Point de vue

Mercredi 13 juin 2007 3 13 /06 /2007 22:43

Eléphants du PS, vous qui vous adonnez au jeu de règlements de compte, avez vous conscience que vous démobilisez ainsi les militants engagés dans la campagne ? Querelles de clans, manifestations de vos égos de chefs relayés par vos lieutenants, vous donnez le sentiment de jouer avec la « machine à perdre » ! Au moment où Sarkozy, titre le Monde, « tend la main au Modem », voilà que vous fermez la porte à double tour ! Heureusement que François Hollande, qui a tant donné, garde courageusement la barre dans la tourmente.

 

            Mais quelle est aujourd’hui votre représentativité au PS ? Nous les militants, sommes en droit de nous le demander. En tout cas, vous devriez savoir que le verrouillage n’est jamais le bon moyen de rebondir, bien au contraire … C’est que vous n’admettez visiblement pas, pour nombre d’entre vous, que le cycle d’Epinay est arrivé à son terme, comme la stratégie d’union de la gauche, et pour tout dire que l’alliance avec le PCF n’est plus un critère d’ancrage à gauche. Ne vous rendez vous pas compte que le jeu des clans organisés et structurés à votre profit a dénaturé la saine compétition des courants de pensée au PS ?

 

            Les militants socialistes, j’en suis convaincu, mènent ce combat du 2ème tour du mieux qu’ils peuvent, soucieux de rassembler le plus large possible autour de leurs candidats. Il ne s’agit aucunement d’improviser une alliance avec le Modem, mais du vieux réflexe du désistement républicain face au risque d’Etat  partial qui menace. A quoi sert par exemple la seule triangulaire de ce 2ème tour qui risque de faire élire un député UMP de plus ? Pourtant plusieurs candidats MoDem font le choix de favoriser les candidats socialistes, tel Azouz Begag dans le Rhône. Puisse son exemple être suivi face à la menace de déferlante UMP !

 

            Ségolène Royal a bien raison de dire tout haut ce que nous pensons tout bas. Elle sait qu’elle a auprès d’elle une large majorité de socialistes !

 

                                               Gérard Denecker,    un ancien du Congrès d’Epinay

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Point de vue
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Vendredi 12 octobre 2007 5 12 /10 /2007 19:12
Guy-Moquet.jpg  

Comment va être vécue la journée « Guy Môquet » du 22 octobre 2007 dans les lycées de France ? La question se pose à considérer ce qui sépare aujourd’hui sur ce sujet le chef de l’Etat et les enseignants.

 

« La commémoration de la mort de Guy Môquet, de ses 26 compagnons d’infortune et de tous les autres fusillés est en effet l’occasion de rappeler aux élèves des lycées l’engagement des jeunes gens et jeunes filles de toutes régions et de tous milieux qui firent le choix de la résistance, souvent au prix de leur vie ». C’est ce qu’écrit le ministre de l’Education nationale dans le BO du 30 août 2007, faisant ainsi obligation à tous les lycées de France d’organiser cette journée commémorative.

 

             En écho, le Snes-FSU, principal syndicat d'enseignants, appelle le 2 octobre "l'ensemble de la communauté éducative" des lycées à "refuser" de participer à la cérémonie dans les lycées, autour de la lecture de la lettre de Guy Môquet. "Il n'est pas défendable de fonder l'enseignement sur le recours à l'émotion, ni d'obéir à une prescription du Président, venant perturber une progression pédagogique construite selon une logique précise s'inscrivant dans le respect des programmes.

 

              En dehors du champ politique, des désaccords se manifestent également au niveau des historiens qui marquent pour le moins leur réserve à cette initiative élyséenne.

 

              Ne faut-il pas d’abord préciser qui était Guy MOQUET  ?

 

Guy Môquet naît à Paris le 26 avril 1924. Son père, Prosper Môquet, (1897-1986) ancien combattant de la Grande Guerre, est cheminot. Membre du PCF depuis 1926, il est élu en 1936 député du XVIIe arrondissement de Paris. Après la dissolution du PCF, Prosper MÔQUET suit la ligne du Parti et se refuse à dénoncer le Pacte germano-soviétique du 23 août 1939. Il est arrêté le 10  octobre 1939 à Bréhal dans la Manche où il est venu voir sa femme Juliette et ses enfants qui s’y sont réfugiés chez ses parents. Il est déchu de son mandat et condamné le 3 avril 1940 à 5 ans de prison et de privation des droits civiques pour  « propagande communiste »... 43 autres députés de son groupe subissent le même sort.

