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Billets d'Humeur

Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /Oct /2007 15:39

Tommy Smith, Mexico, 1968

Rupture : n.f. Fait de rompre sous l’effet d’un choc (…) Action de considérer comme nul un engagement – rupture de fiançailles (Petit Larousse)

 

            Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy nous avait promis la rupture, la rupture avec les vielles habitudes de la politique, la rupture avec « l’assistanat » et même, la rupture avec Mai 68.

 

            Au vu de la définition que l’on trouve de ce mot dans le dictionnaire, on est en droit de se demander où est le choc provoquant la rupture et avec quels engagements du passé on entend rompre.

 

            Le choc d’abord : Si la France est en crise, on ne peut pas dire qu’elle ait subi de choc majeur depuis Mai 68 justement. Si des choses ne fonctionnent pas en France, il convient donc de parler dans ce contexte de réforme et non de rupture à moins qu’on souhaite soi-même provoquer le choc entraînant la rupture. Dans le cas de Nicolas Sarkozy, le choc a eu lieu en Mai 68 précisément alors qu’il était lycéen. Tous ses biographes s’accordent à dire que Mai 68 a constitué pour le jeune Nicolas Sarkozy, élevé par une mère très traditionnelle de droite qui disait « Vous savez les enfants, vous partez tous sur la même ligne mais tout le monde n’arrivera pas le premier », une bizarrerie, un véritable scandale. Dans le schéma du jeune Sarkozy, un jeune, ça travaille pour être le meilleur et ça ne conteste pas l’autorité, que ce soit celle des parents ou de l’Etat. Il entend donc participer à des contre-manifestations mais sa mère fait ce que toute mère digne de ce nom a le devoir de faire lorsque son enfant de 13 ans entend en découdre avec des manifestants qui construisent des barricades, affrontent les CRS dans ce qu’il faut bien appeler des scènes d’émeutes : elle demande au Proviseur d’interdire à son fils de sortir du lycée avant qu’elle ne vienne en personne le chercher. Le petit Nicolas assiste donc à distance à ce choc historique sans pouvoir rien faire pour défendre sa conception de la société et ce grand homme qu’est le Général de Gaulle.

            La volonté du candidat de Nicolas Sarkozy de rompre avec les idées de 1968 peut donc être considéré comme la revanche d’un préadolescent qui n’a pu s’opposer à un évènement qui, même avec toutes les critiques qu’on peut lui adresser et qu’on peut adresser à ses participants avec le recul de l’Histoire apparaît pour beaucoup comme un choc nécessaire en son temps.

            Nicolas Sarkozy entend rompre avec Mai 68 avec la même force que la France a rompu avec Vichy par exemple. Seulement, si dans le cas de Vichy, il faut rompre avec un régime de collabos à la solde des nazis, intrinsèquement mauvais, Mai 68 est avant tout une exigence de réforme de la société et des mœurs. Je ne vais pas détailler ici ce qu’était la société d’avant Mai 68 d’autant plus que des historiens compétents ont traité du sujet mieux qu je ne saurais le faire et que je n’étais pas encore né à l’époque mais pour résumer, on peut expliquer Mai 68 par le fait que le fort progrès économique, technologique et éducatif  des Trente Glorieuses ne s’accompagnait pas d’une réforme en profondeur de la société. Les jeunes générations de l’époque se sont alors révoltées contre cet état de fait avec des slogans parfois excessifs comme « Il est interdit d’interdire ». Et cette page là qui n’est pas seulement l’apanage de notre petit hexagone mais qui est une contestation globale d’un système ancien par la jeunesse du monde. 1968, ce n’est pas que Mai 68. C’est aussi le Printemps de Prague, c’est aussi la jeunesse américaine qui se dresse contre la Guerre du Vietnam, c’est aussi Tommy Smith qui lève le poing aux JO de Mexico pour les Droits Civils des Noirs Américains. Toute époque a ses excès et ses heures de gloire. S’il est sain de tempérer les excès, on ne peut déchirer une page de l’Histoire du monde juste par vendetta personnelle due à la rancœur d’un gosse de 13 ans. En 2007, peut-être faut-il tourner la page de Mai 68 mais certainement pas la déchirer. Ségolène Royal par exemple, qui a du contourner les idées plus que conservatrices de sa famille par l’éducation et qui est venue au Socialisme par le Féminisme considère qu’il faut conserver les bonnes choses de l’héritage de 1968 comme la libération sexuelle, comme le fait que les jeunes soient considérés comme des personnes dignes etc… mais l’idée d’ordre juste rejette l’interdiction d’interdire. Politiquement, philosophiquement, cette démarche est saine.

 

            Puisqu’il n’y a pas de choc, pourquoi Nicolas Sarkozy veut-il tellement la rupture ? La seule autre hypothèse est la volonté de rompre avec les promesses et les engagements du passé. Et là vous me direz, oui mais s’il veut rompre avec Mai 68, c’est qu’il veut revenir à l’époque du Général de Gaulle, à avant Mai 68. C’est ce que devait penser cette vieille dame que j’ai entendue l’autre jour sur Europe 1 qui disait que Ségolène Royal et François Hollande n’avait jamais constitué un couple car ils n’avaient jamais été mariés. Cette personne qui devait avoir 45-50 ans en 1968 a du voter Nicolas Sarkozy le 6 mai dernier se disant que tout allait redevenir comme avant Mai 1968. Seulement, le fait même que son cher Nicolas Sarkozy ait divorcé pour épouser une femme divorcée qu’il avait marié lui-même quelques années avant avec un de ses amis puis qu’une fois élu (très, très mal vu ce genre de chose avant Mai 68) puis qu’une fois élu Président, il divorce (totalement impensable qu’un Président divorce avant Mai 68 –et peut être même avant la fin des années 80 d’ailleurs) montre bien que Mai 68 a changé quelque chose définitivement dans la société française et que même Nicolas Sarkozy en bénéficie. Et puis, il faut être réaliste, la France ne sera plus jamais celle de 1968. On ne peut faire une politique en souhaitant revenir au passé. Le Général de Gaulle d’ailleurs le disait très bien lui-même lors d’une allocution télévisée en 1960 à propos de l’Empire colonial : "Il est tout à fait naturel qu'on ressente la nostalgie de ce qui était l'Empire, tout comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages. Mais quoi ! il n'y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités."

            Alors, quelle promesse du passée doit elle être oubliée ou trahie aux choix ?

            Regardez bien :

            -Nicolas Sarkozy nous dit de travailler plus pour gagner plus alors que la promesse du XXème siècle était « Le progrès technologique va nous permettre de travailler plus efficacement, de nous enrichir tous et même de gagner du temps pour passer avec notre famille »… Rupture avec Keynes, rupture avec Ford, rupture avec le Front Populaire et avec le Gaullisme

            -Nicolas Sarkozy veut instituer des franchises médicales afin de financer le plan cancer et le plan Alzheimer (franchises que les personnes atteintes de ces terribles maladies paieront aussi). Et là, je repense à ma brave dame sur Europe 1 qui doit avoir 80 ans, des douleurs musculaires, des courbatures, des lunettes, peut-être des problèmes de diabète… Désolé Madame, j’ai une constitution solide, je fais une gastro par an et des fois la grippe, au maximum, les franchises médicales, ça va me coûter 3 euro par an en moyenne mais à vous… ça va se compter en centaines d’euro, peut-être en mois de retraite. Comme 75% des personnes de votre âge, vous avez voté Sarko, vous allez être une des premières à en subir les conséquences. Dans ce nouveau système les malades payent pour les malades alors que tout le monde doit payer pour aider les malades mais çà, c’est le pacte social de la Libération… Tiens, encore une rupture avec De Gaulle…

            -Nicolas Sarkozy dit aux cheminots qu’ils doivent travailler plus longtemps vu qu’ils vivent plus longtemps et que tout le monde cotise 40 ans (là, il n’a pas tout à fait tort à mon sens) mais dans le même temps, il dit (enfin, son Gouvernement, ce qui revient au même) qu’ils vont pouvoir partir à la retraite à 55 ans. Personnellement, j’ignorais qu’avocat fût un métier pénible. J’ignorais que les avocat mourraient par milliers de l’amiante, avait le dos brisé par des coups de pioches pour retaper les tribunaux, ou par le charbon qu’ils doivent amener dans la chaudière du Palais de Justice afin d’avoir chaud lorsqu’ils plaident, j’ignorais aussi qu’ils dussent risquer leur vie pour plaider lors d’un différend civil… J’oubliais, Nicolas Sarkozy est avocat. Que les bourgeois se rassurent : on ne rompt pas avec le clientélisme !

