Dimanche 15 octobre 2006

 

 

 

            Afin de rétablir la vérité, Montrouge a du Désir vous apporte la preuve irréfutable que Ségolène Royal a bien une opinion sur l’éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union Européenne dans le futur. Il s’agit de la transcription intégrale des  propos tenus à ce sujet lors de la conférence de presse du 11 octobre. Alors que la presse a laissé croire que Ségolène Royal utilisait l’opinion publique comme un paravent, les propos in extenso de Ségolène Royal montrent une réalité différente. A vous de juger !

 

 

 

 

            Nous sommes donc au moment où Ségolène Royal vient de terminer son introduction et de développer ses idées pour l’Europe de demain.

 

 

 

 

            Un journaliste pose une première question :

 

 

 

 

 

 

Journaliste 1 : Est-ce que vous êtes pour ou contre, Madame Royal, la Turquie dans l’Union Européenne ? Réponse, courte, ce n’est pas nécessaire d’être longue.

 

 

 

 

S. Royal : Mais, rien n’est simpliste. Vous le savez, le processus est engagé. Il se terminera par un référendum, c’est ce qui est prévu. Un  certain nombre de conditions doivent être remplies et dans le cadre que je disais tout à l’heure, à la fois par rapport à l’inquiétude des opinions sur la stabilité des frontières de l’Europe, cette question sera débattue. Puisqu’il y’aura un référendum, la parole sera donnée au peuple français et ces questions là seront débattues. Il faudra sans doute, pour que le peuple français se prononce, avoir entre temps apporté un certain nombre de garanties.

 

 

 

Journaliste 1 : Je demande votre opinion, mais pas l’opinion du peuple français.

 

 

 

 

S. Royal : Mais je vous l’ai donnée. Mon opinion est celle du peuple français puisque c’est le peuple français qui doit se prononcer. Le processus doit se dérouler normalement. Le référendum ne sera pas facile, compte tenu de tout ce que j’ai dit tout à l’heure et à l’aspiration à une stabilité des frontières de l’Europe, mais il n’y a aucune raison de le stopper parce que la crédibilité de la parole publique est importante mais je crois qu’il va falloir beaucoup de travail, d’évolution pour que le peuple français se prononce positivement et ce travail est entre les mains de tous.

 

 

 

 

 

Journaliste 2 : J’ai une question liée à ce thème là. Vous avez annoncé que vous étiez favorable à cette proposition de loi que le Parti Socialiste va déposer demain, qui pénalise la négation du génocide arménien. Est-ce que cela veut dire que pour vous la Turquie doit d’abord reconnaître l’existence de ce génocide avant d’intégrer l’Europe ?

 

 

 

 

S. Royal : Je crois que c’est lié. La question de la reconnaissance de son Histoire a été aussi parfois douloureuse pour la France. La France a mis beaucoup de temps avant de reconnaître la torture en Algérie. La France a même essayé par l’intermédiaire de certains parlementaires de droite de faire voter une loi reconnaissant les effets positifs de la colonisation. Heureusement, cette loi a tourné court. C’est vous dire qu’en toute modestie, il faut reconnaître que ce n’est pas facile pour un pays de reconnaître un certain nombre d’exactions ou d’épisodes qui sont totalement contraires au respect de la dignité humaine. Dans les conditions qui sont posées à la Turquie par rapport aux droits de la personne humaine, la reconnaissance de la réalité de son Histoire en fait partie. Maintenant, on n’est pas obligé de le faire de façon brutale, provocatrice, donneuse de leçon, c’est pour cela que j’ai évoqué les leçons que la France a du tirer d’un certain nombre de choses. On pourrait en rajouter d’autres, elle a mis beaucoup de temps la France pour prononcer des excuses sur la rafle du Vel d’Hiv. Je crois qu’on n’a pas de leçons à donner aux autres. En même temps, il faut que les choses se fassent. Quand on a la possibilité de dire oui, il faut le faire aussi dans une logique à l’égard de laquelle les pays d’Europe doivent reconnaître la réalité de leur Histoire et apaiser les souffrances en posant des mots sur celles-ci par rapport à ceux qui les ont vécues. Je pense que c’est une bonne chose.

 

 

 

Journaliste 3 :Vous dites qu’il faut changer de méthode pour construire l’Europe. Or c’est vrai que vis-à-vis de la Turquie, on a l’impression d’une politique de volte face permanente de la part de la France, des socialistes d’ailleurs, comme de la droite. En 1999, tout le monde acceptait que la Turquie ait vocation à devenir membre de l’Union

 

 

Européenne. Depuis, les choses ont changé. Aujourd’hui, le vote de cette proposition

 

 

de loi apparaît, c’est vrai, comme une façon de montrer à la Turquie qu’elle n’a pas

 

 

vocation à devenir membre de l’Union Européenne. Est-ce que c’est là le sens de votre

 

 

message en votant cette proposition de loi, demain ?

 

 

S. Royal : Je pense que les deux choses ne sont pas liées mais je pense en même temps

 

 

qu’il ne faut pas en rabattre sur un certain nombre de valeurs, et donc il faut poser très

 

 

clairement les choses mais dans un esprit qui consiste à aider les pays à évoluer plutôt

 

 

qu’à leur donner des leçons. Il faut ni en rabattre sur les valeurs, ni fermer les yeux, ni

 

 

brutaliser les pays. C’est évident que si la Turquie doit un jour confirmer sa

 

 

candidature et entrer dans l’Europe, c’est évident qu’il faut qu’elle reconnaisse le

 

 

génocide arménien. Mais il y a bien d’autres sujets sur la question des convergences de

 

 

nos valeurs.

 

 

 

Journaliste 4 :Est-ce que l’arsenal juridique en France a besoin d’une telle démarche (proposition de loi visant à sanctionner la négation du génocide) ?

 

 

 

 

S. Royal : J’ai la chance d’avoir le Président du groupe socialiste à mes côtés qui peut

 

 

apporter son éclairage.

 

 

 

 

J-M Ayrault : La France a déjà reconnu le génocide arménien par une loi de 2001. On

 

 

fait comme si on découvrait que nous avions déjà proclamé solennellement par la voie

 

 

parlementaire cette situation historique douloureuse e encore une fois, il s’agit

 

 

simplement de compléter demain par un texte qui tient compte des risques de

 

 

négationnisme par rapport à ce que la loi précédente avait proclamé. Il ne s’agit de rien

 

 

d’autre et comme Madame Royal vient de vous le dire, on n’est pas là dans un acte

 

 

d’inimitié à l’égard de la Turquie, mais entre amis, il faut se parler franchement. Je

 

 

crois que les valeurs sont des valeurs communes à l’Union Européenne et qui donne de

 

 

la force au projet européen. Lorsque les circonstances s’y prêtent, à des amis comme la

 

 

Turquie, on dit les choses et ce n’est pas un irrespect à leur égard, mais au contraire un

 

 

acte de respect. (...)

N'hésitez pas à m'envoyer un mail si vous désirez recevoir le texte entier de la conférence de presse au format PDF.

 

 

 

par Nicolas Gatineau publié dans : Discours de Ségolène Royal
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