Rénovation de la Gauche

Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /2007 23:53
CN-2306.jpg Les membres du Conseil National votant la Motion
(Les Militants PS du 92 reconnaîtront Pascal Buchet, Premier Fédéral au premier rang tout à gauche)

"Si vous voulez enterrer un problème, créez une commission !" Georges Clémenceau

Dans un désir de transparence, nous vous présentons ici le texte voté par le Conseil National du Parti Socialiste hier. Pour les non initiés, le Conseil National du Parti Socialiste est en quelque sorte son parlement interne. Ce Conseil National est issu de l’équilibre du Congrès de novembre 2005. Il est élu proportionnellement au score des motions votées par les militants. Il est donc légitime pour voter ce type de texte et ce calendrier.

 

            Deux visions s’affrontaient entre celle d’un Congrès rapide fin 2007 amorçant le travail de rénovation et celle d’un travail de réflexion sur un an avant le Congrès. C’est cette seconde méthode qui l’a emporté par l’unanimité des exprimés, moins 3 voix contre et une abstention.

 

            Rappelons qu’après la défaite de 2002 (faut-il le rappeler, élimination du candidat socialiste dés le premier tour), c’est le même type de calendrier qui avait été adopté et avait mené à ce que nous connaissons aujourd’hui : consensus mous pour ne froisser personne, pas de véritable analyse de la situation du PS et donc de l’échec de 2002, la catastrophe du référendum du 29 mai 2005 et pour finir, l’apothéose, la victoire idéologique en France du néo-libéralisme le plus dur avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République.

 

            Les quelques partisans de Ségolène Royal présents à ce Conseil National ont assisté à un « lynchage » en règle de l’ex-candidate. Au cours de ce grand moment de démocratie interne où il a été refusé aux militants de se prononcer eux-mêmes sur le calendrier choisi, on a entendu des gentillesses à l’égard de Ségolène Royal  comme "Nous sommes là pour contrer une tentative de putsch!" (Jean-Luc Mélenchon dont la propension à respecter le vote des militants et les procédures démocratiques du PS devraient lui faire tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler), "Le PS est une grande organisation qui ne sera pas prise d'assaut" (Pierre Mauroy qui a soutenu Ségolène Royal lors du scrutin interne et qui est bien placé pour savoir que telle n’a jamais été l’intention de Ségolène Royal. Pour mémoire, en 1972,  Pierre Mauroy a aidé un homme qui n’était même pas membre du PS trois jours avant à devenir Premier Secrétaire de ladite organisation –et personne avec le recul n’oserait dire qu’il a eu tort), "Aujourd'hui une personne nous manque" (Benoît Hamon), "Certains se projettent déjà en 2012, mais les Français ne vivent pas en 2012. Ils vivent en 2007" (Laurent Fabius… aurait-il enfin compris que le cycle d’Epinay touchait à sa fin).

 

            Le Conseil National du PS s’est trouvé une tête de turc responsable de tous les maux en Ségolène Royal.

            Le résultat du 6 mai dernier est le résultat d’une déficience collective. Je crois que les militants et les Français se fichent de savoir quel est le vilain ou la vilaine responsable à lui ou à elle toute seule de la défaite. Ils veulent savoir ce qui n’a pas marché, pourquoi ça n’a pas marché. Ils veulent un nouveau projet de société, un projet alternatif à la société du « chacun pour soi » de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, ils veulent le Socialisme moderne adapté au monde moderne.

 

            Ce Conseil National représente le plus bel exemple de politique politicienne telle que les militants nombreux qui ont soutenu et porté la candidature de Ségolène Royal ne veulent plus la voir.

 

            Cela dit, Ségolène Royal a dit la semaine dernière qu’elle consentait à ce que le Congrès ait lieu en 2008, « après tout, ça laisse le temps de la réflexion ».

 

            La rénovation nécessaire attendra donc l’an prochain.

 

            Personnellement, je me dois de vous dire que je n’avais pas encore d’opinion fixée entre Congrès anticipé (à condition que les Municipales ne le soient pas) et travail long de réflexion avant le Congrès de 2008.