            Nicolas Sarkozy ne rompt au fond qu’avec une seule idée : Le progrès moral, technologique, économique, financier doit être partagé par tous. Sa philosophie est que la loi du plus fort est toujours la meilleure. C’est tout le contrat social français qui est attaqué en réalité, Mai 68, c’est pour la galerie.

 
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /Juin /2007 02:15
MELUCHE-copie-1.jpeg Jean-Luc Mélenchon, Sénateur de l'Essonne

Suite aux propos de Ségolène Royal concernant les SMIC à 1500 Euro et la généralisation des 35 heures sur LCP et France Info*, Jean-Luc Mélenchon accuse l’ex-candidate socialiste à la présidentielle de duplicité et de provocation.

 

            Je tiens donc à expliquer ici la position de Ségolène Royal et à démontrer qu’il n’y a ni duplicité ni provocation de sa part.

 

            Il faut pour cela revenir sur les faits.

 

1)      En février 2006, Ségolène Royal publie le brouillon du premier chapitre d’un livre devant être issu des débats participatifs du site www.desirsdavenir.org , livre qui ne verra jamais le jour sous la forme initialement prévue en raison du succès de l’Association Désirs d’Avenir et de la création spontanée de 900 comités locaux organisant localement ces débats sur encore plus de thèmes que ceux prévus à la base. Dans ce chapitre, véritable critique du capitalisme financier et spéculatif, Ségolène Royal constate –et beaucoup de tenants du dogme le lui reprocheront- que dans certains cas (salariés payés à l’heure, personnels hospitaliers etc…) les 35 heures ont créé un certain  nombre d’injustices et nuit au pouvoir d’achat. Alors que ce premier chapitre montre une réflexion réelle et profonde sur la façon dont fonctionne l’économie néo-libérale et mondialisée, la presse –et en particulier la presse « bien pensante »- se consacre aux huit lignes parlant des 35 heures en tentant de faire croire que Ségolène Royal voulait les supprimer alors qu’elle voulait des compensations pour les salariés ne pouvant en bénéficier.

2)      Le « Projet Socialiste » est adopté en juin 2006 par la quasi-totalité des militants. Ayant vécu cela de l’intérieur d’une section PS, je peux vous dire que beaucoup de Socialistes ont mesuré ce projet en en mesurant pleinement les manques. A ce stade de la procédure, nul ne peut contester une mesure du projet pour demander sa suppression, on peut juste demander des rajouts pour l’améliorer. On peut à cet égard noter en particulier l’absence totale de toute référence au problème majeur qu’est la dette dans le Projet Socialiste (en dépit des vœux émis par de nombreux militants), on parle d’abroger les Lois Fillon sur la retraite mais on ne dit pas ce qu’on va mettre à la place, on parle d’un SMIC à 1500 Euro nets dans cinq ans (mesure en trompe l’œil car en suivant la courbe naturelle de l’augmentation du SMIC, ce sera bien son montant dans cinq ans quoiqu’il arrive), on parle de généraliser les 35 heures sans dire comment en corriger les effets négatifs etc… Seulement, on nous dit bien : « On n’a pas le temps de faire un autre projet, si on ne vote pas celui-là, on n’en n’aura pas d’autre ». En mon âme et conscience, je décide de voter contre ce projet incomplet et se contredisant lui-même sur beaucoup de points.

3)      Lors du débat du Zénith en novembre 2006, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal s’engagent à respecter le Projet Socialiste et à ne pas le dénaturer. A ce moment là, Ségolène Royal sait bien qu’elle est en désaccord personnel avec quelques points du projet mais comme elle a toujours respecté le vote démocratique, elle ne va pas faire sa loi à elle toute seule.

4)      Ségolène Royal une fois investie candidate, lance des débats participatifs et le 11 février 2007, elle présente son Pacte Présidentiel à Villepinte qui vient compléter le Projet Socialiste tout en gardant ce que les militants ont voté. Ségolène Royal a défendu la nouvelle donne avec les jeunes par conviction. Ségolène Royal a défendu la généralisation des 35 heures (et encore, seulement quand on lui posait la question) par devoir et par respect des militants et de leur vote.

 

Oui mais alors, me direz vous, pourquoi ne pas avoir prévu de discuter du Projet avant avril 2006 ?

Et bien c’était prévu ! Des commissions fédérales devaient se réunir dans tous le PS afin de débattre d’axes du projet. Moi-même, je me réjouissais de participer à celle traitant des affaires étrangères et du co-développement dés janvier 2005, une fois la campagne interne entre le « oui » et le « non » au Traité Constitutionnel Européen et les fêtes seraient passées. C’était une mécanique qui aurait du fonctionner parfaitement quand tout à coup, patatras, un Sénateur socialiste a dit que vu que les partisans du « oui » avaient bourré le mou à leurs camarades et bien, il allait faire campagne pour le « non ». Là, la Direction du Parti, au lieu de lui dire gentiment mais fermement : « Jean-Luc (car c’est bien de Jean-Luc Mélenchon que je parle), les militants ont voté, si tu fais çà, tu te mets de toi-même en dehors du Parti » comme c’est prévu dans les statuts et bien, on ne lui dit rien ! Et bien Laurent Fabius s’y met, Henri Emmanuelli s’y met, Michel Charasse s’y met, un front du « non » de gauche se constitue et là, les militants PS se retrouvent à faire campagne pour le « oui » contre 40% de leurs camarades. Adieu toute véritable préparation du projet car en novembre 2005, le Parti Socialiste doit avoir son Congrès.

 

      Sachant tout cela, à votre avis, quelqu’un qui n’a pas respecté les formes démocratiques de son Parti est-il bien placé pour parler de la « duplicité » d’une personne qui a respecté à la lettre ce que les militants avaient voté ?

 

      Jacques Chirac en son temps avait dit : « Les promesses, ça n’engage que ceux qui les reçoivent ». Ségolène Royal elle a voulu se lancer dans une démarche où on ne promet que ce qui peut être tenu. « C’en est fini des promesses non tenues » disait Sophie Bouchet-Petersen lors d’une des premières réunions du Comité Paris d’Avenir. Oui mais, que n’aurions nous entendu si Ségolène Royal, une fois investie par 60% des militants socialistes avait dit : « Il y’a trois ou quatre propositions dans ce Projet adopté par 80% des Socialistes qui me semblent irréalisables voire néfastes et par conséquent, je décide, moi, candidate, de mon seul chef, de les abandonner » ? On aurait dit, et Jean-Luc Mélenchon et Claude Batholone en premier : « Et bien voilà, elle se croit tout permis, le vote et l’opinion des militants, elle s’en cogne » et sans doute aurait on eu raison de le dire et je dis cela que j’ai voté contre ce Projet et que, malgré tout, ne voulant pas faire à mon Parti ce que certains de mes camarades ont cru bon de faire début 2005, j’ai fait campagne dessus mettant en avant ses points forts (car il en avait).

