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Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /Avr /2007 23:32
Bon, on a mis le temps mais voici enfin le compte-rendu du débat participatif qui a eu lieu le 8 février 2007 au Théâtre de Montrouge.

Séverin Prené (Secrétaire de la Section PS de Montrouge) : Merci à Christophe Bombled, Secrétaire de l’Association de l’EcoZAC de la Place de Rungis. La présence de Christophe Bombled ici ne signifie pas que ni lui, ni son association soutient la campagne de Ségolène Royal. Je Remercie Nicolas Gatineau qui est à l’initiative du débat, et tous les militants socialistes qui ont diffusé 15000 tracts pour préparer cette rencontre et  je salue la présence de Catherine Picard, candidate socialiste à l’élection législative.

Le principe du débat : les débats sont en train de se terminer, une première synthèse a eu lieu au niveau départemental. La synthèse finale aura lieu dimanche à l’occasion du meeting de Ségolène Royal à Villepinte. Il est important de faire ce débat ce soir ; un débat sur une actualité riche, la conférence de Paris de Jacques Chirac et sa volonté de créer une organisation des nations unies pour l’environnement, le geste symbolique d’éteindre la lumière pendant 5 mn la semaine dernière, le texte acté par une centaine de pays qui dit une fois pour toute que c’est bien l’Homme qui est responsable du réchauffement de la planète avec les conséquences qu’on imagine, désertification, répercussion sur la production agricole, sur les conflits, raréfaction des ressources. L’environnement c’est aussi dans la vie quotidienne des comportements individuels, tri sélectif, comportement de consommation qui sont interrogés par la question environnementale. Ce n’est pas la cerise sur le gâteau du politique, mais toutes les données d’un contexte social, économique, culturel qui posent  des questions : Comment concilier respecter environnement avec progrès scientifique et avec confort de vie ? C’est un sujet complexe. L’urgence est là. Entre responsabilité collective et comportement individuel, l’EcoZAC propose une action.

 

