Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /2008 00:43
Ségolène Royal s'étonne de la polémique indécente soulevée par la droite et des propos très virulents tenus par François Fillon. Le moment n'est pas à la polémique politicienne. Les propos qu'elle a tenus, en réponse à une question des journalistes, se sont contentés de reprendre des faits admis par tous, et notamment par le Secrétaire général de l'Elysée. Par ailleurs, ses propos ont été sortis de leur contexte puisque lors de son intervention, elle a appelé au respect des retrouvailles familiales si longtemps attendus et à la nécessité de n'alimenter aucune polémique. Ségolène Royal appelle donc le gouvernement à faire preuve d'un peu de décence.

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Communiqué
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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /2008 01:57

Monsieur Sarkozy vient d’annoncer ses « arbitrages » en ce qui concerne l’avenir de la télévision publique :

-Pas de publicité dés 20h00 sur le service public en octobre

-Une taxe de 0,9% sur le chiffre d’affaire des opérateurs de téléphonie et d’Internet, taxe que paieront même ceux qui n’ont pas la télévision

 

Le meilleur demeure pour la fin : le Chef de l’Etat nommant lui-même le Président de France Télévision.  La télévision publique n’est plus la voix de la France mais la voix du seul Français autorisé à donner sa vision du monde : Son Excellence Nicolas Sarkozy.

 

En exclusivité, Montrouge a du Désir vous présente le nouvel habillage de France 2. Vous remarquerez la couleur rendue possible grâce au procédé SECAM inventé par l’ingénieur Henri de France.

 


Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Brèves
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /2008 19:38
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Congrès PS 2008 - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /2008 14:39

Nous aimons le Parti socialiste. Nous le faisons vivre au quotidien dans nos départements. Nous aimons son histoire, ses luttes, ses victoires. Nous aimons et nous sommes attachés à sa diversité. Nous croyons que le débat d'idées et le respect des arguments de chacun est la seule méthode digne de notre idéal, capable de surmonter les épreuves, les discordes, les incompréhensions, les facilités et de nous remettre, comme nous le devons, en ordre de bataille pour proposer demain une alternative à la politique de Sarkozy et de Fillon.

C'est parce que nous aimons notre parti que nous voulons le rendre plus fort, plus attractif, en faire un parti de masse, ouvert sur la société, engagé dans les luttes de son temps, menant les batailles idéologiques, portant un projet sans double langage, responsable, moderne, capable de faire vivre nos valeurs de justice sociale, de laïcité, de progrès partagé. Ce Congrès, pour nous, doit être un Congrès utile, qui permette de retrouver une dynamique de rassemblement, de projet, de conquête et de victoire ; d'amitié et de sérénité aussi.

La méthode qui consiste à faire vivre le dialogue et la réflexion entre nous, à écrire ensemble notre projet, en associant toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, est la bonne méthode. Parce qu'elle est respectueuse des militants, parce qu'elle ne reproduit pas les vieilles recettes, parce qu'elle se déroule dans la clarté, parce qu'elle préserve notre unité, parce qu'elle permet de mobiliser l'attention et l'écoute des Françaises et des Français. La démocratie doit être le cœur de notre projet. La gauche, pour gouverner demain, pour conquérir le pouvoir d'abord, a besoin de construire dans la société un vrai pouvoir de conviction.

C'est pourquoi nous avons souscrit à cette méthode proposée par Ségolène Royal et décidé de nous réunir, avec toutes celles et tous ceux qui voudront se joindre à nous, pour réfléchir ensemble au nouveau Parti socialiste que nous allons devoir construire tous ensemble pour être à la hauteur de notre tâche historique, que nous ne pouvons nous permettre de différer une fois de plus.

Signataires :

Robert Alfonsi (Var), conseiller municipal de Toulon
Patrick Allemand (Alpes-Maritime), vice-président du Conseil régional de PACA
Eric Andrieu, (Aude), vice-président du Conseil régional de Languedoc-Roussillon
Françoise Billy (Deux-Sèvres), conseillère générale, adjointe au maire de Niort
Frédéric Bourcier (Ille-et-Vilaine), adjoint au maire de Rennes
Jean Burneleau (Vendée), conseiller régional
Jean-Paul Chartron (Loire), conseiller régional
André Chapaveire (Haute-Loire)
Claire Donzel (Haute-Savoie)
Patrick Dubourg (Eure et Loire)
Anne-Marie Forcinal (Territoire de Belfort)
Guillaume Garot (Mayenne)
, député-maire de Laval
Jean-Patrick Gille (Indre et Loire), député, adjoint au maire de Tours
Jean Guérard (Lot et Garonne), vice-président du Conseil régional, membre du bureau national
Catherine Hoffarth (Haut-Rhin)
Alix Labbé (Guyane)
Pierre-Yves Le Borgn (Fédération des Français de l'étranger)
Jean-François Macaire (Vienne)
, vice-président du Conseil régional de Poitou-Charentes
Patrick Malivet (Yvelines)
Michel Neugnot (Côte d'or)
, vice-président du Conseil régional
Vincent Peillon (Somme), député européen, membre du bureau national
Hervé Saulignac (Ardèche)
Gilbert Sauvan (Alpes de Haute-Provence)
, maire de Peyroules, vice-président du Conseil général
Denis Sommer (Doubs), maire de Grand Charmon, vice-président du Conseil régional de Franche-Comté
Jean-Jacques Thomas (Aisne), maire d'Hirson, premier vice-président du Conseil général, membre du bureau national du PS

