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MONTROUGE A DU
DESIR
Le comité local de Désirs
d'Avenir
Ségolène Royal - AG Désirs d'Avenir
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L'intervention de Ségolène Royal lors de l'AG de Désirs d'Avenir.
Discours de Ségolène Royal au Congrès de Reims du PS
Vidéo envoyée par lespoiragauche
www.desirsdavenir.org www.fiersdetresocialistes.org
Ségolène Royal - Zénith - Partie I
Vidéo envoyée par segoleneparis
1ere partie du discours de Ségolène Royal au Zénith lors du rassemblement de la Fraternité. www.segoleneparis.fr www.pacte-renovateur.org
" Bonsoir le Vaucluse ! Bonsoir Angers ! Bonsoir toutes les régions ! Bonsoir l'Ardèche ! Bonsoir La Rochelle !
Je vois les Ch'tis là-bas ! Le 92 !
Bonsoir, et merci à vous, merci d'être là… La Touraine, la Bretagne, la Provence là-bas !
Et la fraternité, partout !
Fraternité ! Fraternité ! Et merci à tous les artistes qui sont venus là, depuis le début. Merci à Neg’Marrons, merci à Josiane de chez Renault, merci à Yannick de nous avoir envoyé ce message, merci à Bernie et à Trust. Il y a d’ailleurs dans la chanson de Trust, il y a longtemps que je ne lavais pas écoutée, une phrase qui prend pour moi un sens très fort aujourd'hui, à un moment ça dit cette chanson : « Cesse de faire le point, serre plutôt le poing. Relève la tête, je suis là, tu n'es pas seul. »
Et ce soir j'ai envie de vous confier trois certitudes. Pourquoi je suis là et pourquoi vous êtes là. Ensuite, la France que nous voulons et ce que nous refusons. Et enfin, pourquoi nous faisons une fête de la fraternité en ces temps difficiles.
D'abord, ce soir, la fraternité, elle est réussie, parce qu'être fraternel c'est d'abord être ensemble, et être ensemble très nombreux.
Alors, je sais. La crise est là. On nous a même intimé l'ordre de ne pas nous réunir. Avec des airs d'inquisiteurs un peu aigris, on m'a dit : « Mais toi, tu fais
la fête alors que la crise financière est là ? »
Comme si certains puissants et ceux qui les soutiennent, et qui ont plongé, par leur cupidité, le monde dans cette crise pouvaient interdire au peuple de se rassembler et de partager des élans
d'espérance. Et de chanter. Eh bien non, nous sommes là !
Nous sommes là, et d'abord, dans toutes les histoires, le chant a porté les révoltes : la Marseillaise, l'Internationale, les Soldats de l'an II, le Chant des partisans des résistants martyrisés, le Temps des cerises de la Commune, le Chiffon rouge des luttes ouvrières…
Et bien, ce soir aussi, la musique porte notre exigence commune d'un monde plus juste et d'un monde plus libre.
Salut à vous, ces milliers de visages de la France qui sait que les temps sont durs, mais que nous restons debout car nous avons soif d'humanité. Se rassembler pour être heureux ensemble, vibrer aux mêmes émotions, s'engager dans les mêmes combats c'est tout simplement ce dont le monde a besoin. Non au cynisme non à la résignation. Oui à la confiance, oui à la volonté de nous élever tous ensemble.
Et puis, ne l'oublions pas, les forces conservatrices ont toujours utilisé la peur pour que les gens se replient, pour qu'ils se recroquevillent, pour qu'ils désespèrent… et pour qu'au final l'aigreur, la jalousie l'emportent et que le voisin ou le différent soient vus comme l'ennemi.
Alors, pourquoi suis-je là ?
Je suis là, parce que vous êtes là ! Hommes et femmes de tous âges et de toutes conditions. Je suis là parce que nous avons en commun de vouloir un autre monde.
Pourquoi j'avance encore ? Pourquoi je ne veux pas laisser ceux qui hier étaient là, qui sont là aujourd'hui, ceux qui seront là, demain et qui espèrent encore ?
Pourquoi après trois ans de combats et d'épreuves je suis encore debout devant vous ? Et en plus (ce qui aggrave mon cas) heureuse d'être avec vous ?
On me dit « il faut relativiser les épreuves Ségolène, c'est de la politique ! C'est normal, tous ces coups qui pleuvent» !
