Démocratie Participative

Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 13:09

             On entend souvent ici et là des questions sur la démocratie participative. Beaucoup se demandent d’où ça vient et si ce n’est pas détruire la démocratie représentative.

 

 

 

            Tout d’abord, la démocratie participative n’est pas une nouvelle lubie de Ségolène Royal. Cette démocratie participative est inscrite dans le projet socialiste et elle est inscrite dans les gènes du Socialisme depuis fort longtemps.

 

 

 

Dans quelques années quand la plupart des écoles nécessaires auront été construites demain, quand les maîtres seront payés par l'État, quand le souvenir des sacrifices consentis par les communes et des droits que ces sacrifices leur conféraient aura disparu, que verrons-nous ? Je le crains : insouciance des communes et arrogante tutelle de l'État. À l'avenir, les programmes seront discutés bien loin des familles, tout contrôle leur échappera et, même, jusqu'à la pensée d'en exercer un. Le peuple sera obligé de subir passivement un enseignement qu'il n'aura pas préparé. Lorsque la commune aura pourvu à toutes ces obligations envers l'État, lorsqu'elle aura créé le nombre d'écoles publiques exigé par celui-ci, qu'elle ait encore le droit, à ses frais et sans sortir de la laïcité, d'instituer des écoles d'expériences ou des programmes nouveaux, que des méthodes nouvelles puissent être essayées, ou des doctrines plus hardies puissent se produire. Laissez au contraire à quelques municipalités la gestion de quelques écoles indépendantes, et les municipalités mettront, tous les jours, les familles en face de l'éducation ! Jean Jaurès, 21 octobre 1886

            Cette citation du grand tribun qui pour la première fois avait réalisé l’unité du mouvement ouvrier en France pose tout le problème du juste équilibre entre la démocratie représentative (celle présente dans nos Institutions) et la démocratie participative.

 

 

 

            A noter que, à l’époque des lois Ferry sur l’instruction obligatoire, si le contenu de la loi était non négociable, on a fait participer les Maires, les Conseils Municipaux et les citoyens ne fût-ce que pour la construction des écoles dans beaucoup de villages (les communes devant les financer). Mais Jaurès savait qu’on était dans un Etat jacobin et qu’une fois que tout reviendrait à l’Etat central une fois le système mis en place.

 

 

 

            Jaurès, parle donc bien de libérer les initiatives locales, il y’a 120 ans !

 

 

 

            Mais ce n’est pas fini, ces jours derniers, Ségolène Royal a fait une proposition courageuse, qui pousse véritablement à réfléchir sur le fonctionnement de notre démocratie : celle des Jurys Citoyens.

 

 

 

            Je vous livre telle que l’explication qu’elle en donne :

 

 

 

« (…) Je suis de prés, depuis quelques années les diverses formes et mécanismes de démocratie participative : les budgets participatifs, les jurys de citoyens, les conférences de consensus à la suédoise. J’organise, à Poitiers, depuis deux ans, un colloque annuel consacré à la démocratie participative. Avec des chercheurs, des praticiens et des chercheurs venus du monde entier.
Tous ces dispositifs de démocratie participative ont en commun de reconnaître la capacité d’expertise légitime des citoyens et de créer les conditions d’une délibération informée.
La démocratie participative ne s’arrête pas à la seule phase “amont” : préparation de la décision, décision, action : “écouter pour agir juste”. Pourquoi ne pas l’utiliser pour évaluer les résultats de l’action publique ?
La responsabilité politique est mise en cause à chaque renouvellement électoral puisque les citoyens peuvent sanctionner les élus qui n'ont pas rempli leurs obligations.
Il n'y a aujourd’hui pas d'évaluation au long cours de l’action publique.
J’ai proposé de créer des jurys de citoyens qui évalueraient les politiques publiques, par rapport à la satisfaction des besoins, ou par rapport au juste diagnostic des difficultés qui se posent, non pas dans un sens de sanction, mais pour améliorer les choses.
Ces jurys de citoyens pourraient être constitués par tirage au sort. Comme dans la Grèce antique. »

 

 

            Ceci démontre que la démocratie participative est un concept beaucoup plus ancien qu’il ne semble et qu’il n’y rien de populiste ou de poujadiste là dedans mais qu’on est bien au cœur des fondamentaux du Socialisme et de la Démocratie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Démocratie Participative
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /2006 09:26

            Samedi dernier, la veille de son Congrès d’Investiture, Ségolène Royal était à Bondy à « L’Assemblée des Banlieues » un véritable exercice de démocratie participative. Ce reportage montre bien quelle est la méthode de travail de Ségolène Royal dans ce type de réunion. Si donc, vous avez la moindre interrogation, ce reportage est pour vous.

Pour voir la vidéo : cliquez ici.

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Démocratie Participative
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Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /2007 19:33
Hillary Rodham Clinton 

Voici un article fort interressant de « Courrier International ». La méthode Royal fait des petits. Hillary Clinton, Sénateur de l’Etat de New York et ancienne Première Dame des Etats-Unis d’Amérique va organiser des forums participatifs sur son site Internet et des débats participatifs.

 

 

 

ÉLYSÉE 2007 •  Quand Hillary s’inspire de Ségolène

 

 

 

 

La candidate socialiste n’a plus l’exclusivité de la démocratie participative. Hillary Clinton s’en réclame à son tour, et les travaillistes britanniques s’y essaient avec prudence.

