Carnet de Chine

Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /2007 23:54
ApostropheLes quatre thèmes majeurs de mon voyage en Chine sont le développement économique et les délocalisations ; l'environnement ; la situation des femmes ; les droits humains.

J'ai réaffirmé ces priorités, dès le premier jour de mon séjour à Pékin.

Je parle avec franchise, sans donner de leçons mais sans cacher certains interrogations sur la Chine.

Le responsable des relations internationales du parti communiste chinois, M . Zhang Zhijun nous a accueillis et a guidé notre délégation jusqu'à la résidence des hôtes de la Chine, puis jusqu'à la Grande Muraille.

"Qui ne connaît pas la grande Muraille n'est pas un brave"....

Nous avons visité les chantiers de construction du stade (Bird Nest) et de la piscine olympiques. Nous avons ressenti la détermination des Chinois à être prêts pour l'ouverture des Jeux Olympiques, à l'été 2008.

Les regards du monde seront tournés vers Pékin : la communauté internationale apprécierait que l'occasion des Jeux Olympiques soit propice à des avancées pour les libertés publiques, notamment pour les avocats et journalistes emprisonnés, mais aussi pour les droits des travailleurs chinois.

Pour le monde, ce sera l'occasion de saluer le développement et le dynamisme économiques de la Chine mais aussi de l'inciter à faire confiance à son peuple.

Des avancées ont d'ores et déjà été obtenues, dont je me félicite : ainsi les journalistes étrangers n'ont plus besoin de demander des autorisations pour aller faire des reportages dans les campagnes chinoises désormais, et ce jusqu'à octobre 2008.

Sur la question environnementale, la prise de conscience est là.

Ce soir, lors du dîner offert à l'ambassade en l'honneur de la délégation française, j'ai pu rencontrer le Ministre chinois de l'environnement, M. PAN Yue à ma demande, et de façon inédite en Chine pour un dirigeant occidental.

C'est extrêmement important à mes yeux car, aujourd'hui, les questions de changement climatique sont aussi des questions géostratégiques.

Les négociations internationales sur la lutte contre le réchauffement seront une partie essentielle de l'activité diplomatique des prochaines années, car il y va de l'avenir et de la sécurité de l'humanité entière.

J'ai abordé ces sujets avec M. PAN Yue en qui j'ai trouvé une oreille attentive et amicale.

C'est là, pour moi, une rencontre extrêmement enrichissante et prometteuse pour l'avenir. M. PAN Yue est un homme d'une grande sensibilité et de haute culture politique. Son intérêt pour l'environnement est profond.

Les questions environnementales conditionnent le développement économique de la Chine, la santé de ses habitants, durement touchés par les pollutions, mais aussi la santé et l'économie de l'ensemble de la planète.

Il est donc de notre responsabilité collective de travailler avec la Chine à l'évolution de nos modes de consommation et de production.

Je rencontrerai demain des organisations non gouvernementales de protection de l'environnement pour évoquer avec elles l'impact des actions citoyennes et les évolutions des pratiques de défense de l'environnement dans la Chine d'aujourd'hui.

Contre le dérèglement du climat, contre la pollution et les risques sanitaires, nul ne peut agir efficacement sans les autres. Voilà pourquoi j'attache tant de prix à la coopération des nations. Voilà aussi pourquoi, en France et dans le monde, je crois à la complémentarité des politiques publiques, de la responsabilité des entreprises et de la mobilisation des citoyens.

Bien amicalement à vous,
 
Apostrophe
Signature Ségolène Royal
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Carnet de Chine
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Mardi 9 janvier 2007 2 09 /01 /2007 07:44

 

Ségolène Royal et le N°5 Chinois

ApostropheIl s'agissait de M. JUN Ma, ancien journaliste, grand spécialiste des pollutions de l'eau en Chine, fondateur d'un "Centre de Recherches pour l'Information des Citoyens sur l'Environnement", qui sera présent à Paris à la conférence du GIEC fin janvier, et de M. PANG Cheung Sze, directeur de Greenpeace en Chine, à Pékin.

Les bureaux de leurs deux ONG sont installés à Pékin depuis quelque temps, Pour influer sur les politiques publiques des autorités chinoises.