Christophe Bombled (Secrétaire de l’Association de l’EcoZAC de la place de Rungis): Nous sommes une association de quartier apolitique, dont le but est de sensibiliser le public sur les questions environnementales. On a été contactés par l’UDF, les Verts, le PS à Paris et si l’UMP veut nous rencontrer, on ira les voir…. Dans notre association il y’a des gens de tous les partis politiques. Association de quartier dans le 13ème arrondissement pour la création d’un quartier respectueux de l’environnement à paris, un quartier construit avec des bâtiments économes en énergie, construit avec des matériaux écolo et un quartier avec une place importante pour tous les transports doux. Un éco quartier : 25% des gaz à effet de serre résultent de l’habitat. Il est important de travailler sur l’habitat. Pourquoi place de Rungis ? : Il y’a un projet de ZAC où vont être construits 40000m2 de bâtiments avec une crèche HQE, des locaux associatifs et un jardin public. Le président est un journaliste spécialisé dans l’environnement qui travaille sur les éco quartiers européens. La norme HQE n’est pas la panacée ; il peut y  avoir HQE avec clim’. L’association s’est montée autour d’une plateforme de propositions : construire un quartier pour réduire empreinte écologique du quartier, construire des bâtiments économes en énergie à l’exemple de  l’Allemagne où dans certaines constructions, on consomme 15kwh par m2 et par an, réduire consommation énergétique des bâtiments, réduire la place de l’auto dans le quartier, profiter du tramway, récupérer les eaux de pluie pour alimenter les besoins en eau des jardins, développer la végétalisation des toits (isolation, évite trop plein d’eau dans les égouts, évite aux stations d’épuration de travailler trop brutalement),  action socio économique, faire de cet endroit un lieu de formation pour corps de métier (plombier, électricien, maçons) en les formant à de nouvelles méthodes écologiques tout en faisant un travail de réinsertion,  faire un quartier qui développe le lien social, où la voiture n’occupe plus 90% de l’espace commun, où les gens peuvent se rencontrer, où on peut développer les commerces de proximité, refaire un jardin… Ce n’est pas qu’environnemental, nous voulons également intégrer l’Homme et créer du lien social. D’une association de quartier nous sommes passés à une renommée internationale grâce à internet. Avec 130 adhérents, on a rapidement décidé de s’organiser en association de lobbying. Nous avons la possibilité de peser sur le débat si quelqu’un est employé à temps plein pour le lobbying afin qu’un cahier des charges soit imposé au constructeur de la ZAC au niveau des bâtiments. On a fini par être accueillis par premier adjoint au maire socialiste dans le 13ème, il a écouté. Nous l’avons emmené à l’étranger pour visiter d’autres quartiers, comme à Londres, Fribourg en Allemagne. Là bas l’énergie est plus chère qu’en France et à quatre dans une famille ils arrivent dans ce genre de quartier à se chauffer et à vivre dans des conditions normales de confort (télévision, lumière, électroménager) en ne consommant 150 euros par an d’énergie !  Nous aimons faire découvrir à des gens qui n’ont pas les connaissances en matière d’habitat écologique et leur faire franchir le pas. Comment on agit : On a cherché des parrains prestigieux, personnalités (Hubert Reeves, Jean-Louis Etienne) et associations (Greenpeace…). On s’est donné de la visibilité, création d’un logo efficace qui nous permette de communiquer. Nous allons dans les salons, faisons du tractage dans la rue, participons à des émissions de télé, avons un site internet. On fait parler de nous, participent aux réunions de quartier. Nous avons un groupe de bénévoles (une vingtaine) pour insuffler nos idées qui réussissent à emmener des gens du quartier à venir voir, afin de changer les idées. Nous avons fait une opération d’encouragement avec cartes postales en direction du Maire. Nous organisons des voyages avec des  élus parisiens qui peuvent ainsi se former. Nous avons deux salariés qui agissent. Le résultat: sur la question énergétique, victoire, il est aujourd’hui acté que les bâtiments de la ZAC devront être construits à la norme de consommation énergétique de 50kwh/m2/année, ce qui est deux fois mieux que minimum légal. On pourrait faire mieux en théorie. Il y’aura du solaire thermique, les immeubles de bureau ne seront pas climatisé grâce à la géothermie et à la végétalisation des toits. Le seul point faible aujourd’hui c’est les transports à cause de la  place de la voiture ; il est  très difficile de faire passer l’idée qu’il d’autres moyens possibles de se déplacer, idée de la voiture partagée : parking de voiture partagée sur place. Aujourd’hui nous continuons de faire pression pour faire un lieu sans voiture. Trois objectifs : construction ZAC , programme de rénovation du bâtiment , créer une fédération  vers les Batignolles.

 

Didier : Je connais ce dont vous parlé par une émission de télé.

J’ai suivi toutes les émissions : On peut construire une maison de trois étage avec un budget de 75000 euros. Une solution à étudier est celle des  toits végétalisés, si 150 l d’eau tombent, il ne reste que 8 l d’eau par terre et en plus,  c’est joli grâce aux fleurs et aux plantes. Ce qui m’interpelle, c’est  le manque de solaire en France, sachant qu’on a de Bordeaux jusqu’à Nice, une ligne où soleil brille souvent. Il y’a une économie substantielle à faire dans ce domaine là. Au niveau des impôts il y’a quelque chose de prévu, mais vu état planète l’énergie solaire devrait devenir obligatoire.