 

Elève au lycée Carnot, Guy Môquet se passionne très tôt pour la politique et le voilà tout jeune membre des Pionniers, organisation de jeunesse du Parti communiste. Guy réagit aussitôt, ce qui souligne déjà son caractère, à l’arrestation de son père. Il rentre seul à Paris et milite activement au sein des Jeunesses communistes réorganisées clandestinement. En quoi consiste cette action militante ? Tracts intitulés « L’avant-garde », « Nous avions raison », papillons, inscriptions à la craie fustigent le régime de Vichy, mais restent discrets sur l'occupant nazi. Une action qui s’inscrit tout à fait dans la ligne de la politique menée alors par le parti communiste clandestin depuis l'entrée des Allemands dans Paris, le 14 juin 1940, et la proclamation de l'Etat Français le 10 juillet suivant, et ce jusqu’à la rupture du pacte germano-soviétique .

 

Dans ces tracts, c'est surtout la misère qui est épinglée : « Des magnats d'industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier [...]), tous, qu'ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l'ont contraint à subir l'occupation étrangère [...] De l'ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, à l'employé du quartier de l'Étoile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles [...] les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d'accord pour lutter contre la misère… ». Ils réclament également la libération des communistes emprisonnés pour leur solidarité avec le pacte Hitler-Staline.

 

Guy Môquet déploie une réelle ardeur militante dans son quartier. Il est arrêté à 16 ans le 13 octobre 1940 au métro Gare de l'Est par des policiers français qui recherchent les militants communistes. Les policiers le passent à tabac pour qu'il révèle les noms des amis communistes de son père alors à Fresnes. Il est inculpé comme lui d’infraction au décret Daladier du 26 septembre 1939, portant « dissolution des organisations communistes ».

 

            Que s’est-il donc effectivement passé en 1941 ?

 

Acquitté le 23 janvier 1941 par la 15ème chambre correctionnelle de Paris qui décide de le placer en liberté surveillée, Guy tombe sous le coup d’un arrêté d’internement administratif et il est  transféré à la prison de La Santé le 10 février, puis à Clairvaux. Il arrive dans le courant le 15 mai 1941 au camp de Châteaubriant, en Loire inférieure, l’actuelle Loire Atlantique.

 

Ce camp regroupe des centaines de prisonniers politiques.  Guy est détenu, avec d'autres militants communistes ; il est affecté à la baraque 10, la baraque des jeunes, où il se lie d'amitié avec Rino Scolari, un peu plus âgé que lui, qui deviendra un des responsables FFI au moment de la Libération de Paris.

 

Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire-inférieure, est abattu à Nantes par trois jeunes communistes venus de Paris. La réaction des nazis est immédiate et violente, alors que se multiplient les représailles en riposte aux premiers attentats et sabotages contre l’occupant. C’est l’époque où vient d’être publiée le 22 août 1940 l’ordonnance du général  Schaumburg, commandant du « Gross Paris », transformant systématiquement les Français arrêtés en otages. C’est l’époque aussi où le lieutenant d'Estienne d'Orves, pionnier de la Résistance et héros de la France Libre, est exécuté par les nazis au fort du Mont Valérien avec deux compagnons de résistance.

 

A Chateaubriand, les soldats allemands s’installent dans le camp, jusque là encadré par la gendarmerie française, et l’exécution prochaine de 50 otages est annoncée, mais le choix des futures victimes est laissé à la discrétion du gouvernement de Vichy. C’est le ministre de l'intérieur, Pierre Pucheu, qui sélectionne des otages communistes pour, prétend-il,  « éviter de laisser fusiller 50 bons Français"  : 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris.

 

Deux jours plus tard, le 22 octobre, les nazis rassemblent les 27 dans une baraque du camp de Choisel, où il leur est accordé d’écrire une dernière lettre. Puis, tout au long du trajet, dans les camions, les otages chantent l’Internationale, la Marseillaise et le Chant du Départ. Ils arrivent à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant, où neuf poteaux sont dressés. En trois groupes, les 27 otages refusent qu'on leur bande les yeux. Ils tombent sous les balles nazies en s'écriant "Vive la France" et en chantant La Marseillaise. Guy Môquet est le plus jeune d’entre eux. Il est abattu à 16h00. Le même jour 22 octobre 16 otages sont aussi exécutés à Nantes et 5 au Mont Valérien.