 

            Le contenu de ce texte et surtout le fait que les membres du CN aient usé plus de calories à démonter une personne qu’à trouver des thèmes de réflexion (3 thèmes et rien sur l’écologie !) me pousse à croire que les militants, ceux de la base, ceux grâce à qui ces Messieurs et Dames du CN sont là où ils sont,  doivent être très vigilants à ce que ce travail mène quelque part, qu’on nous ne resserve pas les jolies synthèses des débats de 2002 dans lesquelles la parole militante a été soigneusement archivée sur une étagère et ne nous reconduise pas sur les mêmes écueils en 2012.

 

            Voici donc le texte voté par le Conseil National du Parti Socialiste, à vous de juger :


Les socialistes viennent de subir deux défaites successives. Elles sont honorables, mais lourdes de conséquences.

 

Lors de la présidentielle, nous avons, avec Ségolène Royal, franchi largement l’étape du 1er tour, mais nous avons échoué à 47 % au second tour.

 

Quant aux élections législatives, si notre Parti progresse en voix et en sièges par rapport à 2002 et si le résultat est largement supérieur à ce qui était annoncé, la majorité sortante est restée majoritaire.

 

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy –avec l’UMP- détient tous les pouvoirs nationaux pour 5 ans et la gauche sort –dans son ensemble- affaiblie.

 

Le Parti Socialiste lui-même doit tirer toutes les conclusions de ce cycle électoral et de ce qu’il a révélé. Il doit produire toutes les analyses nécessaires pour que nous ne soyons plus seulement considérés comme une protection contre la droite, mais comme une espérance pour le pays. Il doit revisiter son corps de doctrine, aborder franchement les sujets qui n’ont pas été suffisamment clarifiés, préciser ses réponses par rapport aux questions de la globalisation financière comme de la montée de l’individualisme et de l’urgence écologique. Sans rien perdre des valeurs qui fondent son identité, il doit définir le Socialisme du XXIème Siècle, en tirer les conclusions indispensables sur ses pratiques, son organisation et ses modes de décisions.

 

Dans le même temps, nous devons être une opposition utile, ferme dans la contestation, ouverte dans la proposition. Tel est le défi pour les 5 années à venir.

 

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Depuis 2002, le PS a progressé dans bien des domaines, mais il n’a pas gagné là où il était le plus attendu, c’est-à-dire en 2007. Ce n’est pas l’insuffisance des votes qui nous a handicapé (il y a eu deux congrès, un référendum interne et une primaire interne), mais le défaut d’une confrontation assumée et d’un travail collectif respecté.

 

Néanmoins, l’échec que nous venons de subir nous concerne tous. Nous devons collectivement avoir la lucidité de tout regarder : notre projet comme nos comportements et de prendre la mesure de ce que nous n’avons pas fait et de ce que nous avons mal fait.

 

Ce processus de réflexion et de rénovation doit être mené de manière rapide, audacieuse et sincère. Avec le souci de ne rien occulter de ce qui vient de se passer, mais avec la volonté de préparer ensemble l’avenir.

 

Nous devons comprendre les raisons de la victoire de la droite et les causes de notre défaite, saisir les mutations de notre société comme les évolutions des électorats selon les générations et les catégories sociales, pour construire politiquement et idéologiquement la réponse à apporter aux Français.

 

Aussi, nous proposons, sans plus attendre d’engager un travail autour de 3 objectifs :

 

• Aller le plus loin possible dans la redéfinition de nos orientations, afin d’ouvrir tous les choix possibles sur les questions les plus décisives pour les Français (emploi, pouvoir d’achat, retraites, sécurité…).

 

• Rénover nos procédures et revoir notre organisation. Notre démocratie est une richesse, elle ne doit pas servir à nous affaiblir. Nous devons améliorer notre fonctionnement et nos règles de délibération pour donner de la force à notre vision de la société et à nos positions communes.

 

• Tracer les nouvelles frontières de la gauche capables de construire un rassemblement majoritaire.

 

Ce processus doit impliquer directement les militants et permettre des décisions acceptées par tous à l’occasion de notre prochain Congrès, en tranchant sereinement entre nous les options qui peuvent nous séparer.

 

1. Le calendrier

 

De l’université d’été de La Rochelle aux assises de la Gauche

 

Dès l’université d’Eté de La Rochelle, le 31 Août 2007, nous ouvrirons la phase du diagnostic.

