Tribunes

Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /2007 08:36

Le Nouvel Observateur publie aujourd'hui cet appel de Ségolène Royal :

"Ma lettre aux Français"

Nous voici dans la dernière ligne droite d’un grand et beau combat démocratique qui va décider de l’avenir et des valeurs de la France pour cinq ans et en réalité plus longtemps encore. Aujourd’hui, le choix se clarifie et c’est très bien ainsi. C’est un choix entre deux conceptions différentes de l’exercice du pouvoir, deux conceptions du redressement économique, social et écologique du pays, deux approches de l’Europe et du rôle de la France dans le monde.

Le désir de changement est vif et très largement partagé. Face à un système dépassé, injuste et inefficace, inefficace parce qu’injuste, une majorité de Françaises et les Français n’en peuvent plus et n’en veulent plus. L’exaspération est là, palpable, mais l’espérance aussi. Je veux y répondre en réformant profondément le pays mais sans brutalité et en rassemblant largement, au-delà des partis et des blocs, tous ceux qui veulent une France plus fraternelle et en même temps en prise sur son époque, capable d’en relever les défis, forte d’une confiance retrouvée et qui réconcilie l’efficacité économique et sociale. Trop de temps a été perdu, trop de cartes gâchées, trop d’inégalités creusées, trop d’inefficacité économique, trop de dette : il y a urgence. A chacun de prendre ses responsabilités.

La France a choisi pour devise des valeurs universelles. La France n’est jamais aussi forte, aussi respectée, aussi aimée que quand elle porte haut et fort ce message de justice et quand elle en donne l’exemple chez elle. Quand ces valeurs sont malmenées, la France ne se reconnaît plus.

Je veux une France de liberté. Et la première des libertés, c’est celle de choisir et de conduire sa vie. Parce qu’on a un bon bagage éducatif de départ. Parce qu’on a un emploi qui permet de vivre dignement et de faire des projets. Parce qu’on conserve sa vie durant le goût d’apprendre et la possibilité de se former. Parce que les solidarités sont au service de cette liberté et de cette responsabilité individuelle. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux, à ne pas vouloir que notre pays soit transformé en laboratoire d’un berlusconisme tardif qui va s’aligner sur les postures de Georges Bush. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux à rejeter la confusion des pouvoirs, la mise au pas des contre-pouvoirs, la soumission au pouvoir de l’argent. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un Etat de droit au plus bas et d’un recul des libertés publiques.

Je veux une France de l’égalité des possibles, pas simplement formelle mais réelle. L’égalité républicaine, ce n’est pas tout le monde sous la toise, ce n’est pas l’uniformité. C’est le droit égal garanti à chacun qu’il pourra aller au bout de ses possibilités, grâce à la priorité donnée à l’Education, qu’il sera aidé quand il en aura besoin, qu’il lui faudra donner s’il a reçu car l’égalité des droits suppose l’égalité des devoirs. L’égalité républicaine, c’est l’assurance donnée à tous d’un traitement impartial, indifférent à la naissance, à l’origine, à la fortune, au carnet d’adresses. Ce n’est pas l’exonération des droits de succession pour les patrimoines les plus riches, cette restauration des privilèges héréditaires de la rente contre lesquels, jadis, le peuple français fit une Révolution. Ce n’est pas la promotion de quelques uns sous prétexte de discrimination positive, qui assigne à l’origine et masque mal l’abandon du plus grand nombre. Ce n’est pas la remise en cause de la loi de 1905 pour mettre les religions dans la politique et la politique dans les religions, ce n’est pas l’instrumentation des communautarismes et des clientélismes. Ce qui menace notre identité nationale, ce n’est pas l’immigration régulière, c’est la destruction de notre pacte républicain. Car il en va ainsi chez nous : quand la République s’affaisse, la France s’abaisse.

Je ne veux pas d’une France en proie au doute, tentée par le repli, s’abandonnant à la peur, affaiblie par ses divisions et impuissante à maîtriser son destin. Je veux une France de la fraternité, une France unie qui reprenne la main. Une France capable de changer sans se perdre. Une France capable de se réformer parce qu’au clair sur ses valeurs et forte de tous les siens. Sans la fraternité, la liberté et l’égalité se désaccordent. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous les Républicains de progrès qui veulent, eux aussi, que la loi du plus juste l’emporte sur la loi du plus fort. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un pouvoir confisqué par un seul parti et soumis aux puissances de l’argent et aux injonctions du Medef et du CAC40.

L’Etat, spécialement en France où sa formation est ancienne, a préexisté à la démocratie. Il s’est construit dans des siècles où l’arbitraire était la règle et le droit l’exception. Depuis 1789, et malgré des retours en arrière, l’Etat a dû se plier au respect de la loi : le citoyen a peu à peu conquis des droits, l’anonymat et la brutalité de l’action publique ont dû laisser place à plus de transparence et de dialogue.