 

Quel est le message délivré par Guy Môquet dans sa lettre ?

 

Cette lettre de Guy Môquet est un message à sa maman pour exprimer son amour filial, à Serge son petit frère dont il se sent très proche, un message aussi pour témoigner de la fidélité à l’engagement que son père, militant communiste, l’a conduit à prendre. Elle est également un cri en direction de ceux qui restent, un cri d’encouragement à poursuivre la lutte contre l’oppression :

 

 

Ma petite maman chérie,

mon tout petit frère adoré,

mon petit papa aimé,

 

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.

 

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

 

17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

 

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !

 

Votre Guy qui vous aime.  Guy

 

Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !

 

Mais cette lettre si émouvante constitue-t-elle en elle-même une page d’histoire ? Qui pourrait le prétendre ? Qu’apporterait-t-elle comme éléments historiques  pouvant permettre d’amorcer et d’argumenter une leçon d’histoire sur la Résistance ? Il y a pour ce faire d’autres lettres, écrites par d’authentiques résistants prisonniers, torturés, exécutés, déportés, à la disposition des professeurs d’histoire.

 

Alors se pose la question que beaucoup n’osent pas formuler en ces temps où le mémoriel l’emporte sur l’historique, où l’émotion a pris valeur de sens et où les victimes deviennent des héros : Guy Môquet était-il un « résistant » ? Un Résistant au sens où l’historien François Bédarida définit la Résistance comme « l’action clandestine menée, au nom de la liberté de la nation et de la dignité de la personne humaine, par des volontaires s’organisant pour lutter contre la domination de leur pays par un régime nazi ou fasciste, ou satellite ou allié » ?

 

Ne demandons pas l’impossible à ce garçon qui l’écrit lui-même en terminant sa lettre « … de tout mon coeur d’enfant », il  se sentait encore un enfant !

 

La vie militante de Guy Môquet, et sa lettre en témoigne, est marquée par son appartenance, son dévouement et sa fidélité au parti communiste. C’est même lui rendre hommage que de reconnaître son militantisme et la vigueur de ses convictions. La question qui peut se poser cependant, c’est de rechercher, et aucun indice ne se fait jour à ce sujet, comment le prisonnier Guy avait perçu l’entrée de son parti de plain pied dans la Résistance après l’agression nazie contre l’URSS en juin 1941 ?  Les chercheurs trouveront-ils un jour des indices ?

 

Par contre, la démarche de ce garçon, qui n’a pas pu être au sens concret du terme un « Résistant », abusé qu’il avait été par la ligne politique de son parti, sa démarche  au moment où il est tombé sous les balles nazies, ancré dans une réaction authentiquement patriotique, fait de lui cependant comme un « Résistant virtuel » qui mérite respect et considération historique. Ce garçon est un précurseur, il incarne avant beaucoup d’autres l’esprit de résistance.

 

Ce drame peut-il  être évoqué sans le

replacer dans son contexte historique ?

 

Ce serait céder à la tentation partisane ou identitaire et considérer que l’émotion générée par d’abominables exécutions se suffit à elle même pour marquer l’histoire. Il ne s’agit pas de déshumaniser le drame dont cette lettre témoigne, mais d’évaluer la dérationalisation de l’histoire en germe dans cette journée du 22 octobre. Marc Bloch écrivait: « Un mot pour tout dire domine et illumine nos études : comprendre ». Et pour comprendre l’histoire bouleversante de Guy Môquet, il n’y a d’autre choix raisonnable que d’évoquer ce qu’est à cette époque son engagement militant .