 

Michel : Je suis socialiste de Malakoff, j’ai été membre des verts avec  d’importantes responsabilités. Pourquoi y’a t’il beaucoup de choses qu’on veut faire et qu’on ne fait pas ? Il y’a des gens qui vivent de la pollution, qui sont bien organisés. Par exemple, le lobby de l’amiante : Depuis 1906 on sait qu’elle est cancérigène. Il y’a eu un comité qui s’est réunit pendant des années pour dire que amiante pas dangereuse. On avait d’un côté des gens  qui risquaient de perdre leur  emploi, alors que amiante va provoquer le mort de 100.000 personnes. Sur le nucléaire, il n’y eu aucun débat à l’Assemblée Nationale, il n’y a pas de prise de position des politiques. Aujourd’hui il y’a une association « le vent de la tempête », opposée à construction d’éoliennes qui fait pression pour qu’on ne construise  pas d’éolienne,  et ceci avec le soutien des populations locales et celui des ingénieurs d’EDF. Pourquoi l’industrie solaire est si peu développée ? EDF fait une politique de lobbying pour se favoriser. Dans la mairie où je travaillais tout le monde était partisan de l’écologie. On a fait des propositions de remplacer les ampoules classiques par des ampoules basse consommation, de chauffer les HLM avec du solaire, ça ne s’est pas fait. De la même manière aujourd’hui, tout le monde bien conscient, il y’a une conférence  internationale sur méfait des transports, mais on continue à construire des bureaux à la défense sans que les gens y habitent. On a décidé de construire la Défense sur le modèle de la City à Londres parce qu’il fallait que les sièges sociaux soient à la Défense pour que gens prennent l’avion à Roissy. Il est temps qu’une décision politique soit prise.

 

Hervé : Je me fais l’avocat du diable. Pour les constructions écolos, de combien  est le surcoût? Par rapport au solaire, la  libéralisation du marché de l’électricité au niveau des particuliers, rendra l’électricité plus  chère et va pousser les gens à s’équiper en solaire. J’ai visité au Havre, des bâtiments équipés en solaire. Le  projet a été démantelé en cours de route car l’opération était déficitaire.

 

Christophe Bombled : Le surcoût est amorti en dix ans, c’est une bonne affaire. Le surcoût est du au fait que la technologie n’est pas assez développée. Un parking entraîne aussi un surcoût mais personne ne le discute. Quand vous dépensez peu d’argent en matière énergétique, les locataires sont plus solvables. Il y’a un intérêt pour les personnes à faibles revenus. Le surcoût du a été évalué à 5% en Suisse.

 Sur l’électricité, photovoltaïque ce n’est pas ce qu’il y’a de plus efficace. Je  crois plus au solaire thermique qui lui donne la possibilité de faire des économies d’électricité  massives. Le meilleur kWh est  celui qui n’est pas consommé. Ensuite on réfléchit comment on satisfait les besoins restants : C’est la bonne démarche.

Pour en revenir au solaire, la  technologie est assez simple, si ce n’était pas au point au Havre, c’est que c’était les différents intervenants qui n’étaient  pas au point mais en soi, ce n’est pas plus compliqué. On sait fabriquer des centrales nucléaires, on saura construire du solaire thermique. Le problème est celui de la mise en œuvre de la conception.

 

Wilfrid Vincent (Conseiller Municipal et Conseiller Communautaire) : Sur les surcoût, en France, on l’a estimé à 10-15%. Les élus ont fait au mieux le choix des bâtiments HQE. Ils ne pouvaient pas imposer aux promoteurs privés ces normes. Aujourd’hui, il est possible avec PLU, d’imposer des normes. Par exemple dans les HLM mais les résidents peuvent être réticents. Quand on installe un ascenseur, ça entraîne un surcoût, idem pour l’isolation thermique. Les gens ne font pas suffisamment attention pour voir l’amortissement à long terme. Des expériences montrent que amortissement intervient au bout de 10 ans. Question : Est-ce que ce n’est pas à la collectivité de prendre en charge surcoûts et surtout, supprimer ce surcoût une fois l’installation amortie ?

 

Carmélina de Pablo (Responsable des Verts à Montrouge) : Je me réjouis que mes amis du Parti Socialiste aient su profiter de la taille de leur section pour organiser un débat sur l’environnement à Montrouge. Je veux parler de la Belgique à propos des économies d’énergie : On fait des isolations extérieures au lieu d’intérieures dans les habitations. En comparaison, à Montrouge on ne se préoccupe pas de l’isolation. En Belgique lors de la construction d’une HLM, l’architecte  doit réfléchir aux économies d’énergie réalisables. Il s’agit de rendre les  appartements  et les parties communes les plus claires possibles. On peut rendre compatibles qualité de vie et économies d’énergie, y compris dans les quartiers populaires. Les appartements en rez-de-chaussée sont aménagés pour que familles puissent laisser leurs vélos et poussettes elles peuvent ainsi éviter d’avoir voiture. C’est un exemple à étudier.