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Appels
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /2008 07:03




Voici le discours prononcé par Ségolène Royal, le 16 mai 2008, à La Bellevilloise, dans le XXè arrondissement de Paris.
 
 
Chers amis,
 
Je voudrais commencer par vous remercier d’être venus si nombreux à cet atelier citoyen organisé par le Pacte rénovateur. Merci à vous David, Dominique, Thomas, pour votre travail, merci à tous ceux qui ont participé à la rédaction des synthèses, et merci enfin à ceux qui se sont exprimés ce soir.
 
La consultation participative pour préparer le congrès est une démarche indispensable et rassembleuse. C'est une démarche de respect. Et les militants méritent ce respect, eux sans qui aucune victoire ne serait possible. On a vu dans les deux synthèses présentées ce soir que vous avez les mots justes.
 
Nous croyons que le débat d’idées et le respect des arguments de chacun est la seule méthode digne de notre idéal, capable de surmonter les épreuves, les discordes, les incompréhensions, les facilités et de nous remettre, comme nous le devons, en ordre de bataille pour proposer demain une alternative à la politique de la droite.
   
C’est parce que nous sommes profondément attachés à notre parti que nous voulons le rendre plus fort, plus attractif, en faire un parti avec de très nombreux adhérents, le parti de toute la société française, ouvert sur la société, engagé dans les luttes de son temps, menant les batailles idéologiques, portant un projet sans double langage, responsable, moderne, capable de faire vivre nos valeurs de justice sociale, de laïcité, de progrès partagé. Ce Congrès, pour nous, doit être un Congrès utile et serein, qui permette une dynamique de rassemblement, de projet, de conquête et de victoire ; d’amitié et de sérénité aussi.
 
La méthode qui consiste à faire vivre le dialogue et la réflexion entre nous, à écrire ensemble notre projet, en associant toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, est la bonne méthode. Parce qu’elle est respectueuse des militants, parce qu’elle ne reproduit pas les anciennes méthodes, parce qu’elle se déroule dans la clarté, parce qu’elle préserve notre unité, parce qu’elle permet de mobiliser l’attention et l’écoute des Françaises et des Français. La démocratie doit être le cœur de notre projet. La gauche, pour gouverner demain, pour conquérir le pouvoir d’abord, a besoin de construire dans la société un vrai pouvoir de conviction.
 
C’est pourquoi nous avons choisi cette méthode, avec toutes celles et tous ceux qui voudront se joindre à nous, pour réfléchir ensemble au nouveau Parti socialiste que nous allons devoir construire tous ensemble, pour être à la hauteur de notre tâche historique dans cette période où les Français sont profondément inquiets. Ce travail, nous l’accomplissons avec les acquis des trois Forums de la rénovation conduits par François Hollande et l’actuelle direction sur le marché, la nation et l’individu.
 
Dans la continuité de l'espérance soulevée dans la campagne présidentielle puis des bons résultats des élections législatives et municipales, les socialistes peuvent et doivent réussir un beau congrès. Je ferai tout pour cela.
 
Et si l'on veut une gauche qui permette à chacun d’être acteur de sa propre vie et donc de la société, parce que les deux vont de pair, alors c'est une gauche qui doit permettre la prise de parole de chacun et qui prend en compte la parole de tous.
 
D'ailleurs nous nous sommes tous sentis socialistes quand un homme a dit un jour, en 1990, dans un discours sur les banlieues : « Sans la participation la plus large de tous, il n'y aura pas d'identité, il n'y aura pas de dignité, jamais non plus il n'y aura de citoyenneté ». Cet homme, c'était François Mitterrand. C'est auprès de lui que j'ai forgé mes convictions, que j'ai appris ce que qu'était la politique, lui qui répétait : la « politique, c'est parler aux gens »
 
Cet homme là, le 13 juin 1971, lors d'un congrès fondateur pour le parti socialiste, à Epinay, cet homme, appuyé par Pierre Mauroy pour réussir la mutation et la modernisation, avait dit aussi ceci : « La démocratie... finit par manquer d'imagination, par confisquer tout cela au citoyen, à l'individu, à celui qui veut lui même être capable, par l'information et par la formation, par le dialogue et aussi par l'organisation des partis de gauche, capable de penser lui-même et de décider. » Que dire de plus pour convaincre ceux qui déforment ou dénigrent la méthode que nous avons choisie.
 