 

Après le pacte germano-soviétique du 23 août 1939, le Komintern de Staline informe le PCF le 20 septembre 1939 que les partis communistes ne doivent pas soutenir la guerre déclarée par la France et la Grande-Bretagne à l’Allemagne : le PCF, solidaire de l’Union soviétique s’opposera donc à cette « guerre impérialiste ». En réaction, c’est la dissolution du PCF le 26 septembre 1939 et un grand nombre de ses membres et députés sont internés, et parmi aux  Prosper Môquet. Si le parti communiste se refuse alors à combattre l’Allemagne fasciste, cela n’empêche ni un tiers de ses députés de démissionner, ni Tillon et Guingouin de ne pas attendre l’invasion de l’Union soviétique par les nazis pour entrer dans la Résistance…

 

La Belgique et la France sont envahies le 10 mai 1940 et Pétain signe l’armistice le 22 juin. Des négociations sont menées de juin à août 1940 par Tréand du PCF, mandaté par Duclos, avec Otto Abetz, afin d’obtenir la reparution de L’Humanité et la légalisation de l’activité communiste. Parallèlement on peut lire dans l’Humanité clandestine du 4 juillet 1940, sous le titre « Travailleurs français et soldats allemands » : « Il est particulièrement réconfortant, en ces temps de malheur, de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir amicalement avec des soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo camarades, continuez même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants. La fraternité des peuples ne sera pas toujours une espérance, elle deviendra une réalité vivante ». Et l’Humanité clandestine du 26 septembre 1940 va jusqu’à traiter les gaullistes de « va-t-en-guerre avec la peau des autres »…

 

Le 22 juin 1941 , c’est l’invasion nazie de l’Union soviétique, le PCF fait une nouvelle volte-face et déclare dans les cahiers du bolchevisme, fin 1941, « les Français saluent dans les soldats de De Gaulle, des combattants de la bonne cause, des combattants anti-hitlériens ». Quant aux communistes emprisonnés dans des camps d’internement par les gouvernements de Daladier et Pétain, ils se retrouvent maintenant particulièrement exposés et à la merci des nazis !

 

               Comment peut-on instrumentaliser le passé ?

 

C’est le cas de Guy Môquet, communiste sincère qui n’a jamais perpétré la moindre action violente, transformé ainsi en victime inconsciente et expiatoire d’un jeu politicien. Cette manipulation de son propre parti va lui attribuer une précocité résistante qu’il n’a jamais manifestée et il va se trouver ainsi érigé en pionnier de la lutte contre l'hitlérisme et en figure éponyme de la Résistance ! Alors la question qui vient à l’esprit, c’est POURQUOI ?

 

  • Ne serait-ce pas parce qu’il a été arrêté dès 1940 alors que son parti fidèle à Moscou n’avait pas encore fait le choix de la résistance ?
  • Ne serait-ce pas pour faire croire que le PC a résisté bien avant le 22 juin 1941 qui mit un terme au pacte germano-soviétique devenu maudit ?
  • Ne serait-ce pas tout simplement pour contribuer à antidater l'entrée du PCF en résistance ?

 

C’est dans le monde de l’histoire une évidence que personne ne conteste, mais que certains persistent à passer sous silence… En tout cas, le drame de Châteaubriant tiendra un rôle majeur dans cette tentative de réécriture de l'histoire, à partir d’une mémoire en quelque sorte rectifiée, adaptée… Pourtant le parti communiste n’a pas à rougir de son comportement pendant la guerre, et son rôle dans la Résistance de 1941 à 1944 lui fait particulièrement honneur. Il aurait bien pu se passer d’une telle instrumentalisation dont il ne sait visiblement trop que faire 60 ans après ...

 

Quant à la journée du 22 octobre dans les lycées, centrée sur la lecture de cette lettre si émouvante, n’est-ce pas d’une autre forme d’instrumentalisation qu’il s’agit ? C’est ce que redoutent nombre d’historiens et l’un d’eux, Jean-Pierre Rioux, craint, dans un récent article d’Ouest France que « cette lecture ne soit vécue comme un nouvel épisode du grand déballage compassionnel et du feuilleton victimaire dont nos sociétés se repaissent ». 

 

Confusion malsaine entre la mémoire et l’histoire ! La mémoire, constatons le au sujet de la douloureuse fin de Guy Môquet, isole un évènement de son contexte. Elle vise à le mettre en valeur pour lui même, alors que l’histoire tend à l’insérer dans un récit cohérent créateur de sens. C’est que la mémoire est inévitablement affective, et dans certains cas partisane, alors que l’histoire n’a d’autre vocation qu’à être rationalisante !