Si la Chine se préoccupe depuis quelques années des dégâts sur l'environnement causés par son développement accéléré, – les études de la Banque Mondiale ayant montré que les atteintes à l'environnement avaient un coût économique croissant, 8% du PNB en 1997 et jusqu'à 15% en 2003 selon l'Agence de l'Environnement SEPA - des progrès doivent être encore réalisés.

Face aux carences des pouvoirs locaux dans les provinces et à l'absence d'instance de contrôle efficace sur l'application des normes, les autorités ont été amenées à reconnaître le rôle crucial des ONG, leur accordant du même coup, pour celles qui traitent d'environnement, des marges de manœuvre pour leurs activités.

Cette tolérance étant néanmoins toujours fragile, j'ai instamment demandé à les rencontrer aussi bien pour leur témoigner de mon soutien appuyé que pour les écouter rendre compte des problèmes particulièrement aigüs et protéiformes de la Chine en la matière.

La préoccupation environnementale étant profondément liée à l'absence de transparence de l'information, notamment en matière de santé publique, à l'instar de ce qui se passe généralement lors des accidents industriels (je garde en mémoire l'épisode terrible de la pollution très grave de la rivière Songhua jusqu'au fleuve Amour à la fin de l'année 2005), la question du développement durable en Chine est profondément liée à la question des droits de l'Homme et de la démocratie. Le concept de défense des droits humains permet d'englober ces différents aspects.

Au sein de l'opinion publique chinoise, j'ai pu constater que la prise de conscience de l'impact grave de la croissance économique sur la dégradation de l'environnement et sur la santé de la population et des travailleurs chinois va croissant.

C'est l'une des explications au développement de près de 2700 ONG environnementales aujourd'hui en Chine, une autre explication étant l'aspiration du peuple chinois à prendre en main son avenir par la citoyenneté.

La France doit demeurer un repère incontournable des jeunes Chinois d'aujourd'hui. Et je souhaite que le chinois soit mieux enseigné en France.

Lors de toutes mes visites et rencontres, je garde constamment à l'esprit l'exigence de comprendre et d'agir ce qui, dans le monde globalisé d'aujourd'hui, peut permettre à la France de porter le flambeau de la modernité.

A titre d'exemple, mais d'exemple important, l'un des moyens de lutter contre les délocalisations est bien d'exiger que les normes environnementales soient appliquées partout dans le monde, sans avoir besoin pour cela d'attendre la création d'une future Organisation Mondiale de l'Environnement (dont je soutiens le principe) mais en s'appuyant sur principe de droit international pollueur-payeur, y compris aux multinationales.

Celles-ci s'autorisent en effet bien trop souvent à déroger aux normes environnementales et sociales dans les pays en développement, notamment en Chine, en tirant parti des carences dans l'application de ces législations.

Je mé félicite des contacts précieux et des informations inédites que j'ai pu obtenir sur ces sujets. Je suis la première responsable occidentale à demander des rencontres officielles pour aborder le développement de la Chine à l'aune du développement durable, qui est pourtant une question éminemment politique et géostratégique, mais qui aura aussi un impact marquant sur nos économies. C'est le symbole d'une nouvelle ère dans les relations internationales, en direction d'un ordre international juste.



J'ai ensuite eu hier deux rencontres officielles avec deux hauts responsables du Parti Communiste Chinois, M. M WANG Jiarui, Directeur du Département international de liaison du PCC (de rang ministériel pour les questions internationales) et M. TANG Jiaxuan, "Conseiller d'Etat" chargé des relations internationales .

J'ai poursuivi sur la voie que je m'étais tracée : celle de la franchise et de l'opiniâtreté respectueuse. Mes entretiens ont donc été francs et précis.

Je souhaitais m'exprimer sur l'Europe et la Chine.

L'intérêt ici pour l'Europe est omniprésent : la vision géopolitique de la Chine repose sur un rôle déterminant de l'Union européenne dans la constitution d'un monde multipolaire.

Ma position sur l'Europe était de faire part de ma volonté que la France revienne à la table de l'Europe et que nos institutions soient réformées pour pouvoir fonctionner à 27.

