Partager l'article ! La Motion Votée par le Conseil National du Parti Socialiste: Les membres du Conseil National votant la Motion (Les Militants PS du 92 rec ...
MONTROUGE A DU
DESIR
Le comité local de Désirs
d'Avenir
Les membres du Conseil National votant la MotionDans un désir de transparence, nous vous présentons ici le texte voté par le Conseil National du Parti Socialiste hier. Pour les non initiés, le Conseil National du Parti Socialiste est en quelque sorte son parlement interne. Ce Conseil National est issu de l’équilibre du Congrès de novembre 2005. Il est élu proportionnellement au score des motions votées par les militants. Il est donc légitime pour voter ce type de texte et ce calendrier.
Deux visions s’affrontaient entre celle d’un Congrès rapide fin 2007 amorçant le travail de rénovation et celle d’un travail de réflexion sur un an avant le Congrès. C’est cette seconde méthode qui l’a emporté par l’unanimité des exprimés, moins 3 voix contre et une abstention.
Rappelons qu’après la défaite de 2002 (faut-il le rappeler, élimination du candidat socialiste dés le premier tour), c’est le même type de calendrier qui avait été adopté et avait mené à ce que nous connaissons aujourd’hui : consensus mous pour ne froisser personne, pas de véritable analyse de la situation du PS et donc de l’échec de 2002, la catastrophe du référendum du 29 mai 2005 et pour finir, l’apothéose, la victoire idéologique en France du néo-libéralisme le plus dur avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République.
Les quelques partisans de Ségolène Royal présents à ce Conseil National ont assisté à un « lynchage » en règle de l’ex-candidate. Au cours de ce grand moment de démocratie interne où il a été refusé aux militants de se prononcer eux-mêmes sur le calendrier choisi, on a entendu des gentillesses à l’égard de Ségolène Royal comme "Nous sommes là pour contrer une tentative de putsch!" (Jean-Luc Mélenchon dont la propension à respecter le vote des militants et les procédures démocratiques du PS devraient lui faire tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler), "Le PS est une grande organisation qui ne sera pas prise d'assaut" (Pierre Mauroy qui a soutenu Ségolène Royal lors du scrutin interne et qui est bien placé pour savoir que telle n’a jamais été l’intention de Ségolène Royal. Pour mémoire, en 1972, Pierre Mauroy a aidé un homme qui n’était même pas membre du PS trois jours avant à devenir Premier Secrétaire de ladite organisation –et personne avec le recul n’oserait dire qu’il a eu tort), "Aujourd'hui une personne nous manque" (Benoît Hamon), "Certains se projettent déjà en 2012, mais les Français ne vivent pas en 2012. Ils vivent en 2007" (Laurent Fabius… aurait-il enfin compris que le cycle d’Epinay touchait à sa fin).
Le Conseil National du PS s’est trouvé une tête de turc responsable de tous les maux en Ségolène Royal.
Le résultat du 6 mai dernier est le résultat d’une déficience collective. Je crois que les militants et les Français se fichent de savoir quel est le vilain ou la vilaine responsable à lui ou à elle toute seule de la défaite. Ils veulent savoir ce qui n’a pas marché, pourquoi ça n’a pas marché. Ils veulent un nouveau projet de société, un projet alternatif à la société du « chacun pour soi » de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, ils veulent le Socialisme moderne adapté au monde moderne.
Ce Conseil National représente le plus bel exemple de politique politicienne telle que les militants nombreux qui ont soutenu et porté la candidature de Ségolène Royal ne veulent plus la voir.
Cela dit, Ségolène Royal a dit la semaine dernière qu’elle consentait à ce que le Congrès ait lieu en 2008, « après tout, ça laisse le temps de la réflexion ».
La rénovation nécessaire attendra donc l’an prochain.
Personnellement, je me dois de vous dire que je n’avais pas encore d’opinion fixée entre Congrès anticipé (à condition que les Municipales ne le soient pas) et travail long de réflexion avant le Congrès de 2008.