Mais notre Etat porte encore les stigmates des conditions de sa naissance et des habitudes d’un pouvoir sans frein. Qui ne voit que l’autorité judiciaire ne jouit pas encore de la pleine indépendance imaginée par Aristote et élaborée par Montesquieu ? Qui ne voit que les citoyens sont ravalés souvent encore à la condition subalterne d’administrés et ne parviennent ni à comprendre la logique des décisions qu’on leur impose, ni à faire valoir leur droit légitime dans les arcanes d’une administration qui les traite parfois en importuns ? Qui ne voit que la collusion des pouvoirs politiques et économiques bride l’indépendance de la presse et favorise les abus dans les nominations et les rémunérations comme on l’a vu à Airbus ? La droite porte la lourde responsabilité d’avoir aggravé la subordination de la justice, ignoré les citoyens et confondu l’intérêt public avec les intérêts privés.

Les Français veulent un Etat impartial et je veux le construire avec eux. Aujourd’hui, l’Etat n’est pas assez présent là où on a besoin de lui mais il est envahissant là où il multiplie sans raison les procédures et la bureaucratie, le maquis des aides et des démarches. Il est trop timide là où il devrait jouer son rôle d’entrainement et trop lointain là où il devrait être proche, à l’écoute, réactif. Il se trompe souvent quand il décide seul. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui veulent un Etat réformé avec des services publics efficaces, un Etat qui enraye la vertigineuse croissance d’une dette qui l’étouffe.

Je veux une France capable de vérité. Une France lucide sur ses points faibles, énergique sur ses points forts, capable d’anticiper les mutations nécessaires, de se mobiliser pour réinventer son avenir, d’investir dans l’éducation, la recherche et l’innovation, aujourd’hui paupérisées et sinistrées, dans la qualification et les emplois de qualité. Car c’est la seule réponse vraiment moderne aux transformations de l’économie mondialisée et de la compétition planétaire. Le projet coercitif de Nicolas Sarkozy se trompe d’époque et tire la France du mauvais côté de la nouvelle division internationale du travail. Il ne comprend pas l’efficacité économique du travail pour tous et du bien-être au travail. En disant aux uns de « travailler plus pour gagner plus » et en faisant peser sur les autres, ceux qui n’ont pas d’emploi, le soupçon de paresse et de fraude, il empêche la France de tirer parti de son principal atout, de son avantage concurrentiel le plus durable : son capital humain. Quel est ce projet de société où l’on ne pourrait pas s’en sortir dans le cadre de la durée légale du travail ? Ce qu’une vision archaïque ne cesse de disjoindre et d’opposer – la performance économique, la performance sociale, la performance écologique – je veux au contraire le lier solidement ensemble car c’est ainsi que la France se relèvera, misera sur les activités et les emplois de demain. L’économique d’un côté, le social de l’autre, l’écologique à part, cela ne marche pas, cela ne marche plus. Personne n’a jamais réussi à restaurer la compétitivité française, stimuler la créativité, l’inventivité, la réactivité économiques dont nous avons besoin en écrasant, en méprisant, en traitant mal les salariés producteurs de richesses. Ce modèle est inefficace, comme le prouve la situation actuelle, car l’avenir de la France, ce sont des productions à forte valeur ajoutée, des services de qualité donc des salariés qualifiés, motivés, engagés dans leur travail. Je veux, avec les PME construire une nouvelle donne qui leur permettra de réussir, de se développer, de conquérir les marchés. En un mot, de réconcilier la France avec les entreprises.

Il faut un regard neuf sur l’économie du XXIème siècle et, pour tirer parti de nos atouts, de nouvelles règles du jeu. Il nous faut inventer et mettre en place les nouvelles sécurités qui ne seront pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque et de l’agilité nécessaire dans la « grande transformation » du temps qui est le nôtre. L’Etat sera garant de ce nouveau compromis social et du nouveau dialogue qui, arrachant la France à l’archaïsme de ses relations de travail, fondera enfin dans notre pays une démocratie sociale facteur de réussite économique.

Le pays a besoin d’oxygène. Voilà pourquoi la nouvelle République que je veux bâtir avec tous repose sur quatre piliers à mes yeux indissociables : une démocratie représentative rééquilibrée, une démocratie participative vivante, une démocratie sociale forte d’un syndicalisme de masse et une démocratie territoriale où chaque échelon de la puissance publique sait, sans doublons, ce qu’il a à faire.

La voix de la France dans le monde a faibli. Sa place en Europe, comme inspiratrice de sa construction et garante d’un juste équilibre entre développement économique et progrès social, est contestée. Avec moi, elle retrouvera son rang et son influence, elle défendra ses intérêts sans crispation ni arrogance, en recherchant toujours des compromis dynamiques et les solutions les meilleures pour elle comme pour nos partenaires.