 

      Je ne reproche pas à Jean-Luc Mélenchon d’avoir été pour le « non », c’était son droit le plus stricte mais je lui reproche, contrairement à d’autre Socialistes qui étaient pour le « non » et qui n’ont pas fait campagne contre leurs camarades de n’avoir pas su faire preuve de discipline, de s’être assis sur le vote des militants et de maintenant, venir donner des leçons de morale à une personne qui est en train d’analyser sa défaite le plus honnêtement possible et d’admettre –ce qui est rare en politique- ses propres erreurs parce qu’elle n’a fait que respecter le vote des militants.

 

      Ségolène Royal a souvent dit qu’elle est une femme libre. Elle prend souvent des libertés quant aux lourdeurs de l’appareil du PS, c’est vrai mais jamais, en aucun cas, elle ne passe au dessus du vote des militants qui ultimement, même s’il faut un appareil, sont le Parti.

 

      Je crois que Jean-Luc Mélenchon, avant de donner des leçons aux autres, ferait mieux, lui qui a été faire campagne sur le « non » avec l’extrême gauche et le Communistes contre la majorité des militants de son parti, d’aller prendre des leçons auprès de gens comme Arnaud Montebourg qui ont dit ce qu’ils avaient à dire pendant la campagne interne, qui ont voté « non » dans le secret de l’isoloir le 29 mai 2005 mais qui ont respecté la discipline nécessaire au bon fonctionnement du PS. Après seulement, pourra t’il s’autoriser des mots comme duplicité.

 

Duplicité… c’est peut-être d’ailleurs le type de mot qu’on ne devrait jamais utiliser envers une camarade mais plutôt envers ceux d’entre-nous qui sont allé à la soupe du Père Fillon.

 

Mais de toutes façons, il est d’usage au PS d’analyser les choses en interne. Et il en va de même pour les causes de cet échec. Je pense donc qu’il serait sain et décent d’éviter d’étaler nos conflits –lorsqu’il y’en a- sur la place publique. Le débat, serein on le souhaite, lui doit être ouvert et franc.

 

Mais après tout, comme dit le proverbe : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. »

 

*Le Passage cause du débat :

 

Marie Eve Malouines (France Info) : Vous n'y avez pas cru vous même ?

SR : Moi même j'avais un doute là dessus !

Patrick Roger (Le Monde) : Pourquoi les avoir mises en avant ?

Frédéric Aziza (LCP) : C'est la gauche archaïque ?

SR : Oui, ce sont des idées qui ne sont pas crédibles !

FA : Pourquoi les avoir défendues ,

SR : Par cohérence avec le projet socialiste !


FA : Vous ne pouviez pas gagner comme ça !


SR : Si parce qu'il n'y avait pas que ça dans le Pacte Présidentiel... Mais les idées phares du projet socialiste et que j'ai dû reprendre dans le Pacte Présidentiel... 

(…)

 
FA : Donc en clair, vous êtes en train de nous dire Mme Royal que vous défendiez un projet auquel vous ne croyiez pas ?

 
SR : De toute façon ce n'est un secret pour personne...  ce n'est un secret pour personne que sur certaines mesures qui venaient du projet socialiste et qui ne sont pas passées, qui n'étaient pas crédibles mais qui derrière le symbole étaient politiquement fondées... Le message politique était de dire que les socialistes étaient favorables à l'augmentation des bas salaires...


Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 08:55

A en croire Jean-Loup Metton et ses alliés, deux menaces majeures, que dis-je menaces, deux périls pèsent sur Montrouge. Il s’agit des Communistes et des hélicoptères.

Apocalype-Now-Huey.jpg















Hélicoptères attaquant Montrouge *



Commençons par les hélicoptères. Dans la rubrique concernée à l’environnement concernant l’environnement (Oui, vous avez bien lu, Jean-Loup Metton parle d’environnement), Jean-Loup Metton se livre à un réquisitoire contre les hélicoptères passant au dessus du Périphérique parisien. Je cite le Maire : « Parmi les problèmes d’environnement qui gênent particulièrement les Montrougiens, il y’a le survol de Montrouge par les hélicoptères qui vont et qui viennent (…) les hélicoptères continuent de couper au dessus de Montrouge à basse altitude avec la pollution sonore que l’on connaît. Il faut intervenir au sommet de l’Etat pour que cela cesse. »

 

            Il y’aurait donc des embouteillages d’hélicoptères à Montrouge, une bande de pilotes vicieux et cruels qui empêcheraient les Montrougiens de dormir la nuit, les forçant à se mettre à l’abris dans des caves par crainte que les hélicos ne leur tombent sur la tête.

            Curieusement, dans la version malakofiotte du tract, les hélicoptères ne posent pas problème. Peut-être que les pilotes d’hélicoptère sont vraiment des salauds : Ils volent bien haut en longeant Malakoff et vicieusement, ils piquent sur Montrouge qu’ils parcourent de long en large à basse altitude.

 

            Monsieur le Maire, soyons sérieux deux secondes. C’est vrai, un hélicoptère, ça fait du bruit quand ça passe. Vous avez aussi oublié de dire que ça brûle 100 litres de kérosène par heure de vol et donc, ça pollue. Sachant qu’un hélicoptère fait du 200 à l’heure, ça nous fait du 50 litres au 100 soit dix fois plus qu’une voiture. Or, des voitures, il y’en a des millions qui passent chaque jour par le Périph, et des dizaines de milliers par Montrouge via la D906, l’Avenue Marx Dormoy, l’Avenue de la République, la N20. C’est autrement plus de pollution de l’air et de bruit que quelques hélicoptères passant par jour à l’altitude réglementaire de 200m et avec obligation de survoler le Périph. aroiries-URSS.svg.png

Et puis, il y’a les Communistes. Que dis-je les Communistes, les dangereux Bolcheviques avec leur couteau entre les dents.

            Jean-Loup Metton, Olivier Sueur, ainsi que le l’animateur des jeunes UMP de la circonscription n’hésitent pas à appeler le PCF « parti d’extrémistes », comme on pourrait le dire du FN par exemple. Essayeraient t’ils de nous faire croire que les chars soviétique vont défiler sur l’Avenue de la République si les Communistes gagnent le siège ? Un peu comme çà ?

 


Armée rouge 1984
Vidéo envoyée par novosibirsk


Ou comme çà ?

 


corée du nord parade(mass game)
Vidéo envoyée par audris

Bon, disons le clairement. Je crois qu’à une certaine époque, certaines personnes de gauche se sont laissé fasciner par les échos de ce qui leur parvenait de Moscou. On leur disait que le peuple avait pris le pouvoir et que l’égalité était enfin une réalité. Ils ne savaient pas en 1924 qu’avec l’arrivée de Staline au pouvoir, c’était une des pires dictatures qui voyait le jour.

            Des millions de Russes ont du quitter leur pays sans espoir de retour sous peine d’être purement et simplement exécutés. J’en sais quelque chose, mes arrière-grands-parents étaient de ces réfugiés qu’on a appelé les Russes Blancs. Ceux de ma famille qui n’ont pas pu s’enfuir ont du soit cacher leur identité soit ont été massacrés.