Le contenu de ce texte et surtout le fait que les membres du CN aient usé plus de calories à démonter une personne qu’à trouver des thèmes de réflexion (3 thèmes et rien sur l’écologie !) me pousse à croire que les militants, ceux de la base, ceux grâce à qui ces Messieurs et Dames du CN sont là où ils sont, doivent être très vigilants à ce que ce travail mène quelque part, qu’on nous ne resserve pas les jolies synthèses des débats de 2002 dans lesquelles la parole militante a été soigneusement archivée sur une étagère et ne nous reconduise pas sur les mêmes écueils en 2012.
Voici donc le texte voté par le Conseil National du Parti Socialiste, à vous de
juger :
Les socialistes viennent de subir deux défaites successives. Elles sont honorables, mais lourdes de conséquences.
Lors de la présidentielle, nous avons, avec Ségolène Royal, franchi largement l’étape du 1er tour, mais nous avons échoué à 47 % au second tour.
Quant aux élections législatives, si notre Parti progresse en voix et en sièges par rapport à 2002 et si le résultat est largement supérieur à ce qui était annoncé, la majorité sortante est restée majoritaire.
Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy –avec l’UMP- détient tous les pouvoirs nationaux pour 5 ans et la gauche sort –dans son ensemble- affaiblie.
Le Parti Socialiste lui-même doit tirer toutes les conclusions de ce cycle électoral et de ce qu’il a révélé. Il doit produire toutes les analyses nécessaires pour que nous ne soyons plus seulement considérés comme une protection contre la droite, mais comme une espérance pour le pays. Il doit revisiter son corps de doctrine, aborder franchement les sujets qui n’ont pas été suffisamment clarifiés, préciser ses réponses par rapport aux questions de la globalisation financière comme de la montée de l’individualisme et de l’urgence écologique. Sans rien perdre des valeurs qui fondent son identité, il doit définir le Socialisme du XXIème Siècle, en tirer les conclusions indispensables sur ses pratiques, son organisation et ses modes de décisions.
Dans le même temps, nous devons être une opposition utile, ferme dans la contestation, ouverte dans la proposition. Tel est le défi pour les 5 années à venir.
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Depuis 2002, le PS a progressé dans bien des domaines, mais il n’a pas gagné là où il était le plus attendu, c’est-à-dire en 2007. Ce n’est pas l’insuffisance des votes qui nous a handicapé
(il y a eu deux congrès, un référendum interne et une primaire interne), mais le défaut d’une confrontation assumée et d’un travail collectif respecté.
Néanmoins, l’échec que nous venons de subir nous concerne tous. Nous devons collectivement avoir la lucidité de tout regarder : notre projet comme nos comportements et de prendre la mesure de ce que nous n’avons pas fait et de ce que nous avons mal fait.
Ce processus de réflexion et de rénovation doit être mené de manière rapide, audacieuse et sincère. Avec le souci de ne rien occulter de ce qui vient de se passer, mais avec la volonté de préparer ensemble l’avenir.
Nous devons comprendre les raisons de la victoire de la droite et les causes de notre défaite, saisir les mutations de notre société comme les évolutions des électorats selon les générations et les catégories sociales, pour construire politiquement et idéologiquement la réponse à apporter aux Français.
Aussi, nous proposons, sans plus attendre d’engager un travail autour de 3 objectifs :
• Aller le plus loin possible dans la redéfinition de nos orientations, afin d’ouvrir tous les choix possibles sur les questions les plus décisives pour les Français (emploi, pouvoir d’achat, retraites, sécurité…).
• Rénover nos procédures et revoir notre organisation. Notre démocratie est une richesse, elle ne doit pas servir à nous affaiblir. Nous devons améliorer notre fonctionnement et nos règles de délibération pour donner de la force à notre vision de la société et à nos positions communes.
• Tracer les nouvelles frontières de la gauche capables de construire un rassemblement majoritaire.
Ce processus doit impliquer directement les militants et permettre des décisions acceptées par tous à l’occasion de notre prochain Congrès, en tranchant sereinement entre nous les options qui peuvent nous séparer.
1. Le calendrier
De l’université d’été de La Rochelle aux assises de la Gauche
Dès l’université d’Eté de La Rochelle, le 31 Août 2007, nous ouvrirons la phase du diagnostic.
