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MONTROUGE A DU
DESIR
Le comité local de Désirs
d'Avenir
LE PARISIEN 18 février 2008
Montrouge
Une campagne sous le signe de la courtoisie Olivier Bureau | Le Parisien | 18.02.2008 | 07h00
LA COURTOISIE doit être à
Montrouge ce que la douceur est à Angers : une marque de fabrique. Si la campagne a bien commencé, si chaque
candidat y va de ses arguments et de ses critiques, tout semble, pour l’instant du moins, se dérouler entre gens biens élevés.
A l’heure actuelle, trois hommes sont sur la ligne de départ. Le sortant, son rival historique et le petit nouveau.
Dans l’ordre, Jean-Loup Metton (Nouveau Centre) et ses treize ans de mandat, Wilfrid Vincent, élu PS d’opposition depuis dix-huit ans et Jean-Eric Branaa, le candidat membre du MoDem mais qui n’a pas encore été investi par son parti. « A Montrouge, on est toujours courtois, au conseil municipal comme ailleurs, assure Jean-Loup Metton. On se connaît, on bosse ensemble. Les excès ne font rien avancer… »
« L’agressivité n’est pas la pratique courante »
« Il n’y a pas de raison que ce soit autrement, renchérit Wilfrid Vincent. Ici, l’agressivité n’est pas la pratique courante. Je suis l’opposant n o 1 à la politique du maire sortant, pas à l’homme. » « Les deux se ressemblent finalement, estime Jean-Eric Branaa. Ils ont le même manque d’entrain ! » Peu importent les accusations d’indolence, d’avoir fait de Montrouge « une ville pépère » ou de manque d’ambition, aujourd’hui, Jean-Loup Metton énumère d’une voix sereine les points forts de son bilan : davantage d’écoles, de places d’accueil pour les enfants, 40 commerces supplémentaires en trois ans, une population en constante augmentation, etc. A ses yeux, une année doit marquer le prochain mandat. En 2012, le métro est censé arriver à Montrouge et le nouveau pôle culturel devrait être achevé, après une refonte totale de l’actuel théâtre. « La ville s’uniformise, riposte Wilfrid Vincent. M. Metton exerce un pouvoir très solitaire. Si je suis élu, nous reverrons financièrement l’opération du théâtre à la baisse. On fera aussi réviser immédiatement le plan local d’urbanisme. »
Jean-Eric Branaa a également un projet pour le théâtre : le démanteler. « Il y a déjà un théâtre à Malakoff qui fonctionne très bien. En avoir un ici est une ineptie, assène-t-il. Ce site, je veux en faire un lieu consacré à l’écrit, depuis les tout débuts jusqu’aux artistes émergents sur le Web. Ce serait une cité de l’écrit comme il y a une cité de la musique ! » Quitte à prendre une partie de l’électorat à rebrousse-poil, le candidat orange envisage de transformer des habitations privées du centre-ville en logements sociaux afin d’éviter de faire de Montrouge « un petit Neuilly. » « La ville est au centre, assure-t-il. Metton a été élu au centre avant de rejoindre Sarkozy. Aujourd’hui, le centre c’est nous ! »
Les têtes de liste
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Jean-Loup METTON (NC) |
Wilfrid VINCENT (PS) |
Jean-Eric Branaa (SE) |
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Elu conseiller municipal UDF en 1983, Jean-Loup Metton prend les rênes de la commune onze ans plus tard, à la mort du maire, Henri Ginoux. Consultant en organisation commerciale de 58 ans, désormais encarté au Nouveau Centre, il passe six ans au conseil régional entre 1998 et 2004, date à laquelle il est élu au conseil général. Petite particularité, ce maire d’une ville de plus de 30 000 âmes continue à exercer son activité professionnelle en plus de sa fonction d’édile : « le prix de (sa) liberté ». |
Le candidat socialiste connaît bien Montrouge. Depuis dix-huit ans, il représente le PS au conseil municipal. Aujourd’hui âgé de 53 ans, Wilfrid VINCENT, économiste de profession, a également siégé au conseil général de 1998 à 2004. Déjà candidat aux municipales de 2001, il se présente comme le premier opposant à la politique du maire sortant. Le 31 janvier, il a reçu le soutien appuyé d’Harlem Désir, député européen PS et fondateur de SOS Racisme. |
Ce maître de conférence en droit britannique et américain à l’université de Paris II est conseiller national au sein du MoDem. La quasi-totalité de ses colistiers sont aussi membres du parti de François Bayrou… mais Jean-Eric Branaa n’a pas encore reçu l’investiture officielle de son chef. A 44 ans, c’est la première fois que l’ancien candidat Génération Ecologie (aux législatives, à Paris) dispute la mairie de Montrouge. |
Tous unis et tous impuissants devant la mort d’Areva T&D
Le Parisien | 18.02.2008 | 07h00
S’IL EST un dossier qui cimente les candidats, c’est bien celui d’Areva T&D. Cette entreprise de 89 salariés doit fermer en août prochain. La direction invoque des pertes financières trop lourdes.
Depuis octobre, plusieurs grèves et blocages du site ont secoué cette société sur le point de mourir. Tous les élus ont apporté, tôt ou tard, leur soutien aux personnels. Leur capacité d’action est pourtant proche du néant. « Il s’agit de politique d’entreprise, soupire Jean-Loup Metton. Nous avons beau intervenir et recevoir les employés, nous ne sommes jamais que spectateurs. » « Ce départ est le symbole de la désindustrialisation, analyse Wilfrid Vincent. C’est d’autant plus scandaleux que le groupe Areva engrange les bénéfices. »
Jean-Eric Branaa fait quant à lui dans l’empathie : « Comme citoyen, je souffre avec eux. S’il y a un moyen de les
aider je suis preneur mais les élus n’y peuvent rien… »
La lutte des Areva T&D c’est un peu un mauvais film dont on connaît la triste fin dès les premières minutes. Tandis que les candidats s’affrontent pour le fauteuil de maire de Montrouge,
les salariés, eux, se battent pour s’en sortir le moins mal possible.
NDLR : C'est vrai que quand on compare avec ce qu'il se passe dans d'autres villes du département, l'ambiance reste courtoise. Je me suis amusé à changer la photo de
l'ancien Centre Administratif et futur Centre Culturel et de Congrès si vous votez Metton, futur Théâtre si vous votez Vincent ou future Cité de l'Ecrit si vous votez Branaa (les gens qui me
connaissent bien ont déja deviné que je préfère la seconde solution). Les lecteurs ayant le sens de l'observation auront remarqué le trottoir et la rue pavée devant le bâtiment. Il s'agit en
effet d'une photo datant de 1933, année de l'inauguration de l'édifice.
Lundi 25 février 2008 à 20h30, au Centre de Loisirs Maurice Arnoux, Yves Cochet (Député de Paris), Marie-Hélène Amiable (Député de la Circonscription et Maire de Bagneux), Philippe Kaltenbach (Maire de Clamart), viendront soutenir Wilfrid Vincent et parler avec les Montrougiens des liens entre villes dans le cadre d’une intercommunalité.
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