyant, parce qu’ils ont, en vous voyant, envie de nous rejoindre. Ils ont, en vous voyant, envie aussi de venir participer à cet élan d’affection, de solidarité, d’amitié. Ils ont envie, en nous voyant nous aimer si fort, ils ont envie aussi de faire partie de ce moment exceptionnel que nous espérons tous pour dimanche prochain.

Alors, je leur tends la main. Venez, venez avec nous ! Venez partager ce bonheur ! Venez partager ce désir, ce désir d’avancer ! Venez rendre à la France son sourire, son espérance, sa confiance en elle, son amour de la beauté, son amour de la culture, venez construire une France artistique et culturelle ! Venez avec nous construire la France de toutes les espérances, de toutes les joies, de toutes les peines que l’on saura consoler, de tous les souvenirs merveilleux de cette campagne que je veux voir prolonger après dimanche, à travers tout le pays, pour que toute cette force soit mise au service de la France.

Voilà ce que je vous demande ce soir, à Lille. Je sens que c’est possible. Tout dépend de vous. Je sens cette vague qui se lève et dont j’aurai besoin demain pour bien présider la France.

Je sens aussi, parce que vous m’avez donné le courage, l’immense courage, que reculent les objections de ceux qui pensaient, et qui pensent peut-être encore un peu : mais au fond, est-ce bien raisonnable de choisir une femme ? Mais je vais vous le dire : non seulement le temps des femmes est venu, mais le temps pour le plus grand bonheur d’ailleurs des hommes et des femmes, mais aussi parce que c’est le choix de l’audace, et que nous sommes regardés à l’échelle de la planète. Et au risque de vous paraître un peu immodeste, quand je lis ce qui se dit dans la presse étrangère, dans celle qui nous regarde, dans celle qui regarde la France, ce grand pays qui a porté à travers le monde des valeurs universelles, ce grand pays qui n’est jamais si grand, et quand il rencontre une grande idée, comme disait François Mitterrand, ici à Lille, ils font tous les deux le tour du monde. Quand je vois ces millions d’hommes et de femmes qui se demandent : mais est-ce que la France va oser ? Je vous dis : osez ! Osez ! Osez, oui, vous ne le regretterez pas, parce que la garantie que je vous donne, c’est la garantie des valeurs fondamentales que je viens à nouveau de développer devant vous : la garantie de l’éducation, la garantie des familles qui fonctionnent bien, la garantie du travail respecté et valorisé, la garantie des entreprises qui redémarrent, la garantie de la revalorisation des retraites et de la protection de nos anciens, la garantie de la Sécurité sociale et la garantie de la modernité parce que je vais moderniser la politique, mettre un souffle de nouveauté.

La garantie, et je sais que beaucoup de Français se posent cette question, la garantie de la lutte contre toutes les formes de gaspillage. Oui, avec moi, un euro dépensé sera un euro utile, la France sera bien gérée pour que les moyens publics aillent à ceux qui en ont le plus besoin. Voilà la garantie que je vous donne.

Mais surtout, ce que je veux porter, c’est un idéal, c’est une espérance, c’est un rêve qui deviendra réalité, et non pas un rêve abstrait dans les discours. C’est une France fière d’elle-même, une France fière de l’audace qu’elle aura dimanche prochain, c’est une France qui saura désormais qu’une nouvelle page de son histoire va s’écrire. Je vous invite à écrire avec moi cette nouvelle page de cette histoire, je vous donne la garantie que cette page sera belle, lumineuse, que vous en serez fiers, que la France retrouvera son sourire, que la France sera regardée avec respect et avec admiration parce que le peuple français sera regardé avec admiration pour ce qu’il va accomplir dimanche prochain.

Alors à dimanche !

Vive la République, vive la France !
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /Mai /2007 11:07
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Je vous salue ! Je vous salue peuple de France ! Je vous salue peuple de France ! Peuple libre ! Peuple fier ! Peuple insoumis et qui veut la victoire !

Votre présence exceptionnelle, enthousiasme, conquérante mais aussi tolérante et fraternelle me va droit au cœur. Merci pour ce bonheur. J'ai pris beaucoup de coups pendant cette campagne mais j'ai reçu aussi tellement… tellement… tellement de bonheur partagé comme ce soir ! Que ce soir, tout le reste est oublié et je suis avec vous dans cette dernière ligne droite pour dimanche prochain faire gagner la France car je veux demain tout simplement, mais c'est déjà considérable… car nous voulons ensemble pour demain simplement mais c'est considérable beaucoup de bonheur pour notre pays, un pays apaisé, un pays réconcilié avec lui-même pour vous, avec vous et surtout pour celles et ceux qui en ont le moins, ceux-là, je leur dis qu'ils ne se découragent pas, nous les prendrons aussi par la main.

Je vais vous dire maintenant quelques mots en confidence : d'abord j'ai tenu grâce à vous car comment se fait-il qu'une petite fille de Lorraine née à Dakar d'un père militaire, qui a grandi dans un village des Vosges, quatrième d'une famille de huit enfants, qui a eu le bonheur de suivre une réussite scolaire, comment se fait-il que je me trouve là ce soir devant vous? Qu'est-ce qui a permis notre rencontre ? Parfois je me suis interrogée au fur et à mesure de ces étapes, parfois j'ai trébuché mais avec vous je me suis relevée. Oui, à chaque fois, c'est votre ferveur démocratique qui m'a redonné la force d'accomplir avec vous ce que nous avons à construire demain pour le bien de la France.

Ce que je vais vous avouer n'est pas si facile, je suis solide, je le savais mais le courage du combat politique, je l'ai construit avec vous pendant ces dix-huit mois de campagne électorale. Mon courage, c'est vous ! Mon courage, c'est pour vous tout simplement parce que mon projet, c'est vous ! On me dit parfois : mais pourquoi tout cela ? Et à l'instant même où je vous parle, où se noue cette rencontre exceptionnelle, extraordinaire, en me tournant vers vous je vois… je comprends, je sens que tout cela, c'est tout simplement parce que nous nous aimons beaucoup.

Et ceux et celles qui ne ressentent pas encore ce sentiment, en vous voyant, j'en suis sûre, seront de plus en plus nombreux à avoir envie de le partager, ce merveilleux sentiment et je voudrais leur dire : dans la France que je veux, il y a de la place pour tous et pour toutes. Et personne n'en sera exclu. Notre réunion est ce soir un formidable signe d'espoir ; c'est – nous le sentons – un événement à la hauteur d'une victoire espérée. Mais je ne veux pas de la victoire d'une partie de la France contre l'autre. Ce que je veux, c'est la victoire de la France présidente ! Et merci… merci, en votre nom, aux artistes, merci aux artistes… nous sommes tous ici à vous entendre, de tous les styles, de toutes les générations ; vos musiques exaltent nos espoirs, calment nos peines et bercent nos vies et construisent nos plus beaux souvenirs. Merci de votre engagement. Merci de faire chanter la terre, merci de nous donner l'ardeur pour la rendre meilleure car l'art et la culture sont le langage supérieur de l'humanité. La France présidente sera une France artistique et culturelle et l'immense élan de ce soir en est la preuve !

Dimanche prochain, vous aurez le choix entre deux modèles de société et ce formidable rassemblement de ce soir est l'image du modèle que je vous propose pour la France ; le pays du partage, de l'émotion, de la beauté, toutes générations confondues. Voilà le rassemblement. Voilà le vrai remède à l'inquiétude, à la menace, aux divisions et aux conflits. Il est là le chemin de la paix et de la fraternité ! Oui je veux pour notre pays réconcilier la paix et la fraternité et si vous êtes là ce soir, c'est aussi pour une France neuve qui se relève. Vous êtes venus là ce soir pour une France rassemblée et fière de l'être. Vous êtes là ce soir pour remettre les citoyens au cœur de l'action politique et pour faire souffler un vent de démocratie et de liberté.

Vous êtes là pour une France qui mobilise tous ses talents. Vous êtes là pour la France qui libère les énergies, qui crée des richesses et qui les répartit bien, qui donne le goût de l'effort, du travail et de la création. Vous êtes venus pour la France qui affirme au plus profond d'elle-même que la justice sociale et l'excellence écologique sont aussi la condition de l'efficacité économique et que la prospérité économique et la sécurité écologique sont la condition du bien-être social. Les uns ne vont pas sans les autres ; voilà le nouvel ordre juste que je vous propose !

Ce soir, vous êtes venus pour faire gagner la France présidente. C'est un message qui est reçu aux quatre coins de la France et dans tous les territoires et départements d'outre-mer et par tous les Français de l'étranger ; et ma pensée va aussi en ce moment à notre compatriote détenu en Afghanistan ainsi qu'à Ingrid BETANCOURT. On aimerait tellement les avoir parmi nous ! Mais ce temps viendra.

Chacune et chacun d'entre vous est le porteur mystérieux des encouragements et des espoirs de chacune et de chacun, des millions de Françaises et de Français qui se rassemblent pour dire qu'ils veulent élever la France au plus haut rang de cette histoire et je vous invite dimanche à écrire cette nouvelle page de l'histoire de France ! Ce n'est pas une mince affaire car qui s'occupe de la France, s'occupe aussi du monde, car la France aux yeux du monde, c'est plus que la France. La France n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle l'est pour tous. La France, ce sont des valeurs exigeantes et belles proclamées par la Révolution française et des valeurs universelles qui sont une parcelle de la lumière du monde. La France, c'est la liberté, c'est l'égalité et c'est la fraternité ! Et c'est cela qui nous rassemble et qui nous mobilise aujourd'hui ! Et c'est ce chemin que nous allons prendre ensemble. Le monde, nous savons ce qu'il en est : la mondialisation, les échanges, les influences croisées et fertilisantes mais aussi le tohu-bohu, l'inéquité, le malheur, les crimes de masse et les guerres. Je ne veux pas d'une France qui aurait la tentation de s'éloigner de la scène et qui aurait la tentation de laisser faire. Je ne veux pas d'une France qui laisserait le monde éclater en morceaux, en blocs de vie et de pensées hostiles les unes aux autres.

Non je ne veux pas d'une France qui se résignerait à disparaître de l'histoire et je veux vous le dire, vous êtes ici les ambassadeurs d'une aspiration qui monte du pays tout entier. Vos lettres de créance sont celles d'un peuple qui veut se redresser, d'un peuple qui affirme que notre pays mérite d'autres formes de gouvernement et d'autres choix politiques ! La France ne se laissera pas abusée par des choix qui même parés des plumes de la rupture ou des ravages de la nouveauté, sont marqués du sceau de l'échec et de l'amnésie des bilans. Certes, maquiller un bilan n'est pas tâche facile et pour cela, sans vergogne, certains réécrivent l'histoire, captent celle des autres, en font un gadget médiatique pour brouiller les pistes et créer de la confusion dans les esprits.

Alors chers amis, vous tous qui êtes là, je vais vous dire : nous ne sommes pas rassemblés ce soir un 1er mai par hasard. Cette date du 1er mai a un sens historique. Elle a un sens pour tous les travailleurs et pour toutes les travailleuses du monde entier. Elle est la fête de la solidarité et de la demande de dignité du monde ouvrier. Les plus jeunes ici présents ne le savent peut-être pas. Alors je vais le leur rappeler.