Cette consultation, contrairement à ce que j'entends parfois, ne part pas de rien. Nous y proposons, avant les 10 questions, les valeurs qui nous rassemblent et un diagnostic de la période
 

 Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

 
1.Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
2.Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
3.La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
4.La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.
5.Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
6.Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
7.La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.
 
- Les dix sources d’inquiétude des Français
1.   un capitalisme qui perd la tête ;
2.   la dégradation du niveau de vie ;
3.   les fragmentations et le descenseur social  à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
4.   l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
5.   le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
6.   le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
7.   le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
8.   l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
9.   les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
10.      une planète menacée d’autodestruction.
 
Bien sûr que les militants et les Français veulent des réponses ! Mais pas n'importe lesquelles : des réponses efficaces parce que fondées sur une juste perception des attentes du peuple français, des problèmes qu'il affronte, des obstacles qu'ils rencontre.
 
Je crois que s'écouter et échanger entre responsables et citoyens, c'est le contraire du « populisme démagogique ». C'est même le meilleur moyen de lutter contre le populisme qui surfe sur les peurs et les sentiments de ceux qui se sentent délaissés, abandonnés à leur solitude, parfois même méprisés. Vingt-cinq premiers fédéraux ont adhéré à cette démarche, animée par Vincent Peillon. Gérard Collomb, François Rebsamen ont signé un texte de maires. Maxime Bono a lancé un appel ouvert à d’autres élus, déjà une cinquantaine de ma région.
 
Le populisme se méfie comme de la peste des citoyens informés et éclairés capables de se placer du point de vue de l'intérêt général d'un territoire, petit ou grand. Ou d'un parti politique !
 
Alors je le dis ici, je le redis : oui le responsable politique doit décider, trancher, oui il doit prendre ses responsabilités. Parfois d'ailleurs en allant à contre-courant de l'opinion dominante. Mais les conditions dans lesquelles il décide et prend ses responsabilités ont profondément changé. L'heure du politique jupitérien, omniscient et omnipotent, qui décide dans la solitude de son bureau du destin du pays, cette heure est passée. L'heure du politique élu tous les cinq ans, qui décide, entouré d'experts, sans écouter les citoyens et sans évaluer auprès d'eux ses décisions, cette heure-là aussi est dépassée. La première année de présidence de Nicolas Sarkozy ne m'a pas fait changer d'avis sur ce point ! C'est le moins qu'on puisse dire. Chacun constate aujourd'hui les dégâts causés par un pouvoir enfermé dans sa surdité aux malaises et aux colères.
 
Aujourd'hui, non seulement Nicolas Sarkozy n'a pas su rétablir la confiance, mais la défiance est revenue encore plus fortement. Parce qu'il n'a pas mobilisé les acteurs individuels, sociaux, économiques et politiques de la société française. Et de ce fait, le fossé entre les gouvernants et le vécu des Français est revenu bien vite. Là réside une des causes profondes de cette déception. A la racine, il y a une pratique du pouvoir, une conception de l'Etat et de la société qui est erronée, inefficace et qui devient la source de désordres. Ce discours volontariste qui ne s'est appuyé ni sur la démocratie parlementaire, ni sur la démocratie sociale, ni sur la démocratie citoyenne a conduit non seulement à l'abaissement de la fonction présidentielle mais à la révolte sociale comme elle s'est manifestée hier dans toute la France pour défendre les services publics, ciments de la Nation.
 
Fragilité démocratique, faiblesse économique, dureté sociale. Dans ce moment d’inquiétude et d’abaissement national, nous devons avoir une grande ambition collective. La France s’enfonce dans une crise multiforme. Nous devons nous préparer à tracer un chemin. Cela suppose d’oser nous remettre en question, nous remettre en mouvement. Pour préparer la France de demain, il nous faut construire la force politique capable de porter cette exigence et cette dynamique. Le Parti socialiste est cette force. Toute son histoire en témoigne. Il est l’héritier d’une grande tradition de luttes intellectuelles, politiques, sociales, sociétales.
 
Il a su, à chaque moment de son histoire, se transformer. La fidélité à ce que nous sommes, à l’idéal qui est le nôtre, aux combats de nos prédécesseurs, se mesurera à la capacité qui sera la nôtre de leur donner de l’avenir, à recréer le mouvement, à relancer l’espérance, à retracer des perspectives. Exercer notre responsabilité, être à la hauteur de nôtre tâche, c’est proposer une mutation, c’est créer les conditions pour ouvrir tous ensemble un nouveau cycle politique. C’est ce que les Françaises et les Français attendent de nous : ce sera une étape essentielle de la reconquête de leur confiance, ce sera un élément déterminant pour pouvoir réussir notre action lorsque nous aurons à nouveau la responsabilité du destin du pays. Nous pourrons convaincre que nous pourrons demain transformer la société française, la remettre en mouvement, avec efficacité et justice, si nous sommes capables de nous transformer nous-mêmes, sans rester figés, immobiles, avec les mêmes méthodes, les mêmes discours, les mêmes synthèses ! C'est pourquoi je prends ici devant vous cet engagement : dans ce congrès, je parlerai aux militants comme aux Français. Pas de faux débats, de postures théoriques, de formules toutes faites, soi-disant pour flatter les militants. Je ne veux pas flatter les militants, je veux les respecter et les convaincre.
 