 

            En France, la seule chose que je reproche aux Communistes, c’est d’avoir été naïfs quant au régime de Staline. Le reste, c’est un désaccord politique sur certains points. Mais force est de constater que le PCF a participé à toutes les élections depuis 1920, qu’il a participé au Gouvernement de ce pays en quelques occasions, qu’il a participé aux réformes sociales majeures de (Congés Payés, Sécurité Sociale), qu’il a su s’entendre avec les Gaullistes pour créer le modèle social des 30 Glorieuses, qu’il a fait preuve de responsabilité en ne lançant pas d’appels abusifs à la grève dans les charbonnages. Le PCF a participé à la Résistance (Rol-Tanguy) avec les Gaullistes et d’autres et n’a pas utilisé ses armes pour faire une révolution violente après la Libération. Il a même renoncé au « Centralisme Démocratique » et a dénoncé les crimes de Staline.

 

            Enfin, n’oubliez jamais que Guy Mocquet, jeune résistant exécuté par les nazis était communiste. Croyez-vous que le Président de la République irait faire lire une lettre écrite par un dangereux extrémiste à tous nos Lycéens ?

 

            Je suis loin d’être d’accord avec tout ce qu’ils disent. Je ne serai jamais communiste mais franchement, les Communistes français pour moi n’ont rien à voir avec les fous furieux qui ont massacré la moitié de ma famille, ni avec Pol Pot, ni avec Mao, ni avec le régime de Corée du Nord. Pour moi, le PCF a le visage d’une Résistante que j’ai eu l’occasion de rencontrer à l’époque où je faisais des sondages. Elle m’a raconté comment elle avait appris à faire des bombes à une petite bourgeoise gaulliste qui très vite est devenue comme une sœur. Elle lui a aussi appris à faire des gâteaux, à coudre. Elles faisaient des faux papiers, faisaient sauter des camions allemands puis allaient au ciné une fois leur devoir accompli. Et là, je lui demande « Mais comment faisiez vous pour penser à aller au ciné, sortir avec des amis, vous intéresser aux garçons alors que vous étiez sans cesse en danger d’être prises ? ». Elle m’a répondu : « Vous comprenez, si on résistait, c’est parce qu’on voulait vivre, vivre libres ! On avait 20 ans et on voulait en profiter au maximum au cas où… » 

 

            Alors, quand on reçoit cette grande leçon de vie et d’amour de la Liberté de la part d’une personne qui a risqué sa vie pour la France, les petites attaques politiciennes de notre Maire sont insignifiantes.

           

  * Les cinéphiles auront reconnu une image célèbre d' "Apocalypse Now" le chef d'oeuvre de Francis Ford Coppola

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /Mai /2007 22:33

            Vous-vous demandez certainement pourquoi ce titre provocateur.

 

            Je vais vous l’expliquer.

 

            Voici quatre jours maintenant que nous avons appris avec consternation la victoire de Nicolas Sarkozy. De quoi parle la presse ? De quoi parle tout le monde ? De la politique qu’il va mener ? Des 1000 voitures carbonisées en trois nuits par des excités qui n’ont pas compris que ce sont les règles du suffrage universel et que M. Sarkozy, que nous l’aimions ou que nous le détestions (vous aurez compris que je suis plutôt dans le second camp) sera notre Président de la République que nous le voulions ou non ? Et bien rien de tout cela. Le plus important, c’est les vacances de Monsieur Sarkozy !

 

            Je reçois tellement de mails, de nouvelles, j’entends tellement de débats sur ce sujet insignifiant que je suis bien obligé d’en parler un peu.

 

            Nicolas Sarkozy s’est fait prêter un jet privé et un yacht de 60 mètres de long par un particulier très riche. Ces deux véhicules certes très luxueux appartiennent à ce particulier très riche mais pas à ses sociétés. Partant de là, il a, comme chacun d’entre nous, le droit de prêter ce qu’il veut à qui il veut et ce n’est pas plus répréhensible que si je prête ma vieille Renault à un pote, même si, je vous l’accorde, une R25 ne fait pas 60 mètres de long et ne vole pas à 900 Km/h. C’est aussi simple que ça. Il est normal et humain, après une campagne présidentielle harassante que Nicolas Sarkozy se repose un peu, comme quoi, les RTT, ça a du bon. Qu’il se fasse inviter par un copain milliardaire où qu’il aille se faire bronzer les couilles à l’air sur une plage nudiste du Cap d’Agde, ce n’est pas ça qui va changer la vie des Français. Même s’il y’a une chose, une seule que je n’accepte pas dans son comportement : le 8 mai, il n’a pas voulu être présent pour les célébrations du 62ème anniversaire de la fin de la IIème Guerre Mondiale. Ceci est, à mon sens, un affront grave fait aux anciens combattants et aux morts au combat fort mal venu de la part d’un Président élu.

 

            J’en ai fini sur ce point car c’est tout ce que j’avais à dire là-dessus, car les vacances de Nicolas Sarkozy, je m’en tape autant que de l’auto-tonte de Britney Spears, la condamnation pour conduite sans permis de Paris Hilton car il y’a des choses bien plus graves qui se passent et qui se préparent dans notre pays.

 

            La première de ces choses dont je veux vous parler est qu’il y’a un climat d’agressivité, voire de haine qui se fait jour dans notre société. Avant, entre gens civilisés on pouvait se dire, sans risquer de provoquer une dispute, voire pire : « Tiens, j’ai voté Mitterrand, c’est un bon Président. » « Ben moi, j’ai voté Chirac, il a du punch » sans se soupçonner d’être un dangereux bolchevique ou un affreux fasciste. Les opinions ne regardaient que chacun.

            Mais depuis le 6 mai, en écoutant la radio, en voyant comment les gens se regardent et s’épient, j’ai le sentiment qu’il y’a deux camps séparés par un fossé comme dans l’album d’Asterix « Le Grand Fossé » justement. J’ai entendu des histoires de vieux amis ne se parlant plus parce que l’un reproche à l’autre d’avoir voté pour « Sarko, ce facho » et l’autre reproche au premier d’avoir voté pour « Ségo, cette conne ». Il y’a ces interventions d’auditeurs sur Europe 1 disant que c’était normal les vacances de Sarko et le yacht et que la Gauche devait fermer sa gueule et ne pas en parler, d’ailleurs ne devait plus parler de rien parce qu’on est un pays de droite et qu’il faut revenir à l’ordre, que le non respect du Chef de l’Etat, c’est la faute des « Guignols » qui devraient être interdits. Il est à noter d’ailleurs que les deux journalistes d’Europe 1 qui ont toujours laissé parler les auditeurs de toutes tendances, se sont pris des mails d’insulte en disant que c’était une honte de parler du yacht par des gens de droite et des gens de gauche ! Etant de ceux qui pensent qu’un journaliste n’a pas à se faire insulter quand il fait son métier, même quand on approuve pas sa ligne éditoriale, j’ai immédiatement envoyé un mail de soutien à l’un des journalistes concernés (et Dieu sait que j’aurais des raisons d’en vouloir à la Rédaction d’Europe 1 mais passons).

            Et puis, il y’a ces actes de violences et de menaces, ces insultes.

            Ici, dans notre département, le local de la Fédération PS a été ravagé par un incendie d’origine criminelle. A Levallois, la vitrine a été souillée, idem à Malakoff. Mais il n’y a pas que les Socialistes qui en ont fait les frais. Ce sont aussi des permanences UMP qui ont été incendiées et vandalisées au cours de cette campagne.