Relativisons donc, puisqu'on nous le demande. Depuis trois ans, il y a eu la « riante » primaire, la « courtoise » présidentielle, les « gentils » coups bas, les « tendres » attaques, les «doux » cambriolages, les « amicales » pressions et les charmantes épreuves personnelles... Et depuis un an et demi, je relativise encore plus. Certains qui s'éloignent, d'autres qui trahissent avec grâce, d'autres qui méprisent coquettement ! Et les porte-flingues de l'Elysée qui m'ont conseillé publiquement de consulter médicalement pensant que je perdais la tête. Et de s'étonner : mais elle est encore debout ! Et en plus elle continue !
C'est parce que malgré tout cela, partout où je vais, je sens viscéralement - et cela dépasse de loin ma personne, nos personnes -, je sens viscéralement que des millions d'hommes et de femmes soutiennent, encouragent et se demandent désespérément si la politique sert à quelque chose pour améliorer leur sort et celui de chacun. Et même ici, dans ce Zénith, je sais que certains se le demandent. Et c'est pour cela que je suis là.
Je suis là, aussi, parce que le combat social est là. Et je salue à nouveau les salariés de Renault qui sont victimes de 6 000 suppressions d'emplois alors que le patron et les actionnaires se sont augmentés, les postiers qui sont dans la salle et qui luttent contre la privatisation du service public et tous ceux qui subissent la loi d'un monde sans règles.
Alors, ces règles, je vous propose que nous les inventions ensemble et que nous les imposions ensemble.
Car enfin, nous sommes la cinquième puissance du monde et nous comptons des millions de travailleurs pauvres. Mais ce n'est pas juste ! On nous dit que c'est au nom de la compétition mondiale,
mais ce n'est pas juste. J'ai dit que les artistes pouvaient, en une chanson, en une phrase - et vous en avez eu la preuve et, tout au long de cette soirée, vous le découvrirez à nouveau – en
une chanson et en une phrase, on peut parfois dire plus beaucoup plus qu’un discours.
Et puisque je parle de travailleurs pauvres, j'ai envie que Coluche soit parmi nous. Parce que, nous le savons, 40 % de ceux qui vont chercher leur repas dans les Restaurants du cœur sont des salariés. Oui vous l'avez entendu, ce sont des salariés précaires, dans la cinquième puissance du monde ! Et Coluche disait ceci : « Ils vont être content les pauvres d'apprendre qu'ils vivent dans un pays riche »…
Alors, est-ce qu'il est possible de répartir autrement les richesses ? Nous en avons la certitude, bien sûr !
Et moi, je veux une France où les petits retraités se demanderont plus s'il faut faire un repas à midi ou le soir, s'il faut économiser sur l'électricité ou sur le gaz pour pouvoir passer l'hiver.
Je veux une France où je n'entendrai plus les enfants des cités me demander, « Mais, M'dame, pourquoi ils ne nous aiment pas ? »
Je veux une France où l'on n'entendra plus les anciens dans les villages me demander pourquoi il n'y a plus de docteur.
Sommes-nous condamnés à entendre des professeurs dire : « On n'y arrive plus » ?
Sommes-nous condamnés à entendre des jeunes dire : « Je n'ai pas peur de l'avenir. J'ai peur de ne plus en avoir » ?
Moi je veux, pour la France, une école qui donne à tous les enfants la chance de réussir et donc la liberté de choisir sa vie.
Je veux que la France soit capable d'accueillir tous ses jeunes. Qu'elle leur transmette les œuvres et les savoirs d'hier et d'aujourd'hui, et ceux de demain. Qu'elle aide chacun à réussir sa vie et à choisir sa voie et que ce privilège ne soit pas réservé à quelques-uns. Parce que la politique c'est d'abord le devoir de transmission.
Je veux que en France le travail soit respecté dans des entreprises qui auront les moyens d'innover et de bien payer leurs salariés.
Et enfin – on pourrait penser que c'est le bon sens-même, mais non, puisque le monde marche sur la tête – moi, je veux un monde, nous voulons un monde où le système financier n'est pas au service de lui-même, il est au service de l'économie. Et l'économie, elle n'est pas au service du profit pour quelques-uns, mais elle est pour le bien être des hommes et des femmes qui la font tourner.
Voilà, le bon ordre des choses. Tout le reste, c'est le désordre organisé par quelques uns pour leur seul intérêt. Et d'ailleurs, dites-moi donc, le mot actionnaire n'apparait pas, il me semble, dans la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen ?
Permettez-moi de saluer ce soir la victoire des ouvrières d'Arena. Vous avez entendu, Arena ? Ce sont les ouvrières qui fabriquaient les maillots de bains de compétition. Certains d’ailleurs les trouvent mignons, ces maillots de bain… Ce que je trouve moins mignon, et même carrément abject, c'est que leur employeur, qui faisait des bénéfices conséquents, avait délocalisé en Chine, laissant sur le carreau des femmes qui travaillaient dans l'entreprise depuis 20 ou 30 ans. Jetées comme un vieux maillot de bain en quelque sorte.