 

La montée des revendications mémorielles  ne s’oppose-t-elle pas à la nécessaire demande d’histoire ? N’y a-t-il pas comme un antagonisme entre l’histoire globale inscrite dans la longue durée et l’histoire-mémoire liée à un personnage, à un événement ? Alors, pour rendre hommage à Guy Môquet, peut-on raisonnablement se satisfaire d’une lecture partisane de l’Histoire, d’une histoire purgée de ses zones d’ombre. Le meilleur hommage à lui rendre n’est-il pas plutôt de rechercher la vérité ?

 

L’historien Jean-Pierre Azéma écrit dans la revue L’Histoire de septembre 2007 : « Sans doute l’histoire n’appartient-elle pas qu’aux historiens. Il est du rôle de la représentation nationale comme du président de la République de proposer, susciter commémorations et hommages, mais non d’édicter ce que l’on doit enseigner. Rappelons que, en juillet 1995, Jacques Chirac a fait repentance pour l’attitude de l’État, de la France, dans les déportations des Juifs de France ; c’était la parole du chef de l’État, elle comptait, ce n’était pourtant pas la vulgate et le texte eut d’autant plus de retentissement qu’il n’était assorti d’aucune obligation.

 

    « Son successeur ferait bien de méditer cet exemple. Beaucoup refusent l’idée de cette caporalisation mémorielle : une lettre lue dans tous les établissements scolaires, tous les ans, le même jour, sinon à la même heure ?, quasiment au garde-à-vous ? Laissons donc les enseignants organiser leur cours comme ils l’entendent et, s’ils font le choix de cette lettre, ils sauront la lire au bon moment, mise en perspective par les travaux qui l’éclairent. »

 

            Conseil de bon sens et de sagesse qui fait écho à ce qu’écrivait en juin 1920 Lucien Febvre, cofondateur avec Marc Bloch des Annales :

 

« Une histoire qui sert est une histoire serve » !

 

Octobre 2007                   Gérard Denecker, professeur honoraire, pupille de la nation

 

 

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Point de vue
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Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /2007 21:14

 


Ségolène reportage
Vidéo envoyée par segoleneparis
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Point de vue
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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /2007 19:54
Titre: Le désenchantment des "20 Euros", une fatalité ?
 
Je fais parties des nouveau adhérents à 20€ du PS. Nous serions près de 40.000 à ne pas avoir renouvelé notre adhésion, selon "Le Nouvel Obs" du 1er novembre.
 
Je ne suis pas surpris par un tel désenchantement. Beaucoup d'entre nous sont venus pour rénover ce parti dans ses méthodes ou ses dirigeants. Mais les égo des uns - les cadres ayan quitté le navire pour le gouvernement Sarkozy - ou les calculs des autres au plan local pour décourager les nouveaux ont fait le reste: la déception des nouveaux l'emporte et c'est ce qui était recherché.
 
Un cadre du parti ne disait-il pas autre chose dans "Le Monde" d'il y a un an lorsqu'il affirmait: "Comment le parti pourra-t-il vivre désormais avec 300.000 adhérents?". Bref les adhérents à 20€ étaient de trop: ils venaient perturber les jeux de pouvoir séculaires entre fabiusiens, strausskahniens, jospiniens, hollandiens... Les brûlots anti-Royal sortis ces derniers mois dans les librairies ont montré aux citoyens les bassesses de la politique: machisme, jalousie, complot.
 
Les nouveaux venus étaient et restent porteurs d'un idéal: rénover la gauche au délà du PS et en faire une organisation capable de gagner et non de se déchirer. L'exemple de la gauche italienne est à ce titre saisissant (ndlr: j'ajoute l'exemple grec plus récent).
 
J'ai envie de dire aux ex-adhérents à 20€ : "Réadhérez au PS" car l'échance du congrès de 2008 ne se fera qu'avec vous ou se fera sans vous.
 
Vous pouvez aussi travailler avec nous à la démocratie participative de demain auprès des comités locaux Désirs d'Avenir ou sur le site desirsdavenir.org. Personne ne sait ce que sera la gauche demain: une multitude de partis comme chez nous ? Une union comme en italie ? Une association avec le centre gauche ?
 
Venez construire avec nous la gauche de demain. Votre voix compte, la gauche et le pays en ont tant besoin.
 
Philippe VIDAL

NDLR : Cette lettre de Philippe Vidal, coordinateur DA dans le Gard a été publiée dans le Nouvel Obsevateur.
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Point de vue
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