Et puis, ce sont des accusations gratuites et blessantes. Un de mes amis qui milite à l’UMP (ben oui, j’ai des amis à l’UMP comme quoi, contrairement à ce que m’ont dit certains couillons dans certains messages que j’ai reçus, je ne suis pas sectaire) me disait qu’il avait reçu des mails d’insultes et de menaces parce qu’il soutenait Nicolas Sarkozy. Ca ne lui était jamais arrivé avant de se faire traiter de fasciste, ce qui, quand on connaît mon ami est à hurler de rire. Moi, j’ai de la chance, je n’ai reçu qu’un mail d’insultes en réaction à un des articles de ce blog. Le mec m’accusait ni plus ni moins que de profaner la tombe des victimes de l’Holocauste parce que j’avais osé mettre un lien vers un extrait du «Dictateur » de Charlie Chaplin, extrait, celui du très beau discours du barbier juif qui se fait passer pour Hinckel dénonçant les abus d’un pouvoir autocratique. Pourquoi, j’ai publié cette vidéo ? Parce que je sais comment Nicolas Sarkozy a géré notre Département et sa ville de Neuilly-sur-Seine et que ce qu’il a fait, ces excès de langage sur la prédestination génétique, sur la liquidation de l’héritage de Mai 68 font craindre le pire s’il est seul aux commandes du pouvoir. Les morts de camps d’extermination auraient sans doute aimé qu’un journaliste amateur, fût-ce dans un journal local ait au moins dit « Ce Monsieur Hitler a une grande énergie, un grand talent oratoire mais il y’a des choses qu’il dit qui, à mon sens, sont dangereuses pour la démocratie voire, pour certains groupes de personnes ».

            Je le dis comme je le pense : Nicolas Sarkozy représente un danger pour l’unité de la République et pour la démocratie et je le dis en espérant me tromper. Est-ce que je mérite d’être insulté pour ça ? Sans doute pas, pas plus que mon ami UMP qui s’est fait traité de fasciste alors que son sens de l’unité nationale, de la laïcité, son sens de la tolérance le mettent au dessus de tout soupçons. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas voté pour le même candidat, qu’on ne doit pas se respecter et même s’apprécier. Nul n’est besoin de se haïr.

 

            La seconde est une autre chose dont je ne veux pas parler maintenant mais que certains journaux poussant un peu plus la réflexion que les autres mettent en avant : la recomposition du paysage politique français. Le dossier le plus complet sur ce sujet est celui de « Marianne » (même si ça ne vaut pas approbation totale du contenu des articles de ma part, loin s’en faut).

            François Bayrou a déjà commencé sa réorientation du Centre mais vu son score de 18% et qu’il veut que le Centre rompe avec la Droite Sarkozienne et que ses militants sont derrière lui, il peut se le permettre maintenant.

            Le Parti Socialiste et plus largement, l’ensemble des forces politiques de gauche devront aussi passer par une refondation très rapidement mais pas à la va-vite, pas sans débat militant car la priorité maintenant est que le Gouvernement du Premier Ministre que nommera notre nouveau Président ait une majorité plus courte, bien plus courte que cette chambre bleue horizon dont Chirac a hérité en 2002. Et puis, en rêvant un peu, vu que la presse nous dit que Nicolas Sarkozy voudrait des Ministres Socialistes dans son Gouvernement (si, vous avez bien lu, c’est ce qui se raconte dans les gazettes – décidemment, la presse française, ça devient du grand n’importe quoi) la meilleur façon de lui donner satisfaction, puisqu’il aime tant les Socialistes d’un seul coup, c’est de lui en filer le plus grand nombre possible à l’Assemblée Nationale. Voilà pourquoi je ne rentrerai pas dans le débat sur la refondation de la Gauche, non pas que je n’ai pas d’opinion sur le sujet mais tout simplement parce que ce n’est pas le moment. Le moment viendra, ce sera celui du congrès. La bataille qui se joue maintenant, c’est celle des Législatives. C’est une bataille dans laquelle 577 candidats Socialistes, Radicaux de Gauche et MRC sont impliqués. Toute querelle de personnes ou de méthodes ou de courant intervenant avant cette échéance mettrait chacun de ces 577 candidats dans de grandes difficultés plus grandes encore que d’être candidat juste après une victoire de la Droite parce que les Français trouveraient indécent que les leaders du Parti Socialiste se disputent dans un instant aussi difficile pour les 17 millions de personnes qui ont voté Ségolène Royal et ils auraient raison. La priorité pour toutes les forces de gauche et de progrès est donc de faire front face à l’UMP et pas de décider maintenant quel est celui ou celle qui doit reconstruire la Gauche (et encore moins si les militants n’avaient  pas leur mot à dire mais là encore, il n’y a que la presse pour penser que les militants comptent pour du beurre au PS).

 

           

            La troisième chose enfin, c’est la politique que Nicolas Sarkozy va mener quand il va être au pouvoir. Toutes ces choses dont les Français ne veulent pas –même ceux qui ont voté pour lui sans avoir lu son programme-.

-La privatisation d’Areva, autrement dit, du nucléaire civil

-La quadruple franchise médicale

-Le bouclier fiscal pour les plus riches

-Le fichage systématique des citoyens dés l’âge de trois ans pour repérer les délinquants

-La Carte d’Identité obligatoire et payante

-Sa soumission affichée dés le soir de sa victoire à la politique américaine

            Tout ceci ne sont que quelques exemples de ce dont les Français, la presse bien pensante et la Gauche devraient s’occuper vite fait.

 

 

            Ces trois choses que sont le respect entre Français, la refondation du paysage politique français et la politique de destruction, sociale, économique et démocratique que Monsieur Sarkozy va commencer à mener me concernent pour ma part beaucoup plus que des vacances sur un yacht de quelqu’un qui voudrait se donner une image de Kennedy à la française alors que Nicolas Sarkozy n’est jamais à John Fitzgerald Kennedy que ce que Mireille Mathieu est à Marilyn Monroe.

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 21:53

Pour voir la vidéo : cliquez ici

Lorsqu’on entend certains mots comme « liquidation »,  « prédestination » et « reformatage » dans le cadre d’une campagne présidentielle, on est forcément amené à se poser des questions sur les erreurs passées de l’Histoire du monde.

Je vous propose donc cet extrait du « Dictateur » de Charlie Chaplin, à voir et à méditer absolument avant de voter.

 

Ceci sera le dernier article de ce blog avant dimanche 20H00.

 

Si vous aimez ce symbole de Liberté qu’est la France dans le monde, si vous aimez vos enfants, si vous voulez que tous les Français de toutes générations et de toutes origines se rassemblent pour construire une France, une Europe meilleure et un monde meilleur pour tous, si vous croyez à ce grand pays qui vota la Liberté du monde :

 

Votez Ségolène Royal


Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /Avr /2007 01:50

« Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur. » (Beaumarchais)

 

      Quand on n’est pas d’accord avec quelque chose, il faut le dire. Il faut aussi rester fidèle à ses idées.

      Quand on se trompe sur le compte de quelqu’un, il faut le dire aussi.

Le 15 avril, j’écrivais le chose suivante sur ce blog : « Disons les choses clairement, si comme je le pense, François Bayrou est éliminé dés le premier tour, il n’aura que trois options :

 

-         La première est de montrer qu’il veut vraiment battre Nicolas Sarkozy en appelant à voter pour Ségolène Royal au deuxième tour. Dans ce cas, comme Ségolène Royal a dit que toute personne appelant à voter pour elle au second tour ferait partie de sa majorité présidentielle, il se retrouve dans la majorité présidentielle nouvelle avec le PS, le PRG, le MRC et probablement le PC et les Verts oui mais là, il se coupe de son appareil et de ses militants qui sont de droite donc quand bien même il obtiendrait des circonscriptions réservées par le PS, il aurait grand mal à se trouver des candidats. Cette hypothèse courageuse signifierait sa mort politique.

-         La deuxième consisterait à rejeter Nicolas Sarkozy mais à ne pas appeler à voter pour Ségolène Royal. Venant d’un homme de droite, tout le monde comprendrait cela comme un soutien implicite à Ségolène Royal mais sans volonté de faire partie de la majorité présidentielle histoire de conserver sa troisième voie ouverte. Dans ce cas, l’UMP rompt tous les accords qu’elle a avec l’UDF et là… c’est la mort politique de François Bayrou.