L’Europe est en panne institutionnelle et en panne d’idéal, en mal de projet. Où va l’Europe ? A quoi sert la construction européenne ? C’est parce que depuis trop longtemps nous n’avons pas su répondre à ces questions, qu’une majorité de nos concitoyens ont dit non il y a deux ans. Je ramènerai la France à la table de l’Europe, parce que c’est ensemble, avec tous nos partenaires, anciens et récents, que nous préparerons le plus efficacement l’avenir. Je veux une Europe de la connaissance, où les étudiants et les chercheurs échangent, travaillent ensemble, voyagent, coopèrent. Je veux une Europe de l’excellence écologique. Je veux une Europe qui comprenne que l’efficacité économique et le respect des salariés ne vont pas l’une sans l’autre. Je veux une Europe qui protège ses emplois, non pas de façon conservatrice et statique, mais en innovant, en se projetant dans l’avenir, en construisant les industries et les services de demain. Je veux une Europe où les salariés seront sécurisés, mieux formés, mieux rémunérés. Je veux enfin une Europe qui pèse dans la mondialisation, une Europe qui porte par ses actes un message de développement économique et humain, d’égalité entre les hommes et de paix entre les peuples. L’Europe doit se tourner vers l’Afrique pour l’aider à s’arracher à la pauvreté, vers l’Amérique latine où elle est attendue, vers l’Asie où sont les nouvelles grandes puissances économiques et politiques. Elle doit trouver un juste équilibre dans ses relations avec les Etats-Unis, pays ami et allié, et l’amener à renoncer à l’unilatéralisme et à accepter la nécessité du développement durable.

Cette France neuve, ce vote d’audace pour un changement serein mais garanti, c’est celui d’une France Présidente qui avance parce que chacun et chacune est appelé à donner le meilleur de lui- même."

Ségolène Royal


Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /2007 23:52

 


UNE FEMME DE COURAGE
Vidéo envoyée par HIGGINSATOR

Cette femme dont j’ignore le nom dit des choses sur sa civilisation. Elle pense que sa civilisation a un problème, qu’elle brûle les églises et autres sanctuaires quand elle est contrariée.

            En France, ça ferait débat. Chez elle, au Qatar, elle risque la mort pour blasphème et pour se revendiquer laïque.

 

            Oser dire ça à une heure de grande écoute dans une zone du monde dirigée par des Salafistes, il faut être courageuse !

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /2007 23:46
Paris, le 27 août 2007, Conférence des ambassadeurs. Abordant l'épineuse question de la Turquie, Nicolas Sarkozy tient des propos qui, dans sa bouche, prennent une résonance singulière. "La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts" dit-il devant une assistance médusée.

Le refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union semblait pourtant réglée. Association oui, adhésion non : Nicolas Sarkozy en avait fait une question de principe, lors de notre débat. Quelques mois plus tard, frappé par un principe de réalité jusqu'alors soigneusement nié, il dessine une perspective radicalement différente. La fermeture qu'il prônait se voit du jour au lendemain disqualifiée. On pense même à supprimer le referendum obligatoire préalable à une éventuelle adhésion. Pour la Turquie, tout redevient possible !

Ce revirement n'est pas isolé. 14 Juillet 2007 : les principales forces politiques libanaises dont le Hezbollah sont invitées à dialoguer à la Celle Saint Cloud, dans la résidence du ministre des Affaires étrangères. "Le Hezbollah est un acteur politique important au Liban. Il est l'une des composante du dialogue national et à ce titre, il est invité aux rencontres inter-libanaises" affirme ce jour là le porte-parole de l'Elysée. Oubliée la déclaration de Nicolas Sarkozy lors du forum de l'ump du 12 décembre 2OO6 à propos d'une candidate qui avait rencontré la commission des affaires étrangères du liban en présence de l'ambassadeur de France et dans laquelle ne siégeait qu'un seul député du Hezbollah : "le fait d'être un élu ne suffit pas pour discuter. Hitler avait été élu, ça n'en fait pas un interlocuteur respectable et responsable". La polémique fut entretenue une bonne semaine : faute lourde, inexcusable, inqualifiable, méconnaissance des questions internationales, et pour tout dire, incompétence.

Et que dire du dossier iranien et de l'accès à la filière nucléaire qui inclut la maîtrise de l'enrichissement de l'uranium ? Je m'y suis toujours opposée tant que les garanties de contrôle n'étaient pas apportées. Aujourd'hui, faute de n'avoir pas défendu cette attitude préventive et responsable, on nous exhorte par la voix du ministre des affaires étrangères à "nous préparer au pire", à la guerre, ne faisant d'ailleurs que traduire l'incroyable déclaration de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, évoquant une alternative menaçante entre "la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".

Cette succession de retournements inspire de l'inquiétude et pose la question de la crédibilité de la parole de la France.. Récemment nos partenaires se sont encore demandés s'il s'agissait d'improvisation ou de provocation lorsque le Président a fait du nucléaire civil, à la tribune des Nations-Unies "la meilleure réponse à ceux qui veulent, en violation des traités se doter de l'arme nucléaire" confondant, une nouvelle fois, l'achat d'électricité et la maîtrise de la totalité de la filière avec l'enrichissement de l'uranium qui permet, tôt ou tard, de passer du civil au militaire.

De tels revirements, soudains et imprévisibles, soulèvent des questions aujourd'hui sans réponses. Pourquoi cette navigation à vue, cette gestion erratique du dossier iranien ? Comment le Hezbollah infréquentable du mois de décembre 2006 est-il devenu l'interlocuteur acceptable du mois de juillet 2007 ? Que s'est-il passé pour que Nicolas Sarkozy change son fusil d'épaule sur la Turquie ?