 

Ensuite, à partir du mois de septembre, trois forums seront ouverts sur :

 

a) Le socialisme dans la mondialisation : comment produire davantage de richesse et d’emplois ? Quelle politique économique possible pour renforcer la compétitivité et la croissance ? Quel rôle pour l’Etat ? Quelle place pour l’impôt et la redistribution ? Quelle dimension donner à l’impératif écologique ? Quel projet européen ?

 

b) L’avenir de la solidarité dans une société individualisée, un monde du travail fragmenté, et une espérance de vie plus longue : Quelle nouvelle relation du travail ? Quelle protection sociale ? Quelles solidarités urbaines ? Quel aménagement du territoire ?

 

c) La citoyenneté dans la Nation : Comment assurer la mobilité et la promotion pour chacun ? Comment lutter contre les discriminations ? Comment assurer le respect des règles, l’autorité de l’Etat et la sécurité ? Quelle politique d’immigration ?

 

Parallèlement, une Commission de la Rénovation sera mise en place pour élaborer une révision de nos procédures et de notre organisation, avec des mesures fortes pour atteindre nos objectifs en matière de parité, de diversité et de renouvellement. Ces conclusions serviront également à nos débats pour le prochain congrès.

 

Enfin, des Assises de la Gauche seront lancées –avec les formations politiques et les acteurs du mouvement social qui voudront s’y associer- pour réfléchir à la structure capable de nous faire travailler ensemble sur la législature en coordonnant notre opposition à la politique de la droite et en préparant les échéances électorales, à commencer par les élections municipales de mars 2008.

 

2. La méthode

 

La réflexion sera menée par des responsables qui incarneront le renouvellement et l’expérience. Nous confronterons nos réflexions, nos analyses, notre bilan, au regard extérieur : celui des intellectuels, des forces syndicales et associatives et des socialistes européens. Il nous faut chercher des réponses par des remises en cause fortes et des propositions largement nouvelles.

 

Elle associera, à toutes les étapes, les adhérents du Parti et sera l’occasion d’en accueillir de nouveaux. Elle se concluera par des Conventions qui acteront toutes les convergences possibles et marqueront les choix alternatifs que les militants auront à ratifier le moment venu.

 

3. Le Congrès ordinaire du Parti

 

Il se tiendra après les Municipales de 2008. Il portera, comme tous les congrès ordinaires, à la fois sur la ligne, la stratégie et le leadership. Mais il sera aussi extraordinaire, car il reprendra toutes les conclusions de nos débats.

 

Je propose qu’après le congrès de 2008, le prochain se tienne après la série des élections intermédiaires et locales de 2009 et 2010 (européennes, régionales et cantonales). Il déterminera les modalités de calendrier et de préparation des élections présidentielle et législatives de 2012.

 

D’ici là, nous avons à désigner nos candidates et candidats pour les élections municipales, cantonales et sénatoriales. Une Convention nationale ratifiera à la mi-décembre 2007 les votes des militants et adoptera le projet pour les municipales de 2008.

 

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**

 

Nous sommes devant l’obligation de changer. De mettre les idées avant les personnes ; d’éviter les surenchères et les faux consensus. Bref, « choisir », mais en préservant l’unité des socialistes.

 

Le premier changement commence surtout par un nouvel état d’esprit. Avant toute chose, nous devons nous respecter, respecter le Parti et ses décisions, respecter les militants, ses hommes et ses femmes dévoués, qui localement, là où la gauche est forte mais aussi là où la situation politique est plus difficile pour nous, portent nos idées les espoirs de nombreux Français.

 

Il n’y aura pas demain de victoire possible sans un grand Parti socialiste. Il doit s’ouvrir largement. Il doit porter des valeurs, des propositions susceptibles de structurer le débat et faire pleinement de la politique. C’est-à-dire de l’idéologie.

 

Nous affrontons une droite décomplexée et dont le Chef utilisera tous les moyens pour brouiller les pistes, confondre les enjeux, déstructurer la politique. En face, la gauche doit mettre de la clarté : dans les idées, les enjeux et les pratiques.

 

Cette proposition doit permettre au Parti Socialiste de franchir une nouvelle étape pour que nous soyons demain en capacité d’offrir aux Français une espérance.