L'entreprise a été condamnée, parce que ces femmes n'ont pas baissé les bras. L'entreprise a été condamnée à leur verser 50 000 euros chacune.
L'une de ces ouvrières a dit : « Le tribunal a choisi la vie des gens face aux intérêts des actionnaires ». Et sa copine a ajouté : « Cela a été une joie, pas seulement pour l'argent, je ne vais pas cracher là-dessus, mais parce que les patrons vont y réfléchir à deux fois avant de larguer une usine qui gagne. »
Non ! Non, Tous les coups ne sont pas permis.
Que les entreprises soient attentives à leur marge, quoi de plus normal ?
Qu'il faille, dans certains secteurs, produire aussi au plus près des nouveaux marchés qui s'ouvrent, pourquoi pas ?
Mais qu'on ne nous raconte pas, comme le patron d'Arena, comme celui de Gandrange et comme tant d'autres, que c'est la seule solution.
A quand l'interdiction de délocaliser et de licencier avec obligation de rembourser les aides publiques si l'entreprise fait des bénéfices ?
Vous voyez ? C'est avec une capacité de révolte intacte que l'on refusera de se courber, de réduire la politique à la gestion, de s'abandonner à tous les accommodements : « C'est comme ça, on y peut rien ». Et bien non, ça n'est pas « comme ça » on peut changer les choses !
Et nous changerons, parce que nous sommes le changement ! Nous, la gauche ! Parce que ça a encore du sens de dire « la gauche ». Beaucoup voudraient que la frontière n’existe plus, qu’elle soit floue. Oui la gauche doit se ressaisir, car être à gauche c’est avoir une lucidité radicale sur nos atouts, sur l’énergie et la force des hommes et des femmes, ici en France et dans le monde, qui ne demandent qu’à faire avancer notre pays pour peu qu’on nous entraîne. Et que personne ne soit laissé sur le bord du chemin !
Porter encore et toujours les valeurs humaines, les valeurs sociales, la gauche qui ouvre, la gauche qui rassemble, la gauche qui construit, quand pendant ce temps nos adversaires verrouillent, divisent et détruisent avec l’arrogance de ceux qui pensent qu’on ne peut plus les atteindre !!! Cela, je ne le veux pas ! Il faut choisir : Courber l’échine ou relever la tête ? Qu’avez-vous choisi ? Relever la tête.
La gauche doit être là malgré ses imperfections, ses atermoiements, ses frictions. La gauche doit être là pour faire émerger cette nouvelle France qui attend qu’on la réveille.
Nelson Mandela a dit une chose très belle à laquelle je pense souvent. « Au fur et à mesure que nous laissons briller notre lumière, nous donnons aux autres la permission d’en faire autant. » Cela veut dire que nous devons essayer d’être meilleurs, plus généreux, plus joyeux que la société que nous voulons transformer. Voilà ce que nous devons faire, vous, moi, chacun de nous, là où nous sommes, tels que nous sommes, socialistes, citoyens, à gauche, au-delà...
Qu’est ce que le rôle d’un homme ou d’une femme engagée si ce n’est de changer le cours des choses ? Je voudrais prendre deux exemples. L’avenir de la planète et la crise financière. Changer le cours des choses c’est tellement indispensable pour l’avenir de la planète.
Quoi de plus insupportable que ces discours sans lendemain, ces tigres de papier qui s’écroulent devant le premier lobby venu, pour remettre en cause le principe élémentaire du « pollueur, payeur ».
Cette indifférence – coupable - me fait penser a une phrase de Woody Allen, lorsqu’on lui demandait s’il avait peur de mourir, il répondait : « Ce n’est pas que j’ai peur de mourir. Mais je ne voudrais pas être là quand ca arrivera. ». C’est ce qui se passe et je pourrais vous en dire beaucoup plus, sur la planète et sur les chances et les trésors que recèle le développement durable. Et j’aurai l’occasion de le faire.
Un mot sur ce système financier en folie qui s’autodétruit sous nos yeux. Il entraine dans sa chute des millions de petits épargnants. Il jette à la rue non seulement des millions de petits propriétaires les plus grands établissements bancaires. Il entraîne aussi des grands établissements bancaires. Il propage sa crise à la planète entière.
Alors, paniqués, les ennemis de l’Etat l’appellent à leur secours. Les ultra-libéraux retournent leur veste.