 

 

 

 

Ségolène Royal a placé sa campagne présidentielle sous le signe de la participation, multipliant les consultations, notamment via Internet. Une méthode qu’étudient de nombreux partis politiques, partout dans le monde. Mme Royal ne révélera pas le détail de son programme tant qu’elle n’aura pas très largement consulté les électeurs. Une fois que la candidate en aura terminé avec cette vaste entreprise, la France sera en période électorale depuis plusieurs semaines. Mais elle assure qu’elle doit d’abord écouter. Les Français jouent le jeu, mais s’impatientent. Quelque 52 % des électeurs pensent que de tels débats sont une bonne chose, mais, dans le même temps, 55 % pensent qu’elle a tort d’attendre si longtemps pour annoncer les mesures qu’elle compte prendre si elle est élue.
Mme Royal n’est pourtant pas la seule à vouloir consulter les électeurs avant de présenter son programme. Hillary Clinton a aussi adopté cette méthode. Quand elle a annoncé, la semaine dernière, qu’elle formait sa “commission exploratoire présidentielle”, elle l’a fait au moyen d’une vidéo diffusée par Internet. Dans ce “webcast” très élaboré, elle annonçait aux visiteurs de son site web (www.hillary clinton.com) : “Je ne fais pas qu’entrer en campagne, j’entame une conversation – avec vous, avec l’Amérique. Car, si nous voulons contribuer à régler les problèmes, nous devons tous participer au débat.” Elle a conclu par ces mots : “Parlons. Bavardons. Engageons le dialogue sur vos idées et sur les miennes. La conversation à Washington a été un peu à sens unique ces derniers temps, vous ne trouvez pas ? Et nous en voyons tous le résultat. Je ne vais peut-être pas pouvoir m’entretenir avec chacun d’entre vous dans cette pièce, mais je vais essayer. Et, grâce à la technologie, je vais organiser dès maintenant des vidéo-chats. Alors, que la conversation commence. Quelque chose me dit que ça va être passionnant.”
En Grande-Bretagne, les partis s’y mettent aussi, quoique avec prudence. La méthode choisie par le Parti travailliste a un côté confidentiel, peu ouvert, comme si le New Labour était une secte – ce qu’il est peut-être. Sur son site Internet, le Parti travailliste annonce qu’il élabore son programme par un processus dit “de partenariat de gouvernement”, qui fait intervenir “tous les acteurs du parti (c’est-à-dire les encartés, les sections locales, les syndicats, les associations sympathisantes, les élus travaillistes), ainsi que le reste de la société”. Autant dire que “le reste de la société” demeure en périphérie du cercle magique des militants. Face à la cordialité de Mme Clinton, le New Labour paraît bien vieux jeu.
Si les partis politiques des démocraties occidentales invitent les électeurs à participer à l’élaboration de leurs programmes, c’est parce qu’ils pensent ainsi pouvoir endiguer la méfiance grandissante que suscitent les débats internes. Des enquêtes mesurent ce phénomène.
Un récent sondage sur la réforme des élections en Californie, mené par le New America Institute, fait apparaître que “70 % des électeurs adhéreraient plus volontiers aux recommandations d’un panel de citoyens qu’aux idées émises par une commission officielle, ou même par un groupe d’experts indépendants”. En Grande-Bretagne, une étude évalue à 70 % le nombre de gens qui font plus confiance à un jury populaire qu’à des responsables politiques ou à des fonctionnaires pour décider de ce qui est juste sur des sujets aussi techniques que la composition de la Chambre des lords ou le financement des partis.
Reste à savoir dans quelle mesure les politiques utiliseront les techniques participatives avec sincérité. A en juger par les efforts qu’elle déploie, Mme Royal est sincère. Sur son site, elle reçoit 20 000 messages par mois. Les internautes s’évaluent les uns les autres en s’attribuant des étoiles – cinq pour les idées les plus intéressantes. Puis une équipe de 45 personnes dépouille tous ces messages, les analyse et prépare une synthèse, sujet par sujet, des points de vue exprimés par les internautes. Le 11 février, Mme Royal dévoilera ses propositions à partir des résultats.
Ce jour-là, la candidate commencera à formuler son programme. Ce sera une étape délicate. Les synthèses participatives seront-elles cohérentes les unes avec les autres, ou y aura-t-il des contradictions ? Faudra-t-il chiffrer le coût des recommandations publiées sur le site ? Quelles que soient les conclusions d’une telle consultation, Mme Royal est la candidate officielle, et le Parti socialiste a déjà préparé, à grand-peine, un programme. La fameuse démarche participative de Mme Royal supplantera-t-elle la ligne officielle du parti ?
Supposons que la candidate se lance dans la bataille avec un programme fondé au moins en partie sur ses consultations Internet. Saura-t-elle défendre des mesures auxquelles elle n’aura pas mûrement réfléchi elle-même ? Sa volonté de consultation n’est-elle pas aussi le signe qu’elle n’a pas beaucoup d’idées personnelles ? Pis encore, les électeurs ne vont-ils pas se dire qu’une future présidente doit être capable de penser par elle-même ? Une chose est sûre, cette élection s’annonce passionnante. Si Mme Royal l’emporte, elle aura inventé une nouvelle façon d’arriver au sommet.

 

 

 

 

Andreas Whittam Smith
The Independent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Si vous comprenez bien l'Anglais, vous pouvez aller visiter le site d'Hillary Clinton dans lequel elle explique sa démarche participative et lance le premier débat en cliquant ici.

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Démocratie Participative
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