Il y a plus d'un siècle, aux Etats-Unis, à Chicago, des ouvriers en grève furent sauvagement réprimés ; certains furent tués par balles et d'autres plus tard jugés et pendus ; c'était le 1er mai 1886. Cinq ans plus tard, six jeunes gens furent tués par balles dans une ville minière du Nord de la France lors d'une manifestation cruellement réprimée à Fourmies. Ils avaient entre 16 et 20, c'était le 1er mai 1891. Depuis ce jour, ces jours… ces deux jours et à l'initiative de la deuxième Internationale socialiste, les travailleurs, les salariés du monde entier, toutes appartenances politiques ou confessionnelles confondues, quand le droit le leur permet, ne travaillent pas ; ils manifestent ou ils se reposent ; ils font la fête en famille comme ce soir ici à Charléty. Et ils se souviennent et ils n'oublient jamais l'histoire du 1er mai.

Voilà l'une des raisons pour lesquelles nous sommes là ce soir sans esprit de revanche mais tout simplement parce que nous savons ce que nous devons pour nos libertés à ceux qui nous ont précédé et qui ont donné leur vie pour qu'aujourd'hui les travailleurs soient libres, puissent manifester et puissent revendiquer le respect qui leur est dû.

Car c'est évident, l'histoire n'est pas une bande dessinée où tout se vaudrait, où tous les mots seraient permis et où on peut dire n'importe quoi. Je ne ferai pas, moi, de discrimination entre ceux qui se lèvent tôt et les autres parce que je sais combien il y en a qui se lèvent plus tard parce qu'ils travaillent tard et même la nuit comme ces infirmières que j'ai vues récemment. Et puis il y en a qui font semblant de se lever comme ce père de famille que j'ai rencontré dans les débats participatifs, qui est au RMI mais pour que son fils n'ait pas honte, il fait semblant le matin de se lever et de prendre les transports en commun pour faire croire qu'il a un travail. Et moi je veux une France qui donne du travail à tous et à chacun. C'est cela la défense de la valeur travail ! Car l'histoire a des permanences qu'il faut rappeler et ces jeunes gens du Nord dont j'évoquais la mémoire tout à l'heure, se battaient pour la journée de huit heures et pour la semaine de quarante heures. Il a fallu 1919 pour que ces droits élémentaires soient reconnus. Déjà à l'époque, il y avait des gens à la vie facile sans doute, qui disaient que ces travailleurs miniers étaient des paresseux qui voulaient se lever tard. Les mêmes à la vie facile sans doute qui en 1936, affirmaient que les congés payés allaient ruiner la France. Alors ce galimatias conservateur sans fondements économiques, a été démenti par l'histoire et c'est pour cela qu'aujourd'hui je veux une France active, une France réconciliée avec elle-même et qui n'en rabatte jamais sur la conquête des droits sociaux car je ne veux plus que l'on oppose l'effort humain et le travail des salariés au goût du risque des entrepreneurs. Nous réconcilierons la réussite des entreprises et le progrès humain. Il y a de la place pour ces deux mots dans nos têtes. Notre cerveau est ainsi fait qu'il y a au moins deux lobes et je dis simplement que le but ultime du profit, ce doit être le progrès humain, sinon le gain des uns se paie toujours par une forme de servitude des autres et cela ne fait pas grandir la France. Oui, je ferai un pacte avec les entreprises et nous allons réconcilier la France avec les entreprises qui innovent, qui créent de la richesse et des emplois, qui se battent tous les jours pour que la croissance soit au rendez-vous.

Oui ! Je salue ici les risques pris par ces milliers de petites et moyennes entreprises et les dangers qui les guettent. Ce sont elles qui créent le plus grand nombre d'emplois avec l'artisanat. Je sais quels risques personnels prennent ceux qui les créent, qui les font vivre parfois au prix de leur santé et que ces chefs d'entreprise sachent que je veux qu'ils soient de plus en plus nombreux à entreprendre, que je serai à leurs côtés dans leur bataille contre la concurrence internationale, que je soutiendrai l'embauche et la formation professionnelle de leurs salariés pour qu'elles améliorent leur compétitivité tout en versant des salaires décents et qui rémunèrent justement le travail. Et c'est pourquoi je veux construire ces compromis sociaux. Et c'est pourquoi je veux que la France soit à l'avant-garde de la lutte contre le chômage des jeunes, que plus aucun jeune reste sans emploi plus de six mois. Oui, je les créerai ces 500.000 emplois pour projeter les jeunes dans la vie professionnelle et pour les sortir de l'inactivité et de l'abandon. Je sais que le succès économique dans le monde moderne, exige l'agilité des entreprises. Eh bien nous mettrons en place une sécurité sociale professionnelle qui sécurisera les entreprises comme les salariés. Voilà l'efficacité économique de demain ! Voilà la France que nous allons construire car c'est l'invention de toutes les nouvelles sécurités et de la lutte contre toutes les formes de précarité qui rendront notre pays performant. Et la première des sécurités doit être celle du parcours de toute la vie professionnelle. Je ne vois plus voir ces femmes en pleurs devant les grilles de leurs entreprises fermées. Je ne veux plus voir le regard désespéré d'ouvriers licenciés sans protection comme l'autre jour ; c'est un sort indigne d'un grand pays développé et ceux qui philosophent sur la valeur travail, ont-ils vu ces citoyens-là ?! Moi je cesserai d'opposer les chômeurs aux salariés. Il est inacceptable d'accabler les personnes privées d'emploi. Nous avons l'ardente obligation de leur donner du travail. Il est scandaleux de les stigmatiser et d'en faire les mendiants opportunistes de la ressource publique. Bien sûr quelques effets d'aubaine peuvent se produire ici ou là mais ces quelques effets d'aubaine auxquels nous mettrons fin bien sûr par une Agence Nationale Pour l'Emploi réorganisée et performante qui portera remède, car nous, nous n'avons jamais défendu l'assistanat.

Mais je tiens quand même à dire que ces quelques effets d'aubaine n'ont rien à voir avec la masse financière des fraudes fiscales des plus riches dans notre pays ! Et cela, comme par hasard, on n'en parle jamais ! Il faut redonner du sens à l'effort et à la dignité au travail, mais du vrai. La valeur travail n'est pas un artifice de discours. La valeur travail, c'est d'abord payer le travail à sa valeur. C'est augmenter les bas salaires qui restent obstinément immobiles et nous sommes le seul pays dans ce cas où des millions de salariés hommes et femmes, surtout les femmes d'ailleurs, commencent leur carrière professionnelle au SMIC et terminent quarante ans après toujours au SMIC et cela, je ne le veux plus. Et notre chantier prioritaire sera celui de la formation professionnelle car la valeur travail, c'est de donner à tout être humain la possibilité de progresser, la possibilité d'avoir une perspective de carrière, la possibilité de se dire que ce travail va être plus intéressant. Bref, c'est la récompense de l'effort dans la formation professionnelle et dans la motivation au travail et c'est cette justice-là que nous construirons ensemble. C'est par le dialogue social que nous débloquerons le pouvoir d'achat. Notre économie n'a pas besoin de brutalité ni de choc. Elle n'a pas besoin, notre économie – au contraire, c'est dangereux – elle n'a pas besoin de déclarer la guerre à la fonction publique ; elle a besoin de confiance. De confiance de tous les métiers et de tous ceux qui travaillent et qui cherchent un travail sur tous les territoires et la confiance n'obéit pas au coup de menton sur des champs de bataille imaginaires ! La confiance, c'est simple, c'est le soutien immédiat au pouvoir d'achat. Et je récuse toute fatalité, toute loi non écrite au nom de laquelle la réussite d'une entreprise devrait se traduire par la précarité des salariés. J'affirme ici le contraire et d'ailleurs les plus brillants de la nouvelle génération d'économistes affirment cela. Les chefs d'entreprise que j'ai rencontrés, le savent et me le disent et attendent désespérément de nouvelles règles du jeu. Ces nouvelles règles du jeu, je leur donnerai. Nous les remotiverons. La valeur travail ne peut pas non plus se satisfaire de ce système de stock-options sans limite, de bonus ou de retraites chapeaux que la droite a organisés et feint de découvrir dans les derniers jours de la campagne électorale. Qui peut vraiment justifier que 38 dirigeants d'entreprise tous amis du pouvoir, aient touché au total 107 millions d'euros de primes de départ en 2006 ?! Le pire, voyez-vous, c'est qu'à peine en place, ils savent déjà combien ils vont toucher quand ils vont partir même s'ils ont échoué. Et cela, c'est le contraire de la valeur travail !

Oui, la croissance va repartir et notre économie sera débloquée car nous allons en finir avec le travail privé de finalité et d'espoir. Oui, la France présidente sera la France du plein emploi. C'est notre combat et nous le gagnerons ! Car nos ressources humaines sont immenses et l'éducation sera mon grand chantier ; l'éducation et la formation au cœur de tout et en avant de tout. C'est cela la garantie que je vous donne. Nous redonnerons à l'université et à la recherche le rôle de bataillon d'élite de la France dans la mondialisation et je remercie le soutien du mouvement SAUVONS LA RECHERCHE parce qu'ils ont compris que c'était la France de demain. J'ai confiance car j'ai une grande ambition pour la France. La mondialisation qui est là nous lance un défi. Ce défi peut être relevé et nous avons les moyens de l'emporter. Actifs au sein de l'Europe, nous pouvons réorienter l'avenir du monde et sur le plan du commerce notamment. Mais il n'est pas acceptable que notre économie soit mise en péril par le jeu de la surexploitation des ouvriers dans les autres parties du monde. C'est pourquoi en ce jour de 1er mai, je soutiens aussi les immenses manifestations qui ont lieu par exemple dans des pays où les droits syndicaux et les salaires décents ne sont pas octroyés. C'est pourquoi je salue l'Union naissante ou renaissante du syndicalisme mondial parce que c'est en élevant l'ensemble des niveaux de vie et des salaires vers le haut que nous lutterons contre les délocalisations vers les pays à bas salaires. Et en attendant, il faudra que l'Europe se protège et se protège beaucoup plus efficacement qu'elle ne le fait contre toutes ces formes de délocalisations et de destructions d'emplois, j'en fais ici le serment !

Nous sommes confrontés à un autre risque et celui-là bien plus immédiat : c'est la brutalité dans la conduite des affaires publiques, on le sait, qui peut mettre en danger la paix sociale, la paix civile en dressant les Français les uns contre les autres. Ce danger, il est contenu dans le programme du candidat de la droite et moi je me suis engagée à réformer sans brutalité et sans heurter… j'y mettrai ainsi que mon gouvernement le temps et les moyens qu'il faudra mais la méthode, on la connaît, c'est la démocratie participative, c'est écouter le peuple pour agir juste, écouter les Français dans leur diversité pour que l'action publique ne soit pas source de brutalité et de violence. Je ne désignerai aucun ennemi sur le territoire français.

Et même ceux qui aujourd'hui n'ont pas mon opinion politique, demain ils seront associés aux réformes car il n'y a pas de réforme possible sans dialogue et sans concorde. Et j'ai entendu tout cela. Je rassemblerai toutes ces énergies d'où qu'elles viennent car c'est comme cela que nous nous relèverons. Oui, j'ai entendu les candidats de la gauche antilibérale. Oui, la vie vaut mieux que les profits ! Oui, j'ai entendu l'idéal des alter mondialistes ; oui, un autre monde est possible. Oui, j'ai entendu le message des électeurs du centre et de tous les républicains de progrès et je leur dis : rien ne se fera sans le goût de la démocratie, d'une Europe qui fonctionne et surtout d'un Etat impartial.

