Partager l'article ! Discours de Ségolène Royal au Conseil National du Parti Socialiste: Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces appla ...
MONTROUGE A DU
DESIR
Le comité local de Désirs
d'Avenir
Je dirai simplement quelques mots
pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.
Et je pense, je le vois, vous le voyez aussi sur vos territoires, ce vote contient des perspectives d’avenir, ce vote contient un élan. On sent, à la fois bien sûr une tristesse, et j’y
reviendrai, même parfois plus, et en particulier dans les quartiers populaires, mais on sent également une fierté très forte et une volonté de continuer. Il n’y a pas d’abattement, il y a une
fierté dans ce qui a été réalisé, dans ce qui a été dit, dans ce qui a été porté au cours de cette campagne, dans ce qui a été réalisé, à l’exemple de ces images de meetings extraordinaires,
dans ces images de Charléty par exemple, mais aussi partout dans les régions dans lesquelles vous êtes et dans lesquelles vous êtes mobilisés.
Moi, je veux aujourd’hui surtout retenir cette fierté-là parce que c’est sur ce socle-là que nous allons pouvoir construire le mouvement des élections législatives. Les valeurs fondamentales
étaient là, les problèmes étaient bien identifiés, la question de la vie chère et des bas salaires, la question du chômage et des délocalisations, notamment le chômage des jeunes, la question
de la précarité qui était au centre de notre campagne, les questions aussi liées à la sécurité, aux sécurités au sens large, avec le besoin que ressentent les Français d’avoir une clarification
des règles du jeu, ce que j’ai appelé l’ordre juste. La question du refus de l’assistanat pour les tout petit salariés, pour les travailleurs pauvres. Et, cette question aussi, nous devons
continuer à y travailler, les peurs aussi, les peurs des délocalisations, les peurs des personnes âgées face au déficit de tous les régimes de retraite et de santé. Bref, les questions sont là,
les questions aussi que nous avons abordées sur la République, sur la nation, sur l’identité. Nous l’avions fait il y a déjà deux ans, donc ces questions-là qui ont parfois été recaptées,
raptées parfois par la droite en étant déformées, nous devons continuer à y travailler et à les clarifier.
Je pense aussi à la question de la valeur travail, dont j’ai été une des premières à la mettre en avant dans ce débat. Tous ces sujets continuent à tarauder les Français, ils vont donc à
nouveau émerger au cours de la campagne des élections législatives. Et tout ce travail qui a été accompli par le Parti socialiste, par le mouvement aussi de rassemblement au cours des échéances
de la campagne présidentielle devra rapidement déboucher et être clarifié. Et c’est le rôle aussi de ce Conseil national et des présentations qui seront faites tout à l’heure.
Je voudrais ici dire très simplement que j’entends ici ou là des interprétations de la défaite, certaines justes, bien sûr, d’autres dérisoires, et d’autres inutilement blessantes, mais je
crois qu’aujourd’hui le temps n’est pas aux polémiques. Je dirai pour ma part ce que j’en pense après les élections législatives. Car je crois que, d’ici là, nous devons rester unis et nous
avons entre les mains ce talisman que j’évoquais tout à l’heure de la fierté et de la volonté de 17 millions d’électeurs qui attendent de nous que nous redéclenchions, pour les élections
législatives, un mouvement d’unité, de fraternité, de solidarité, un élan qui nous permettra d’envoyer à l’Assemblée nationale le plus grand nombre possible de parlementaires ; parce que c’est
le fonctionnement de la démocratie qui est en jeu, c’est l’émergence d’un contrepouvoir par rapport à une droite dure qui a fait la jonction avec l’extrême droite, donc il y a une attente
extrêmement forte à notre égard. Et, pour ma part, ce que je crois, c’est que nous devons mobiliser les énergies positives qui ont émergé au cours de cette campagne, et nous devons les
transformer positivement au cours de cet élan des élections législatives. La campagne sera conduite par le Premier secrétaire. J’y prendrai bien évidemment toute ma place en tant que candidate
à l’élection présidentielle, je suis disponible pour venir faire des réunions sur le territoire, d’autant plus que je ne suis pas candidate. Je ne sais pas candidate parce que je m’applique à
moi-même une des règles du pacte présidentiel du non-cumul des mandats, mais je conçois que cette règle ne soit pas suivie par tous puisque la loi ne l’impose pas aujourd’hui, donc je ne
l’impose pas comme modèle, mais il me semble élémentaire, par rapport à ce que j’ai dit en tant que candidate à l’élection présidentielle, et portant une rénovation sur ce que nous avons appelé
ensemble la république nouvelle, la VIe République, la modification des formes de l’exercice de la politique et en particulier la réforme des institutions au sein de laquelle nous avions
inscrit ensemble, dans le projet socialiste, le non-cumul des mandats, il me semble que la politique par la preuve, qui m’est chère, est que le non-écart entre le discours et les actes soit
appliqué.