Notre démarche, aujourd'hui, ce doit être de relancer la gauche, comme le faisait François Mitterrand il y a 35 ans. A quoi sert le Parti socialiste ? Nous croyons qu'entre la liberté d'entreprendre et la liberté d'écraser, il y a un espace assez vaste où chacun puisse être debout et mouvement.
 
Le congrès socialiste sera utile au pays et aux Français, quand il aura conforté, renouvelé ou complété ses idées et ses propositions, pour que chaque Français puisse être debout et en mouvement. Cela, il le fera à partir des acquis de ses années de combat et de travail, à partir de l’expérience de la campagne présidentielle, à partir des attentes des forces sociales et syndicales et de la prise en compte des profondeurs du pays. Le parti socialiste n'est pas une fin en lui-même, c'est la valeur démocratique dont la France a besoin, pour que la gauche soit en situation crédible d'incarner le changement.
 
Je crois que le Parti socialiste est capable de dépasser des clivages qui l'affaiblissent dans des confrontations. Pour ou contre la mondialisation, réalisme économique ou justice sociale, prévention ou répression, ouverture ou non des frontières aux flux migratoires, j’en oublie : ce n’est pas par un équilibre savamment dosé entre des contraires que nous sommes clairs. Nous sortirons des impasses par l’innovation et la conviction politiques et par le vote des militants sur des lignes politiques assumées : une vision de gauche pour la société réelle, telle qu’elle est aujourd’hui, pour le monde tel qu'il est. Une gauche sûre de ses valeurs – la justice d’abord, mais décomplexée face aux réalités.
 
Le PS est bien à la croisée des chemins, ceux de la renaissance ou du sur-place.
 
Le succès des municipales ne doit pas occulter la montée des abstentions. Nous avons des efforts considérables à faire pour donner envie d'adhérer au PS. Il nous manque en effet des femmes, des jeunes, des employés et des ouvriers, la France métissée qui est venue massivement voter à l'élection présidentielle. Moi je veux que ces électeurs viennent au parti, restent et pèsent sur la transformation de la société.
 
En revanche, là où le parti a su irriguer partout, c'est par ses élus. Et nous devons, en repensant notre organisation, irriguer davantage notre projet national par les actions, les innovations, les réussites, les valeurs mais aussi leurs applications. C’est ce qui nous vaut l'estime des gens.
 
Nous devons tout faire pour garder une partie importante des adhérents venus nous rejoindre Nous n’avons pas su les garder... Parfois même on n'a pas voulu les garder, ces militants différents qui venaient troubler les équilibres savants installés depuis des années ... Mais la diversité des militants il faut la défendre, c'est comme la biodiversité, elle est indispensable à notre survie ! Et comme pour elle, le recul de la diversité serait un signe de  déclin. Le signal de la forte abstention lors des élections municipales ne doit pas nous laisser indifférents.
 
Réussir la mutation du Parti socialiste, c'est se fixer trois obligations:
·       ouvrir le PS et faire évoluer son militantisme ;
·       définir les lignes de forces d'un projet politique pour les quatre prochaines années ;
·       rassembler un parti uni, fort et renouvelé, ce qui permettra d'ailleurs de réussir les échéances électorales si proches des européennes et des régionales et de les aborder de façon offensive.
 
 
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Chers amis, chers camarades
 
Je sillonne la France depuis de longues années maintenant ; cet hiver encore, j’étais sur les routes pour soutenir nos candidats dans les mairies. Et partout le même constat, partout cette impression que l’avenir nous file entre les doigts, partout la blessure de sentir que nous ne sommes plus maître de notre destinée. Je sais que les Français aujourd’hui – et les jeunes surtout – n’ont pas peur de leur avenir ; non, ils ont peur de ne plus avoir d’avenir.
 
Les transitions sont toujours difficiles et inquiétantes entre ce qui n'est déjà plus et ce qui ne semble pas encore être là. C'est mon rôle d'indiquer comment je vois les lignes de force qui se dégagent, et quelles conséquences on peut en tirer pour agir juste et fort. C’est toujours ainsi que j’ai conçu mon rôle de responsable politique : à l’écoute pour mieux éclairer le présent et décider pour l’avenir.
 
