Mercredi 2 mai 2007
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La foule vue de l'arrière de la scène
Cette journée du 1er mai 2007 a vu au stade Charlety un meeting historique rassemblant toutes les forces de gauche unies autour de Ségolène Royal.
Arrivé bien en avance, j’ai d’abord assisté à la balance de Bénabar ainsi qu’au début du concert sur la pelouse à dix mètres de la scène puis, j’ai eu le privilège d’être invité à me rendre à l’arrière scène et j’ai donc eu la liberté de circuler partout dans le stade et j’ai donc pu avoir une vue d’ensemble.
Je me suis retrouvé à l’arrière scène en compagnie d’artistes prestigieux venant chanter pour cette fête de la fraternité ou simplement pour apporter leur soutien à Ségolène Royal : Cali, Michel Delpech, Renaud, Yannick Noah, Sapho, Georges Moustaki, Sylvie Testud, Emmanuelle Béart, Bénabar et bien d’autres. Avec le camarade qui m’accompagnait, nous avons aussi vu Jack Lang, Bertrand Delanoë ainsi que Dominique Strauss-Kahn accompagné par son épouse Anne Sinclair.
Puis, nous avons fait le tour du stade par les coursives et là, nous avons pu voir en haut de l’escalier menant à la tribune VIP ce que les gens qui avaient pu rentrer à l’intérieur du stade ne pouvaient pas voir : 25.000 personnes ne pouvant rentrer, massées sur les trottoirs, sur la chaussée, sur les voies du tramway dont le service a été suspendu pour l’occasion (désolé Bertrand). Des gens escaladaient les grilles pour entrer. D’habitude on fait le mur pour sortir, là, ils le faisaient pour entrer.
Nous sommes retournés à l’arrière scène puis, et sur la scène elle-même, nous avons écouté Michel Delpech chanter « Marianne » et « Wight is Wight » devant une foule en délire qui reprenait en cœur. La majorité de ceux qui étaient sur la pelouse n’étaient pas nés en 1968 mais ils connaissaient cette dernière chanson par cœur. Ceci nous amena à penser avec quelques artistes que Sarkozy, en dénonçant Mai 68, a dénoncé tout le mouvement de révolte de la jeunesse de part le monde car Mai 68, le printemps 1968, ce n’est pas seulement des émeutes aux Quartier Latin ou un mois de grèves en France. C’est aussi le
Printemps de Prague, la lutte aux Etats-Unis contre la Guerre du Vietnam, c’est toute une génération qui s’est levée pour réclamer le droit de prendre en main son destin, ses amours, qui s’est levée pour demander du respect de la part de ses aînées et de ses supérieurs, c’est la Génération Rock&Roll ! Qui est Nicolas Sarkozy pour se permettre de liquider (sic) l’héritage de ceux, qui comme Mohamed Ali refusèrent d’aller massacrer des Viet-namiens qui ne leur avaient rien fait, de Jan Pallach qui s’immola par le feu pour protester contre l’invasion de son pays par les chars soviétique en répression d’un mouvement de libération, pour cracher à la gueule d’une génération qui a inventé l’écologie, la libération sexuelle. Qui est Nicolas Sarkozy pour cracher son venin à la gueule d’une génération qui constitue à elle seule la majorité des Français vivant actuellement dans notre pays ? Qui est t’il pour salir l’esprit du Rock ? Comment ose t’il employer une dialectique stalinienne en parlant de liquidation et de reformatage ?
Ségolène Royal est arrivée à pied par l’entrée des artistes. Elle est entrée dans sa loge et y est restée quelques minutes. Là, j’ai vu les agents du Service d’Ordre ressortir blèmes suivis par Ségolène Royal, François Hollande, Patrick Menucci, Thomas Hollande. Ils sont ressortis du stade en marchant au pas de Ségolène Royal, c'est-à-dire vite. Là, le manager d’un des artistes me demande pourquoi elle est sortie, je lui fais un signe de la tête indiquant qu’elle va traverser la foule. Il me regarde éberlué en me disant : « Non, elle ne va pas faire ça ? C’est dingue ! ». Moi, qui depuis plus d’un an la suis et la soutien je lui avec un grand sourire : « Si, elle va le faire parce qu’elle est comme ça ! ». En nous dirigeant vers la tribune arrière, nous croisons Yannick Noah qui nous demande où est passé Ségolène et nous lui disons qu’elle va rentrer en traversant la foule. Le regard qu’a eu Yannick Noah à ce moment là est indescriptible ; un mélange entre l’étonnement et l’admiration.
Et là, le reste, vous le verrez sur la vidéo que je mettrai en ligne demain parce qu’il faut que j’aille me coucher.
Quelle journée ! Le meeting de Sarkozy à Bercy à côté de ça, c’est liliputien !
François Hollande répondant aux questions d'un
reporter
Encore plus de monde !
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