-         La troisième est que François Bayrou appelle à voter Nicolas Sarkozy. Dans ce troisième cas, ses électeurs venus de la gauche ou ne supportant pas Sarkozy se sentent cocus, l’UDF garde un groupe parlementaire mais la démarche ni droite ni gauche est reniée par son auteur et donc… c’est la mort politique de François Bayrou

 

Je vous donne mon pronostique pour le soir du 22 avril : Si François Bayrou est éliminé, il appellera à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour… comme il l’a toujours fait. Si vous êtes de gauche et que vous avez mangé des pommes en 1995, ne faites pas la même erreur en montant sur le tracteur en 2007. »

                        Disons les choses franchement, je crois que la troisième voie dont on parle depuis presque 40 ans est un mythe, un impossible rêve mais en je me suis trompé sur la position qu’allait prendre Monsieur Bayrou pour le second tour. Je le prenais pour quelqu’un disons d’un peu trublion dans la Droite qui allait se rentrer au bercail dés son élimination constatée mais aujourd’hui, il a fait une chose que je n’aurais jamais pensé voir de la part d’un élu centriste et il l’a fait par conviction dans sa troisième voie et par respect de la liberté de ses électeurs.

 

                        Sur Nicolas Sarkozy, il dit : « Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche. »

                        Sur Ségolène Royal, il dit : « Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de démocratie, encore que le parti socialiste n’ait rien fait quand il était au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive à l’égard du tissu social, mais son programme, multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de tout, créant je ne sais combien de services publics, va exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie leur créativité et leur équilibre. »

                        Ses propos sur le candidat de l’UMP sont d’une sévérité jamais vue de la part d’un leader de l’UDF à l’encontre d’un leader de l’UMP. Plus tard au cours de la conférence de presse, François Bayrou ira même jusqu’à condamner la façon dont sont traités les élus de l’UDF au Conseil Général des Hauts-de-Seine.

                        Certes, il se montre en désaccord sur le niveau économique avec Ségolène Royal en particulier à cause du problème de la dette mais la sévérité de son propos à l’égard de notre candidate n’a rien à voir avec ce qu’il dit de Nicolas Sarkozy.

                        Je ne sais pas où ira sa troisième voie ; je ne sais pas quelle position prendront les élus de l’UDF, s’ils auront le même courage que lui face au risque que représente Nicolas Sarkozy  et il faudra bien examiner ceci pour connaître les chances de viabilité du nouveau Parti Démocrate que François Bayrou veut créer mais aujourd’hui, François Bayrou vient de démontrer qu’il en avait dans le ventre. J’ai bien peur pour lui cependant que l’UMP ne lui fasse payer très cher son audace.

                        Monsieur Bayrou, je ne suis pas du tout d’accord avec vous sur le fait que le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal va nuire à la créativité de notre économie mais sur le fait que vous alliez au bout de vos convictions je vous dis : « chapeau » !

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Dimanche 15 avril 2007 7 15 /04 /Avr /2007 18:15

            Depuis quelques jours, deux personnalités socialistes ont indiqué qu’elles souhaitaient une alliance avant le premier tour avec François Bayrou. Certains électeurs de gauche (pas une majorité heureusement) nous font savoir qu’ils envisagent de voter François Bayrou au premier tour car il serait, selon eux, le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy.

 

            Si vous êtes dans ce cas, ce billet d’humeur vous est destiné.

 

            Si vous voulez battre Nicolas Sarkozy et la Droite, vous avez en réalité toutes les raisons de voter pour la seule candidate capable de battre Nicolas Sarkozy et de faire une politique de gauche.

 

1)      François Bayrou est un homme de droite avec un programme de droite et une stratégie de droite :

 

 

J’ai un grand respect pour les opinions de chacun. François Bayrou est un homme honnête, courageux, respectable et qui n’a pas le côté inquiétant de Nicolas Sarkozy. C’est un vrai républicain mais c’est un homme de droite qui a participé à des politiques de droite (Cf. « Les dangers de la tentation Bayrou »).

 

Pour en être convaincu, il suffit de lire son programme que j’ai récupéré sur le marché de Montrouge ce matin.

 

-Les deux emplois sans charges pendant 5 ans par entreprise : c’est une mesure de droite

-Payer 35% de plus les heures supplémentaires sans que ça coûte plus cher aux entreprises, c'est-à-dire, pas de cotisations sociales sur ces heures et donc pas d’acquisition de points retraite sur ces heures, c’est carrément un copier-coller de la proposition de Nicolas Sarkozy du « Travailler plus pour gagner plus »,

-François Bayrou propose de très bonnes choses pour la recherche mais sans mettre les budgets qui vont avec,

-Il est aussi pour un service minimum dans les transports ce qui est typiquement une mesure de droite et dans le même temps, il ne fait aucune proposition pour améliorer le dialogue social sinon revenir au statu quo des accords de Grenelle

- François Bayrou veut mettre en place un plan de sécurisation des côtes pour lutter contre l’immigration clandestine, c'est-à-dire surveiller celles des frontières extérieures de la France par où aucun immigré clandestin ne passe jamais

 

      Et encore, je ne prends que ce qu’il y’a dans son petit fascicule, si on va sur son site, c’est beaucoup plus complet et on s’aperçoit que son programme c’est 80% de celui de Nicolas Sarkozy, 10% de celui de Ségolène Royal et 10% de choses qui pourraient se trouver dans n’importe quel programme. Non, décidément, la Gauche et la Droite, ce n’est pas la même chose.

 

      Il y’a un autre élément à prendre en ligne de compte par ces électeurs qui se disent  gauche et qui sont prêts à voter Bayrou.

 

      Disons les choses clairement, si comme je le pense, François Bayrou est éliminé dés le premier tour, il n’aura que trois options :

 

-         La première est de montrer qu’il veut vraiment battre Nicolas Sarkozy en appelant à voter pour Ségolène Royal au deuxième tour. Dans ce cas, comme Ségolène Royal a dit que toute personne appelant à voter pour elle au second tour ferait partie de sa majorité présidentielle, il se retrouve dans la majorité présidentielle nouvelle avec le PS, le PRG, le MRC et probablement le PC et les Verts oui mais là, il se coupe de son appareil et de ses militants qui sont de droite donc quand bien même il obtiendrait des circonscriptions réservées par le PS, il aurait grand mal à se trouver des candidats. Cette hypothèse courageuse signifierait sa mort politique.

-         La deuxième consisterait à rejeter Nicolas Sarkozy mais à ne pas appeler à voter pour Ségolène Royal. Venant d’un homme de droite, tout le monde comprendrait cela comme un soutien implicite à Ségolène Royal mais sans volonté de faire partie de la majorité présidentielle histoire de conserver sa troisième voie ouverte. Dans ce cas, l’UMP rompt tous les accords qu’elle a avec l’UDF et là… c’est la mort politique de François Bayrou.

-         La troisième est que François Bayrou appelle à voter Nicolas Sarkozy. Dans ce troisième cas, ses électeurs venus de la gauche ou ne supportant pas Sarkozy se sentent cocus, l’UDF garde un groupe parlementaire mais la démarche ni droite ni gauche est reniée par son auteur et donc… c’est la mort politique de François Bayrou

 

Je vous donne mon pronostique pour le soir du 22 avril : Si François Bayrou est éliminé, il appellera à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour… comme il l’a toujours fait. Si vous êtes de gauche et que vous avez mangé des pommes en 1995, ne faites pas la même erreur en montant sur le tracteur en 2007.

