Partager l'article ! Quand Jean-Luc Mélenchon s'en prend publiquement à Ségolène Royal: Jean-Luc Mélenchon, Sénateur de l'Essonne Su ...
MONTROUGE A DU
DESIR
Le comité local de Désirs
d'Avenir
Jean-Luc Mélenchon, Sénateur de l'EssonneSuite aux propos de Ségolène Royal concernant les SMIC à 1500 Euro et la généralisation des 35 heures sur LCP et France Info*, Jean-Luc Mélenchon accuse l’ex-candidate socialiste à la présidentielle de duplicité et de provocation.
Je tiens donc à expliquer ici la position de Ségolène Royal et à démontrer qu’il n’y a ni duplicité ni provocation de sa part.
Il faut pour cela revenir sur les faits.
1) En février 2006, Ségolène Royal publie le brouillon du premier chapitre d’un livre devant être issu des débats participatifs du site www.desirsdavenir.org , livre qui ne verra jamais le jour sous la forme initialement prévue en raison du succès de l’Association Désirs d’Avenir et de la création spontanée de 900 comités locaux organisant localement ces débats sur encore plus de thèmes que ceux prévus à la base. Dans ce chapitre, véritable critique du capitalisme financier et spéculatif, Ségolène Royal constate –et beaucoup de tenants du dogme le lui reprocheront- que dans certains cas (salariés payés à l’heure, personnels hospitaliers etc…) les 35 heures ont créé un certain nombre d’injustices et nuit au pouvoir d’achat. Alors que ce premier chapitre montre une réflexion réelle et profonde sur la façon dont fonctionne l’économie néo-libérale et mondialisée, la presse –et en particulier la presse « bien pensante »- se consacre aux huit lignes parlant des 35 heures en tentant de faire croire que Ségolène Royal voulait les supprimer alors qu’elle voulait des compensations pour les salariés ne pouvant en bénéficier.
2) Le « Projet Socialiste » est adopté en juin 2006 par la quasi-totalité des militants. Ayant vécu cela de l’intérieur d’une section PS, je peux vous dire que beaucoup de Socialistes ont mesuré ce projet en en mesurant pleinement les manques. A ce stade de la procédure, nul ne peut contester une mesure du projet pour demander sa suppression, on peut juste demander des rajouts pour l’améliorer. On peut à cet égard noter en particulier l’absence totale de toute référence au problème majeur qu’est la dette dans le Projet Socialiste (en dépit des vœux émis par de nombreux militants), on parle d’abroger les Lois Fillon sur la retraite mais on ne dit pas ce qu’on va mettre à la place, on parle d’un SMIC à 1500 Euro nets dans cinq ans (mesure en trompe l’œil car en suivant la courbe naturelle de l’augmentation du SMIC, ce sera bien son montant dans cinq ans quoiqu’il arrive), on parle de généraliser les 35 heures sans dire comment en corriger les effets négatifs etc… Seulement, on nous dit bien : « On n’a pas le temps de faire un autre projet, si on ne vote pas celui-là, on n’en n’aura pas d’autre ». En mon âme et conscience, je décide de voter contre ce projet incomplet et se contredisant lui-même sur beaucoup de points.
3) Lors du débat du Zénith en novembre 2006, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal s’engagent à respecter le Projet Socialiste et à ne pas le dénaturer. A ce moment là, Ségolène Royal sait bien qu’elle est en désaccord personnel avec quelques points du projet mais comme elle a toujours respecté le vote démocratique, elle ne va pas faire sa loi à elle toute seule.
4) Ségolène Royal une fois investie candidate, lance des débats participatifs et le 11 février 2007, elle présente son Pacte Présidentiel à Villepinte qui vient compléter le Projet Socialiste tout en gardant ce que les militants ont voté. Ségolène Royal a défendu la nouvelle donne avec les jeunes par conviction. Ségolène Royal a défendu la généralisation des 35 heures (et encore, seulement quand on lui posait la question) par devoir et par respect des militants et de leur vote.
Oui mais alors, me direz vous, pourquoi ne pas avoir prévu de discuter du Projet avant avril 2006 ?
Et bien c’était prévu ! Des commissions fédérales devaient se réunir dans tous le PS afin de débattre d’axes du projet. Moi-même, je me réjouissais de participer à celle traitant des affaires étrangères et du co-développement dés janvier 2005, une fois la campagne interne entre le « oui » et le « non » au Traité Constitutionnel Européen et les fêtes seraient passées. C’était une mécanique qui aurait du fonctionner parfaitement quand tout à coup, patatras, un Sénateur socialiste a dit que vu que les partisans du « oui » avaient bourré le mou à leurs camarades et bien, il allait faire campagne pour le « non ». Là, la Direction du Parti, au lieu de lui dire gentiment mais fermement : « Jean-Luc (car c’est bien de Jean-Luc Mélenchon que je parle), les militants ont voté, si tu fais çà, tu te mets de toi-même en dehors du Parti » comme c’est prévu dans les statuts et bien, on ne lui dit rien ! Et bien Laurent Fabius s’y met, Henri Emmanuelli s’y met, Michel Charasse s’y met, un front du « non » de gauche se constitue et là, les militants PS se retrouvent à faire campagne pour le « oui » contre 40% de leurs camarades. Adieu toute véritable préparation du projet car en novembre 2005, le Parti Socialiste doit avoir son Congrès.