 

Nous devons ouvrir un nouveau cycle. Il commence aujourd’hui. Ce n’est pas un calendrier, c’est un processus qui s’engage et dont le contenu permettra d’être au rendez-vous de 2012.

 

C’est dans cet esprit que je vous demande par un vote d’approuver cette démarche de mutation.

 

 

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Rénovation de la Gauche
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /2007 18:46

 


Ségolène 02
Vidéo envoyée par segoleneparis
Sur la place et le rôle de DA : «J’encourage Désirs d’avenir à continuer massivement à se réunir, à discuter, à débattre, y compris à faire le bilan de la campagne »
  • DA est un mouvement associatif qui doit se montrer créatif, inventif, novateur. Il n’y a pas opposition avec le PS et ses contributions seront mises à disposition du PS, à l’instar des analyses et travaux d’autres associations, cercles de réflexion ...
  • Notre trésor commun : au sein de DA il n'y a pas d'enjeux de pouvoir. C'est un lieu à l'abri des arrière-pensées, des luttes de pouvoir. C’est ce qui nous permet de travailler librement.
  • Les membres de Désirs d’avenir ne doivent pas hésiter à s’investir au sein du Parti socialiste, tout en respectant ceux qui font un autre choix
  • Il faut appeler les Françaises et les Français à nous rejoindre, à travailler avec nous car les citoyens progressistes doivent se saisir de l’enjeu de la rénovation de la gauche.
  • Ce qu’a prévu le comité parisien « pourrait servir de modèle pour l’ensemble des 700 comités Désirs d’avenir qui sont présents dans toute la France(1) »

Sur le fond : «Il s'agit de donner à la gauche « les couleurs de notre siècle » :
  • Le réalisme ne s'oppose pas à la « radicalité vraie », celle qui s'attaque à
  • la racine des problèmes pour les régler concrètement ;
  • L'individu est la mesure de toute chose (J Jaurès),  mais l’individu ne signifie pas l’individualisme ;
  • La liberté individuelle ne s'oppose pas aux pratiques collectives (ces dernières apportent un surcroît de liberté pour construire sa vie et la choisir) ;
  • La sécurité est la condition pour que s'exprime un goût du risque et de 'effort.
  • Une actualisation hardie de la gauche socialiste est bien autre chose que l'actualisation de la social-démocratie des années 50

Nos échéances : Une AG, un programme de travail sur le thème “Quelle gauche voulons-nous ?”
  • Une AG de Désirs d’avenir est prévue après l’été.
  • Une première étape dans les contributions aura lieu à la fin d’octobre

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Rénovation de la Gauche
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /2007 18:50

Les Français n’ont pas voulu que la gauche disparaisse. Lors du second tour des élections législatives, ils ont été des millions à nous donner encore une chance. 

 

Ce sursaut ne peut toutefois en rien dissimuler l’ampleur de la tâche exigée de notre parti. Son potentiel est immense, ses adhérents plus nombreux que jamais et pourtant, l’immobilisme demeure la tentation dominante. Riche de multiples talents, de plusieurs générations de militants et d’élus, le Parti du mouvement ne doit pas devenir aujourd’hui une machine à broyer les énergies neuves, comme l’issue du dernier Conseil national, plus que décevant, peut le laisser craindre. 

 

Pour combattre les idées claires de la droite dure, le PS ne saurait se contenter d’idées floues, de vieilles recettes. Pour mener une opposition combative, l’emporter aux élections locales en 2008 et 2010 et gagner en 2012, notre Parti n’a d’autres choix que d’engager une transformation profonde, une rénovation exigeante et sincère. Disons le tout net : le processus proposé par la direction n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Il constitue la réplique pure et simple de la méthode déjà proposée en 2002. Comment dans ces conditions empêcher que 2012 ne connaisse les mêmes funestes résultats que 2007 ? 