A aucun moment le Président ne s'en est expliqué. A t-il péché par ignorance des contraintes internationales ? A-t-il délibérément oublié de révéler ses intentions ? Se doutait-il que certains de ses choix ne seraient pas tenables ? Si oui, pourquoi n'a t-il rien dit ? Chauffer l'opinion, donner l'apparence de la fermeté puis se dédire face aux risques d'isolement : serait-ce cela la nouvelle diplomatie de rupture ? C'est la perte de crédibilité de la France qui est en jeu aujourd'hui, et ce qui la menace c'est la banalisation de sa parole, une marginalisation très difficilement récupérable par la suite.

Dans le "concert des nations", notre pays apportait traditionnellement un contrepoint salutaire. Elle faisait entendre une musique différente, parfois mezzo voce, parfois fortissimo, mais toujours en harmonie avec deux valeurs cardinales : le sens du bien commun et l'éthique de la responsabilité qui interdisait d'utiliser la politique étrangère à des fins de politique intérieure.

Ex-Yougoslavie, Irak, Liban, Darfour, conflit israélo-palestinien : autant de théâtres sur lesquels la France récusait les fausses évidences et les manichéismes simplificateurs. A l'idéologie facile, à l'intérêt étroit, elle préférait l'analyse rationnelle des faits, ultime boussole d'un monde singulièrement complexe, ultime condition à une action crédible et respectée.

Or quel spectacle la France donne-t-elle depuis quatre mois ? En Europe, celui d'un président qui tire la couverture à lui, exaspérant nos plus fidèles partenaires et notemment l'Allemagne, ahurie par la dramatisation du dossier iranien, agacée par la récupération du traité, choquée par l'ingérence sur l'abandon du nucléaire, et blessée d'entendre Nicolas Sarkozy appeler Angela Merkel, "cette femme de l'est" ! Bourde sur bourde. En Afrique, celui d'un président qui dénonce avec brutalité ce continent comme "absent de l'histoire, empêtré dans l'éternel recommencement où jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir", pour ensuite s'afficher avec les chefs d'Etat gabonais ou libyen. Où est la cohérence, où est le message, où est la dignité ?

Au fond, seul le rapprochement avec Washington donne à la diplomatie de Nicolas Sarkozy un semblant de cohérence. A l'heure où l'Amérique remet en cause ses choix de politique étrangère, à l'heure où le rapport Baker prône une nouvelle approche fondée sur le dialogue plutôt que sur le rapport de force militaire, à l'heure où même nos amis britanniques marquent leurs distances, Nicolas Sarkozy fait le choix de l'atlantisme. C'est une décision lourde de conséquence et pourtant, là encore nulle explication, aucun débat au Parlement.

Le Président de la République serait bien avisé de se ressaisir et de s'inspirer de cette sage recommandation du rapport Védrine : amis, alliés mais pas alignés. C'est en ne cédant pas à la tentation des surenchères et de la politique spectacle que la France, dont la crédibilité est indispensable à la paix du monde, disposera d'une diplomatie forte et écoutée, avant qu'il ne soit trop tard .

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Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /2007 08:29
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                  Le choc de méfiance

 


Nicolas  Sarkozy  nous  disait  que  tout  était  prêt  pour provoquer, dès l’élection  ,  le choc de croissance, le choc de confiance.  Il raillait la nécessité du  dialogue social pour réformer. Il se gaussait du constat sur la  dette publique. Il se moquait des propositions de création d’un « small business act » et d’une sécurité sociale professionnelle. Six  mois  plus  tard,  le choc promis est celui de la méfiance. Pourquoi : Archaïsme,  arrogance, affrontement constituent les poisons par lesquels le pouvoir  en  place  est en train de miner les chances de redressement de la France.

 

Archaïsme.  A  cause  d’une  méthode de gouvernance déplorable, la France a connu  hier  une  journée de grève, des transports bloqués, et je dis qu’un pays  moderne, confronté à la compétition mondiale ne peut pas se permettre ce type de situation.

Arrogance.  Une  conférence nationale sur la croissance, le pouvoir d’achat et les  retraites  aurait  du être convoquée dès la rentrée pour prendre à bras  le corps,  et  sérieusement,  tous les  défis qui se posent à nous.

Arrogance des cadeaux fiscaux aux privilégiés alors que la grande pauvreté s’accélère,  que quatre millions de salariés sont payés en dessous du SMIC (au 1er  juillet 2007, après la revalorisation du salaire minimum, plus de 60%  des  branches  sont  repassées  sous  la barre du SMIC pour le premier niveau  de  la  grille  salariale),  tandis  que se profile la réduction de l’accès   aux   soins.  Les  enquêtes  récentes  montrent  une  inquiétante aggravation  des conditions de travail des salariés et une augmentation des journées  perdues pour maladies professionnelles.
Affrontement. Ce  choix  de  méthode dépassée et nuisible ne peut conduire qu’aux  blocages  des réformes structurelles indispensables. C’est un pacte social   clair,   responsable,   efficace   dans  lequel  l’Etat,  par  son comportement  moral,  est  le  garant  d’un  objectif  gagnant- gagnant qui pourrait  permettre de mobiliser pleinement les énergies. Le pouvoir est en train de  gâcher les bonnes dispositions de nos leaders syndicaux qui sont prêts,  pour  beaucoup d’entre eux, à accompagner les besoins d’agilité des entreprises.  Mais en focalisant la réforme sur les seuls régimes spéciaux, tandis  que  les  scandales  politico-financiers  révèlent  des connivences douteuses et des enrichissements scandaleux des amis du pouvoir, alors que, sans  vergogne,  est  promise  au  MEDEF  la  dépénalisation  du  droit des affaires, comment les salariés peuvent-ils avoir confiance ?