 

2/ Quand on est de gauche, on vote pour le  candidat de gauche :

 

            Si vous vous dite que les Socialistes auraient pu choisir un meilleur candidat que Ségolène Royal, je vous dit clairement que je ne suis pas d’accord avec vous mais que c’est votre droit de préférer d’autre personnalités au sein du PS mais que Ségolène Royal a justement été choisie par 60% des militants socialistes pour les représenter et qu’elle porte donc les espoirs de tous les Socialistes – y compris ceux du candidat que vous auriez préféré-, les espoirs des nombreuses personnes en difficultés que je croise dans les rues, sur les marchés et dans les débats, les espoirs de tous ces jeunes qui veulent bâtir des nouvelles solidarités de tous ces gens qui se pressent dans ses meetings au point qu’on doit refuser du monde, de toutes ses femmes qui aspirent au respect et à l’égalité réelle, de tous ces chercheurs qui nous ont dit qu’ils étaient sous payés et que leurs conditions de travail étaient déplorables et qui souhaitent ne pas avoir à céder aux sirènes de postes plus valorisants à l’étranger, de tous ceux qui nous ont dit qu’il fallait prendre le problème du réchauffement climatique à bras le corps etc… etc… Voter à droite, c’est voter contre tous ces gens là et voter Bayrou, c’est voter à droite.

 

J’ai pour la première fois entendu dans cette campagne des arguments inédits :

-« Elle est autoritaire »

-« Elle est froide »

-« Je n’aime pas la façon dont elle est habillée »

-« Elle a un gros salaire »

-« Elle ferait mieux de s’occuper de ses enfant »

-« Le drapeau français, c’est pas bien »

-« Couscous Royal a un poix chiche à la place du cerveau »

 

            Vous appelez ça des arguments de fond. Moi pas…

 

            Alors, si vous ne supportez pas sa voix, coupez le son et lisez le Pacte Présidentiel, lisez son livre « Maintenant » (331p. 18Euro) paru chez Hachette Littérature, réfléchissez et vous arriverez comme moi à la conclusion que pour battre Nicolas Sarkozy, pour battre la Droite, seul un candidat de gauche peut le faire car il n’a rien à négocier avec la Droite et vous comprendrez que seule Ségolène Royal peut battre la Droite et Sarkozy pour lancer une politique de progrès qui sortira la France de la mauvaise passe qu’elle traverse actuellement.

 

 

 

 

Je ne vous demande pas de voter par adhésion à tout ce que dit Ségolène Royal mais de voter Ségolène Royal par solidarité envers toutes les forces de progrès qui se sont ou qui vont se rassembler autour d’elle et  si avec grâce à vous, grâce à nous tous, elle est élue et bien je pense qu’en 2012, vous voterez pour elle par adhésion.

 

 

 

           

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 13:26



Résumé des Episodes Précédents :

 

            Mardi soir, alors même que Nicolas Sarkozy venait de démissionner de son poste de Ministre de l’Intérieur, de graves incidents se déroulent à la Gare du Nord.

 

            Un homme de 32 ans en situation irrégulière est contrôlé sans titre de transport sur le quai de la ligne 5 du métro. Il se trouve que cet homme serait en situation irrégulière et qu’il aurait donné une gifle au contrôleur arguant du fait qu’il n’avait pas besoin de ticket vu qu’il venait juste chercher sa femme qui devait descendre justement sur ce quai. Cet homme serait de plus défavorablement connu des services de police suite à 22 condamnations. Alors bien sûr, les contrôleurs font appels aux policiers qui passaient par là.

 

            Ca, c’est la version  donnée par François Barouin, le nouveau Ministre de l’Intérieur.

 

            En temps normal, ce type d’incident se serait limité à une simple interpellation et ni vous ni moi n’aurions jamais du en entendre parler. Seulement voilà, pour une raison inconnue, 500 jeunes voyous ont cru bon d’en venir aux mains avec les 50 policiers.

 

            Et puis, dans le courant de la semaine, on apprend que s’il est vrai que l’individu contrôlé était bien sans titre de transport, il était présent légalement en France et que son casier judiciaire comporte sept délits mineurs et en tout cas, pas franchement liés à des actes de violence. On apprend aussi qu’il n’est pas sûr qu’il ait donné une gifle au contrôleur.

 

            Pour Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal se met du côté des fraudeurs de façon hystérique (littéralement, ses nerfs seraient sous conduite de son utérus – les femmes apprécieront).

 

            On apprend d’un Philippe de Villiers se posant en témoin oculaire –alors qu’il n’était pas sur les lieux- que ces « émeutes » (sic ) ont été provoquées par des immigrés. On a beau lui dire que d’autres jeunes « immigrés » comme il dit ont tenté de calmer les autres en leur disant qu’ils feraient mieux d’aller voter, il n’en a cure : c’est l’immigration et la Gauche qui sont responsables et de moquer le patriotisme de Ségolène Royal samedi dernier.

 

            Trop c’est trop !

 

            -Qui a été Ministre de l’Intérieur pendant presque toute la période de 2002 à 2007, Ségolène Royal peut-être ?

            -Qui a dressé les Français des différents quartiers les uns contre les autres, Ségolène Royal peut être ?

            -Qui est responsable de la montée de l’insécurité de l’insécurité et du chômage ? Ségolène Royal peut-être ?

            -Ségolène Royal serait-elle d’un seul coup devenu responsable de tous les malheurs de la France au prétexte qu’elle est la candidate de la Gauche ?

 

            Que lui reprochera t’on encore ? De sauter par-dessus les tourniquets du métro, de torturer les animaux, de battre les enfants, d’avoir révoqué l’Edit de Nantes et exterminé l’Homme de Néenderthal ?

 

            Pour vous faire une idée de ce qu’il s’est vraiment passé, et histoire de redonner un peu de hauteur à ce débat, je vous propose une vidéo.


Capture d'écran du 28/03/2007 : Pour voir la vidéo cliquez ici


Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Samedi 17 mars 2007 6 17 /03 /Mars /2007 00:27

NO COMMENT...

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /Mars /2007 17:46

Bayrou

            Depuis quelques jours, la presse se fait écho de la montée de François Bayrou dans les sondages. On nous dit qu’il prendrait des voix à Ségolène Royal et qu’une majorité de bobos seraient tentés de voter pour lui. On nous dit que sa vision de la politique, à savoir, prendre les meilleurs de la Gauche et les meilleurs de la Droite pour les faire gouverner ensemble est une vision moderne de la politique. On nous dit que François Bayrou est un homme neuf qui a une vision différente de la politique. On nous dit que si François Bayrou était élu, il nommerait Dominique Strauss-Kahn Premier Ministre.

            François Bayrou, pour la grande majorité des Français qui sont des gens tolérants et qui savent bien, qu’au-delà des petites phrases et des rivalités de personnes, la France regorge tant à droite qu’à gauche de politiques forts talentueux et compétents, propose une véritable révolution : l’union des forces démocratiques.

 

 

 

            Il est certes vrai que François Bayrou est un homme de centre droit qui n’a pas la même conception des libertés individuelles et du fonctionnement de la démocratie que Nicolas Sarkozy. François Bayrou appartient à la Démocratie Chrétienne, cette famille politique de droite, il est vrai mais qui a quand même quelques notions sociales. François Bayrou ne représente pas le danger que représente Nicolas Sarkozy pour la démocratie. Je n’attaquerai donc pas François Bayrou comme j’ai attaqué Nicolas Sarkozy (et comme je l’attaquerai encore) en ce sens que la grande estime que je porte à François Bayrou en tant qu’homme ne peut m’empêcher de combattre ses idées tandis que je trouve Nicolas Sarkozy dangereux non seulement à cause des ses idées mais des sa personnalité tourmentée et agitée et des ses mauvaises fréquentations.