J'ai choisi une approche globale sur les conséquences du développement économique de la Chine. Le développement de la Chine peut être un atout si nous oeuvrons à maîtriser les délocalisations dont notre économie est victime. Demain la visite au laboratoire de recherche de France Télécom me permettra d'apprécier comment une entreprise française gère son implantation en Chine.

Je suis fortement préoccupée par la question du déficit de la balance commerciale de 15 milliards au profit de la Chine sur la France. C'est un point d'achoppement incontournable, sur lequel il était nécessaire de se montrer clair et ferme auprès de mes interlocuteurs.

La prochaine Présidence devra travailler avec obstination afin de rétablir l'équilibre des échanges bilatéraux.

Nous avons échangé sur la nécessité pour la Chine de progresser dans l'application des normes sociales et environnementales, qui sont intrinsèquement liées à la question des droits de l'homme. Aujourd'hui les droits sociaux et environnementaux font partie des droits humains. Le 11 e Plan quinquennal chinois insiste sur le développement harmonieux, et ses orientations en direction de l'économie circulaire (que nous appelons en France l'écologie industrielle) et du "PIB Vert" méritent d'être encouragées.

L'articulation entre l'environnement et le développement économique, avec la participation des citoyens, qui est d'ailleurs entré dans une législation chinoise en 2004, porte en soi une exigence de transparence. Toute marche en avant sur les questions d'environnement est ainsi une marche en avant sur la démocratie car la préservation de l'environnement ne peut se faire sans information ou sans participation des citoyens.

La question de l'Afrique, qui m'importe au plus haut point, a été soulevée à cette ocasion : j'ai rappelé que si l'on impose à l'Afrique notre mode de développement fondé sur la seule croissance du PIB, elle ne pourra sortir de l'impasse. Les pays industrialisés d'Europe et d'Asie doivent aussi intégrer les aspects environnementaux et sociaux au sein de toutes leurs politiques pour éviter de creuser le fossé avec les pays les plus pauvres. Le développement économique de la Chine est une bonne chose. Nous ne devons pas nous inquiéter qu'un continent, la Chine se développe, mais nous devons nous inquiéter qu'un continent, l'Afrique, ne se développe pas.

En ce qui concerne le chapitre économique, j'ai conclu en insistant sur le fait que les normes de droit international doivent être rapidement introduites dans le fonctionnement de l'économie chinoise : ainsi le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, qui était un préalable à l'adhésion de la Chine à l'OMC, a été signé mais n'est toujours pas ratifié.

Monsieur WANG Jiarui m'a alors répondu que l'Assemblée Nationale Populaire travaillait à sa ratification.

Nous avons évoqué le sujet extrêmement sensible de Taiwan : Pékin est l'unique interlocuteur officiel de la France. J'ai formé le souhait que la question puisse être traitée par le dialogue des deux côtés du détroit.

La question iranienne a été longuement discutée au cours des deux entretiens. La Chine a rappelé les positions qu'elle a prises à l'ONU contre la prolifération. J'ai exposé ma position qui est également guidée par l'exigence de non prolifération.

 
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Signature Ségolène Royal
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Carnet de Chine
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Mercredi 10 janvier 2007 3 10 /01 /2007 18:49
ApostropheLundi, au début de la matinée, j'ai demandé à deux membres de ma délégation qui me sont proches – l'avocat Jean-Pierre Mignard, qui a défendu une centaine d'étudiants de Tian Anmen, et le député Bruno Le Roux, vice-président du Groupe d'amitié France-Chine à l'Assemblée nationale, de porter en mon nom deux lettres où j'exprimais mon inquiétude sur deux avocats et trois journalistes dont le sort est particulièrement inquiétant aujourd'hui.

Gao Zisheng, a été condamné, et sa licence d'avocat retirée.

Chen Guangchong, juriste, aveugle de naissance, a été condamné à une peine d'emprisonnement et il serait encore détenu.

Zhao Yan , journaliste.

Ching Cheong, journaliste.

Yang Zihi , journaliste.

De nombreuses organisations internationales et le Parlement Européen à l'unanimité ont marqué leur inquiétude et leur solidarité avec ces personnalités entravées.