 

Je  suis  convaincue  qu’il  faut  changer  de  toute  urgence  la façon de concevoir la créations de valeurs et de richesses. Je suis convaincue qu’un développement  durable  repose  aujourd’hui  sur les trois piliers que sont l’économique,  le  social  et  l’environnemental et que la défaillance d’un seul peut  faire  crouler  le  tout.  Nous  sommes  la cinquième puissance économique mondiale,  mais nous devons ce rang au travail des Français qui conquièrent  des  marchés,  qui  innovent,  qui  prennent  des  risques  et travaillent dur. Et je suis convaincue que nous ne tiendrons durablement ce rang  que  si  accélérons  notre  capacité  à  mobiliser les compétences, à motiver  et  à  former  les  salariés  et à investir dans les PME pour leur permettre de franchir les seuils de performance. L’assainissement  de nos finances publiques est une nécessité. Elle suppose une  méthode raisonnée, consistant avant toute chose à conforter les marges de  manoeuvre destinées au financement des dépenses réellement prioritaires. La   priorité   budgétaire   doit   donc  être  consacrée,  d’une  part  au désendettement  de  la  France et d’autre part à la préparation de l’avenir par  le soutien aux petites et moyennes entreprises en termes de recherche, de formation, d’investissement, et d’exportation. C’est là que se trouve la source   d’une    nouvelle    croissance, économiquement   performante, écologiquement responsable et socialement efficace.

 

Des  économies  doivent  être  recherchées  à  travers  la modernisation de l’Etat,  une  décentralisation  efficace  et la réforme de notre protection sociale. Mais  ces  réformes  ne  peuvent  se  faire que dans la recherche obstinée  d’un consensus  national  obtenu par le dialogue. Cette nouvelle façon  de  faire  doit se traduire en tout premier lieu dans la gestion des finances  publiques.  Or, le projet de budget pour 2008 accentue le choc de méfiance.  Il  révèle  en effet l’incapacité du gouvernement à maîtriser le déficit  de l’Etat, puisque celui-ci devrait augmenter de 3,3 milliards d’Euros par rapport à 2007, pour atteindre 41,7 milliards d’Euros en 2008. De son côté, l’état des finances sociales n’est guère plus reluisant, avec un déficit du régime général de la Sécurité Sociale évalué pour 2008 à 9 milliards d’Euros et qui atteindra probablement plus de 12 milliards d’Euros.

 

La  position  de  la  France au sein de l’Union européenne s’est dégradée : elle fait  aujourd’hui  partie  des cinq pays européens les plus endettés, alors  qu’il y a dix ans elle était le 2ème pays le moins endetté. Surtout, en s’endettant toujours davantage pour couvrir ses déficits, notre pays est à  contre-courant  de la majorité de ses partenaires européens qui, eux, se désendettent.  Ces  mauvais résultats ont été obtenus alors même que l’Etat n’a  pas hésité à céder des actifs publics considérables : 15 milliards d’Euros tirés  de  la  privatisation des sociétés concessionnaires d’autoroutes fin 2005  ont  servi  en 2006 et 2007 à éponger une partie des déficits, l’Etat perdant au passage les recettes que les sociétés devaient verser au budget. La  France  est  ainsi  plus  que  jamais  vulnérable  à la hausse des taux d’intérêt  :  la seule charge de la dette de l’Etat devrait ainsi augmenter de 1,6 milliards d’Euros en 2008 par rapport à 2007.

La situation est d’autant plus inquiétante que les perspectives économiques et financières sont peu encourageantes. Avec des déficits extérieurs record depuis trois  ans,  révélateurs  de  la  perte  de  compétitivité de notre économie,   la France  cumule  désormais  les  handicaps  :  les  déficits commerciaux pèsent sur la croissance, et l’atonie de la croissance pèse sur les comptes publics.

Il  faut  donc un sursaut. Il faut d’autres façons de penser et d’agir car, pendant ce temps, la mondialisation n’attend pas. Les investissements dans les  pays émergents  s’accélèrent, les multinationales les ayant augmenté, souligne  la CNUCED,  de  38%  (+  1,3 milliards de dollars) en 2006, mais surtout  les groupes basés dans les pays en développement, comme Embraer au Brésil, Mittal  en  Inde  ou  Petronas  en  Malaisie,  sont aujourd’hui de redoutables concurrents dans les secteurs de pointe.

 

Le défi à relever est donc considérable mais il est à notre portée. Il doit s’appuyer  sur  nos  forces,  notre  matière  grise et sur les capacités de l’Europe. Il  faut cesser de jouer « petit bras »  et « petite politique ».