Alors il s'agit bien d'un choix de valeurs, d'un choix de société ; nous avons entendu il y a deux jours je crois, à Bercy, le discours de l'autre candidat. Il a ses opinions mais la politique, c'est d'avoir un débat de valeurs et d'opinions sans se poser en victime perpétuelle. Jamais les personnes n'ont été attaquées par moi, jamais. Mais jamais je ne renoncerai parce qu'il s'agit de l'avenir de la France, au débat d'idées, au débat de valeurs et donc au beau combat politique que la France est en train de vivre.

Alors que disait-il y a deux jours ? Que tout était la faute de mai 68. Mais quelle mouche l'a piqué car mai 68, c'était il y a quarante ans ! Tout semblait pourtant calme autour du Palais omnisport de Bercy. Mais à l'écouter, à l'intérieur, ce n'était que voitures fumantes, barricades, charges de police, délitement des valeurs, laxisme des mœurs, crise de l'autorité. La machine à remonter le temps avait été mise en marche à Paris-Bercy, on était en juin 1968. Mais moi je ne souhaite pas que la France parvienne à cet état de blocage pour préciser susciter comme en mai 68 des révoltes, des revendications, des grèves qui ont tout bloqué tout simplement parce que le pouvoir en place refusait d'écouter et refusait de redistribuer les richesses des Trente glorieuses que les salariés avaient construites. Et si lui rêve de connaître à nouveau un mai 68 pour y remettre de l'ordre, moi je veux au contraire en anticipant, en créant tous ensemble du dialogue, de la démocratie, du débat, des compromis sociaux, des convergences intelligentes, la France puisse avancer sans perdre son temps, sans être bloquée, sans dresser les Français les uns contre les autres, en un mot sans violence. Et voilà ce modèle que je vous propose : une France sans violence qui prend à bras le corps toutes ces énergies pour aller de l'avant dans la paix civile ! Car il y en a eu des dégâts dans les entreprises pour que finalement comme cela n'était que justice, les salaires furent augmentés, les syndicats dans l'entreprise furent reconnus, la gestion des universités fut modernisée, les libertés publiques furent élargies et les femmes eurent accès la contraception et à l'IVG ! Voilà ce que le pouvoir en place aurait dû donner et d'une certaine façon, c'est aujourd'hui, je le sens, je l'ai senti pendant ces dix-huit mois, ces longs mois de campagne électorale, d'une certaine façon, je le sens, il y a dans la France d'aujourd'hui une même forme de colère qui gronde, des frustrations, des incompréhensions, des millions de personnes qui ont le sentiment de ne compter pour rien et il est temps, il est plus que temps et notamment dans les quartiers délaissés où rien n'a été résolu, il est temps… il est plus que temps de réformer rapidement, sans brutaliser, avec intelligence, dans le dialogue ; et ce modèle-là, je suis la seule à vous le proposer. Je veux une France qui se réforme, je veux la paix civile dans mon pays car je sais que c'est possible.

Et quarante ans après, quand j'entends le candidat de la droite en appeler à la majorité silencieuse, habileté qu'ont dû lui souffler les conseilles ex-soixante-huitards sans doute qui l'entourent : il veut sans doute redéfiler sur les Champs-Elysées mais le Palais Omnisport de Bercy, ce n'est pas la remontée des Champs-Elysées. DOC GYNECO, ce n'est pas André MALRAUX ! François MAURIAC, ce n'est pas Bernard TAPIE ! Et monsieur SARKOZY, ce n'est pas le Général de GAULLE !

Alors il faut garder son calme, son sang-froid et réformer la France avant qu'elle ne se soulève. La société d'alors voulait le dialogue et la participation, on lui a répondu par la force ; et que le candidat de la droite relise donc le Général de GAULLE ! Ce sont ses propres analyses et elles se situent – reconnaissons-le – à une autre altitude. Il a dit cela après avoir compris ce qui s'était passé. Il a dit cela… la société voulait le dialogue et la participation et on a voulu lui répondre par la force.

Eh bien le voilà les modèles de société entre lesquels vous avez à choisir : d'un côté le dialogue et la participation et la juste autorité que je demande et qui sera demandée aux familles d'abord pour que les familles éduquent et encadrent correctement leurs enfants ; à l'école où les enfants devront respecter les enseignants mais où la réussite scolaire leur sera garantie par le soutien scolaire. Aux uns et aux autres de respecter les services publics de la police et de la justice parce qu'en retour, elles se rapprocheront des citoyens dans les quartiers pour construire ensemble le progrès de tous et le respect de chacun. Voilà la juste autorité que nous construirons ensemble.

Et vous le savez, je ne suis pas réputée pour mon laxisme mais en même temps je sais que l'ordre le plus durable et aussi celui le plus juste dans une société où les droits et les devoirs sont les mêmes pour tous et pas une société où quelques-uns ont tous les droits et où tous les autres n'auraient que les devoirs.

Soyons attentifs à ce qu'ont déclaré récemment les grands leaders syndicaux comme Bernard THIBAULT, secrétaire général de la CGT qui disait qu'il n'était pas question pour lui de négocier avec un pistolet sur la tempe. Ecoutons monsieur CHEREQUE, dirigeant d'un autre grand syndicat français, la CFDT, qui vient de mettre solennellement en garde l'UMP contre toute tentative de passage en force de loi sociale. Tendons l'oreille du côté des quartiers où le feu continue de couver sous la cendre et où rien n'a été entrepris.

Oui, nous sommes aujourd'hui dans une société bloquée du refus du dialogue, de la participation méprisée, tous les ingrédients sont là et nous ne voulons pas cela pour la France. Nous savons à quoi va conduire le passage en force et la brutalité. A cela j'oppose une République rénovée, une République rassemblée, une République positive, une République du respect, une République qui donne à chacun un véritable désir d'avenir !

Voilà la responsabilité demain de la présidente de la République ; voilà la seule façon de redresser la France et de protéger la paix civile. Quand j'entends aussi un certain vocabulaire qui aujourd'hui ne recule devant rien, quand nous avons entendu qu'à Bercy, on a fait ovationner le mot "Karcher" ! Qu'on a parlé de liquider une partie de l'histoire, celle de mai 68 et qu'il a même avancé cette phrase : nous allons reformater les Français… Eh bien moi je le dis ici solennellement : les plus hautes valeurs de la France - et je sais que bien des électeurs même à droite les désapprouvent – car les plus hautes valeurs de la France ne sont pas compatibles avec l'usage de tels mots. C'est pourquoi j'appelle tous les Français à le comprendre, à y réfléchir en conscience et en silence et à en tirer toutes les conséquences et à se rassembler sur d'autres valeurs. Prenons acte que la fameuse rupture annoncée, c'est purement et simplement une fracture républicaine et cela n'est pas une fatalité, cela va se décider dimanche prochain car qui veut de ces violences qui en résulteraient ? Qui a intérêt sauf pour esquiver les questions concrètes en menant des politiques d'exclusion ou d'intimidation ?

Moi je ne reproche pas à Lilian THURAM de dire ce qu'il ressent car il n'y a que les victimes de discriminations pour décrire ce qu'ils ressentent et en tant que femme aussi, je sais que pendant des générations et encore aujourd'hui avec les écarts salariaux avec les précarités, avec les violences conjugales, avec tout cela, les femmes subissent ces discriminations et la France présidente leur rendra justice. Je pense en particulier à ces millions de femmes seules. Je voudrais m'adresser à elles pour leur dire que je vais bien m'occuper d'elles dans la France de demain, quelle que soit leur génération, ces femmes seules qui élèvent courageusement leurs enfants et qui sont confrontés à la difficulté des adolescents, ces femmes seules, abandonnées par leur mari et qui font face aux difficultés de la vie, ces femmes veuves qui n'ont que de toutes petites pensions de réversion – et je les revaloriserai – ces femmes âgées, seules, qui se demandent si elles vont pouvoir encore accéder à la santé avec les projets de déremboursement de soins qui ne sont pas les miens. Ces femmes qui n'ont pas forcément travaillé ou qui se sont interrompues et qui du coup ont de toutes petites retraites et ces femmes qui ont simplement choisi d'élever leurs enfants, je leur dis qu'elles ont fait là le plus beau métier du monde et je veux qu'elles aient un avenir garanti !

Nous l'aimons la France. Nous voulons la rendre forte et belle.

Voilà pourquoi nous voulons la réformer. Voilà pourquoi dès septembre, j'organiserai un référendum sur la réforme des institutions et pourquoi les citoyens seront appelés à construire une 6e République. Le Parlement sera grandi. J'irai rendre des comptes devant lui et devant le peuple français. La France présidente sera citoyenne. Des jurys citoyens seront créés. Le cumul de mandats sera interdit. L'Etat impartial sera institué et protégé. Alors j'appelle à rejoindre ce grand mouvement, à le grandir, à le rendre victorieux, toutes celles et ceux d'où qu'ils viennent, qui veulent voir triompher cette nouvelle démocratie.

Chers amis, il nous reste trois jours. Trois jours pour convaincre. Trois jours pour mériter cette victoire. Trois jours pour faire gagner la France neuve. Trois jours pour convaincre les hésitants et les indécis. Trois jours au cours desquels mon équipe de campagne c'est vous ! Démultipliez-vous dans les rues et dans les campagnes ! Nous donnons ce soir avec les artistes magnifiques qui nous accompagnent, une magnifique image de notre pays. Si vous saviez comme je suis fière que vous soyez avec moi ce soir pour donner au monde entier l'image de la France et au monde entier l'image de tous ceux qui nous ont été aidés pour notre liberté au cours de notre histoire. Oui, il y a une sorte de miracle français : soyons-en à la hauteur. Ne décevons pas le monde. Il nous regarde. Ayez cette audace. Ayez cette audace, je le sais, ce n'est pas forcément facile à imaginer de porter une femme à la tête de la France présidente ! Mais ayez cette audace parce que aussi le monde nous regarde et se demande si la France aura cette audace de choisir l'avenir ou de se replier sur le candidat et sur l'équipe sortante. Le choix, il est là. Il est clair. C'est le choix de l'audace mais aussi de la réconciliation. C'est le choix de l'harmonie, c'est le choix de la paix, c'est le choix de la réussite, c'est le choix de la justice, c'est le choix de l'énergie, c'est le choix d'une France plus juste et donc une France plus forte ! La voulez-vous, cette France qui se relève ? La voulez-vous, cette France souriante ? La voulez-vous cette France optimiste ? La voulez-vous cette France qui tend la main ? La voulez-vous, la liberté ? La voulez-vous l'égalité ? La voulez-vous, la fraternité ? La voulez-vous, la victoire ? Alors en avant, rassemblons-nous, prenons-nous la main, aimons-nous les uns les autres ! Construisons ensemble. Vive la République, vive la France !
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 22:28

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Bonsoir, amis de Lyon et de toute la région. Bonsoir à tous.

Je suis profondément heureuse de vous voir aussi nombreux et nombreuses rassemblés à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle.

Je me bats avec vous pour gagner. Et, cette victoire, nous allons l’arracher ensemble !

Merci à tous les élus de la Région d’être là, à Gérard Collomb, à Jean-Jacques Queyranne, à tous celles et ceux qui ont pris la parole. À Arnaud aussi qui s’est exprimé, merci à toi. Dominique d’avoir commencé à enflammer cette salle par ton talent et ton engagement à mes côtés.