 

Catherine Levert :  Il y’a une procédure d’obligation vis-à-vis des promoteurs privés. Après le premier choc pétrolier on est arrivé à imposer des normes, c’est dans la loi, loi respectée au niveau du permis de construire avec des normes accès PMR très contraignantes. Les surfaces habitables plus importantes. Pourquoi ne pas imposer  dans le POS des normes d’énergie solaire au niveau des permis de construire ?

 

Wilfrid Vincent : les élus locaux n’avaient pas l’instrument pour faire cela il y a 10 ans. Aujourd’hui avec le PLU il est  possible d’imposer un certain nombre de choses.

 

Catherine Picard (Maire Adjoint de Malakoff) : On peut imposer des lois qui permettront de développer ces construction. Mais il vaudrait mieux inciter. A Malakoff ont a refait la Maison des Associations, construite avec une réflexion sur la décoration, les  systèmes  internes,  le réseau thermique,  les panneaux solaires photovoltaïques. On est satisfait pour notre premier hiver, nous avions des inquiétudes sur le fonctionnement mais ça marche ; le soir on a chaud pendant les réunions. Les bâtiments en normes HQE sont des endroits incitatifs, les premiers lieux d’un fonctionnement pour inciter le privé a fonctionner comme ça, possibilité d’avoir un vrai essor économique ce sur quoi l’information  n’est pas faite dans ce domaine là. Par exemple dans la communauté d’agglomération on a mis en place des bacs composteur et la récupération des eaux pluviales. La question était de savoir où on allait pouvoir proposer aux habitants de pouvoir composter leurs  feuilles et comment récupérer les  eaux de pluie pour arroser son jardin et alimenter les chasses d’eau et les machines à laver. Nous avons eu de grandes difficultés à trouver où on allait se fournir en matériel, bacs de compostage et de récupération d’eau ? Nous avons du  beaucoup à travailler sur nos terrains, mais les élus sont de plus en plus à l’écoute. Mais plus proche d’ici, le maire de Clamart a décidé de faire tout un quartier sans de voiture avec des éco constructions ce qui a été annoncé dans le dernier numéro du bulletin municipal de clamart. Un petit bémol, c’est la place de la voiture ; c’est un vrai problème. Si Ségolène Royal devient présidente, j’espère qu’on continuera ce débat participatif. On ne peut pas prendre de décision aujourd’hui sans une levée de boucliers énorme par rapport à ce problème là. Il faut être conscient que c’est un vrai problème individuel.

 

Séverin Prené : Je m’interroge, il y’a plein d’expériences et de choses qui se font. Comment faire pour que ces expériences ne restent pas réservées à une élite éclairée. L’écologie concerne d’abord pauvres mais ce ne sont  pas les pauvres qui mettent en place des  actions. Il y’a un « gap » entre les pauvres qui pâtissent des problèmes d’environnement et les catégories  favorisée qui eux font la démarche de contribuer à améliorer l’environnement.

 