Et le gouvernement Bush a injecté en quelques heures 700 milliards de dollars - soit trente fois l’aide publique au développement - qui étaient introuvables, il y a quelques semaines, pour
mettre fin aux émeutes de la faim.
Soulagement de ceux qui ont entraîné le système dans le mur : leur fortune est faite et ils ne paieront pas les pots cassés.
Et dans ce champ de ruines émerge cependant une bonne nouvelle. On commence à comprendre qu’il faut radicalement changer de système.
Mais alors, pourquoi alors que les temps sont durs, pourquoi une fête de la fraternité ? « Le grand rayon de l’art, c’est la fraternité », disait Victor Hugo. Et ce soir, je vous invite à un voyage, un voyage artistique venu de tous les coins du monde et de toutes les générations et de tous les genres de musique, et du cinéma et du théâtre. Un voyage autour de la fraternité.
La fraternité, pour moi, c’est encore mieux que la solidarité. Parce que c’est la fraternité qui la fonde et lui donne ce « sentiment d’humanité » sans lequel la politique serait un simple métier sans âme, une simple transaction entre intérêts bien compris.
La fraternité, ce n’est pas de la compassion ou de la pitié. La fraternité, ce n’est pas la politique des bons sentiments. La fraternité, ce n’est pas s’embrasser les uns les autres avec un sourire hébété bien sûr, même si ça n’est déjà pas si mal. La fraternité c’est d’abord penser à l’autre toujours. Parce que ce qui arrive de mauvais à l’autre ou qu’il soit, fini par générer quelque chose de mauvais pour soi même. Et aussi parce que ce qui arrive de bon à l’autre fini par créer du bonheur chez soi.
La fraternité on n’en a jamais eu autant besoin qu’aujourd’hui car ce qui vacille sous nos yeux, c’est tout un système inégalitaire et qu’un autre doit se préparer. La fraternité c’est la volonté d’humanité. N’en doutons pas, n’hésitons pas : l’avenir, le désir d’avenir, il est avec nous.
Mes amis, il est temps de partager la suite de notre concert mais je voudrais vous dire, avant de conclure, quelques mots plus personnels.
J’ai appris qu’il faut savoir perdre sans amertume pour pouvoir un jour gagner sans triomphalisme. Sans ce chemin étroit, chaotique d’après la défaite, sans ces regrets qui vous submergent parfois, sans ce retour lucide sur soi même, ceux qui s’en vont, ceux qui s’éloignent, ces questions incessantes que l’on se pose, « qu’est ce que j’aurais du faire ?
Qu’est ce que j’ai raté ?
J’ai appris la dure loi de la politique, mais aussi la joie immense des rassemblements populaires comme ce soir.
J’ai découvert grâce à vous que j’avais de l’endurance. C’est un jeu souvent cruel et même si j’ai toujours du mal à comprendre la férocité de certains coups, si je les ai encaissés, c’est parce que j’ai souvent pensé à Cyrano de Bergerac qui disait avec panache : « On n’abdique pas l’honneur d’être une cible. »
Car lutter au nom des autres, c’est aussi une formidable chance, des vibrations extraordinaires, et voyez comment les luttes sociales donnent un courant intense, voyez la dignité, la colère qui gronde, mais aussi la joie qui enfle, l’espérance qui entraîne et la certitude de participer à l’histoire et oserais-je le dire à quelque chose qui se lève et… (la salle : ne s’arrêtera pas).
Et connaissez-vous ce joli mot d’Aimé Césaire : « L’heure de nous même a sonné ».
Oui, l’heure d’un nouvel élan a sonné, je vous le dis, sans regret du passé et sans peur de l’avenir.
Jamais je n’ai mis un genou à terre. Jamais je n’ai songé à abandonner. Jamais je n’ai renié une seule de mes valeurs. Jamais, je n’ai lâché prise sur ce que je crois juste, avec vous et
pour nous tous.
Je suis là aujourd’hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer sur ce chemin que j’ai choisi et sur lequel nous marchons ensemble : donner à chaque citoyen, chaque jeune, chaque ancien, oui chaque ancien aussi, le droit de bâtir son désir d’avenir. Alors laissons la la fatigue, laissons le découragement, laissons le renoncement. Restons ensemble, lucides et déterminés.
Oui, tous ensemble. Fraternité."
Ségolène Roral - Zénith - Partie II
Vidéo envoyée par segoleneparis
Discours de Ségolène Royal à la fête de la Fraternite - Partie II. www.segoleneparis.fr
Voici le discours prononcé par Ségolène Royal, le 16 mai 2008, à La Bellevilloise, dans le XXè
arrondissement de Paris.