Merci à Najat, à Christiane, je ne peux pas tous vous nommer, je vous vois tous ici rassemblés, j’aperçois Louis Mermaz, je vois des élus de partout, d’ici et de là. Mais surtout, c’est à vous tous, citoyens, citoyennes, que je dis que l’élection présidentielle c’est d’abord un élan populaire, c’est d’abord un élan du peuple et c’est d’ailleurs grâce à vous que je suis aujourd’hui devant vous ce soir.

Qui aurait pu penser à cet itinéraire ?

Et vous l’avez entendu aussi tout à l’heure, ce qui va se passer le 6 mai est ardemment regardé dans les autres pays du monde, et en particulier en Europe. Et je remercie du fond du cœur Romano Prodi pour son message.

À l’approche de ce second tour, on voit que les choses se simplifient, que les messages se clarifient, vous allez avoir le choix entre le candidat soutenu par Berlusconi d'un côté et la candidate soutenue par Zapatero et par Romano Prodi de l’autre. Voilà le choix qui est devant vous.

La victoire, c’est vous qui allez la forger de vos mains, qui allez la construire. Le peuple français aujourd’hui est en mouvement, il a une soif profonde de changement.

Il a besoin de se rassembler sur des valeurs fondamentales, celles que je vous propose dans le pacte présidentiel que j’ai construit avec vous au cours d’une démarche participative nouvelle, parce que je veux la rénovation de la vie politique française.

Je crois qu’on ne gouverne plus aujourd’hui des pays complexes sans écouter les citoyens et sans construire les choses avec eux. Et ce sera aussi ma façon demain de présider la France présidente. Et cette parole que vous avez prise, cette parole que je vous ai donnée pendant la campagne, cette parole que chacun et chacune d’entre vous est allé porter aussi vers les autres citoyens, cette parole, je vous demande de la garder et de ne plus jamais la lâcher, car désormais la politique ne se fera plus jamais sans vous.

Et la participation massive des Français lors du premier tour est aussi un signe encourageant, c’est un élan civique. Nous devons être à la hauteur de cet élan civique. Je suis la seule candidate d’ailleurs à avoir appelé les électeurs à ne pas s’abstenir, à revenir massivement vers les urnes, à avoir fait le constat d’une crise démocratique profonde, à m’être adressée aux citoyens qui pensaient que la politique ne pouvait plus rien pour eux. Et moi je veux dire ici ce soir à Lyon : si, la politique peut et doit encore beaucoup. Et de jour en jour je me sens de plus en plus prête à assumer la présidence de cette France présidente, et c’est pour cela que je vous demande de me faire confiance.

Je veux remercier d’abord les neuf millions d’électeurs et d’électrices qui sont venus dès le premier tour. Je veux remercier aussi du fond du cœur tous les partenaires de la gauche et les écologistes qui se sont rassemblés dès dimanche soir. Et, comme vous le savez, je tends aujourd’hui la main pour un vaste rassemblement des républicains de progrès, à toutes celles et tous ceux qui pensent que la maison France peut se relever sur des valeurs auxquelles nous croyons profondément ; toutes celles et tous ceux qui pensent que les valeurs humaines doivent toujours l’emporter pour chaque décision politique sur les valeurs financières et sur les valeurs boursières, alors rejoignez-moi ; toutes celles et tous ceux qui pensent qu’il est temps de mettre en place un État impartial qui ne sera mis en mouvement que par le seul intérêt général du pays ; toutes celles et ceux qui veulent voir se lever cet État impartial dont la France a perdu l’habitude, alors qu’ils viennent se rassembler autour de moi !

Toutes celles et tous ceux qui pensent que la France est menacée par le délitement du lien républicain parce que rien n’a été réglé dans les quartiers et que la colère y gronde encore et que le feu couve sous la cendre ; que le lien républicain a été affaibli à cause de la montée de toutes les formes de discrimination, de précarité, de brutalité ; toutes celles et ceux qui pensent que l’enrichissement de quelques-uns aux dépens du plus grand nombre n’est pas une fatalité ; bref toutes celles et ceux qui pensent que la fracture républicaine doit être rapidement réparée et que nous devons à nouveau apprendre à vivre ensemble grâce à des règles justes qui seront comprises par tous et appliquées par tous, les puissants comme les autres, ce qui empêchera que quelques-uns ne s’enrichissent aux dépens du plus grand nombre. Alors j’appelle tous ces hommes et toutes ses femmes à venir soulever la vague de la victoire qui permettra à la France de changer.

Je mesure aussi la responsabilité qui est la mienne, je voudrais vous confier qu’une certaine gravité m’habite, qu’en ce moment présent, au fur et à mesure où je me rapproche de ce second tour de l’élection présidentielle, je pense de plus en plus à François Mitterrand et à ce 10 mai 1981.

Et je crois que le profond désir d’alternance, il est aussi fort, il est aussi puissant et nous avons le devoir de le réussir. Et je sais qu’avec vous, cette réussite, cette victoire, elle devient ce soir possible.

Mais je n’ignore pas qu’il y a encore des millions de Français qui hésitent, parmi ceux qui souffrent le plus, et qui se demandent ce qui va demain changer concrètement pour eux. J’apprenais cet après-midi en venant vers vous que les salariés d’Airbus venaient d’apprendre que plus de deux mille emplois allaient être supprimés. Et je voudrais ici, on ne s’en lasse pas, de rappeler cette invraisemblable provocation, de rappeler que l’ami du pouvoir, M. Forgeard, n’a toujours pas remboursé ses 8 M€, qu’il part après avoir échoué avec une retraite, tenez-vous bien, de 100 000 € par mois, et que les salariés viennent de recevoir un intéressement de 4 € par salarié.

Eh bien, comme ces salariés doivent être en colère ! Eh bien moi, je vous le dis ce soir, avec eux nous sommes tous en colère. Et ce système-là, nous n’en voulons plus, c’est à cela qu’il faut mettre fin définitivement. Il faut tourner la page de cette arrogance, de cette provocation, il faut tourner la page de ce système dans lequel certains, ceux qui sont en haut de l’échelle, même lorsqu’ils ont échoué, partent avec la caisse, tandis que les salariés subissent les dégâts de leur mauvaise gouvernance.

Il faut mettre fin à ce système du secret qui permet aux plus hauts dirigeants des entreprises de se servir alors que la gauche avait fait voter une loi, et nous le referons, sur la transparence des rémunérations. Et ces règles-là, en effet, nous les changerons. Je remettrai de l’ordre économique juste dans les entreprises, parce que je crois que c’est l’intérêt de la France.

Il est temps, en effet, de moderniser le pays, il est temps de réconcilier la France avec ses entreprises, celles qui vont de l’avant, celles qui innovent, celles qui respectent leurs salariés, celles qui créent des emplois. Je fais confiance à ces entrepreneurs, à ces entreprises, à ces élus aussi comme ici dans la région qui sont en première ligne, ou dans l’agglomération de Lyon, et qui sont au corps à corps avec les entreprises qui vont de l’avant et qui créent de l’emploi. Et je dis ici : nous relancerons la croissance économique parce que nous réconcilierons les intérêts des entreprises avec les intérêts des salariés. Voilà la clé du développement économique. Je le ferai en modernisant le dialogue social et on sait bien que c’est là que se trouvent les ressources de valeur ajoutée et de productivité. On sait que dans les pays de l'Europe, ceux qui réussissent et ceux qui vont de l’avant, ce sont les pays dans lesquels il y a un dialogue social de qualité et approfondi entre les organisations syndicales de salariés et le patronat. On sait qu’il s’agit là d’une réconciliation absolument indispensable pour nouer des compromis sociaux et pour que la France à nouveau puisse aller de l’avant en ayant confiance dans son économie.

On a souvent dit : « Mais la gauche est incompétente sur le plan économique. » Et vous l’avez entendu dans cette campagne, d’ailleurs, c’est un reproche que l’on m’a généralement fait. Eh bien, moi, je revendique ici le fait que c’est par la prochaine alternance, au contraire, comme l’a dit Dominique, que le pays se remettra en mouvement. Car l’économie, c’est d’abord la confiance en soi, la confiance dans son pays, dans ses capacités, dans ses laboratoires de recherche, dans la qualité de ses salariés, dans la qualité de ses cadres, dans sa compétitivité mondiale. Et nous réinvestirons dans l’innovation et dans la recherche pour retirer et pour relancer le pays vers le haut.

Mai la différence avec ce qui se passe aujourd’hui, c’est que tout cela ne se fera pas aux dépens des salariés, bien au contraire, nous le ferons en sécurisant les salariés, en assurant la progression de leur pouvoir d'achat, en revalorisant le travail, non pas en donnant des heures supplémentaires à quelques-uns, mais au contraire en donnant de l’emploi à tous, de l’emploi à chacun. Et la valorisation…

Et ce combat principal, ce combat essentiel pour les Français, celui qui les inquiète le plus, ce combat pour l’emploi et pour le pouvoir d’achat, nous le gagnerons. Nous le gagnerons parce que je porte un autre regard sur les potentiels de la France. Nous le gagnerons parce que nous créerons la sécurité sociale professionnelle qui permettra à l’entreprise d’être agile et aux salariés d’être sécurisés. Nous le gagnerons parce que nous lancerons un vaste plan de l’emploi pour les jeunes avec en particulier les 500 000 emplois tremplins pour les jeunes, et cela dès notre élection.

Nous le gagnerons parce que nous donnerons à chacun, par la formation professionnelle, la possibilité de progresser au cours de sa carrière professionnelle. Et moi je ne veux plus voir, dans la France d’aujourd’hui, des travailleurs pauvres. Qu’est-ce que ça veut dire cette expression ?

On travaille et on est pauvre. Oui, la revalorisation du SMIC, 980 € nets par mois, est une nécessité, oui la revalorisation des bas salaires est une nécessité.

Et ceux qui critiquent ces intentions, ces propositions, et demain ces réalités, tous ceux-là seraient-ils capables eux de vivre avec 980 € nets par mois ? Je ne le crois pas.

Et je veux aussi que pour les salariés de plus de 50 ans, qui sont durement frappés par le chômage, et là aussi c’est un drame dans notre pays, combien de talents gaspillés ? Combien de salariés laissés sur le carreau ? Combien d’entre eux qui n’arrivent pas à se reclasser ? Pour cela, nous mettrons en place des plans de formation professionnelle, des priorités pour ces salariés, des évolutions dans leur entreprise et même en dehors de leur entreprise pour qu’ils puissent retrouver, dans la société dans laquelle nous sommes, et grâce à leur expérience, une utilité sociale et non pas le désespoir qui les conduit parfois au bout de trente ans d’activité professionnelle à se retrouver au même salaire qu’en début de carrière, et en plus au chômage. Je ne veux plus de cette France des gaspillages.

Chacun doit pouvoir trouver sa place. Nous mobiliserons toutes les énergies, y compris les nouvelles formes d’économie, je pense à l’économie solidaire, je pense aux associations qui ont tant de besoins, je pense aux sociétés ouvrières de production, je pense au mouvement mutualiste, à toutes ces nouvelles façons de voir que la valeur ajoutée se produit dans différents modèles de développement économique. Oui, nous devrons avoir une force d’imagination, de créativité pour que la France présidente soit la France du plein emploi. Nous nous battons pour cela et nous le réaliserons !