 

C’est d’un changement beaucoup plus radical et beaucoup plus profond que nous avons besoin ! Et si cette exigence a été différée, elle finira pas s’imposer. La condition en est simple : que toutes celles et tous ceux qui en ont assez des querelles de personnes, des luttes de clans et des ambitions présidentielles se rassemblent, non pour fonder un énième courant ou une énième sensibilité, mais pour ouvrir un dialogue franc, approfondi, sans tabou ni a priori, sur les causes de nos défaites et sur les moyens d’y répondre ; que toutes celles et tous ceux qui veulent d’abord répondre à la crise des idées, rebâtir un projet, réinventer un parti et une gauche modernes, oublient leurs différends, tirent partie de leurs désaccords, inventent un nouvel espace politique … Venant d’horizons différents, assumant nos itinéraires, mais soucieux de leur confrontation créative, nous prenons nos responsabilités en décidant de travailler ensemble. A la différence de ceux qui s’expriment en fonction d’intérêts trop visibles ou d’ambitions trop prévisibles, nous annonçons aujourd’hui notre volonté d’entamer au service de la Gauche et du Parti socialiste, sans leader ni présupposés, un véritable travail de rénovation, sans lequel l’avenir du Parti socialiste serait déjà écrit. 

 

Nous invitons celles et ceux sui se reconnaissent dans cette démarche à un premier rendez-vous, le vendredi 20 juillet 2007 à Evry. 

Signataires : Patricia Adam, Patrick Bloche, Christophe Caresche, Guillaume Garot, Louis Gautier, Jean-Patrick Gille, Gaëtan Gorce, Christophe Masse, Arnaud Montebourg, Pierre-Alain Muet, Christian Paul, Gilbert Roger, Marisol Touraine, Manuel Valls, Philippe Vuilque. 

 

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Rénovation de la Gauche
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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /2007 11:05
Nous publions ici l'appel de DA 64. Ceci ne signifie pas une approbation ou une désaprobation du Comité de Montrouge mais notre souhait que le débat soit ouvert.


Le Parti Socialiste est en train de subir le plus pervers revers de son fonctionnement collégial. Notre Premier Secrétaire, (pour lequel  j’ai au demeurant beaucoup d’affection et à qui je suis reconnaissant de son engagement), devrait comprendre aujourd’hui qu’il doit se retirer. Son départ, acceptable et compris de tous, après dix ans de bons et loyaux services, redonnera au Parti la bouffée d’oxygène nécessaire à sa relance. Au lieu de cela, s’entêtant dans je ne sais quel douteux dessein, François HOLLANDE nous maintient la tête sous l’eau. De sorte que le plus grand Parti de Gauche, sclérosé par ce fâcheux entêtement, perd peu à peu sa crédibilité et pire altère dangereusement sa vocation politique. Je ne souhaite pas ici me livrer à quelques alambiquées analyses visant à comprendre l’immobilisme de notre direction nationale.. Par contre, avec humilité mais détermination, j’appelle toutes celles et tous ceux, militant(e)s ou non, DESIR. EUX(SE) S de participer à la refondation moderne de notre parti à se retrouver à MELLE autour de Ségolène le 25 AOUT. Ensemble nous pourrions REMETTRE  à notre candidate une revendication émanant de tous les coins de France appelant le PARTI à se remettre en question, invitant François HOLLANDE à la démission et proposant un congrès anticipé. Ségolène ROYAL serait alors notre ambassadrice auprès de la direction nationale pour FAIRE ENTENDRE LA PAROLE MILITANTE. Cette proposition de démarche n’est pas motivée par l’impatience. Mais rendons-nous à la raison. En restant immobiles jusqu’après les municipales, nous courrons le risque de voir la droite mais aussi d’autres petits partis de gauche rebondir sur nos faiblesses. La principale de ces faiblesses étant les querelles de chapelle, dont les Françaises & les Français  sont plus que rassasiés. A mon sens, il appartient  aux gens de D.A, dans nos sections respectives, mais également au-delà,  de recueillir un maximum de signatures d’adhérent(e)s & sympathisant(e )s abondant dans le sens d’une volonté de CHANGEMENT DE DIRECTION DESIGNEE PAR LES MILITANT(E ) S à l’occasion d’un CONGRES ANTICIPE. Je propose donc que d’ici au 10 août nous rédigions ensemble un texte exigeant que la direction prenne en considération LA PAROLE MILITANTE. Texte que nous devons argumenter collectivement, par amendements, jusqu’à une élaboration définitive avec l’assentiment de tous et que nous  adresserons à Ségolène ROYAL lors de la fête de la rose de MELLE. Attendu que je soumets ici une idée, il m’appartient d’en bâtir l’architecture afin de vous la soumettre à critiques et corrections. En voici dont  les principales lignes.