Le monde est devenu plus violent, plus inégalitaire, plus risqué, plus contradictoire : nous n’avons jamais été aussi riches et pourtant les destins sociaux n’ont jamais semblé aussi scellés et rigides ; les individualités veulent s’exprimer, parfois dans leur toute puissance, et pourtant le besoin de règles collectives n’a jamais été aussi intense ; les énergies doivent être libérées, mais pas au prix d’un démantèlement des protections et des sécurités sociales ; notre maîtrise technologique est inédite et pourtant nous n’avons jamais été aussi fragiles face aux désordres que nous provoquons (OGM, réchauffement).
 
Les bouleversements de la mondialisation ne sont pas seulement à notre porte, à nos frontières. Ils sont déjà en nous même, car la France ne s’est jamais construite à l’abri du monde. Ce monde qui advient, nous ne pouvons pas l’affronter avec un Parti qui repousserait son rendez-vous avec l'Histoire et cèderait à la tentation d'un ajustement superficiel.
 
Au fond, nous savons tous qu'il faut poser les problèmes différemment si nous voulons, ensemble, pas simplement entre socialistes mais avec tous les Français, sortir par le haut du gâchis d'aujourd'hui et de la France atone que nous laisse Nicolas Sarkozy.
 
Le parti socialiste doit être une envie, une énergie, une rigueur. Le PS doit devenir le parti que l'avenir trouve utile.
 
Alors comment aime t-on un Parti ?
 
On peut aimer une histoire – nous aimons celle de la France,
On peut être fier d'un héritage – nous sommes fiers de celui d’une gauche qui sait gagner quand elle le veut
On peut vouloir s'inscrire dans un grand récit qui a su porter l'espoir et changer vraiment les choses – nous nous inscrivons dans l’histoire socialiste française.
 
On peut aimer les militants qui s'engagent, qui sont portés par leurs convictions, qui consacrent leur temps et parfois leur vie entière à un idéal.
 
On peut aimer ceux qui savent résister dans l'adversité, qui prennent des risques et qui rêvent au-delà des déceptions du présent.
 
Ils sont nombreux au Parti socialiste. J'en connais beaucoup. Je les respecte tous. Et n'oublions jamais ce parti de la base qui fédère autour de lui les espérances, comme à Charléty et dans tous les rassemblements populaires
 
 
Mais je sais aussi que les sentiments ne sont jamais aussi forts que lorsque nous sommes entraînés ensemble dans une dynamique d'avenir. C'est pourquoi avec les milliers de celles et ceux qui ont porté leur pierre à cette consultation, je vous confirme que nous ferons une offre politique aux militants sous forme d'une contribution puis d'une motion qui s'adressera aussi aux Français qui sont à l’écoute de ce que nous faisons et disons.
 
Nous savons tous que le Parti socialiste a besoin d’un leadership et d’une équipe pour le conduire, car un Parti n’est jamais distinct des hommes et des femmes qui le font vivre.  
 
Ma conception du leadership, mon expérience, la réflexion collective, me pousse à dire aux uns comme aux autres, aux socialistes comme aux Français, ce que je crois juste, ce que je crois efficace, ce que je crois conforme à nos valeurs, ce que je crois capable de constituer un guide pour l'action. Il n'y a pas de risque d'affrontement ou de guerre des chefs. Les militants n'en veulent pas. En ce qui me concerne, je l'ai prouvé, le débat sera respectueux et maîtrisé. Le vrai risque ce n'est pas l'affrontement ; c'est que, sous prétexte de l'éviter, rien ne change. Vous ne trouverez jamais non plus jamais dans ma bouche des mots désagréables ou désobligeants pour ceux qui, autour du Premier Secrétaire, conduisent le Parti jusqu’au Congrès en ayant gagné des batailles et protégé notre unité.
 
Nous allons porter ensemble des orientations, une conception du renouveau du socialisme en France. Nous allons défendre l'idée de créer un Parti socialiste, qui soit le centre de gravité pour toute la gauche. Tout cela sera en débat.
 
Les militants et eux seuls apprécieront et voteront. Je veux un congrès intéressant et généreux qui s'élève et qui nous élèvent par le débat d'idées. Et vous pouvez compter sur moi pour le monter d'un cran.
 
Alors, si les militants partagent de manière significative les orientations que nous proposerons, j'assumerai les responsabilités qui en découlent. Pour ces adhérents comme pour nos millions d’électeurs, il ne serait d’ailleurs pas compréhensible que je n’avance pas avec eux. C’est le principe de la sincérité qui depuis l’origine guide mes décisions politiques.
 

C’est pourquoi si les militants en décident ainsi et l’estiment utile pour le PS, j'accepterai avec joie et détermination, d'assumer cette belle mission de chef du parti socialiste.