Paul Allettru (Secrétaire d’ATTAC section Montrouge) : Il faut traiter la question du transport. La France s’est engagée à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre. Ça n’a l’air de rien, ça ne coûte pas cher de prendre un engagement  mais c’est  très ambitieux et difficile à faire et entièrement nécessaire. Le problème est tel que si ça continue, il faudrait trois planètes pour y faire face. Il faut que les plus riches fassent plus d’économies  que les plus pauvres pour que les plus pauvres puissent se développer. L’association Néga Watt fait des scénarios intéressants et montre que c’est ambitieux et difficile à faire. La question des transports : Pour les  transports individuels  comme voiture, notamment pour les trajets domicile-travail, il existe des solutions comme le télétravail. Pour beaucoup de gens c’est possible. Des accords qui commencent à se faire pour éviter que des gens fassent tous les jours 1h de transports aller et retour. Les transports de marchandise : Actuellement la plupart des produits manufacturés viennent de Chine ; ça fait beaucoup de transports par bateau et par camion… Pour ce qui est transporté par des camions, il faut le remettre sur des rails . Il faut re-localiser l’économie, c'est-à-dire produire localement. Il faut aussi faire des économies pour l’agriculture. Des choses nécessaires et ambitieuses mais très créatrices d’emploi doivent être faites. Il y’a un lien à trouver entre écologie et social. Que des débats participatifs se poursuivent. Il nous faut Changer de mode de vie.  Des décisions  sont à prendre à tous les niveaux : niveau international, français  -il faut reparler de planification, autrefois on parlait du plan, des organisations syndicales, des représentants des forces vives de la nation qui se réunissaient pour imaginer la France dans 10-20 ans- et de chaque commune.

 

Christophe Bombled : Sur la formation des professionnels du bâtiment à l’écologie : c’est d’abord un projet porté par les citoyens, ce ne sont pas les politiques qui sont en avant-garde mais nous qui faisons le boulot. On rencontre La SEMAPA société mixte qui aménage le site de la ZAC de la Place de Rungis. J’ai rencontré le responsables du projet, il a commencé en disant « Vous me faites chier !  Ce que vous me dites c’est du bon sens, j’ai 50 ans et vous me forcez à sortir de mon train-train, je n’ai pas les compétences pour faire ce que vous voulez faire, je ne sais pas faire. Aujourd’hui,  je suis obligé de me remettre en cause. Je ne sais pas comment je vérifie que ce que je fais est efficace. ».  Nous lui avons  donné des noms de cabinets spécialisés.

 Sur les gaz à e effet de serre, 25% viennent des transports, 25% des bâtiments, 25% viennent de  l’agriculture et de l’industrie. Tout ce qui touche à l’alimentation émet beaucoup de  gaz à effet  de serre (beaucoup de viande, des fruits et légumes pas de saison et pas produit localement). Il y’a  des actions simples, réduire sa consommation de viande de bovins en particulier. Il faut  14 Kg de CO2 pour produire 1 Kg de veau,  2T CO2 pour  un Paris – New York Aller et Retour, 1k de bœuf, c’est  4kg de CO2. Si chacun veut réduire ses émissions de gaz à effet de serre, il faut manger des produits de saison produits localement. J’ai découvert les AMAP : ça pré finance la récolte d’agriculteur, vous prenez le risque avec eux, ça permet aux paysans de se maintenir dans activité. La plupart produisent bio. C’est produit localement, c’est des produits de saisons. AMAP est très intéressante, travail de réinsertion et  d’accompagnement du  retour à l’emploi de certaines personnes.

 

Sophie : Sur paris les AMAP sont dépassées par la demande. C’est vraiment un réseau de solidarité. Il faut que les gens s’engagent mais sur la région parisienne, il n’y a pas assez d’infrastructures.

 

Hervé : Par rapport aux effets de serre, on parlait d’une taxe carbone, je voudrais savoir ce que vous en pensez. Il parait qu’il y’a un  procédé de séquestration de carbone qui consiste à  le stocker sous terre, c’est  peut être plus dangereux à terme qu’autre chose.

 

Sabrina : Il faut revenir sur la question du coût, un des points de blocage les plus forts. Il y’a une AMAP à vanves. L’AMAP, c’est cher, 15 euros pour 5kg de légume, tout le monde ne peut pas se le payer. Il y’a un point fort de clivage économique : Qui prend en charge ce surcoût ? Est-ce que c’est à l’Etat de prendre en charge ?  J’attend les propositions de notre candidate. Un autre clivage c’est le clivage  nord-sud. Les pays développés souhaitent leur imposer des normes internationales. Qui peut prendre en charge ce coût  afin qu’ils aient droit au même développement que  nous ? Nos politiques ne s’y attellent pas assez.