Chers amis,
Je voudrais commencer par vous remercier d’être venus si nombreux à cet atelier citoyen organisé par le Pacte rénovateur. Merci à vous David, Dominique, Thomas, pour votre travail, merci à tous
ceux qui ont participé à la rédaction des synthèses, et merci enfin à ceux qui se sont exprimés ce soir.
La consultation participative pour préparer le congrès est une démarche indispensable et rassembleuse. C'est une démarche de respect. Et les militants méritent ce respect, eux sans qui aucune
victoire ne serait possible. On a vu dans les deux synthèses présentées ce soir que vous avez les mots justes.
Nous croyons que le débat d’idées et le respect des arguments de chacun est la seule méthode digne de notre idéal, capable de surmonter les épreuves, les discordes, les incompréhensions, les
facilités et de nous remettre, comme nous le devons, en ordre de bataille pour proposer demain une alternative à la politique de la droite.
C’est parce que nous sommes profondément attachés à notre parti que nous voulons le rendre plus fort, plus attractif, en faire un parti avec de très nombreux adhérents, le parti de toute la
société française, ouvert sur la société, engagé dans les luttes de son temps, menant les batailles idéologiques, portant un projet sans double langage, responsable, moderne, capable de faire
vivre nos valeurs de justice sociale, de laïcité, de progrès partagé. Ce Congrès, pour nous, doit être un Congrès utile et serein, qui permette une dynamique de rassemblement, de projet, de
conquête et de victoire ; d’amitié et de sérénité aussi.
La méthode qui consiste à faire vivre le dialogue et la réflexion entre nous, à écrire ensemble notre projet, en associant toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, est la bonne méthode.
Parce qu’elle est respectueuse des militants, parce qu’elle ne reproduit pas les anciennes méthodes, parce qu’elle se déroule dans la clarté, parce qu’elle préserve notre unité, parce qu’elle
permet de mobiliser l’attention et l’écoute des Françaises et des Français. La démocratie doit être le cœur de notre projet. La gauche, pour gouverner demain, pour conquérir le pouvoir d’abord,
a besoin de construire dans la société un vrai pouvoir de conviction.
C’est pourquoi nous avons choisi cette méthode, avec toutes celles et tous ceux qui voudront se joindre à nous, pour réfléchir ensemble au nouveau Parti socialiste que nous allons devoir
construire tous ensemble, pour être à la hauteur de notre tâche historique dans cette période où les Français sont profondément inquiets. Ce travail, nous l’accomplissons avec les acquis des
trois Forums de la rénovation conduits par François Hollande et l’actuelle direction sur le marché, la nation et l’individu.
Dans la continuité de l'espérance soulevée dans la campagne présidentielle puis des bons résultats des élections législatives et municipales, les socialistes peuvent et doivent réussir un beau
congrès. Je ferai tout pour cela.
Et si l'on veut une gauche qui permette à chacun d’être acteur de sa propre vie et donc de la société, parce que les deux vont de pair, alors c'est une gauche qui doit permettre la prise de
parole de chacun et qui prend en compte la parole de tous.
D'ailleurs nous nous sommes tous sentis socialistes quand un homme a dit un jour, en 1990, dans un discours sur les banlieues : « Sans la participation la plus large de tous, il n'y aura pas
d'identité, il n'y aura pas de dignité, jamais non plus il n'y aura de citoyenneté ». Cet homme, c'était François Mitterrand. C'est auprès de lui que j'ai forgé mes convictions, que j'ai appris
ce que qu'était la politique, lui qui répétait : la « politique, c'est parler aux gens »
Cet homme là, le 13 juin 1971, lors d'un congrès fondateur pour le parti socialiste, à Epinay, cet homme, appuyé par Pierre Mauroy pour réussir la mutation et la modernisation, avait dit aussi
ceci : « La démocratie... finit par manquer d'imagination, par confisquer tout cela au citoyen, à l'individu, à celui qui veut lui même être capable, par l'information et par la formation, par
le dialogue et aussi par l'organisation des partis de gauche, capable de penser lui-même et de décider. » Que dire de plus pour convaincre ceux qui déforment ou dénigrent la méthode que nous
avons choisie.
Cette consultation, contrairement à ce que j'entends parfois, ne part pas de rien. Nous y proposons, avant les 10 questions, les valeurs qui nous rassemblent et un diagnostic de la période
Les sept valeurs et objectifs qui nous guident
1.Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
2.Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
3.La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
4.La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.
5.Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
6.Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
7.La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.