 

Et  surtout, Nicolas Sarkozy doit cesser de garder le pire de la continuité (la   dette   et  l’affairisme)  et  de  choisir  le  pire  de  la  rupture (l’affrontement  et les  injustices),  pour  agir  de  manière  moderne et efficace afin que la France saisisse, de énergiquement, toutes ses chances.

C’est une société de confiance qui permet le choc de croissance.

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes
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Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /2007 08:50
Carte-vitale-anonyme-copie-1.jpg Pour financer nous dit Nicolas Sarkozy, les programmes de recherche sur des maladies graves, faisons appel au porte-monnaie des malades y compris des plus modestes. Plutôt que de porter remède aux lacunes de notre système. Il y a là une triple faute : insécurité sociale, erreur sanitaires, inefficacité économique.

1/ Insécurité sociale, tout d'abord

 

C'est une aberration de faire financer les programmes de recherche utiles pour les malades de demain par les malades d'aujourd'hui. Même si des exonérations sont prévues, la contribution va peser de manière uniforme sur tous ceux qui doivent prendre des médicaments ou recourir à des soins, alors même que la contribution de chacun à l'assurance-maladie est proportionnelle aux revenus. De manière insidieuse, on revient sur les principes de la sécurité sociale chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins), illustrant une fois de plus la volonté de la droite de remettre en cause les assurances publiques universelles, pour favoriser la marchandisation de la santé. Une fois de plus, ce sont les personnes âgées à faible revenu et les salariés les plus faiblement rémunérés qui vont consacrer une part plus importante de leurs revenus à leur protection sociale. On pourrait objecter que les montants sont faibles mais nous savons d'expérience qu'une fois que le principe est acquis, ce genre de prélèvements augmente au fil des ans, sous la pression du déficit des comptes sociaux.

 

La fixation de son montant par un simple décret et non son inscription dans la loi renforce cette perspective. En outre, ils viennent d'ajouter à une série de mesures déjà très sensibles pour les ménages : forfait de 1 à 4 euros par consultation, autre forfait de 18 euros à l'hôpital, déremboursements de toutes sortes. Lors de l'instauration de la franchise sur les consultations médicales, ses inspirateurs avaient indiqué qu'il s'agissait d'une mesure exceptionnelle. A quand la franchise sur tous les actes ? A quand de nouveaux déremboursements déguisés par la hausse de ces franchises ? En vérité, les classes modestes et moyennes sont celles qui vont être progressivement orientées vers les assurances privées, pour couvrir toutes ces charges nouvelles, laissant au bord de la santé tous ceux qui n'ont pas les moyens de financer une couverture complémentaire et l’accès au soin doit rester une sécurité de base.

 

2/ Erreur sanitaire ensuite

 

Ces franchises s'appuient sur l'idée que l'on pourrait, étant malades, faire le choix de consommer moins de soins dès lors qu'on serait sensibilisé aux coûts. Outre que c'est le médecin qui prescrit et non le malade qui décide, allez expliquer aux personnes qui ont été jugées suffisamment malades pour être prises en charge à 100 % (les diabétiques, les cancéreux, les personnes atteintes par le VIH…, tous ceux qui souffrent d'une maladie longue et coûteuse, y compris comble de l’ironie les patients atteints de maladie d’Alzheimer) que c'est à elles que reviendra en priorité la charge de financer les dépenses d’assurance-maladie. L’affectation de cette nouvelle contribution à la recherche sur une autre maladie est un leurre, comme en témoignent les comptes présentés par le Gouvernement.. Toutes les études montrent que l'on doit donner la priorité à la prévention, au traitement et au dépistage précoce des affections, au bon suivi des traitements. C'est un enjeu de santé publique fondamental, car se soigner tôt évite le plus souvent des dépenses plus lourdes ultérieurement. Inviter le malade à peser sur le choix des prescriptions en le faisant payer est donc un contresens qui pourrait se révéler très dommageable pour la santé des Français à moyen terme. C’est d’autant plus pernicieux que déjà 13 % des Français restreignent leurs soins pour des raisons financières. Il est donc absurde de faire payer une franchise aux malades chroniques alors que même les petites dépenses sont indispensables.

 

3/ Inefficacité économique enfin

 

Toutes les études sur la compétitivité et l'attractivité de notre pays, montrent que l'un des points forts de la France est précisément la qualité de son système de santé et les conditions d'accès aux soins, malgré les attaques dont il est l’objet. S'il existe des rigidités dans certains domaines, que j'avais moi-même soulignées en proposant que le dialogue social accorde plus d'agilité aux entreprises exposées à la concurrence, il est économiquement contre-productif de s'attaquer à l'un des points forts de notre compétitivité par une approche erronée. Ce dont notre pays a besoin, c'est de travailleurs bien formés, motivés par une juste rémunération et rassurés par l'existence d'une sécurité sociale qui leur permet de se concentrer sur leur vie professionnelle et leur épanouissement. Il est donc primordial que des mesures soient prises pour restaurer l’équilibre des comptes sociaux pour conserver cet acquis économique du pays.