 

Christophe Bombled : L’alimentation a toujours coûté cher. Avant, on payait  juste des aliments, son logement, ses vêtements.  Aujourd’hui, on a un éventail de consommation plus important, tout le monde est obligé d’arbitrer et souvent, arbitre sur l’alimentation. 15 euros par semaine pour 5 kg ça crée des emplois ça respecte l’environnement, c’est pas très cher pour ce que c’est. J’ai fait un autre choix de vie :  Je consomme peu.

 

Sabrina : La limite est que si on ne généralise pas le système tout le monde ne pourra pas se le payer.

 

Christophe Bombled : Je suis favorable à la taxe carbone. L’idée est d’augmenter chaque année de 3% le coût de l’énergie fossile, de dégager de l’argent injecté dans l’économie pour permettre de vivre dans un monde sans pétrole. On prévoit le coup, on anticipe, on augmente progressivement ce  qui permet de dégager de l’argent sans pénaliser brutalement les utilisateurs pour, par exemple, mettre dans transport en commun, c’est de la politique intelligente qui nous évite d’aller droit dans le mur quand les gros problèmes vont se présenter.

 

Christophe : J’ai participé au débat chez les verts sur transports en commun. Il y’a des données intéressantes : Si on prend l’Ile de France, plus on est proche du centre de paris, moins les gens utilisent les transports individuels. Il y’a ¾ des déplacements qui se font en transports collectifs  à Paris. En grande banlieue, c’est 3/4 de voiture individuelles et ¼ de transport en commun. Les transports en commun ne sont pas suffisants. On parle toujours des déplacements domicile travail, mais ça ne représente que 1/3 des déplacements. Il faut se poser le problème localement. En ce qui concerne l’emploi et le logement, il faut volonté politique, chaque commune ne va pas décider ce quelle veut. On peut citer en exemple une commune qui pavillonnaire qui ne veut pas des immeubles collectifs.

 

L’agriculture biologique est chère. Le maïs cultivé à côté du marais poitevin détruit l’environnement et on en n’a pas besoin. Ce maïs n’est pas encore OGM mais c’est pour bientôt. J’ai bien connu le remembrement, il faut savoir que dans  une commune, pour que remembrement, il fallait que trois agriculteurs soient d’accord. Pour les OGM, c’est pareil, mais comme l’Europe a décidé que les OGM, c’est bien, on est obligé de les prendre. La culture à outrance avec arrosage massif nous donne quelque chose à revoir, comment faire ? Je n’ai pas de solution à donner.

 

C’est une question du partage des expériences, chose importante pour toucher élu, il faut présenter autres élus ce qui est une expérience réussie. Pour ce qui concerne l’aménagement de l’espace, c’est compliqué. Il y’a des modes de financement pas toujours très clairs, une communication pas très franche, même d’élus à élus. Si on veut que ça marche, c’est ça qu’il faut proposer. Il suffit de trouver un élu qui veuille se former, que les techniciens municipaux fassent cet effort et puissent ensuite intervenir auprès d’autres municipalités et trouver des réseaux d’élus pour témoigner. Il est possible de mener des opérations avec les élus dans une plus grande confiance, idem pour les professionnels de la construction. C’est de personne à personne qu’on arrive à soutenir le travail d’association.

 

Christophe Bombled : C’est ce qu’on a fait. Quand on emmène les élus à l’étranger, ils rencontrent d’autres élus et se comprennent car ils parlent le même langage, y compris du point de vue financier. Peut être que l’idéal est trouver des élus du même bord politique que ceux qu’on emmène. Si un élu ne sait pas combien ça coûte, il a des réticences à prendre des risques.