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Discours de Ségolène Royal
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /2008 16:02



Lecture de "Ce grand cadavre à la renverse", de Bernard Henri-Lévy,

par Céline Mounier

 

 

Emprunt de l'éthique de l'action, ce livre force à l'exigence. Bernard Henri-Lévy, sous une plume parfois enflammée de colère – de saine colère – explique pourquoi, a contrario de tant d'intellectuels, un vote à gauche continue à s'imposer pour lui. Au fondement de ce vote, il y a l'esprit Dreyfus, et le fait que toute une frange de l'opinion a choisi d’ignorer cette innocence. Or quand l'individu sans importance collective menace d'être broyé par le collectif, il convient de prendre, d'instinct, le parti de l'individu. Il y a aussi la mémoire d'événements, autant de "trouées dans l'être", que sont  Vichy et ses crimes sans excuses, la guerre d'Algérie, mai 68 et l'antitotalitarisme… Et la repentance, "ce qui empêche que le passé ne se répète. Elle a la faculté, pour cela, non du passé mais de l'avenir".

 

Après le rappel de ces principes fondamentaux, Bernard Henri-Lévy aborde avec beaucoup de respect, la campagne de Ségolène Royal ; une campagne "digne, de bonne qualité et intrépide". Intrépide, un peu à la manière de Marie Stuart ? C'est elle seule qui a osé le pari de l'alliance avec le Centre et un "big bang" réformateur. Sur les sujets internationaux, sur l'islam, sur les banlieues, Ségolène Royal est précise, informée, éthique : le terrorisme islamiste n'est pas excusé, les Etats-Unis pas moqués, les pays européens appelés "partenaires" et non simples "voisins". Dans le discours de Villepinte, l'esprit du dreyfusisme est présent et les relativismes retournés, la grandeur affirmée.

 

La gauche a ses démons. Considérer que "le libéralisme est contradictoire avec l'esprit européen", porté par  le vote du non au Traité Constitutionnel, c'est tout simplement nier l'œuvre de civilisation et de sociabilité de l'argent. Force est de penser aux écrits de Marx et de Simmel sur l'argent et la modernité. Enfin, c'est ignorer que pour les théoriciens du marché, celui-ci est régulé, et c'est tourner le dos à trois révolutions : anglaise, américaine et française.

 

Son deuxième démon s'appelle Europe. Armando Verdiglione, en Italie, était un entrepreneur culturel européen. A l'époque, on rêvait d'Europe. Milan Kundera s'est battu pour la libération de la moitié de l'Europe prisonnière, dans "l'Europe Kidnappée". Trente ans plus tard, Milan Kundera ne parle plus d'Europe, mais d'identité… Mais attention, en lisant "l'Identité" justement, on observe une grande  exigence éthique, sur l'amitié simplement : "L'amitié était pour moi la preuve qu'il existe quelque chose de plus fort que l'idéologie, que la religion, que la nation". Donc pas de faux procès à Milan Kundera. Ceci étant précisé, le oui à l'Europe était trop honteusement "petit". La Bosnie a été la miniature de l'Europe, parce qu'associant trois nationalités. Cette miniature est morte. Ce sont les nations qui ont le vent en poupe. Et à gauche, on dénonce des immigrés d'Europe centrale. Cette gauche tire trop vers le brun, cette gauche est peureuse, frileuse, c'est une gauche de la régression : "Je n'aime pas cette gauche qui vante le terrain national".

 

Le troisième démon, enfin : l'Amérique. Rappelons que chez Maurras, Drieu…, on dit "Amérique", on pense "Juifs" ; on dit « impérialisme américain », on pense "puissance hégémonique, conspiration juive". Dans le Monde Diplomatique, on peut lire "l'establishment cosmopolite de banquiers et de juristes d'affaires", et effectivement, il y a de quoi avoir froid dans le dos.

 

J'ai apprécié tout particulièrement le chapitre sur le fascislamisme. En 1969, Marcuse a écrit "Critique de la tolérance pure". A la limite, on tolère ce qui inspire du dégoût. Et quand on tolère la douleur des musulmans face à la parution de caricatures, ou quand on tolère la colère contre Benoît XVI, il faut se rendre compte que "le champ de la tolérance est infini". La laïcité n'est pas la tolérance : la tolérance ne traite pas toutes les croyances de la même façon, la laïcité les respecte. Et le respect est un principe stable, "qui n'est pas affaire d'affect mais de structure". "Avec la tolérance on fait des autodafés. Avec la laïcité, on fait dialoguer les livres".

 

La conclusion sur "l'athéisme méthodique" me fait repenser à la philosophie personnaliste et à son optimisme tragique. Car cet athéisme est une "poésie" exigeante et difficile, mais prosaïque et éthique. Une ligne de mire à ne jamais perdre dans ses engagements comme dans son action politique.

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Livres à lire
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Jeudi 8 mai 2008 4 08 /05 /2008 17:26

POUR UN CONGRES UTILE ET SEREIN DANS LES HAUTS-DE-SEINE

 

En novembre prochain, les Socialistes devront se prononcer sur l’orientation que doit prendre le PS pour son avenir ; nous devons faire du prochain congrès, un congrès utile et serein.