- Les dix sources d’inquiétude des Français
1. un capitalisme qui perd la tête ;
2. la dégradation du niveau de vie ;
3. les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
4. l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
5. le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
6. le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
8. l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
9. les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
10. une planète menacée d’autodestruction.
Bien sûr que les militants et les Français veulent des réponses ! Mais pas n'importe lesquelles : des réponses efficaces parce que fondées sur une juste perception des attentes du peuple
français, des problèmes qu'il affronte, des obstacles qu'ils rencontre.
Je crois que s'écouter et échanger entre responsables et citoyens, c'est le contraire du « populisme démagogique ». C'est même le meilleur moyen de lutter contre le populisme qui surfe sur les
peurs et les sentiments de ceux qui se sentent délaissés, abandonnés à leur solitude, parfois même méprisés. Vingt-cinq premiers fédéraux ont adhéré à cette démarche, animée par Vincent
Peillon. Gérard Collomb, François Rebsamen ont signé un texte de maires. Maxime Bono a lancé un appel ouvert à d’autres élus, déjà une cinquantaine de ma région.
Le populisme se méfie comme de la peste des citoyens informés et éclairés capables de se placer du point de vue de l'intérêt général d'un territoire, petit ou grand. Ou d'un parti politique
!
Alors je le dis ici, je le redis : oui le responsable politique doit décider, trancher, oui il doit prendre ses responsabilités. Parfois d'ailleurs en allant à contre-courant de l'opinion
dominante. Mais les conditions dans lesquelles il décide et prend ses responsabilités ont profondément changé. L'heure du politique jupitérien, omniscient et omnipotent, qui décide dans la
solitude de son bureau du destin du pays, cette heure est passée. L'heure du politique élu tous les cinq ans, qui décide, entouré d'experts, sans écouter les citoyens et sans évaluer auprès
d'eux ses décisions, cette heure-là aussi est dépassée. La première année de présidence de Nicolas Sarkozy ne m'a pas fait changer d'avis sur ce point ! C'est le moins qu'on puisse dire. Chacun
constate aujourd'hui les dégâts causés par un pouvoir enfermé dans sa surdité aux malaises et aux colères.
Aujourd'hui, non seulement Nicolas Sarkozy n'a pas su rétablir la confiance, mais la défiance est revenue encore plus fortement. Parce qu'il n'a pas mobilisé les acteurs individuels, sociaux,
économiques et politiques de la société française. Et de ce fait, le fossé entre les gouvernants et le vécu des Français est revenu bien vite. Là réside une des causes profondes de cette
déception. A la racine, il y a une pratique du pouvoir, une conception de l'Etat et de la société qui est erronée, inefficace et qui devient la source de désordres. Ce discours volontariste qui
ne s'est appuyé ni sur la démocratie parlementaire, ni sur la démocratie sociale, ni sur la démocratie citoyenne a conduit non seulement à l'abaissement de la fonction présidentielle mais à la
révolte sociale comme elle s'est manifestée hier dans toute la France pour défendre les services publics, ciments de la Nation.
Fragilité démocratique, faiblesse économique, dureté sociale. Dans ce moment d’inquiétude et d’abaissement national, nous devons avoir une grande ambition collective. La France s’enfonce dans
une crise multiforme. Nous devons nous préparer à tracer un chemin. Cela suppose d’oser nous remettre en question, nous remettre en mouvement. Pour préparer la France de demain, il nous faut
construire la force politique capable de porter cette exigence et cette dynamique. Le Parti socialiste est cette force. Toute son histoire en témoigne. Il est l’héritier d’une grande tradition
de luttes intellectuelles, politiques, sociales, sociétales.
Il a su, à chaque moment de son histoire, se transformer. La fidélité à ce que nous sommes, à l’idéal qui est le nôtre, aux combats de nos prédécesseurs, se mesurera à la capacité qui sera la
nôtre de leur donner de l’avenir, à recréer le mouvement, à relancer l’espérance, à retracer des perspectives. Exercer notre responsabilité, être à la hauteur de nôtre tâche, c’est proposer une
mutation, c’est créer les conditions pour ouvrir tous ensemble un nouveau cycle politique. C’est ce que les Françaises et les Français attendent de nous : ce sera une étape essentielle de la
reconquête de leur confiance, ce sera un élément déterminant pour pouvoir réussir notre action lorsque nous aurons à nouveau la responsabilité du destin du pays. Nous pourrons convaincre que
nous pourrons demain transformer la société française, la remettre en mouvement, avec efficacité et justice, si nous sommes capables de nous transformer nous-mêmes, sans rester figés,
immobiles, avec les mêmes méthodes, les mêmes discours, les mêmes synthèses ! C'est pourquoi je prends ici devant vous cet engagement : dans ce congrès, je parlerai aux militants comme aux
Français. Pas de faux débats, de postures théoriques, de formules toutes faites, soi-disant pour flatter les militants. Je ne veux pas flatter les militants, je veux les respecter et les
convaincre.