Bruno Le Roux et Jean-Pierre Mignard se sont donc rendus au siège de l'Association nationale des journalistes chinois, où, d'après leur compte-rendu, ils ont pu longuement s'entretenir avec les responsables en leur exposant les motifs de mon inquiétude, puis au siège de l'association nationale des Avocats.

Ces démarches me tiennent particulièrement à cœur, elles sont au principe de notre volonté de nous engager pour la démocratie, et je souhaite la simultanéité entre la ratification par la France du traité d'extradition franco chinois qui vient d'être signé et la ratification par la Chine du pacte international des droits civils et politiques de 1966 que la Chine a signé et promis de ratifier à l'occasion de son admission à l'OMC.

Dans la préparation de mon voyage, j'avais d'ailleurs, dans le même esprit de soutien à ceux qui sont ou qui ont été victimes de poursuites, demandé à rencontrer le grand écrivain français d'origine chinoise Gao Xinjian, Prix Nobel de Littérature.



Au programme ensuite, un débat avec les étudiants à l'Institut de Diplomatie de Pékin. Il ne s'agissait pas d'une visite de tourisme, mais bien d'une nécessité pour moi de m'informer sur les formations dispensées aux futurs diplomates. Force est de constater qu'en matière d'enseignement des langues, la France a du retard. Ce retard, déploré en vain depuis tant d'années, doit être comblé à l'occasion de la prochaine Présidence.

Là, encore, assez d'incantations : il faut agir.

De nombreuses étudiantes extrêmement brillantes, et parlant un français remarquable, étaient réunies pour échanger avec moi. Elles sont les élèves de l'Institut et se préparent à la carrière de diplomates.

Je réitère mon engagement, avec les trois Présidents de Région qui m'accompagnent, Jean-Jacques Queyranne, de Rhône-Alpes, Jacques Auxiette, des Pays de la Loire, Jean-Yves Le Driant, de Bretagne, pour que le chinois soit enseigné dans les lycées français de manière plus répandue, notamment grâce à l'aide des régions.

Le travail de l'Ambassade en direction des échanges d'étudiants mérite d'être souligné, mais il doit être soutenu plus fortement encore.

Je veux aussi que les échanges entre étudiants chinois et français soient facilités, et multipliés. Pour le moment, il y a trop peu d'étudiants chinois accueillis en France : je souhaite que les coopérations universitaires se multiplient et je ferai tout pour y parvenir.

Après la jeunesse, la recherche doit être une priorité. En fin de matinée, avait été organisée une conférence au sein des laboratoires de France Télécom Pékin. J'ai profité de ce moment où étaient réunis de nombreux cadres industriels pour les soumettre à une batterie de questions sur les délocalisations, la délocalisation de R&D, les transferts de technologies et les brevets, la propriété intellectuelle en général.

Nous entamions une série d'entretiens officiels tous cruciaux : le premier avec DAI Bingguo le vice-Ministre des Affaires étrangères, l'autre avec M. Zeng Qinhong, vice-Président de la République Populaire de Chine et membre du comité permanent du bureau du PCC, enfin avec M. BO Xilai, Ministre du Commerce.

L'entretien le plus essentiel et le plus impressionnant était celui avec le vice-Président, sans conteste l'un des piliers du Comité central.

Il y avait un problème majeur, celui du déficit de la balance commerciale, en matière économique. Pourtant, plusieurs domaines d'activités peuvent s'ouvrir à la France, les services à l'environnement notamment.

Enfin, pour clore la journée, deux rencontres passionnantes m'ont amenée à rencontrer les Français expatriés en Chine et les entreprises françaises qui réussissent en Chine.

Mardi, nous aurons encore un rendez-vous officiel important et une rencontre avec des femmes chinoises dynamiques, entrepreneuses ; avant de décoller pour Paris.
 
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Signature Ségolène Royal
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Carnet de Chine
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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 14:08

ApostropheRencontre avec M. Zeng Qinghong, vice-Président de la République, Membre du Comité permanent du Bureau Politique du PCC

La rencontre a lieu dans le bâtiment imposant de l'Assemblée Nationale Populaire.

Après les présentations d'usage, le vice-Président aborde très vite la question de Taïwan, sur laquelle la position de la France est constante. C'est un incontournable pour mes interlocuteurs, qui accordent une place essentielle à cette question dans leurs relations avec les autres pays. Sans assurance de la pérennité de la position française, aucune discussion ne serait plus possible.