Ensuite, à partir du mois de septembre, trois forums seront ouverts sur :
a) Le socialisme dans la mondialisation : comment produire davantage de richesse et d’emplois ? Quelle politique économique possible pour renforcer la compétitivité et la croissance ? Quel rôle pour l’Etat ? Quelle place pour l’impôt et la redistribution ? Quelle dimension donner à l’impératif écologique ? Quel projet européen ?
b) L’avenir de la solidarité dans une société individualisée, un monde du travail fragmenté, et une espérance de vie plus longue : Quelle nouvelle relation du travail ? Quelle protection sociale ? Quelles solidarités urbaines ? Quel aménagement du territoire ?
c) La citoyenneté dans la Nation : Comment assurer la mobilité et la promotion pour chacun ? Comment lutter contre les discriminations ? Comment assurer le respect des règles, l’autorité de l’Etat et la sécurité ? Quelle politique d’immigration ?
Parallèlement, une Commission de la Rénovation sera mise en place pour élaborer une révision de nos procédures et de notre organisation, avec des mesures fortes pour atteindre nos objectifs en matière de parité, de diversité et de renouvellement. Ces conclusions serviront également à nos débats pour le prochain congrès.
Enfin, des Assises de la Gauche seront lancées –avec les formations politiques et les acteurs du mouvement social qui voudront s’y associer- pour réfléchir à la structure capable de nous faire travailler ensemble sur la législature en coordonnant notre opposition à la politique de la droite et en préparant les échéances électorales, à commencer par les élections municipales de mars 2008.
2. La méthode
La réflexion sera menée par des responsables qui incarneront le renouvellement et l’expérience. Nous confronterons nos réflexions, nos analyses, notre bilan, au regard extérieur : celui des intellectuels, des forces syndicales et associatives et des socialistes européens. Il nous faut chercher des réponses par des remises en cause fortes et des propositions largement nouvelles.
Elle associera, à toutes les étapes, les adhérents du Parti et sera l’occasion d’en accueillir de nouveaux. Elle se concluera par des Conventions qui acteront toutes les convergences possibles et marqueront les choix alternatifs que les militants auront à ratifier le moment venu.
3. Le Congrès ordinaire du Parti
Il se tiendra après les Municipales de 2008. Il portera, comme tous les congrès ordinaires, à la fois sur la ligne, la stratégie et le leadership. Mais il sera aussi extraordinaire, car il reprendra toutes les conclusions de nos débats.
Je propose qu’après le congrès de 2008, le prochain se tienne après la série des élections intermédiaires et locales de 2009 et 2010 (européennes, régionales et cantonales). Il déterminera les modalités de calendrier et de préparation des élections présidentielle et législatives de 2012.
D’ici là, nous avons à désigner nos candidates et candidats pour les élections municipales, cantonales et sénatoriales. Une Convention nationale ratifiera à la mi-décembre 2007 les votes des militants et adoptera le projet pour les municipales de 2008.
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Nous sommes devant l’obligation de changer. De mettre les idées avant les personnes ; d’éviter les surenchères et les faux consensus. Bref, « choisir », mais en préservant l’unité des socialistes.
Le premier changement commence surtout par un nouvel état d’esprit. Avant toute chose, nous devons nous respecter, respecter le Parti et ses décisions, respecter les militants, ses hommes et ses femmes dévoués, qui localement, là où la gauche est forte mais aussi là où la situation politique est plus difficile pour nous, portent nos idées les espoirs de nombreux Français.
Il n’y aura pas demain de victoire possible sans un grand Parti socialiste. Il doit s’ouvrir largement. Il doit porter des valeurs, des propositions susceptibles de structurer le débat et faire pleinement de la politique. C’est-à-dire de l’idéologie.
Nous affrontons une droite décomplexée et dont le Chef utilisera tous les moyens pour brouiller les pistes, confondre les enjeux, déstructurer la politique. En face, la gauche doit mettre de la clarté : dans les idées, les enjeux et les pratiques.
Cette proposition doit permettre au Parti Socialiste de franchir une nouvelle étape pour que nous soyons demain en capacité d’offrir aux Français une espérance.
Nous devons ouvrir un nouveau cycle. Il commence aujourd’hui. Ce n’est pas un calendrier, c’est un processus qui s’engage et dont le contenu permettra d’être au rendez-vous de 2012.
C’est dans cet esprit que je vous demande par un vote d’approuver cette démarche de mutation.
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