Notre démarche, aujourd'hui, ce doit être de relancer la gauche, comme le faisait François Mitterrand il y a 35 ans. A quoi sert le Parti socialiste ? Nous croyons qu'entre la liberté
d'entreprendre et la liberté d'écraser, il y a un espace assez vaste où chacun puisse être debout et mouvement.
Le congrès socialiste sera utile au pays et aux Français, quand il aura conforté, renouvelé ou complété ses idées et ses propositions, pour que chaque Français puisse être debout et en
mouvement. Cela, il le fera à partir des acquis de ses années de combat et de travail, à partir de l’expérience de la campagne présidentielle, à partir des attentes des forces sociales et
syndicales et de la prise en compte des profondeurs du pays. Le parti socialiste n'est pas une fin en lui-même, c'est la valeur démocratique dont la France a besoin, pour que la gauche soit en
situation crédible d'incarner le changement.
Je crois que le Parti socialiste est capable de dépasser des clivages qui l'affaiblissent dans des confrontations. Pour ou contre la mondialisation, réalisme économique ou justice sociale,
prévention ou répression, ouverture ou non des frontières aux flux migratoires, j’en oublie : ce n’est pas par un équilibre savamment dosé entre des contraires que nous sommes clairs. Nous
sortirons des impasses par l’innovation et la conviction politiques et par le vote des militants sur des lignes politiques assumées : une vision de gauche pour la société réelle, telle qu’elle
est aujourd’hui, pour le monde tel qu'il est. Une gauche sûre de ses valeurs – la justice d’abord, mais décomplexée face aux réalités.
Le PS est bien à la croisée des chemins, ceux de la renaissance ou du sur-place.
Le succès des municipales ne doit pas occulter la montée des abstentions. Nous avons des efforts considérables à faire pour donner envie d'adhérer au PS. Il nous manque en effet des femmes, des
jeunes, des employés et des ouvriers, la France métissée qui est venue massivement voter à l'élection présidentielle. Moi je veux que ces électeurs viennent au parti, restent et pèsent sur la
transformation de la société.
En revanche, là où le parti a su irriguer partout, c'est par ses élus. Et nous devons, en repensant notre organisation, irriguer davantage notre projet national par les actions, les
innovations, les réussites, les valeurs mais aussi leurs applications. C’est ce qui nous vaut l'estime des gens.
Nous devons tout faire pour garder une partie importante des adhérents venus nous rejoindre Nous n’avons pas su les garder... Parfois même on n'a pas voulu les garder, ces militants différents
qui venaient troubler les équilibres savants installés depuis des années ... Mais la diversité des militants il faut la défendre, c'est comme la biodiversité, elle est indispensable à notre
survie ! Et comme pour elle, le recul de la diversité serait un signe de déclin. Le signal de la forte abstention lors des élections municipales ne doit pas nous laisser indifférents.
Réussir la mutation du Parti socialiste, c'est se fixer trois obligations:
· ouvrir le PS et faire évoluer son militantisme ;
· définir les lignes de forces d'un projet politique pour les quatre prochaines années ;
· rassembler un parti uni, fort et renouvelé, ce qui permettra d'ailleurs de réussir les échéances électorales si proches des européennes et des régionales
et de les aborder de façon offensive.
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Chers amis, chers camarades
Je sillonne la France depuis de longues années maintenant ; cet hiver encore, j’étais sur les routes pour soutenir nos candidats dans les mairies. Et partout le même constat, partout cette
impression que l’avenir nous file entre les doigts, partout la blessure de sentir que nous ne sommes plus maître de notre destinée. Je sais que les Français aujourd’hui – et les jeunes surtout
– n’ont pas peur de leur avenir ; non, ils ont peur de ne plus avoir d’avenir.
Les transitions sont toujours difficiles et inquiétantes entre ce qui n'est déjà plus et ce qui ne semble pas encore être là. C'est mon rôle d'indiquer comment je vois les lignes de force qui
se dégagent, et quelles conséquences on peut en tirer pour agir juste et fort. C’est toujours ainsi que j’ai conçu mon rôle de responsable politique : à l’écoute pour mieux éclairer le présent
et décider pour l’avenir.