Je reviens ensuite à la visite de la matinée auprès de l'Institut de Diplomatie, en précisant le rôle des trois Présidents de Régions qui m'accompagnent, Jean-Jacques Queyranne, Jean-Yves Le Driant, Jacques Auxiette. C'est par l'intermédiaire des Régions, auxquelles je souhaite donner plus de poids encore à l'avenir, que peuvent se renforcer les liens entre les étudiants chinois et français. Les Présidents de Région qui m'accompagnent sont prêts à engager des coopérations pour accueillir plus d'étudiants chinois, si ceux-ci bénéficient de bourses de leur gouvernement. Je suis persuadée que c'est grâce à sa jeunesse, en facilitant la formation et l'ouverture au monde de celle-ci, que la Chine pourra évoluer.

Je réitère également mon ambition de développer davantage l'apprentissage du Chinois dans les lycées français."C'est pour la jeune génération que nous essayons de penser un monde meilleur. Ils ont un regard différent sur le monde, il faut les y associer."

En félicitant le vice-Président chinois pour l'état d'avancement et l'architecture des équipements des JO 2008, j'ai abordé la question de l'environnement.

Il y a là des filières de développement économique sur lesquelles je souhaiterais renforcer les coopérations avec la Chine. Car c'est un gisement d'emplois fécond, sur lequel les entreprises françaises sont en pointe. Véolia travaille ainsi pour améliorer l'efficacité énergétique des centrales thermiques, mais aussi sur l'eau.

En revanche, je ne tolérerai pas que des entreprises françaises, notamment l'une d'entre elles, qui m'a été signalée, se permette de ne pas respecter les normes environnementales de rejet de particules dans l'atmosphère.

Le vice-Président m'a marqué son intérêt pour renforcer les coopérations en donnant davantage de bourses. Il a rappelé que les années croisées Chine-France avaient été très importantes pour les échanges culturels entre les deux pays.

Vient le moment d'aborder la question des risques de délocalisations, qui inquiètent les travailleurs français. Même si la Chine n'est responsable que d'une petite part des suppressions d'emplois, les risques de délocalisations concernent aussi la recherche et font craindre que notre avantage comparatif s'étiole.

Or, il faut s'attaquer au chômage de manière très volontariste, de crainte de voir émerger des tentations protectionnistes en Europe.

C'est ce que j'ai dit à M. Zeng Qinghong : nous devons trouver les moyens d'assurer une coopération économique qui rentre dans une logique du gagnant-gagnant, même si certaines délocalisations sont inévitables, on peut s'y préparer.

L'une des voies possibles est l'investissement commun entre la France et la Chine dans des laboratoires de recherche qui permettent de créer ensuite des emplois en France et en Chine, notamment dans les domaines de la santé, de l'environnement et des technologies de l'information.

Il faut trouver un juste équilibre entre le transfert total de technologies qui n'est pas acceptable pour nous et le refus total du transfert technologique qui n'est pas acceptable pour la Chine.Si nous réussissons à l'anticiper, nous pourrons construire des initiatives très positives et compenser les pertes d'emplois industriels générés par les délocalisations.Contrairement aux apparences, la Chine a des préoccupations proches de celles de la France la question de l'emploi. Chaque année, 10 millions de nouveaux demandeurs d'emplois arrivent sur le marché du travail, et, dans les campagnes, 100 millions de paysans voudraient trouver un emploi.

Le volume des échanges commerciaux entre nos deux pays connaît chaque année une croissance de plus de 10%. Le problème est le déséquilibre de ce commerce.

Je ne voulais pas terminer la conversation sans évoquer notre position sur l'embargo, qui est une sollicitation constante des dirigeants chinois. J'ai rappelé que l'embargo a été décidé suite aux événements de 1989 et que la France veut construire une politique européenne étrangère et de défense communes.

Pour conclure, le vice-Président a évoqué à la fin de notre conversation le souvenir de la visite de François Mitterrand en 1981 en Chine, pendant dix jours, après son investiture comme candidat du parti socialiste.

 
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Signature Ségolène Royal

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Carnet de Chine
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