 

C’est d’autant plus vrai qu’il existe d’autres solutions. Le produit de cette nouvelle taxe sur les malades (800 millions d'euros) aurait pu être trouvé en faisant des économies. Je propose comme je l’avais déjà fait une réduction des 60 milliards d'aides aux entreprises, dont chacun sait qu'une grande partie bénéficie à des secteurs protégés qui n'en ont pas besoin et dont la Cour des Comptes a très justement souligné les manques de justification. Il est surtout nécessaire d’engager une réforme sur l’offre de soins, la meilleure coordination entre médecine de ville et hospitalière, le renforcement de toutes les actions de précautions et le lancement de programmes de recherche européens pour faire baisser le coût des soins.

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /2008 11:44
C'est un verdict sévère qui vient d'être rendu sur les huit premiers mois de la présidence Sarkozy : en janvier, le moral des ménages a atteint un minimum historique. Stagnation des salaires, croissance faible, hausse des prix, déficits publics, absence de perspectives pour les jeunes, dont le pessimisme est plus fort que partout ailleurs : l'inquiétude est vive.

Malgré les promesses inconsidérées, nous savions bien que tous les problèmes ne seraient pas résolus en un an. Mais nous étions au moins en droit d'attendre que la situation ne s'aggrave pas. Aujourd'hui, règne la brutalité d'un système où l'argent fou fait la loi, où les valeurs humaines reculent chaque jour un peu plus, où le plus grand nombre paient pour des puissants dont l'impunité est proportionnelle à l'irresponsabilité.

Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte. Tout était possible, hier ; mais trop de temps et de fonds publics ont été gaspillés. L'urgence du pouvoir d'achat n'a pas été traitée, l'avenir n'a pas été préparé, la désinvolture publique a tenu lieu de morale politique.

Chacun a compris que le "paquet fiscal" n'avait pas fait frémir d'un dixième la croissance. Pourtant, avec 15 milliards d'euros dépensés chaque année, le budget des universités et des centres de recherche aurait pu être durablement multiplié par deux. La prime pour l'emploi aurait pu être également doublée, donnant à plus de huit millions de salariés français l'équivalent d'un treizième mois. Et avec 15 milliards d'euros, il y avait encore de quoi amorcer notre désendettement.

Quant aux réformes engagées, universités, retraites, marché du travail, elles sont toujours partielles, souvent injustes et à l'effet aléatoire. La réforme du marché du travail, par exemple, consacre la fusion entre ANPE et Unedic : pourquoi pas ? Mais les moyens en faveur d'un service public de l'emploi efficace et d'une véritable sécurité sociale professionnelle ne sont pas engagés.

Pour remplir les caisses qu'il a contribué à vider, Nicolas Sarkozy est devenu "monsieur taxes". Taxe sur la santé avec les franchises médicales, hausse du rendement de la TIPP et de la TVA, création d'un impôt sur les séjours hôteliers, taxation de la publicité, retour en clair-obscur de la TVA sociale : le gouvernement demande aux revenus moyens et modestes de rembourser un bouclier fiscal qui a notamment rapporté 350 millions d'euros à 16 000 contribuables privilégiés.

Il est donc plus que temps de remettre de l'ordre et de s'attaquer aux vrais problèmes. Aujourd'hui, ce n'est pas la quantité de travail des actifs occupés qui fait défaut en France, c'est le chômage des moins de 25 ans et celui des plus de 55 ans qui posent problème ; ce ne sont ni la durée ni le coût du travail qui pèsent sur la compétitivité et entraînent 40 milliards d'euros de déficit de la balance extérieure, mais les investissements en innovation des PME qui manquent.

L'époque des "trente glorieuses", marquée par la rigidité des entreprises et des marchés, est révolue. Innovation, concurrence et mobilité sont désormais la loi de l'époque, pour le meilleur ou pour le pire, selon ce que l'on en fera. Il ne s'agit pas simplement de nous adapter à cette nouvelle donne ! Il faut en être les pionniers vigoureux : le politique est là pour faire en sorte que chacun change, entrepreneurs comme salariés.

Or, c'est toujours aux mêmes qu'il est demandé de faire des efforts. Il y a les gagnants de la mondialisation, qui ont le pouvoir de s'inventer un futur. Il y a ceux qui rêvent au futur qu'ils pourraient avoir si on leur donnait leur chance. Et enfin, il y a ceux qui ne peuvent même plus rêver, parce qu'ils sont tenaillés par les soucis quotidiens.

Notre économie n'acceptera la mondialisation que si on donne à chacun la possibilité d'en être un acteur. Le creusement des inégalités ne fera que tirer la croissance vers le bas. Et si rien n'est fait pour construire la confiance, les injustices criantes déboucheront sur une violence ouverte. Il y a donc trois urgences pour répondre à ces défis et stopper la dangereuse spirale descendante.

La première, c'est réformer l'Etat. Pour transformer les nouveaux risques en forces d'émancipation, la puissance publique elle-même doit changer. D'un Etat qui s'efforce de corriger les inégalités, il faut passer à un Etat qui les attaque à la racine, un Etat qui encourage chaque talent à se développer et à innover par l'accompagnement personnalisé. C'est vrai pour l'école, c'est vrai pour les services publics en général.