 

Un congrès utile aux français :  Notre Parti a dés sa fondation en 1905 porté les valeurs républicaines d’éducation, d’égalité, de progrès et de justice sociale, de construction de la paix. Ses élus sont respectés pour le sérieux de leur travail et leurs compétences. Pour autant, faute d’avoir tranché certaines questions, le Parti Socialiste s’il arrive toujours à inspirer confiance lors de scrutins locaux, peine à proposer une alternative crédible à la politique néolibérale conduite par Nicolas Sarkozy.

            Nous devons affronter la réalité, à l’écoute des Français,  et confirmer notre vision d’une France du XXI siècle qui concilie nos valeurs et les exigences d’un monde en profonde mutation.   Seul un PS, responsable et lucide sera une vraie promesse d’alternance à gauche.

Un congrès serein pour le PS : Faisons vivre le débat d’idées et tranchons les questions stratégiques. Mais évitons les dissensions qui nous ont affaiblis en 2007 et démontrons la force de nos valeurs, de nos convictions et notre capacité à transformer ensemble la France.

Pour atteindre ces deux objectifs, de nombreux camarades (parmi eux Ségolène Royal, François Rebsamen, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, Manuel Valls, Delphine Batho, Aurélie Filipetti, Jean-Pierre Mignard, Najat Belkacem, Dominique Bertinotti…) ont pris l’initiative d’inviter les militants socialistes à une consultation participative pour dégager les grandes lignes d’une contribution de large rassemblement. Ils veulent construire, avec mes militants, les réponses du PS à 10 questions essentielles que se posent vraiment les Français :

1.      Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?

2.      Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3.      Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4.      Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5.      Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

6.      Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

7.      Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8.      Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient  victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9.      Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10.  Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

Un site http://www.congresutileetserein.com/ a été mis en place afin de recueillir l'ensemble des contributions et de permettre la participation du plus grand nombre.

Dans notre département, nous vous invitons à venir débattre de cette initiative l'occasion de deux rendez-vous :

- le mardi 20 mai à 20h30 à Clamart (salle du Pavé blanc - 44, route du pavé blanc) en présence de Jean-Louis Bianco (sous réserve), député

 le mardi 27 mai à 20h30 à Asnières (salle du Tribunal au Théâtre d’Asnières –Place de l’Hôtel de Ville en présence d'Aurélie Filipetti (sous réserve), députée

Premier(e)s signataires de l’initiative dans les Hauts-de-Seine 

-Alexis Bachelay (www.alexisbachelay.fr 06 09 14 14 01), Nicolas Gatineau (nicolas.gatineau@club-internet.fr 06 07 13 83 34), Laurence Lenoir (laurencelenoir92@gmail.com), Jacques Marilossian (jacques.marilossian@wanadoo.fr, 06 21 13 06 14), Dominique Millecamps (dominique.millecamps@wanadoo.fr 06 80 03 97 16) et de nombreux autres camarades....

Rejoignez-nous sur http://www.congresutileetserein92.com/ !

NDLR : Appel publié dans "Le Poing et la Rose", organe de la Fédération Socialiste des Hauts-de-Seine
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes
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Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /2008 23:57

Y aviez-vous pensé ? Si non, Pierrette Fleutiaux, analysant au peigne fin la campagne présidentielle de Ségolène Royal, y a mûrement réfléchi dans son ouvrage « La saison de mon contentement » – ainsi titré à cause de William Shakerpeare qui ouvre la pièce Richard III avec ces mots : The winter of our discontent, bel esthétique des mots. Elle y évalue notamment la fatigue à rester perchée sur de hauts talons derrière un pupitre tandis que ces messieurs évoluent leurs pieds bien à plat. Cela donne le ton.

Cet ouvrage est difficile à classer : ni roman, ni « bric-à-brac dans lequel je vous promène », il s’apparenterait plutôt à une sorte de Journal de la mémoire qui fonctionne à un instant précis – la campagne présidentielle – et va et vient dans le temps sans respect de la chronologie. Seul souci, partager le chemin de La candidate, « la reine de l’échiquier », « chargée de revanche pour ma mère » et tant d’autres femmes, bref une enchanteuse. Un journal, insistons, car P. Fleutiaux s’y livre toute entière dans une spontanéité et une verve qui sont bien les marques du genre : elle réfléchit (tous les chapitres), comptabilise (neuf sur cent quatre, zéro sur vingt-quatre ; le nombre de femmes qui ont eu le prix Goncourt ou ont été présidentes de la République), se souvient (Napoléon, Johnny, Mai 68…), se fait solennelle (Ordre juste), observe les habits (robes, tailleurs, jupes au vent), les sacs (l’absence de sac de La candidate !), rigole doucement (l’astrophysique, « J'en étais aux exoplanètes, cela fait du bien de prendre un peu de hauteur parfois, rien de mieux que le cosmos pour ça », ou bien l’expérience douloureuse des bas que l’on sent filer, « Votre voix pourra parler d'or, là, tout en haut, mais sur les mailles défaites de vos jambes grimperont d'invisibles bestioles de pensées, sorties d'on ne peut savoir quels secrets recoins de ceux qui vous observent, et sur lesquelles vous n'avez aucun pouvoir »).  