Nous allons construire une France qui rassemble toute son histoire, toutes ses trajectoires diverses, une France colorée qui fait de ses diversités une richesse, une France métissée dans laquelle plus aucune discrimination ne sera tolérée.

Je veux aussi construire une France généreuse, libre et responsable. Et pour cela l’éducation sera notre première tâche et notre première priorité.

Je vous propose aussi une France solidaire de ses anciens, car là aussi l’écart entre les discours et les actes, les actions de l’actuel gouvernement et les promesses ne sont plus tolérables.

Oui, de plus en plus de nos anciens, et notamment des femmes seules, voient leur pouvoir d’achat gravement dégradé. On voit de plus en plus de petits retraités ne faire qu’un seul repas par jour. Et c’est pour cela que j’ai inscrit dans le pacte présidentiel que les petites retraites seront revalorisées. Non seulement ce n’est que justice, mais c’est aussi une question de dignité et de reconnaissance aux générations qui ont fait ce que nous sommes aujourd’hui.

Et je le dis depuis plusieurs semaines : nous créerons pour les questions de dépendance et de handicap la cinquième branche de la Sécurité sociale, c’est-à-dire tout le contraire de ce que la droite a fait pendant cinq ans en démantelant l’hôpital public, en reculant les formes de remboursement, et aujourd’hui, dans le programme de Nicolas Sarkozy, il y a la franchise et les déremboursements.

Mais qui seront les premières victimes de ce recul de la protection sociale ? Ce seront les personnes âgées et les personnes handicapées. Et moi je ne veux pas que ce lien de solidarité soit rompu. Avec moi, la Sécurité sociale, sera non seulement préservée, mais renforcée car il s’agit là d’un principe républicain fondamental.

Et c’est pourquoi j’ai lancé cet appel à un vaste rassemblement de la gauche, des écologistes, et au-delà de la gauche et des écologistes parce que j’ai entendu aussi que les Français voulaient, que, pour résoudre les problèmes complexes, difficiles, pour remonter la question de la dette et du déficit des comptes sociaux, il était possible de rassemble les républicains de progrès et tous ceux qui pensent par exemple que les valeurs de la Sécurité sociale et de l’éducation doivent être au cœur de notre projet présidentiel.

À tous ceux-là, je leur dis que je suis convaincue que nous devons nous rassembler dès lors que nous considérons que les valeurs de paix civile et d’harmonie sociale nous sont communes même s’il reste ici ou là quelles divergences. J’ai entendu des millions de Français qui se disaient : il faut sortir sur certains sujets de l’éternel affrontement de bloc contre bloc, et de chercher des convergences sur des valeurs fondamentales qui nous permettront de faire un bout de chemin ensemble sur ce qui nous rassemble, dès lors que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie. Voilà la rénovation politique que je vous propose. Je sais qu’elle est possible et je sais que vous me soutenez dans cette démarche, nouvelle je le sais, surprenante pour quelques-uns, qui nous demande des efforts aux uns et aux autres pour sortir des dogmes, des idées préconçues ou des camps qui s’affrontent l’un contre l’autre.

Je crois pouvoir rassemble et je demande à ceux qui pensent que l’on peut réformer la France sans brutalité, que l’on peut protéger les exclus tout en étant compétitif sur le plan économique, à tous ceux qui pensent qu’il y a trop de richesse d’un côté et trop de pauvreté de l’autre, à tous ceux qui comprennent qu’aujourd’hui trop de confrontations ont été encouragées, trop de logiques de mépris ont dressé les Français les uns contre les autres, trop de violences latentes et contenues risquent demain de se déployer dans nos territoires et nos quartiers, à tous ceux qui refusent cette fatalité, je leur dis et je les appelle à partager ces valeurs quelles que soient leurs sensibilités, dès lors qu’ils partagent ces valeurs, à converger massivement pour se rassembler afin que la France puisse réaliser ce changement le 6 mai prochain.

C’est cette convergence sur des valeurs, sur une certaine conception du pouvoir qui est là au service des Français. Moi, je n’ai pas, je ne sais quelle dernière marche à franchir pour moi-même. Pour le candidat Nicolas Sarkozy, on l’a compris, il y pense, nous dit-il depuis qu’il est tout petit. Son projet, c’est lui. Mon projet, c’est vous, c’est la France, c’est son rassemblement, c’est sa réussite et c’est son espérance.

lors, à quelques jours du 6 mai, finalement, les choix sont clairs. Il s’agit de savoir si l’on veut continuer comme avant en pire, ou bien changer, mais changer pour de vrai et changer fort!

Ils nous laissent une France endettée, ils nous laissent une France en déclin, ils nous laissent une France où les plus fragiles, les plus modestes, les plus précaires se sentent désespérément tirés vers le bas. C’est ce mouvement vers le bas qu’il nous faut d’abord stopper, et stopper rapidement, pour ensuite relever la France. C’est un chantier immense et j’ai besoin vous pour réussir ce chantier immense. Nous le construirons tous ensemble car ma conception de la France présidente, c’est un pays où chacun et chacune, parce qu’il aura les garanties de la justice sociale, sera à même d’apporter sa pierre, sa force, sa contribution à notre projet commun. Voilà ma conception de la France, celle qui se relève grâce à tous, celle qui ne laisse personne de côté, celle d’un État juste qui exerce son autorité pour que ses règles soient comprises par tous, appliquées par tous, et que chacun, en étant au clair avec ses droits et ses devoirs puisse donner le meilleur de lui-même. Voilà la France optimiste que je conçois parce que cette France, elle a du talent, cette France, elle veut retrouver son sourire, elle veut aller de l’avant, elle veut un souffle neuf. Et c’est cette nouveauté, cette France neuve, que nous devons permettre aujourd’hui en regardant très clairement les choix, en ne nous laissant pas abuser par ceux qui nous promettent de changer alors qu’ils sont depuis cinq ans aux responsabilités. Ouvrons les yeux et ouvrons les yeux des Français.

Oui, il y a maintenant le choix, un choix très clair : le choix entre la voie de la division et celle de la réconciliation que je veux incarner.

Il y a d’un côté la voie de la brutalité et de l’autre celle du dialogue, de la concertation et de l’écoute que je vous propose. Il y a d’un côté la voie du chacun pour soi, de la concurrence et de l’expérimentation sauvage ou celle de la solidarité et de la réforme dans le calme et dans la sérénité après dialogue avec la société française et après dialogue avec les partenaires sociaux.

Car je veux, après avoir longuement écouté les Français, et à la lumière de mes expériences passées, je veux une France qui avance, mais pas au détriment des plus pauvres, des sans grades ou des laissés pour compte, je veux, comme tous les Français, comme toutes les Françaises dans leur majorité une France qui fasse confiance à sa jeunesse, à toutes ses générations, à son intelligence, à ses talent ignorés et empêchés. Je veux libérer les énergies et les talents. Je veux une France qui fasse à nouveau confiance à ses chercheurs, à sa matière grise, alors qu’aujourd’hui ils quittent massivement notre territoire.

Oui, je veux une France qui va s’appuyer sur tous ses atouts et sur tous ses territoires dans leur diversité avec une réforme fondamentale pour que la nouvelle République, la VIe République, se lève, avec un Parlement qui fonctionne, une démocratie qui respire, la fin du cumul des mandats, la suppression du 49.3, un Parlement qui contrôle, un État impartial dans lequel ce ne sera plus le pouvoir en place qui désignera les membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel, du Conseil supérieur de la magistrature et je toutes les hautes autorités de l'État. Demain, avec l'État impartial, ce sera par une majorité des trois cinquièmes de l'Assemblée nationale que toutes ces institutions, qui doivent savoir que leur indépendance est garantie, c’est comme cela que je réalisera l'État impartial. Et pour tout cela les Français seront conviés à voter par référendum pour que notre VIe République soit la leur.

J’engagerai une nouvelle étape de la réforme de la régionalisation, de la décentralisation, comme on voudra, mais pas à la mode ancienne, une vraie réforme qui supprime tous les gaspillages et les confusions des compétences qui font que les impôts sont de plus en plus lourds parce que chacun se mêle de tout. Les Régions seront au clair sur leurs responsabilités, les Départements seront au clair sur leurs responsabilités, les communautés de communes et les agglomérations également. Chacun sera mis face à ses responsabilités. Et l'État garantira une égalité de développement sur l’ensemble du territoire national, et garantira une redistribution des richesses entre les territoires. Voilà comment nous ferons un État moderne. Et il est temps, car c’est cet État moderne qui va nous permette aussi, j’en suis certaine, de relancer la machine économique et de lutter contre toutes les formes de gaspillages et donc de réduire la dette.

Voilà ce que je vous propose. Voilà ce que nous allons faire, voilà comment nous allons réussir.

Je veux rendre aussi à la France présidente la fierté de son histoire et de son action collective. Je veux faire revenir la France à la table de l'Europe. Et parce qu’autour de moi se rassemblent ceux qui ont voté oui et ceux qui ont voté non, j’appellerai les Français dans un nouveau référendum à un dépassement d’eux-mêmes parce qu’avant je leur aurai donné la garantie que l'Europe nouvelle que nous aurons réussi à construire est une Europe qui se protège contre les délocalisations, est une Europe qui réussira à adopter un nouveau pacte social, est une Europe qui fera en sorte que l’objectif des progrès humains soit sa première priorité, est une Europe qui aura créé d’ici là l'Europe de la recherche, l'Europe de l’environnement, l'Europe de la préparation de l’après-pétrole, l'Europe par la preuve. Et moi, je n’ai pas peur du verdict des Français, je ne suis pas comme le candidat Nicolas Sarkozy qui propose de refaire l'Europe en cachette par un mini-traité dans le dos des Français. Non. l'Europe sera redéfinie avec vous. Je vous entraînerai, peuple de France, parce que je vous aurai redonné confiance en vous-mêmes, dans vos valeurs fondamentales, dans votre identité républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est ce qui me permettra de vous dire : peuple de France, puisque nous sommes bien assurés sur nos bases et sur nos valeurs, puisque nous avons permis à nouveau à toutes les familles par exemple d’être bien logées et d’avoir un emploi, donc d’éduquer correctement leurs enfants puisque nous avons remis l’école au cœur de tout, puisque nous avons fait de la protection et du respect des salariés et du dialogue social le cœur de la nouvelle économie, alors comme nous serons assurés de ces valeurs et que nous aurons pris à bras le corps le défi écologique, alors nous serons assurés sur nos bases. Et je pourrai vous dire, parce que nous serons forts sur nos racines et sur nos valeurs républicaines et de progrès, alors je pourrai dire au peuple de France : tournons-nous sans crainte vers l'Europe parce que l'Europe a besoin de nous et que la France a besoin de l'Europe. Et ensuite je pourrai dire à l'Europe : tournons-nous vers le monde parce que nous devons aussi construire une mondialisation plus juste et ne pas la laisser au libéralisme sauvage.

Et c’est pourquoi tout s’enchaîne et tout se tient. La victoire de l’élection présidentielle n’est qu’une première étape vers une Europe plus juste mais aussi vers un équilibre mondial plus juste. Et sans cet équilibre mondial plus équitable, sans une diminution, une réduction des écarts entre pays riches et pays pauvres, et l'Europe a un rôle majeur à jouer à l’égard du continent africain ; sans tout cela, alors c’est nous-mêmes qui reculerons, nous nous-mêmes qui nous effondrerons.