La seconde, c'est faire de la sécurité professionnelle et de la hausse du pouvoir d'achat deux réalités indissociables. Il faut pour cela s'occuper des salariés avant la perte d'emploi et non après, quand dans bien des cas il est déjà trop tard. Nous devons mettre fin à l'éclatement des fonds de la formation professionnelle et les réunir dans un nouveau service public de l'emploi, comme réussissent déjà à le faire certaines régions. La formation et la mobilité professionnelle doivent offrir de vraies perspectives de carrière et des hausses de salaires.

La troisième urgence concerne l'université et la recherche. La loi d'autonomie ne résoudra rien tant que la question des moyens n'aura pas été résolue et que les universités ne seront pas soumises à évaluation. Notre enseignement supérieur est handicapé par le gouffre qui existe entre grandes écoles et universités : il est temps de créer des passerelles, généraliser les laboratoires conjoints et des diplômes communs. Il faut aussi revaloriser le métier de chercheur, créer une vraie complémentarité entre enseignement et recherche, faire du doctorat un passage obligé pour les étudiants prometteurs.

Aujourd'hui, l'alignement par le bas et la réduction des salaires tiennent lieu de politique économique. Mais cette spirale est dangereuse. La France doit s'engager sur une autre trajectoire, mobiliser sa créativité et transformer les risques de la mondialisation en potentiel de croissance. Si la dégradation continue, c'est la récession qui menace. Et parce que nous refusons cette triste perspective pour notre pays, je dis à Nicolas Sarkozy : il est encore temps.

Ségolène Royal

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes
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Jeudi 8 mai 2008 4 08 /05 /2008 17:26

POUR UN CONGRES UTILE ET SEREIN DANS LES HAUTS-DE-SEINE

 

En novembre prochain, les Socialistes devront se prononcer sur l’orientation que doit prendre le PS pour son avenir ; nous devons faire du prochain congrès, un congrès utile et serein.

 

Un congrès utile aux français :  Notre Parti a dés sa fondation en 1905 porté les valeurs républicaines d’éducation, d’égalité, de progrès et de justice sociale, de construction de la paix. Ses élus sont respectés pour le sérieux de leur travail et leurs compétences. Pour autant, faute d’avoir tranché certaines questions, le Parti Socialiste s’il arrive toujours à inspirer confiance lors de scrutins locaux, peine à proposer une alternative crédible à la politique néolibérale conduite par Nicolas Sarkozy.

            Nous devons affronter la réalité, à l’écoute des Français,  et confirmer notre vision d’une France du XXI siècle qui concilie nos valeurs et les exigences d’un monde en profonde mutation.   Seul un PS, responsable et lucide sera une vraie promesse d’alternance à gauche.

Un congrès serein pour le PS : Faisons vivre le débat d’idées et tranchons les questions stratégiques. Mais évitons les dissensions qui nous ont affaiblis en 2007 et démontrons la force de nos valeurs, de nos convictions et notre capacité à transformer ensemble la France.

Pour atteindre ces deux objectifs, de nombreux camarades (parmi eux Ségolène Royal, François Rebsamen, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, Manuel Valls, Delphine Batho, Aurélie Filipetti, Jean-Pierre Mignard, Najat Belkacem, Dominique Bertinotti…) ont pris l’initiative d’inviter les militants socialistes à une consultation participative pour dégager les grandes lignes d’une contribution de large rassemblement. Ils veulent construire, avec mes militants, les réponses du PS à 10 questions essentielles que se posent vraiment les Français :

1.      Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?

2.      Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3.      Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4.      Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5.      Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

6.      Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

7.      Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8.      Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient  victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9.      Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10.  Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

Un site http://www.congresutileetserein.com/ a été mis en place afin de recueillir l'ensemble des contributions et de permettre la participation du plus grand nombre.

Dans notre département, nous vous invitons à venir débattre de cette initiative l'occasion de deux rendez-vous :

- le mardi 20 mai à 20h30 à Clamart (salle du Pavé blanc - 44, route du pavé blanc) en présence de Jean-Louis Bianco (sous réserve), député

 le mardi 27 mai à 20h30 à Asnières (salle du Tribunal au Théâtre d’Asnières –Place de l’Hôtel de Ville en présence d'Aurélie Filipetti (sous réserve), députée

Premier(e)s signataires de l’initiative dans les Hauts-de-Seine 

-Alexis Bachelay (www.alexisbachelay.fr 06 09 14 14 01), Nicolas Gatineau (nicolas.gatineau@club-internet.fr 06 07 13 83 34), Laurence Lenoir (laurencelenoir92@gmail.com), Jacques Marilossian (jacques.marilossian@wanadoo.fr, 06 21 13 06 14), Dominique Millecamps (dominique.millecamps@wanadoo.fr 06 80 03 97 16) et de nombreux autres camarades....

Rejoignez-nous sur http://www.congresutileetserein92.com/ !

NDLR : Appel publié dans "Le Poing et la Rose", organe de la Fédération Socialiste des Hauts-de-Seine
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /2009 22:52

Régis Debray - La Fraternité
Vidéo envoyée par segoleneparis

Lors de l'AG de Désirs d'Avenir, Régis Debray nous livre ses réflexions à propos du mot " Fraternité ".

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Tribunes
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