 

Nicolas 2 : En ce qui concerne les OGM, j’ai peur que sur ce thème, on est une mauvaise bonne illustration que  c’est un peu dangereux. Sur les OGM on n’est pas arrivé à prouver d’inconvénient majeur pour la santé. Il y’a l’enjeu de recherche, un risque pour la France d’être en retard dans ce domaine. On dit parfois que les OGM sont un outil de la puissance américaine mais en France il y’a beaucoup de coopératives agricoles OGM. Compagrain investit dans la recherche et on voit José Bové qui va arracher les plans qui auraient pu donner des résultats à la recherche. N’y a-t-il pas un risque de laisser monopole d’une avancée technologique à un seul pays ? Il faut faire attention à ce que l’environnement ne devienne pas rempart des conservatismes et des peurs.

 

Président de « Malakoff Environnement » : On n’a pas entendu parler de décroissance et si on veut que qualité de vie reste bonne, la décroissance est obligatoire.

 

Nicolas Gatineau (Coordinateur Comité « Montrouge a du Désir ») : Un jeune homme a parlé d’un projet de stocker les  gaz à effet de serre sous terre. La nature l’a fait, ça s’appelle le charbon et le pétrole. A l’époque des dinosaures la température moyenne de la planète était de  25°. Aujourd’hui, elle est de  12°. Si on respirait l’air que respiraient les dinosaures on serait tous mort en 10minutes. Autre élément, au niveau des transports, c’est facile de faire  ses déplacements dans la petite couronne en  transports en commun mais  Plus on s’éloigne du centre de Paris, sauf dans certaines villes nouvelles comme Saint Quentin en Yvelines, plus l’offre de transports est pauvre. En Seine et marne, dans les Yvelines, il y’a des petits villages de  100 ou 1000 habitants, si bus passaient plus et pour autre chose que les horaires du ramassage scolaire, les habitants ne seraient pas obligés de prendre leurs voitures pour aller travailler. Ce que je trouve scandaleux, si je veux prendre transports en communs à St Rémy les Chevreuse, c’est que  le Maire fasse payer le parking alors que je dois déjà payer mon billet de train pour aller à Paris (aller et retour 8,10 Euro). Si je fais ça, revient moins cher de prendre la voiture. Il faudrait qu’au terminus, comme en Hollande, des parkings gratuits, aux terminus des tramways, des RER et  des métros en périphérie de la capitale.

 

Pierre : Je suis un faucheur volontaire d’OGM. Quand j’entends qu’on récite l’argumentaire des partisans des OGM, je me pose des questions. Le but des OGM, est d’asservir le cultivateur par la sélection des essences pour leur bon rendement. On lui rajoute d’autres qualités comme le fait de supporter les pesticides. Les  agriculteurs sont  prisonniers de la graine qu’ils n’ont pas le droit de reproduire. Il  leur faut de plus en plus de pesticides, il leur faut aussi des engrais en grosses quantités. Les gros commerçants qui vendent la graine sont le seul lien avec les producteurs d’OGM.  En Inde, ils en ont eu une expérience catastrophique : des paysans se sont retrouvés à pas pouvoir rembourser les emprunts pour acheter les semences OGM.

 

Il faut que la recherche puisse se faire. On peut faire la recherche dans des endroits confinés.

 

Au Brésil, qui est un pays  pauvre, le principal argument  des pro-OGM est que  les OGM vont permettre de résoudre faim dans le monde. Brésil cultive des  OGM depuis des années. Un journaliste a fait un reportage sur les conséquences de l’utilisation des OGM :  Les sols se sont appauvris très vite, car  les sols ont été surexploités. Ce journaliste a reçu des menaces de mort. Autre argument, un labo italien a fait des recherches sur conséquence des OGM sur des souris. On a démontré que les souris qui mangent des céréales OGM subissent des mutations des organes qui  les rendent fragiles. Il y’a donc une incidence sur la santé, y compris celle des hommes. On a coupé les fonds pour les  recherches de ce labo italien.

 

Hervé : Sans vouloir polémiquer,  il y’a un lien sur Internet pour visionner le reportage. On peut le trouver. Par rapport aux expériences, ce ne sont que des expériences sur les souris, et principalement, on constate une mutation du métabolisme mais pas de modification des organes, juste pour préciser.