C’est cela que je veux faire comprendre aux Français, c’est que l’enjeu de l’élection présidentielle, ce n’est pas seulement la République française, mais cela va bien au-delà puisque la France a toujours choisi d’avoir un message universel, elle s’est toujours tournée vers le monde. Aujourd’hui, la France est repliée sur elle-même, elle a peur des autres, on l’incite à désigner celui qui est différent, celui qui est immigré, celui qui est venu d’ailleurs comme le principal adversaire. Et cela, c’est très dangereux, d’abord, parce que, quand on y regarde de près, un Français sur trois a au moins un grand-parent d’origine étrangère. Alors, vous imaginez ce qu’il faudrait faire pour réaliser ce ministère de l’immigration et de l’identité nationale ? C’est absurde !

C’est non seulement une idée pernicieuse, mais c’est une idée absurde puisque la force de la France se trouve précisément dans ces générations qui nous ont fait ce que nous sommes aujourd’hui. C’est cela que nous devons continuer à construire. Alors, moi, j’oppose à ce système destructeur, et contraire à notre idéal, ce système de la méfiance de tous contre tous, de la guerre de tous contre tous, de ce qui consiste à dresser les Français les uns contre les autres, j’oppose un modèle de réconciliation, de rassemblement, de compréhension des différences. Je propose un modèle de dépassement de ce qui fait nos différences pour que dans ce dépassement nous construisions une France qui se rassemble et dans laquelle les Français recommencent à s’aimer en elle.

Voilà l’enjeu que nous devons construire. Refusons toutes les brutalités, refusons toutes les violences. Je veux construire avec vous cette France présidente, une France de la non-violence, une France en paix civile ; mais une France qui soit également, je l’ai dit et je le répète, au clair sur le respect des autorités justes. Partout où les adultes ont une responsabilité, ils doivent l’exercer, l’autorité parentale, et c’est la ministre de la Famille qui a fait une loi sur l’autorité parentale qui vous parle, oui je veux que les familles fonctionnent bien. L’autorité juste à l’école, celle qui fait que, lorsqu’un élève trébuche, il est repris par la main et raccroché à la réussite scolaire. Il sera raccroché à la réussite scolaire et on lui redonnera le sens de l’effort par le soutien scolaire gratuit, individualisé, qui sera mis en place dès la prochaine rentrée scolaire.

Car nous ne baisserons pas la garde sur les moyens donnés à l'Éducation nationale. Nous ne baisserons pas la garde non plus sur les services publics. Bien sûr, les services publics doivent se réformer pour apporter toujours un meilleur service au public, comme leur nom l’indique, mais certainement pas en les affaiblissant, au contraire on voit se creuser des inégalités d’accès aux services publics, au service public de la police de quartier, qui sera créé, au service public de la justice qui aura les moyens de fonctionner, au service public de la santé. Et l’hôpital public si durement frappé aujourd’hui, sera rétabli dans ses responsabilités à l’égard de la santé publique.

Il faudra bien que Nicolas Sarkozy nous dise dans quels services publics il propose de supprimer un fonctionnaire sur deux. Il faudra qu’il nous le dise !

Et moi je vais vous dire : les services publics seront réformés pour qu’ils marchent bien et pour que les agents publics aillent aux endroits où on en a le plus besoin.

Mais je considère que désigner à la vindicte publique les fonctionnaires en faisant croire qu’un sur deux est inutile, est inactif, je considère que c’est diviser gravement la France. Car la compétitivité économique dépend aussi du bon fonctionnement des services publics. Voilà la vérité.

Mes chers amis, nous avons ce soir ensemble un immense bonheur.

Dans chacune de ces réunions publiques, de ces grands rassemblements, je viens chercher cette énergie qui me surprend parfois moi-même, je dois vous le dire.

J’entends le candidat de la droite se présenter comme une victime. C’est assez drôle, parce qu’il n’en a pas vraiment le rôle. Et quand je vois la somme des attaques, des mots violents, des mots de mépris d’ailleurs qu’il a actuellement pour François Bayrou, très choquants, ne serait-ce que sur le plan du simple respect démocratique. Quand j’entends aussi les attaques proférées par ses porte-parole, parce que lui prétend ne pas attaquer, encore que quand on fait le florilège de ce qu’il dit sur moi dans ses meetings, on en remplirait tout un roman !

Mais surtout ce que disent porte-parole, avez-vous entendu ces mots si élégants de Bernard Tapie à mon endroit lorsqu’il a dit que, voter pour Ségolène Royal, ce serait une… ?

Vous n’osez pas le dire, et vous avez bien raison.

Ou quand j’entends l’utilisation pernicieuse de certains qui prétendent avoir fait partie de mon équipe présidentielle, ce qui n’est pas le cas, je vous rassure…

Ou quand on connaît, mais cela a été dit excellemment avant moi, les accointances, les connivences entre un pouvoir économico-financier et médiatico-financier, alors, en effet, on n’a de leçons à recevoir de personne.

Mais la différence, c’est que, contrairement à ce qui est dit, et vous avez pu encore l’observer ce soir, oui je suis dans le combat des idées, et c’est essentiel dans une démocratie, le combat des idées. Et d’ailleurs Nicolas Sarkozy a refusé un débat avant le premier tour, sans doute parce qu’il craignait d’être mis devant se responsabilités et de devoir rendre des comptes sur son bilan. Et d’ailleurs, je vous le dis, demain je serai la présidente qui rendra des comptes sur ce qu’elle fait. Et cela, régulièrement, devant le Parlement d’abord, et ce sera nouveau. Je viendrai rendre des comptes devant la représentation nationale et je viendrai rendre des comptes régulièrement devant les Français pour leur dire : voilà les engagements qui avaient été pris, voilà ce que nous avons réalisé, voilà ce que nous avons adapté en vous écoutant, voilà ce que nous avons constaté en continuant avec la démocratie participative à vous associer aux décisions politiques qui seront prises demain avec vous. Voilà comment la France va devenir intelligente.

Car moi, je ne crois pas aux hommes providentiels. Je crois au contraire à l’intelligence de tout un peuple. Moi, je ne me pose pas en victime. Et, vous savez, je viens de le rappeler, tous les coups que j’ai pris pendant cette campagne, mais je ne me pose pas tous les quatre matins, comme le fait le candidat de l’UMP à la télévision, en victime. Pauvre victime !

Parce que je pense que l’élection présidentielle ne se joue pas sur une victimisation, ou alors il faut faire autre chose !

Je pense qu’il faut accepter, à ce niveau de responsabilité, la force des engagements, la force de la confrontation et l’échange d’idées. C’est cela le modèle républicain ! C’est cela ce moment citoyen que nous sommes en train de vivre. Et c’est cela qu’il faut accepter, c’est ce combat éminemment noble de la politique que d’accepter le combat des idées et que de cesser de se présenter comme une éternelle victime !

Moi, j’ai pris beaucoup de coups pendant cette campagne, et j’en ai tellement pris que, si je m’étais occupée d’y répondre tous les jours, je n’aurais parlé plus que de cela, donc j’ai choisi de les ignorer et de ne pas y répondre.

Et puisque j’ai voulu cette bataille et ce combat essentiel qui va permettre à la France d’écrire une nouvelle page de son histoire, jamais vous ne me verrez me mettre en posture de victime.

Je ne suis pas une faible victime, je ne suis pas une faible femme, je suis, comme disent les Antillais, une femme debout !

Je suis une femme solide !

Je suis une combattante, je veux vous conduire à la victoire. Je sais qu’elle est possible, qu’elle est là à portée de main, qu’elle dépend de nous et que nous avons le devoir de la réaliser, tout simplement parce que la France en a besoin, parce que la France ne veut pas se replonger dans l’ombre. La France veut la lumière, la France veut l’espérance, la France veut l’horizon, la France veut se redresser, la France veut croire en son avenir, la France a confiance en elle.

La France que nous aimons, je veux qu’une majorité de Français aiment la France que je veux construire avec vous, avec eux.

J’ai besoin de vous, la France a besoin de vous.

En avant, en mouvement, vive la République, vive la France !
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 11:46

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Bonsoir Montpellier !

Merci à Dany, qui a déjà enflammé cette salle, à tous les élus de la région ici présents. Merci à vous tous.

Je sens comme un souffle se lever, qui doit nous permettre d’accomplir, le 6 mai, notre devoir de victoire !

L’élection présidentielle, c’est d’abord un élan populaire, l’élan du peuple français, qui a profondément envie que ça change. Et ce soir, à Montpellier, je sens cet élan, je sens ce souffle.

Je me bats pour la victoire, vous m’en donnez le courage, vous m’en donnez l’énergie, et je sais qu’avec vous, nous irons jusqu’au bout !

Et d’abord, la participation massive des Français et des Françaises au premier tour de l’élection présidentielle est une bonne nouvelle, est une excellente nouvelle. Je suis la seule candidate qui ait demandé aux Français de venir massivement voter et de ne pas s’abstenir, je suis la seule candidate qui ai conduit une campagne participative, car j’ai compris la fracture démocratique, j’ai senti que des millions de Français pensaient que la politique ne comptait plus pour rien, et même ne comptait pour rien.

Alors, je veux devant vous rendre hommage à cet élan civique, à cette participation, qui prouve que les Français s’intéressent à la politique lorsque la politique s’intéresse à eux, et en particulier, j’observe que la montée de la participation a été la plus forte chez les jeunes et dans les quartiers populaires, ceux pour lesquels, finalement, il y avait, au cours de ces dernières années, les doutes les plus profonds, les souffrances les plus lourdes, les insécurités, les précarités, et ce fossé grandissant entre les responsables politiques et les citoyens au service desquels nous sommes. Et c’est pourquoi, parce que les Français ont changé, parce qu’ils sont devenus plus exigeants, parce que le monde a changé, parce que la France a changé, alors la politique doit changer, et avec moi, elle ne sera plus jamais la même.

Oui, il faut comprendre cette soif profonde de rénovation de la vie politique, cette exigence de loyauté et de morale publique. Demain, la politique que je conduirais, la France présidente, que je présiderais peut-être si les Français me font confiance, la France présidente ne fera rien sans les Français, mais tout avec eux. Et cette parole que je leur ai donnée dans cette campagne, je leur demande de la garder et de ne plus jamais la lâcher.

Et l’élection présidentielle, c’est vous qui allez la faire, vous, citoyens et citoyennes. Ce ne sont pas des additions arithmétiques, ne vous laissez pas faire par les additions arithmétiques, car la politique, c’est une multiplication de mouvements, de talents, d’énergie, de démocratie vivante qui ne demandent qu’à s’exprimer, et c’est à cela que je vais m’employer pendant ces quelques jours, cette dernière ligne droite, et c’est vous qui m’avez portée pour être ce que je suis ici devant vous.

C’est vous qui m’avez portée jusque-là, déjouant tous les pronostics, me permettant de surmonter tous les obstacles, de me relever après les chutes. C’est vous qui m’avez donné cette énergie intérieure, cette force sereine dont, demain, la France aura besoin, et c’est avec vous que je vais continuer ce combat, je vous demande de me porter avec la même force tranquille et énergique jusqu’au 6 mai. Car c’est avec vous et pour vous que je compte bien transformer l’avenir de la France. C’est sur vous que je compte pour cela. C’est pourquoi, pour éviter à la France de s’enfoncer dans le déclin, dans les précarités, dans les injustices, nous avons, oui, ce devoir de victoire. C’est pourquoi j’appelle, ce soir, à Montpellier, le plus grand nombre de Françaises, de Français à se rassembler autour des idées et des actions du pacte présidentiel, avec cette magnifique confiance que vous m’avez accordée dès le premier tour pour porter le changement.