Pour la suite, je ne sais pas si, ce qui compte, c’est de savoir s’il faut être plus ou moins à gauche. Vaut mieux être à gauche de toute façon, mais je crois que la question, et je pense qu’il
ne faudrait pas qu’il y ait des conflits, de débats inutiles sur cette question-là, qui pourraient entraîner des difficultés ou freiner le mouvement positif, essentiel, indispensable, pour
gagner le plus grand nombre de circonscriptions.
Je crois que la question, pour nous socialistes, c’est d’être vrais et de réaliser, d’incarner le socialisme du réel, c’est ensuite d’être cohérents, et j’allais dire disciplinés, même si ce
n’est pas un mot fréquemment utilisé parmi les socialistes. Et je pense que pour l’avenir, sans anticiper les échéances, il est clair qu’il faudra réformer notre calendrier. D’abord, que le
projet pour l’élection présidentielle ne soit pas fait avant, mais après la désignation de notre candidat ou de notre candidate pour qu’il y ait une cohérence. Ensuite, il faudra que le
processus de désignation interne ne soit pas situé aussi près du combat principal et ne pas laisser un certain nombre de séquelles ou d’utilisations du combat interne utilisées par la droite.
Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, et d’en reparler sereinement, y compris dans la part que j’ai prise dans ce résultat qui n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. L’heure est
maintenant à la mobilisation. Et je voudrais simplement souligner aussi un autre élément de fierté : nous avons reconquis le vote populaire, et notamment le vote ouvrier, 54 %. Nous avons fait
venir vers la citoyenneté des jeunes, des jeunes très nombreux qui sont venus s’inscrire et qui ont voté pour nous, et notamment les jeunes des quartiers. Il y a des résultats qui sont sans
appel, sans commentaire : Vaulx-en-Velin : 63 %, La Paillade : 65 %, Le Mirail à Toulouse : 70 %, les quartiers Nord de Marseille : 70 %, Aubervilliers : 61 %, Saint-Denis : 67 %, Trappes : 70
%, Bobigny : 66 %. Merci à ces jeunes, à leur élan citoyen, et nous savons aussi leur déception, leur désarroi, leur profonde tristesse.
Je pense que l’une de nos responsabilités, pour que ces jeunes continuent à venir voter, et continuent à s’inscrire dans cet élan citoyen, notre responsabilité, c’est de leur offrir des
perspectives, c’est sans doute de repenser les formes de militantisme dans les quartiers, c’est d’y conduire avec eux, et non pas à leur place, des actions concrètes. Et nous pouvons le faire
avec les collectivités territoriales, je pense en particulier aux emplois tremplins, je pense à toutes les formes de soutien, de solidarité, d’aide scolaire que nous devons aujourd’hui relayer
et mettre en place, et prolonger par rapport à ce que nous avons dit dans le pacte présidentiel au niveau des Régions, des Départements, des communes. Je vois ici ou là déjà des élus qui se
mobilisent et qui se demandent comment nous allons répondre à cette immense attente de citoyenneté et d’engagement des jeunes dans les quartiers, qui nous ont fait confiance et qui constituent
une partie, non pas un problème comme de l’ai dit souvent dans cette campagne, mais une grande partie de la solution aux problèmes qui se posent aujourd’hui en France, et en particulier au
regard de la consolidation du pacte républicain.
Et donc cette mobilisation-là, je crois que c’est le cœur de notre réflexion. Les catégories précaires, les milieux populaires, mais aussi les classes moyennes, qui attendent de nous que nous
restions debout, que nous restions fiers, que nous restions imaginatifs, que nous restions forts sur nos valeurs qui finiront par l’emporter.
Merci de votre engagement.
NDLR : Je ne sais pas quel est le journaliste qui a prétendu que Ségolène Royal avait dit dans son discours qu'il fallait désigner le
candidat socialiste ou la candidate socialiste pour les Présidentielles 2012 juste après les Législatives de cette année mais si vous le connaissez, dîtes lui que je suis tout disposé à lui
fournir des cotons tiges. NG
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