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LE PARTI APPARTIENT AUX MILITANT(E) S

 

1-   Considérant le bilan des dernières élections, Présidentielles et Législatives, nous estimons que la direction du PARTI doit assumer la défaite et en tirer les conséquences qui s’imposent.

2-   Parmi ces conséquences, est, la remise en question de la Légitimité de la Direction Nationale.

3-   Nous estimons que cette légitimité doit être soumise au vote militant  et demandons à ce que la direction organise un Congrès Extraordinaire dès Octobre 2007 à cet effet.

4- Ce congrès devra-être celui de la rénovation

5-   Nous demandons à ce que la logique des courants soit abandonnée au profit de celle de l’Unité de l’appareil.

6-   Nous considérons qu’il serait suicidaire ou du moins fortement imprudent d’aborder les échéances municipales et cantonales sans avoir préalablement offert aux Français(e) s les bases de notre refondation.

 

Afin de coordonner et centraliser l’ensemble des amendements pour obtenir un texte définitif je propose la boite mail desirsdavenir64@voila.fr . Toutefois si une autre boîte mails est disponible j’avoue que cela m’arrangerait.

Merci à toutes et tous de votre attention. Espérant que l’idée poursuivra son chemin et aboutira à MELLE sur une proposition concrète, fédératrice et entendue par notre Direction.

Pour D.A.64.CO



 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Rénovation de la Gauche
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Dimanche 16 décembre 2007 7 16 /12 /2007 09:08
La mondialisation est un fait : c’est la mise en relation croissante de tous avec tous. Elle s’accélère mais ne date pas d’aujourd’hui. Cette dynamique d’extension des échanges planétaires et d’évolution permanente de la division internationale du travail est, depuis l’origine, inscrite dans le logiciel des temps modernes. À cause du développement des moyens de communication, des bateaux des conquistadors aux réseaux Internet d’aujourd’hui. Et à cause de l’irrépressible propension de l’économie de marché à ce que Marx appelait l’« universalisation », non sans une certaine admiration pour cette prodigieuse quoique cruelle et aveugle vitalité. L’actuelle globalisation financière n’est qu’une étape supplémentaire de ce processus au long cours qui porte dans ses flancs le pire et le meilleur, selon ce que nous saurons en faire. Le pire : la prédation généralisée, la concurrence sauvage, les délocalisations brutales au Nord et la surexploitation des salariés au Sud, la loi du plus fort et du seul profit. Mais aussi le meilleur : de nouvelles chances de développement, des moyens de faire reculer la pauvreté, une interdépendance de fait des économies qui rend possible et même vitale la solidarité des nations car nul, à terme, ne s’en sortira sans les autres et encore moins contre les autres.

La mondialisation scelle, sur le fond, une communauté de destin : toute la question est de savoir si nous saurons en faire un dessein commun. On en est encore loin. En soi, la mondialisation n’est ni bonne ni mauvaise : c’est le contexte dans lequel nous vivons et agissons. Elle n’est ni forcément heureuse ni inéluctablement malheureuse : c’est un mélange de contraintes, dont il faut tenir compte pour être efficace et se protéger là où c’est nécessaire, et d’occasions qu’il faut savoir saisir et orienter dans le sens du bien commun.

Ce que je crois, c’est qu’il n’y a pas de fatalité de la mondialisation qui ne laisserait aucune latitude stratégique aux entreprises et condamnerait les pouvoirs publics à l’impuissance. Cet alibi des partisans du laisser faire ne résiste pas à l’examen.