Je mesure l’honneur qui m’est fait par ce résultat. Je mesure aussi les attentes qui se cachent derrière ces votes. J’ai conscience aussi des interrogations qui restent à lever.

Je sais que des millions de citoyens souffrent de la situation actuelle et se demandent ce qui va changer pour eux. C’est pourquoi je veux faire de ce pacte présidentiel le pacte du redressement de la France. Je veux rendre la France fière de son choix, de son audace, de ce dépassement, car c’est comme cela qu’elle retrouvera confiance en son avenir, et que chacun saisira qu’il a un rôle à jouer pour bâtir cet avenir.

J’appelle, ce soir, à Montpellier, une majorité de citoyens à refuser un pays fragmenté en ghettos de riches et en ghettos de pauvres. Je sais qu’une majorité de Français, et je m’adresse à eux, ne veut pas qu’une partie du pays soit constamment dressée l’un contre l’autre. Je sais aussi que les Français refusent le mépris social et la brutalité qui l’accompagne. La France ne veut pas d’un pouvoir politique, économique et médiatique confisqué entre les mêmes mains.

Et ceux qui portent ces projets ou ceux qui flattent toutes les peurs et toutes les inquiétudes récolteront le désordre et le malheur pour notre pays. Et cela, vous ne le voulez pas, et moi non plus, je ne le veux pas !

Et d’abord, la France présidente, c’est la République du respect, et le respect, ça consiste d’abord, oui, à défendre la valeur travail, mais pas en donnant quelques heures supplémentaires à ceux qui en ont la possibilité, mais bien en donnant un emploi à chacun et à chacune. Notre combat, c’est celui de la France du plein emploi.

Ce combat-là, nous le gagnerons, parce que je ferai tout pour favoriser la croissance des entreprises créatrices de richesses et d’emplois, mais rien ne sera concédé sur le respect dû aux salariés, à commencer ceux qui sont aux plus bas salaires, l’emploi des jeunes, la Sécurité sociale professionnelle tout au long de la vie. Oui, je serai celle qui va réconcilier l’efficacité économique, la justice sociale, le progrès social, la sécurité au travail, la hausse des bas et des moyens salaires, et en même temps la responsabilité individuelle. Voilà le nouveau pacte social que je vais nouer avec les entreprises pour réussir une nouvelle croissance durable.

Je veux faire aussi…

« Ségolène, Présidente ! »

La France présidente sera aussi celle de l’excellence écologique, et nous allons relever ce défi et rattraper notre retard, parce que, à l’échelle de l’Europe, nous ne sommes pas fiers de voir comment, à chaque fois qu’il y a des enjeux écologiques, à chaque fois qu’il faut affronter le lobby de l’argent ou des gros lobbies industriels, à chaque fois qu’il faut affronter les pesanteurs, eh bien la France n’est pas au rendez-vous. Demain, avec moi, la France sera au rendez-vous du combat écologique, du défi à relever pour notre planète. Et aucune justification, aucun lobby économique ne sera fondé à nous expliquer qu’il est impossible d’agir.

La première décision sera celle concernant le moratoire des OGM en plein champ, parce que les Français ont droit à un débat écologique transparent, ils ont droit à accéder aux données scientifiques, c’est cela la démocratie participative, et ils ont droit de comprendre les enjeux énergétiques, et le débat public sur les énergies sera également immédiatement ouvert pour que ces choix soient décidés par les Français et par eux seuls.

D’ailleurs, chaque fois, dans le domaine environnemental, que le pouvoir a été confisqué aux citoyens, chaque fois, il y a eu du mensonge et des catastrophes écologiques : le mensonge sur l’amiante, sur le mensonge sur le nuage de Tchernobyl, le mensonge aujourd’hui sur les OGM. Demain, la République sera une République de transparence, de vérité, de confrontation des points de vue avant les décisions, car l’autorité de l'État est d’autant plus juste et ferme qu’elle s’appuie sur des délibérations populaires. Et c’est tout le sens de la République nouvelle que j’appelle de mes vœux, c’est tout le sens de la démocratie participative qui fera son entrée dans la Constitution avec le référendum d’initiative populaire, avec les jurys citoyens, avec l’interdiction du cumul des mandats, avec la suppression du 49.3.

Puis nous allons construire une France qui rassemble toute son histoire, ses trajectoires diverses, une France colorée, une France métissée dans laquelle plus aucune discrimination ne sera tolérée.

Je vous propose aussi de construire une France généreuse pour une jeunesse libre et responsable, et pour cela, l’éducation sera notre première tâche et notre première priorité.

Je vous propose une France solidaire de ses anciens, car là aussi, l’hypocrisie des mots n’est plus supportable. Nous assurerons sans faiblesse la sécurité des personnes, mais nous garantirons en même temps, sans faillir, les libertés publiques.

Je vous propose de mettre en place de nouvelles règles du jeu pour refonder le pacte républicain. C’est d’abord cela cette histoire que nous écrivons : quel pacte républicain allons-nous refonder ensemble ?

Je vous propose de mettre le peuple souverain au cœur de l’action publique, notamment aux fins d’assurer sa représentation équitable dans sa diversité au Parlement. La démocratie doit devenir notre vie politique au quotidien. Et je veux une France qui revienne à la table de l'Europe, avec une Europe qui se relève, une Europe sociale, une Europe qui se protège, une Europe dont l’objectif est de tenir sa place dans toutes les actions de paix à l’échelle de la planète, et dont l’une des premières priorités sera aussi de redéfinir, de réformer les actions de co-développement pour réduire les écarts entre l’Europe et le continent africain. Voilà notre objectif !

Ces valeurs de paix civile et d’harmonie sociale sont communes, j’en suis sûre, à une majorité de Français et de Françaises. Alors j’appelle toutes celles et tous ceux qui partagent ces valeurs, quelle que soit la diversité de leurs sensibilités à converger pour les soutenir et pour se rassembler majoritairement autour du pacte présidentiel.

Vous l’aurez compris, c’est cette convergence qui fera la dynamique électorale et qui va créer les conditions de la victoire, c’est cette convergence qui va construire la nouvelle majorité présidentielle de la France présidente, le 6 mai 2007.

Ensemble, donnons de la force à cet élan, donnons à la France l’énergie dont elle a besoin. J’ai besoin de vous parce que la France a besoin de vous.

« On va gagner ! »

Je remercie du fond du cœur tous les candidats de la gauche et des écologistes qui, sans tarder, ont appelé à se rassembler sur mon nom, avec une pensée particulière, si vous le permettez, pour Arlette Laguiller qui, pour la première fois, a franchi le pas. Mais je remercie, bien évidemment, aussi tous les autres : Marie-George Buffet, José Bové, Dominique Voynet, Olivier Besancenot, et je leur dis que leurs idées et que leur idéal ne seront pas oubliés dans le pacte présidentiel.

Je veux dire, pour élargir ce rassemblement, et pour lui donner toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, je veux dire à toutes celles et tous ceux qui ont souligné, pendant cette campagne, les dangers que représenterait pour la France une droite dure, une droite dure pour les modestes, mais généreuse pour les plus aisés et pour les plus riches, à tous ceux-là, je veux leur dire, à tous ceux qui pensent que les valeurs humaines doivent toujours l’emporter sur les valeurs boursières, à toutes celles et ceux qui pensent que, pour que la France avance, elle a besoin d’un Etat impartial et garant des libertés publiques, à toutes celles et tous ceux qui ont la conviction que l’on ne doit pas se laisser s’installer les violences et les fractures dans nos quartiers, à tous ceux qui pensent que la réforme se fait d’abord par le respect, à tous ceux qui pensent que l’on peut réformer en profondeur notre pays sans le brutaliser, à tous ceux-là, je dis que le 6 mai, le choix est clair.

Il y a désormais deux voies possibles, et ce débat démocratique, il est aujourd’hui porté à son plus haut niveau : il y a la voie de la division et celle de la réconciliation, que je veux incarner.

Il y a, d’un côté, la voie de la brutalité, et de l’autre celle du dialogue et de la concertation que je vous propose. Il y a, d’un côté, la voie du chacun pour soi, de la concurrence et de l’expérimentation sauvage, ou celle de la solidarité et de la réforme dans le calme.

Nous aurons le choix, en clair, entre reconduire la majorité sortante, son candidat, ses méthodes, son incitation brouillonne, ses échecs répétés sur tous les fronts : de l’emploi, de l’éducation, de la santé, de la sécurité et de l’ordre public, et j’en passe, ou bien essayer autre chose et changer de politique, et c’est à cela que je vous invite.

Bref, il y a le choix, d’un côté, entre le candidat soutenu par Berlusconi, et de l’autre, la candidate soutenue par Zapatero.

Et de mes années de travail et d’expérience, de mes sept années de travail et d’expérience dans mes responsabilités ministérielles, où pendant s’il te plaît années, auprès de François Mitterrand, j’ai appris qu’on ne réformait jamais en force, ni contre le gré des Français, et la bataille contre le CPE en a été la démonstration.

Et puis, de mon expérience d’élue locale et régionale au plus près des préoccupations, des craintes, des aspirations, des souffrances et des espoirs, j’ai acquis la conviction que les Français, contrairement à ce que nous racontent certains experts, ont conscience de la nécessité de réformer et de la gravité actuelle de la situation de la France. Mais ils veulent des réformes, et nous les voulons avec eux pas à n’importe quel prix ni n’importe comment.

Comme les Français, que j’ai longtemps écoutés, je veux une France qui avance, mais pas au détriment des plus pauvres, des sans grades ou des laissés-pour-compte, je veux, comme les Français, une France qui fasse confiance à sa jeunesse, à son intelligence, à ses talents ignorés ou empêchés, mais aussi qui veille au sort de ses anciens, de ses exclus et de ses handicapés.

Comme eux, je veux une France présidente de la démocratisation d’accès à la culture et à l’éducation, et à la beauté.

Je veux une France qui, à nouveau, fasse confiance à ses chercheurs et à sa matière grise, alors que ceux-ci quittent notre territoire.

Oui, je veux conduire une France qui s’appuiera sur tous ses atouts, et ils sont nombreux, sur tous ses talents, sur tous ses territoires dans leurs diversités. Et c’est parce que cette France sera au clair sur ses valeurs fondamentales qu’elle pourra alors se tourner vers les autres, vers l’Europe, vers le monde, vers la compétition internationale, mais s’engager aussi avec confiance pour batailler afin qu’un ordre international plus juste s’établisse à l’échelle de la planète, car, on le sait bien, nous ne nous sauverons pas tout seuls, mais aussi en entraînant les autres vers le haut. C’est à cela que je vous invite !

Je vous propose aussi d’être celle qui fera souffler un vent nouveau sur des institutions dépassées et vulnérables, et on l’a si souvent vu, qui se prêtent à toutes les dérives monarchiques et à toutes les tentations claniques. Et ça, ce n’est pas ma façon de voir la politique, bien au contraire.

Je suis une femme libre, et j’entends le rester. Je ne dépends d’aucune puissance d’argent, je ne dépends d’aucun lobby économique, je sais m’affranchir de certains dogmes, je n’ai personne à placer, c’est vous qui m’avez faite, et c’est à vous seuls que j’aurai à rendre des comptes.