Enumération sans fin qui entraîne un incontournable phénomène d’identification. Tout comme elle affirme « Ce visage c’est moi », nous sommes toutes Pierrette, Ségolène et les autres, quel que soit notre âge. C’est pourquoi une sexagénaire poids lourd (67 ans) et une jeune femme qui approche la quarantaine, trouvent également leur « substantifique moelle » dans ce livre aussi riche que généreux et rédigent ensemble une fiche de lecture à quatre mains – clavier oblige.

La plus ancienne apprécie, en particulier, la grande peur de la « fille-mère » qui ne trouvait d’autre solution que « le grand amour » (Dieu sait que nous y avons cru !), une forme d’apologie de l’âge de la femme à la cinquantaine, alors qu’elle est enfin « pleinement elle-même », la « valétude » ou l’impression d’être sous un plafond de verre, les annotations sur l’écriture et le roman assimilé à une « arrière-chambre secrète »… La seconde partage… « le grand amour » (pas nécessairement le premier, nous le savons toutes), la colère sur la mysoginie des femmes, « J’ai mis longtemps à accepter que les femmes, c’est moi » – ne nous mettons-nous pas à ressembler à un homme observant ces pauvres femmes, comble de l’auto-mysoginie, n’est-ce pas ? – , un sentiment de force, « Je suis gaie, pleine d’une audace nouvelle », la nostalgie d’un temps qui fut comme « a suspension of disbelief ».

 

Les deux considèrent que Pierrette Fleutiaux fait de la candidate le centre de gravité d’une réflexion sur la modernité du féminin qui s’assume pleinement : « Le féminin, un territoire toujours à explorer, mais trop souvent escamoté, et que la candidate, de par sa seule présence à la présidentielle et aussi sa personnalité propre, a contribué à ramener au jour », avec : maman, investissement professionnel, crèche, robe, pensée du bijou qui ira bien avec ladite robe, particularisme, web, excision, la maternité, vies affectives, donner le sein, audaces politiques, défense démocratique, travail associatif, sans oublier le fameux « polygone de sustentation »… Tout cela est politique : la phrase « Elle joue trop de sa féminité », proférée par des femmes !, suscite le commentaire désabusé : « Je vois un rapprochement à faire avec les fondamentalistes musulmans ». La candidate est normalement féminine. Sa réussite politique est là. L’explication du sourire rue de Solférino aussi.

 

L’auteure fait part de son exigence à l’égard de nos femmes et hommes politiques : « L'individu le plus modeste peut lutter pour des idées plus grandes que ses intérêts individuels immédiats. Savent-ils, nos dirigeants, que l'esprit des individus a besoin aussi d'être nourri ». Cette phrase-là est aussi bien féminine que masculine.  Tout comme le sont les développements sur les phrases longues, « où les subordonnées enflent, retombent, reprennent, on se demande si elles trouveront leur point de chute », à la manière de cette invite : « Entrez avec moi dans l'océan des complexités, nageons ensemble, repérons les bons courants, gardons-nous des rivages à première vue attirants, gardons-nous des écueils cachés qui les entourent, nageons plus loin s'il le faut. » Tout comme le sont également ces valeurs fondamentales : la vie, la liberté, l’égalité et le respect, celui des autres et de soi-même. Pierrette Fleutiaux, qui a écrit un roman intitulé « Des phrases courtes ma chérie », fait ici l’éloge de phrases joliment longues dans une écriture parfaitement maîtrisée sur la démocratie, le féminin et la politique.

Marie Godfard Dominique

Céline Mounier


Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Livres à lire
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Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /2008 00:00

Prophétie

là où l'aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
     saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
     de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois

là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux

là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche
     plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève
     à rebours la face du temps
là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain
     à l'espoir et l'infant à la reine,

d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d'avoir gémi dans le désert
d'avoir crié vers mes gardiens
d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes

je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
     de la scène ourle un instant la lave de sa fragile queue
     de paon puis se déchirant la chemise s'ouvre d'un coup
     la poitrine et je la regarde en îles britanniques en îlots
     en rochers déchiquetés se fondre peu à peu dans la mer
     lucide de l'air
où baignent prophétiques
ma gueule
          ma révolte
               mon nom.

Aimé Césaire (1913-2008)
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Hommage
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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /2008 11:10

Grande nouvelle : le site est ouvert !

 

En voici l’adresse : http://www.congresutileetserein.com/

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Consultation Participative en vue du Congrès du PS
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