Sachant tout cela, à votre avis, quelqu’un qui n’a pas respecté les formes démocratiques de son Parti est-il bien placé pour parler de la « duplicité » d’une personne qui a respecté à la lettre ce que les militants avaient voté ?
Jacques Chirac en son temps avait dit : « Les promesses, ça n’engage que ceux qui les reçoivent ». Ségolène Royal elle a voulu se lancer dans une démarche où on ne promet que ce qui peut être tenu. « C’en est fini des promesses non tenues » disait Sophie Bouchet-Petersen lors d’une des premières réunions du Comité Paris d’Avenir. Oui mais, que n’aurions nous entendu si Ségolène Royal, une fois investie par 60% des militants socialistes avait dit : « Il y’a trois ou quatre propositions dans ce Projet adopté par 80% des Socialistes qui me semblent irréalisables voire néfastes et par conséquent, je décide, moi, candidate, de mon seul chef, de les abandonner » ? On aurait dit, et Jean-Luc Mélenchon et Claude Batholone en premier : « Et bien voilà, elle se croit tout permis, le vote et l’opinion des militants, elle s’en cogne » et sans doute aurait on eu raison de le dire et je dis cela que j’ai voté contre ce Projet et que, malgré tout, ne voulant pas faire à mon Parti ce que certains de mes camarades ont cru bon de faire début 2005, j’ai fait campagne dessus mettant en avant ses points forts (car il en avait).
Je ne reproche pas à Jean-Luc Mélenchon d’avoir été pour le « non », c’était son droit le plus stricte mais je lui reproche, contrairement à d’autre Socialistes qui étaient pour le « non » et qui n’ont pas fait campagne contre leurs camarades de n’avoir pas su faire preuve de discipline, de s’être assis sur le vote des militants et de maintenant, venir donner des leçons de morale à une personne qui est en train d’analyser sa défaite le plus honnêtement possible et d’admettre –ce qui est rare en politique- ses propres erreurs parce qu’elle n’a fait que respecter le vote des militants.
Ségolène Royal a souvent dit qu’elle est une femme libre. Elle prend souvent des libertés quant aux lourdeurs de l’appareil du PS, c’est vrai mais jamais, en aucun cas, elle ne passe au dessus du vote des militants qui ultimement, même s’il faut un appareil, sont le Parti.
Je crois que Jean-Luc Mélenchon, avant de donner des leçons aux autres, ferait mieux, lui qui a été faire campagne sur le « non » avec l’extrême gauche et le Communistes contre la majorité des militants de son parti, d’aller prendre des leçons auprès de gens comme Arnaud Montebourg qui ont dit ce qu’ils avaient à dire pendant la campagne interne, qui ont voté « non » dans le secret de l’isoloir le 29 mai 2005 mais qui ont respecté la discipline nécessaire au bon fonctionnement du PS. Après seulement, pourra t’il s’autoriser des mots comme duplicité.
Duplicité… c’est peut-être d’ailleurs le type de mot qu’on ne devrait jamais utiliser envers une camarade mais plutôt envers ceux d’entre-nous qui sont allé à la soupe du Père Fillon.
Mais de toutes façons, il est d’usage au PS d’analyser les choses en interne. Et il en va de même pour les causes de cet échec. Je pense donc qu’il serait sain et décent d’éviter d’étaler nos conflits –lorsqu’il y’en a- sur la place publique. Le débat, serein on le souhaite, lui doit être ouvert et franc.
Mais après tout, comme dit le proverbe : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. »
*Le Passage cause du débat :
Marie Eve Malouines (France Info) : Vous n'y avez pas cru vous même ?
SR : Moi même j'avais un doute là dessus !
Patrick Roger (Le Monde) : Pourquoi les avoir mises en avant
?
Frédéric Aziza (LCP) : C'est la gauche archaïque ?
SR : Oui, ce sont des idées qui ne sont pas crédibles
!
FA : Pourquoi les avoir défendues ,
SR : Par cohérence avec le projet socialiste !
FA : Vous ne pouviez pas gagner comme ça !
SR : Si parce qu'il n'y avait pas que ça dans le Pacte Présidentiel... Mais
les idées phares du projet socialiste et que j'ai dû reprendre dans le Pacte Présidentiel...
(…)
FA : Donc en clair, vous êtes en train de nous dire Mme Royal que vous
défendiez un projet auquel vous ne croyiez pas ?
SR : De toute façon ce n'est un secret pour personne...
ce n'est un secret pour personne que sur certaines mesures qui venaient du projet socialiste et qui ne sont pas passées, qui n'étaient pas crédibles
mais qui derrière le symbole étaient politiquement fondées... Le message politique était de dire que les socialistes étaient favorables à l'augmentation des bas salaires...
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