 

Une autre précision :  J’ai rencontré quelqu’un  qui a travaillé chez Monsanto. Il a repris ensuite une exploitation agricole bio, il a vraiment vécu les deux expériences, et vu les dégâts des OGM.

 

X : Sur les de gaz à effet de serre. Au Brésil j’ai entendu que les voitures roulaient avec de l’éthanol de canne à sucre et que ça marchait très bien et que beaucoup de Brésiliens utilisaient cette essence, produit qui provient de la nature et qui ne pollue pas. Est-ce qu’en France produit va être développé ?

 

Christophe Bombled : Ce qui est valable au Brésil pas valable en France, avec l’éthanol obtenu par la culture de la canne à sucre, le cycle du carbone est neutre mais on est en train de massacrer la  forêt amazonienne. La France n’a pas de canne à sucre, donc on brûle du pétrole pour transformer de la betterave en éthanol. Ce n’est pas du tout la solution. En France, l’essentiel du parc automobile roule au  gasoil, on produit trop d’essence et on en exporte. Le plus logique serait de faire rouler les voitures avec de l’huile de colza, mais il faudrait couvrir l’intégralité du territoire français avec du colza. Ce qui serait intelligent : permettre aux agriculteurs de faire marcher leur tracteur à l’huile de colza et d’interdire le chauffage domestique au fuel et chauffer les maisons avec les énergies renouvelables. Ce serait plus logique que faire croire aux gens que les biocarburants sont la panacée universelle. En ce qui concerne l’hydrogène, il faut aussi beaucoup d’énergie pour le produire.

 

Autre chose, si la fabrication des produits OGM est dangereuse pour l’humain, il n’est pas possible d’en profiter pour produire des produits comme de la canne à sucre pour remplacer l’essence.

 

Fabricia : Il y’a le problème des déchets domestiques. Il faudrait  faire pression pour sensibiliser les fabricants. Exemple des pots  yaourt… est-ce qu’il y a des moyens de pression ?

 

Joëlle Lasserre (Conseiller Municipal) : La Suisse a fait cette expérience, les gens ont déposé dans supermarché les suremballages. Le résultat a été la diminution des emballages et l’ajout dans les supermarchés de conteneurs de récupération, tout est recyclé, tout est consigné fort cher.

 

Il faut faire pression sur les fabricants pour qu’ils produisent moins d’emballages et il faut que ce soient les supermarchés fassent pression sur les fabricants.

 

 

 

X : Pour les OGM, je ne pense pas que l’on puisse dire c’est moderne et il faut le faire. C’est un argument faux. Il y a eu un jury citoyen constitué et  les Français qui ont estimé que c’était dangereux. Il faut avoir de la cohérence, on ne peut pas mélanger tout en disant que recherche et OGM c’est pareil. La recherche en labo et la dissémination dans nature ce n’est pas la même chose. Je suis opposé à ce qu’on fasse expérience sur les êtres humains.

 

Je sui frappé parce que la personne qui a parlé de la recherche sur les OGM avant  est toute seule. D’un côté il y’a quelqu’un qui parle de recherche et de l’autre quelqu’un qui détruit ces recherches… on est dans un dialogue de sourds. Il a juste dit qu’on pouvait poser la question de la recherche ; je suis frappé de ça. Ce n’est pas le même débat

 

Catherine Picard: le débat n’est pas fini, on peut y passer la nuit, il y a plein facettes  et chaque fois qu’on  aborde le problème d’un point de vue scientifique il faut avoir une grande rigueur. Suites aux résultats des expériences sur les animaux, la science doit être amenée à se poser des questions sinon elle perdra en crédibilité.

 

Ce n’est pas que les OGM fassent l’objet de recherches qui pose problème mais c’est qu’ils soient utilisés à grande échelle.

 

Christophe Bombled : Je vous remercie de votre écoute et de votre participation.

 NDLR : La vidéo du débat est aussi en ligne ici.

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Débats Participatifs
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