Une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts Insitute of Technologie), conduite par Susan Berger, a fait pendant cinq ans une passionnante enquête sur les stratégies des entreprises dans la mondialisation, en Europe, en Amérique et en Asie. Elle montre que, pour un même type de produits, des entreprises également profitables font des choix différents : les unes sous-traitent dans les pays à bas salaires la quasi-totalité de leur production, les autres pas car la compétitivité ne se réduit jamais au coût du travail mais résulte d’un ensemble plus complexe de facteurs. La mondialisation n’explique pas pourquoi Zara, la firme qui connaît en Europe la croissance la plus rapide, continue à fabriquer en Espagne et au Portugal. Elle n’explique pas davantage pourquoi les fabricants de lunettes de Taïwan et de Hong Kong ont délocalisé leur production en Chine mais pas les lunetiers italiens spécialisés dans les montures haut de gamme – représentant 25 % du marché mondial – qui continuent à fabriquer dans des usines de Vénétie où les salaires ne sont pourtant pas alignés sur ceux des ouvriers chinois. Aux chefs d’entreprise qui estiment ne pas pouvoir survivre avec un niveau de salaires à l’européenne, d’autres prouvent, dans le même secteur, que c’est possible. À condition d’innover, de rester en phase avec les goûts évolutifs de la clientèle et de tirer intelligemment parti de ses atouts.

C’est ce qu’a fait Geox, un des plus gros succès italiens dans la période récente. Il a créé dans une région traditionnellement consacrée à la chaussure et considérée par beaucoup comme un « désavantage compétitif », un produit innovant aujourd’hui vendu dans le monde entier : « la chaussure qui respire », grâce à une semelle qui laisse la transpiration s’échapper. Geox a su profiter de l’expérience accumulée localement par une main-d’œuvre expérimentée et créative. Au fil d’un développement très rapide, l’entreprise a certes orienté une partie de ses fabrications vers la Roumanie et l’Asie mais elle a en même temps développé l’emploi qualifié en Italie où sont concentrés la recherche-développement, le design, la logistique et la gestion.

Il n’y a donc pas, du côté des entreprises, de scénario unique auquel forcerait la mondialisation. Raison de plus pour que les pouvoirs publics ne baissent pas les bras et favorisent au contraire tout ce qui fait l’attrait d’un territoire pour une entreprise : le niveau de formation, la qualité des infrastructures, les réseaux et les possibilités de coopération, l’environnement scientifique et technologique, sans oublier les services publics.

La mauvaise mondialisation, c’est la mondialisation subie, mal comprise, mal accompagnée, celle où la puissance publique renonce à exercer ses responsabilités. C’est celle où tous les coups sont permis, où les égoïsmes à court terme accentuent les inégalités, les ressentiments et les insécurités. La bonne mondialisation, c’est celle qu’encadrent des règles du jeu équitables avec, à l’échelle nationale et internationale, des pouvoirs publics capables de les faire respecter dans l’intérêt bien compris de tous.

C’est tout l’enjeu de la période actuelle où le politique doit rattraper son retard sur l’économique qui tend à dicter sa loi. Le monde a profondément changé. Les nations émergentes – émergées, devrait-on plutôt dire – rebattent les cartes de la concurrence mondiale. De nouveaux rapports de force s’affirment. Il faut à ce monde-là de nouvelles règles, de nouvelles sécurités pour que la mondialisation ne soit pas, à court terme, une course destructrice au profit mais une chance de progrès partagé. C’est, pour moi, tout le rôle de l’État et tout le sens du projet européen tel que je le conçois.

Maîtriser la mondialisation pour l’orienter dans le bon sens, c’est, j’en conviens, une œuvre de longue haleine. La bonne mondialisation, c’est celle qui introduira dans les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le respect de normes sociales et environnementales, celle qui réformera le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain, celle qui mettra en place une taxe sur les flux financiers, celle qui créera une organisation mondiale de l’environnement et promouvra l’idée d’une Politique agricole commune (PAC) mondiale pour organiser les marchés de manière plus juste et donner une vraie chance à l’agriculture des pays en développement. Je ne sais pas à quel rythme nous y parviendrons, je ne sais pas si l’histoire connaîtra une de ces brusques accélérations dont elle a le secret ou si l’humanité, souvent peu capable de réformer à froid, différera longtemps encore les décisions nécessaires. Mais j’ai une certitude que nous sommes nombreux à partager : il n’est pas d’autre direction à suivre que de peser de toutes nos forces pour l’avènement d’un ordre international juste et des outils qui lui sont nécessaires.



Pages extraites de Maintenant, Ségolène Royal, 2007
 
Signature Ségolène Royal
 
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Rénovation de la Gauche - Communauté : Rénovation Socialiste
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