Le monde est devenu plus violent, plus inégalitaire, plus risqué, plus contradictoire : nous n’avons jamais été aussi riches et pourtant les destins sociaux n’ont jamais semblé aussi scellés et
rigides ; les individualités veulent s’exprimer, parfois dans leur toute puissance, et pourtant le besoin de règles collectives n’a jamais été aussi intense ; les énergies doivent être
libérées, mais pas au prix d’un démantèlement des protections et des sécurités sociales ; notre maîtrise technologique est inédite et pourtant nous n’avons jamais été aussi fragiles face aux
désordres que nous provoquons (OGM, réchauffement).
Les bouleversements de la mondialisation ne sont pas seulement à notre porte, à nos frontières. Ils sont déjà en nous même, car la France ne s’est jamais construite à l’abri du monde. Ce monde
qui advient, nous ne pouvons pas l’affronter avec un Parti qui repousserait son rendez-vous avec l'Histoire et cèderait à la tentation d'un ajustement superficiel.
Au fond, nous savons tous qu'il faut poser les problèmes différemment si nous voulons, ensemble, pas simplement entre socialistes mais avec tous les Français, sortir par le haut du gâchis
d'aujourd'hui et de la France atone que nous laisse Nicolas Sarkozy.
Le parti socialiste doit être une envie, une énergie, une rigueur. Le PS doit devenir le parti que l'avenir trouve utile.
Alors comment aime t-on un Parti ?
On peut aimer une histoire – nous aimons celle de la France,
On peut être fier d'un héritage – nous sommes fiers de celui d’une gauche qui sait gagner quand elle le veut
On peut vouloir s'inscrire dans un grand récit qui a su porter l'espoir et changer vraiment les choses – nous nous inscrivons dans l’histoire socialiste française.
On peut aimer les militants qui s'engagent, qui sont portés par leurs convictions, qui consacrent leur temps et parfois leur vie entière à un idéal.
On peut aimer ceux qui savent résister dans l'adversité, qui prennent des risques et qui rêvent au-delà des déceptions du présent.
Ils sont nombreux au Parti socialiste. J'en connais beaucoup. Je les respecte tous. Et n'oublions jamais ce parti de la base qui fédère autour de lui les espérances, comme à Charléty et dans
tous les rassemblements populaires
Mais je sais aussi que les sentiments ne sont jamais aussi forts que lorsque nous sommes entraînés ensemble dans une dynamique d'avenir. C'est pourquoi avec les milliers de celles et ceux qui
ont porté leur pierre à cette consultation, je vous confirme que nous ferons une offre politique aux militants sous forme d'une contribution puis d'une motion qui s'adressera aussi aux Français
qui sont à l’écoute de ce que nous faisons et disons.
Nous savons tous que le Parti socialiste a besoin d’un leadership et d’une équipe pour le conduire, car un Parti n’est jamais distinct des hommes et des femmes qui le font vivre.
Ma conception du leadership, mon expérience, la réflexion collective, me pousse à dire aux uns comme aux autres, aux socialistes comme aux Français, ce que je crois juste, ce que je crois
efficace, ce que je crois conforme à nos valeurs, ce que je crois capable de constituer un guide pour l'action. Il n'y a pas de risque d'affrontement ou de guerre des chefs. Les militants n'en
veulent pas. En ce qui me concerne, je l'ai prouvé, le débat sera respectueux et maîtrisé. Le vrai risque ce n'est pas l'affrontement ; c'est que, sous prétexte de l'éviter, rien ne change.
Vous ne trouverez jamais non plus jamais dans ma bouche des mots désagréables ou désobligeants pour ceux qui, autour du Premier Secrétaire, conduisent le Parti jusqu’au Congrès en ayant gagné
des batailles et protégé notre unité.
Nous allons porter ensemble des orientations, une conception du renouveau du socialisme en France. Nous allons défendre l'idée de créer un Parti socialiste, qui soit le centre de gravité pour
toute la gauche. Tout cela sera en débat.
Les militants et eux seuls apprécieront et voteront. Je veux un congrès intéressant et généreux qui s'élève et qui nous élèvent par le débat d'idées. Et vous pouvez compter sur moi pour le
monter d'un cran.
Alors, si les militants partagent de manière significative les orientations que nous proposerons, j'assumerai les responsabilités qui en découlent. Pour ces adhérents comme pour nos millions
d’électeurs, il ne serait d’ailleurs pas compréhensible que je n’avance pas avec eux. C’est le principe de la sincérité qui depuis l’origine guide mes décisions politiques.
C’est pourquoi si les militants en décident ainsi et l’estiment utile pour le PS, j'accepterai avec joie et
détermination, d'assumer cette belle mission de chef du parti socialiste.
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