Je rassemblerai une équipe d’hommes et de femmes choisis sur le seul critère de leurs compétences, de leur dévouement et de leur sens de la morale publique. Et avec eux, car l’engagement politique, c’est ceci : nous sommes là pour servir et non pas pour se servir.

Je n’ai pas, comme l’a dit le candidat de l’UMP, une dernière marche à monter, puisque son projet, c’est lui, c’est sa dernière marche, et moi, mon projet, c’est vous. Ce n’est pas pour moi que je veux grimper je ne sais quelle dernière marche, c’est la France que je veux relever, c’est avec votre parole que je veux lui donner sa fierté. C’est la France dont je veux qu’elle cesse d’être tirée désespérément vers le bas, c’est elle qui doit monter, la France, la Nation et la République, et donc c’est l’ensemble du peuple français qui doit gravir la montagne. Ce n’est pas une dernière marche que j’ai à escalader comme l’autre candidat, c’est toute une montagne que je vous invite à gravir.

Je veux rendre à la France la fierté de son histoire et de son action collective, je veux rendre à la France sa place, toute sa place au sein et au cœur de l’Europe, d’une Europe sociale qui luttera contre les délocalisations et qui se battra pour le progrès humain de tous ses habitants.

Je veux construire avec vous, c’est mon désir le plus cher, une France que l’on entende mieux et davantage face aux extrémismes, aux fanatismes qui prennent en otage des régions entières de la planète. Je veux une France qui, s’écartant de la tentation de repli, renoue avec l’idéal de la République, l’idéal des Lumières, l’idéal des droits de l’homme et de la femme, l’idéal de la citoyenneté et qui en fait sa force et sa beauté. Voilà à quoi je vous invite !

Venez, hommes et femmes de France, nous avons un grand destin à faire accomplir à notre beau pays. Venez, jeunes de France et forces vives d’une des plus belles nations du monde, rassemblons-nous, rassemblez-vous. Venez, serrons-nous les coudes ensemble, nous allons rendre le sourire à ce pays, ensemble, nous allons conjurer les mauvais démons de la mélancolie et du déclin, ensemble, nous allons reprendre confiance dans notre avenir, mais pas l’avenir pour quelques-uns, l’avenir au service du plus grand nombre.

Avec nous, ceux qui trébuchent vont pouvoir se relever, avec nous, ceux qui doutent vont pouvoir reprendre confiance, et notre responsabilité sera surtout de ne pas les décevoir, avec nous, tous ceux qui ont des projets pourront les réaliser, avec nous, aucun talent ne sera gaspillé, avec nous, la France sera forte et fière de toutes ses diversités, avec ces Français de toutes origines, avec tous ses quartiers, avec toutes ses régions, avec toutes les générations que j’appelle aujourd’hui à bâtir un devenir commun.

Construisons ensemble la maison France, forte de ses valeurs, appuyée sur ses certitudes, celles qui nous font progresser, celles qui rendent cohérente l’action politique au quotidien entre des familles accueillantes à tous les enfants qui ont les moyens de les éduquer, une école qui assure la garantie républicaine de l’égalité, de la réussite scolaire, un travail donné à tous, et en particulier à ceux qui souffrent des discriminations, et en particulier le combat sur l’égalité entre les hommes et les femmes sera dans la République, parce que, lorsque l’égalité progresse, lorsque la justice avance, cela ne se fait pas pour les uns aux dépens des autres, mais c’est tout le monde qui grandit ensemble. C’est cela le sens du message que je veux vous délivrer ce soir.

Il nous reste quelques jours pour faire enfler le mouvement que je vois ce soir, pour que la vague continue à monter, pour que le peuple de France continue à se mettre en mouvement. J’ai besoin de vous, je vous le répète, parce que le pays a besoin d’un changement profond, et parce qu’il doit échapper à tout ce qui lui est promis par ailleurs comme une sorte de cauchemar. Non, ce cauchemar n’est pas une fatalité. Je vous invite là, chacun où vous êtes, à votre place, à donner le meilleur de lui-même. J’invite tous les Français à cesser de se méfier les uns des autres.

Je lisais récemment une enquête où l’on disait, et cela n’est pas acceptable, ce n’est pas une fatalité, que les sentiments de méfiance entre les Français n’avaient cessé de monter, les sentiments de jalousie les uns envers les autres n’avaient cessé de s’accentuer, le sentiment aussi de reproche, il faut toujours trouver un responsable à ce qui ne va pas. Moi, je vous propose de faire en sorte que ceci recule et que les réconciliations avancent. Je vous propose que les Français retrouvent confiance les uns envers les autres. Je vous propose que chacun et chacune puissent se dire : voilà maintenant, nous avons un État qui fonctionne bien et qui va nous permettre à chacun et à chacune de nous demander, non pas ce que le voisin peut faire pour moi, mais ce que moi, je peux faire pour mon pays. Voilà à quoi je vous appelle !

Oui, j’appelle les Français à s’aimer davantage les uns les autres, parce qu’ils s’aimeront dans une France réconciliée et forte sur ces valeurs fondamentales. C’est cela l’enjeu de l’élection présidentielle.

Et à vous voir si joyeux, si heureux, si chaleureux, je sais que le mouvement, là, est inarrêtable, je sais qu’il va nous entraîner jusqu’au 6 mai, je sais que vous allez démultiplier mon courage, mon énergie, mes convictions, ma capacité de convaincre toutes celles et ceux qui hésitent encore et que j’invite à nous rejoindre. C’est l’appel que je lance ce soir, je compte sur vous !

Tournez-vous vers les Français pour que nous soyons nombreux, très nombreux, le 6 mai, à être fiers de notre audace et de notre choix.

Et puis, pourquoi aussi bouder son plaisir ? Et pourquoi ne pas admettre, comme on peut le lire dans toute la presse internationale ? Oui, si les Français font le choix de l’audace, de porter une femme à la présidence de la République, alors, comme cela est écrit dans toute la presse internationale, alors oui, ce sera un événement planétaire, et nous ne le regretterons pas !

Chers amis, en avant, vive la République, vive la France !
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 14:21
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Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 13:52

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Français, Françaises mes chers compatriotes à vous qui m'avez apporté si nombreux vos suffrages, aujourd'hui, je vous exprime ma joie et ma profonde gratitude.

Un élan civique s'est levé, la très forte participation, que j'avais appelé de mes vœux, est là. Je mesure la responsabilité éminente et qui m'honore, que vous me confiez ce soir.

Je n'en tire aucune gloire personnelle, vous me donnez une responsabilité majeure, celle de porter le combat du changement pour que la France se relève.

Pour que la France se relève quelle retrouve son optimisme et qu'elle fasse le choix de l'audace et de la sérénité une nouvelle campagne s'ouvre. Dans 15 jours, la France va choisir son destin et son visage.

Je lance un appel a toutes celles et ceux qui veulent que la France fasse triompher la République du respect parce que nous savons qu'il n'y a pas de liberté sans justice, qu'il n'y a pas d'efficacité économique sans progrès social. Nous aurons le 6 mai prochain un choix clair entre 2 voix très différentes.

Et je tends la main a toutes celle et ceux qui pensent comme moi qu'il est non seulement possible mais urgent de quitter un système qui ne marche plus.

Mes chers compatriotes je vous invite à inventer une France neuve a la fois protectrice et dynamique, une France a la fois fraternelle et conquérante et qui permet à chacun de construire et de réussir sa vie.

J'appelle ce soir au rassemblement de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs du pacte présidentiel, et qui pensent que l'on peut réformer la France sans la brutaliser, qui veulent faire triompher toujours les valeurs humaines sur les valeurs boursières, qui veulent mettre fin aux insécurités et aux précarités qui se sont douloureusement creusées au cours de ces dernières années, qui veulent faire reculer toutes les formes de violence grâce a un ordre juste et à de nouvelles sécurités durables.

Je continue a faire le pari de l'intelligence des français et je refuse de cultiver les peurs. il s'agit de mettre la priorité sur l'éducation, de consolider les familles, d'épauler les plus fragiles et notamment nos anciens et les personnes en situation de handicap dont les conditions de vie se sont gravement détériorées au cours de ces cinq dernières années.

J'entends instaurer des règles justes dans la mondialisation, maintenir en France nos centres de décision et notre tissu industriel, refuser la régression sociale qu'entrainerait l'abandon à un libéralisme effréné.

Nous ferons de l'emploi tous ensemble notre combat principal et nous le gagnerons avec des entreprises performantes et conquérantes, qui respectent les salariés grâce à une démocratie sociale rénovée.

Je comprends la déception de toutes celles et ceux dont le ou la candidate n'est pas au second tour. Mais je voudrais leur dire ceci : Je serai la présidente garante d'un Etat impartial

Car vous le savez, je suis une femme libre comme vous êtes un peuple libre

Je ne suis l'otage d'aucun clan, d'aucun groupe de pression, d'aucune puissance financière.

Nous sommes nombreux et nombreuses aujourd'hui, au delà de notre vote du premier tour, a ne pas vouloir d'une France dominée par la loi du plus fort ou du plus brutal, et verrouillée par les puissances de l'argent ou tous les pouvoirs sont concentrés entre peu de mains, toujours les mêmes.

Avec moi je vous propose de choisir une démocratie ou l'on respire librement avec un parlement qui délibère et contrôle, un gouvernement qui a des résultats et qui rend des comptes un Etat sans gaspillage une justice indépendante des médias pluralistes et des libertés publiques garanties.

Oui, je veux une république refondée et non garrotée un état exerçant une autorité juste et ferme des régions dynamiques des services publics modernisés et performants avec des citoyens libres, éduqués par notre école, conscients de leurs droits comme de leurs devoirs.

Si vous me confiez la charge de présidente de la république, j'aurais à cœur de défendre les intérêts de la France en Europe et dans le monde

Le patriotisme républicain trouvera tout son sens dans la construction d'une Europe socialement et économiquement redressée et capable de peser, dans un mode multipolaire.

Les Français seront appelés à se prononcer par référendum sur le nouveau traité européen, celui ci ne se fera pas à leur insu.

Cette Europe sera au service de la paix, elle œuvrera au dialogue des cultures au co-développement avec les pays du sud et à la préservation des équilibres de la vie sur la planète

Avec vous, je vais rendre à la France la fierté de son histoire qui renoue avec ses valeurs universelles car quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde.

Je veux une France qui renoue avec l'idéal de la République des lumières les droits de l'homme et de la femme et de la citoyenneté qui ont faire sa force et sa beauté. Venez hommes et femmes de France de tous âges, de tous milieux, de tous territoires et de toutes origines, venez ; forces vives de notre belle nation, venez, serrons-nous les coudes, ensemble nous allons rendre le sourire à notre pays. ensemble nous allons conjurer les mauvais démons de la déprime et du déclin.

Chers compatriotes rassemblons nous ce sont nos idées notre idéal qui vont gagner car elles sont au service de la France et des Français, de la paix civile et de l'harmonie sociale.

J'appelle toutes les énergies et l'espérance a se mettre en mouvement pour une France victorieuse, une France présidente, fière d'elle même pour que les Français s'aiment en elle.

Notre victoire est possible car l'audace et la générosité sont la c'est une question de volonté et de cohérence, je les ai. J'ai besoin de vous parce que la France a besoin de vous

Vive la république vive la France.
 
Signature Ségolène Royal
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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