 

 

 

            Oui, je crois François Bayrou sincère et honnête mais je crois qu’il ne réalise pas à quel point il est de droite, cette bonne vieille Droite qu’on combattait parce qu’on n’était pas d’accord avec mais qui n’était pas foncièrement dangereuse pour la Liberté, mis à part le fait qu’elle fermait les yeux sur quelques personnages puants du type Maurice Papon. Mis à part ça, il y’avait beaucoup moins de risque pour les libertés individuelles à voter Valery Giscard d’Estaing en 1974 qu’à voter Nicolas Sarkozy en 2007. Je crois aussi que François Bayrou est un utopiste. C’est bien la première fois qu’on voit un utopiste se réclamer du Centre. Regardez Raymond Barre, il avait bien les pieds sur terre lui !

 

 

 

            Je ne suis pas d’accord avec le point de vue de Monsieur Bayrou et j’entends ici remettre les faits dans leur véritable perspective.

 

 

 

Le Premier Ministre avec le profil de Jacques Delors en plus jeune :

 

 

 

 Jacques Delors, un bâtisseur de l'Union européenne.           Je me souviendrai toujours de ce jour de fin 1994 où Jacques Delors a annoncé dans 7/7 présenté par Anne Sinclair qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle. Jacques Delors était à cette époque là le plus compétent des Socialistes pour ce poste. C’était un européen convaincu, un excellent économiste avec une vision pour la France, l’Europe et le monde qui allait à 25 ans. Quelque chose en moi me dit que si Jacques Delors s’était présenté en 1995, il aurait su gagner contre Chirac et qu’il aurait été un grand Président. L’Europe doit énormément à Jacques Delors et j’espère qu’un jour, l’Histoire saura lui rendre justice. Jacques Delors est un homme de gauche pragmatique qui voit les choses telles qu’elles sont mais veut les changer pour le progrès de tous.

 

 

 

            C’est donc Jacques Delors en plus jeune que voudrait François Bayrou à Matignon et là, toute la presse voit Dominique Strauss-Kahn- dont François Bayrou n’ a pas même cité le nom-  devenir le Premier Ministre de François Bayrou, les bobos le souhaiteraient en oubliant plusieurs petit détails :

1)      Parmi les trois candidats à l’investiture socialiste du 16 novembre, un seul a appartenu au « Club Témoin », le club de Jacques Delors et c’est… Ségolène Royal.

2)      Dominique Strauss-Kahn a fait ses armes en politique avec Lionel Jospin (après un court passage au CERES de Jean-Pierre Chevènement) et il ne vole de ses « propres ailes » que depuis 2002 ; ça fait quelques nuances avec Jacques Delors.

3)       Dominique Strauss-Kahn a refusé catégoriquement la proposition de François Bayrou, montrant ainsi, s’il en était besoin, sa loyauté sans faille envers le Parti Socialiste, son parti.

4)      Le rêve de Dominique Strauss-Kahn est de créer une sociale démocratie à la française, pas de faire alliance avec la Droite

5)      On voudrait faire éclater le PS en faisant douter de la loyauté d’un de ses éléments moteurs qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

 

 

 

Le Grand Parti Démocrate :

 

 

 

            François Bayrou nous annonce hier qu’il veut créer un grand Parti Démocrate à l’image du Parti Démocrate Américain et du Parti du Congrès Indiens.

 

 

 

            François Bayrou oublie là aussi certains petits détails.

 

 

 

            Aux Etats-Unis, c’est le bipartisme qui fonctionne. Il y’a un parti conservateur, voulant réduire à son expression minimum le pouvoir de l’Etat central et pratiquant le néo-libéralisme à outrance, il s’agit du Parti Républicain et un parti progressiste qui veut que l’Etat central aide ceux qui ont besoin d’être aidés, qui donne de la place à l’éducation et à la santé et qui veut que l’Etat fédéral ait les moyens d’accomplir ses missions, c’est le Parti Démocrate. En plus de ça, ces deux grands partis sont financés par des lobbies et des entreprises privées, ce qui est interdit en France. La politique d’un parti américain est donc déterminée par un compromis entre sa ligne politique et ses intérêts financiers.

            Il y’a aussi pléthore de petits partis dont un microscopique Parti Communiste, un petit Parti Socialiste, un petit Parti Vert. Sachant que l’élection présidentielle se joue sur un tour, qu’un électeur américain vote non pour le Président directement mais pour un grand électeur qui lui élira le Président, sachant aussi que pour les législatives, c’est celui qui arrive en premier qui est élu même s’il n’a que 15 % des voix. L’électeur américain qui vote autre chose que Démocrate ou Républicain est donc un original car voter autre chose, c’est prendre le risque de certain de voir élu quelqu’un qu’on a pas voulu. Exemple concret : les 2 ,74% d’électeurs qui ont voté pour Ralph Nader, le candidat vert en 2000 ont manqué à Al Gore pour être Président au lieu de Bush. On voit ce que Bush a fait de sa présidence.

            Même si la démocratie américaine a besoin de se perfectionner, il n’en reste pas moins vrai qu’il y’a une opposition forte entre une droite et une gauche et que l’alternance s’y est réalisé plusieurs fois. Mais il y’a deux grands partis qui s’opposent.

 

 

 

            En Inde…

            Mais je vois que j’allais parler de la démocratie indienne – la plus grande démocratie au monde- sans parler un peu de ce qu’est l’Inde.

            L’Inde possède une très grande civilisation, c’est un pays merveilleux. Les Indiens ont stoppé Alexandre, construit le Taj Mahal, construit des temples somptueux et des villes magiques. Les Indiens maîtrisent la technologie nucléaire et envoient des sattellites dans l’espace mais l’Inde est le pays le plus dépaysant pour un occidental qui soit au monde. Allez en Afrique, allez en Chine, allez en Amérique du Nord ou du Sud, vous trouverez toujours une référence culturelle commune avec vos ôtes. En Inde, tout est différent.

            Dans n’importe quel pays au monde, si vous êtes en voiture et qu’une vache est au milieu de la route, vous allez descendre, lui parler à l’oreille, la tirer par le collier en disant : « Par ici la Noiraude, c’est dangereux sur la route ». En Inde, gare à vous si vous faite ça : la vache est sacrée.

            Dans n’importe quel pays au monde, si vous avez la lèpre, qu’on vous soigne (le traitement est connu et vaut 7,50 euro par malade) et que vous guérissez, c’est la fête, vous récupérez votre vie, votre travail, votre rang social… pas en Inde, vous êtes un intouchable, un paria à vie.

            Dans n’importe quel pays au monde, si vous êtes témoins d’un accident, que vous venez en aide à une victime et que cette victime vient à décéder, on vous remercie d’avoir tenté de faire quelque chose pour sauver votre prochain… pas en Inde, au mieux, vous êtes coupable d’un homicide involontaire, au pire, vous êtes un meurtrier.

 

 

 

            J’oubliais aussi que tout étranger conduisant une voiture en en Inde est automatiquement considéré comme responsable s’il a un accident de la circulation même si le code de la route est de son côté.

 

 

 

            Comme vous pouvez le voir, comparer la civilisation indienne à la civilisation occidentale n’a strictement aucun sens alors comparer le système démocratique… !

 

 

 

            En gros, mais vraiment en gros, le Parti du Congrès est un parti fondé par un Anglais à la fin du XIXème siècle dont a été membre la Mahatma Gandhi. Gandhi considérait que se parti devrait être dissout après l’indépendance mais il est resté uni. Dans les années 90, de petits partis dissidents se sont crées qui ont tous le mot « Congrès » dans leurs intitulés. Le Parti du Congrès a pour seul opposant sérieux le BJP dont le programme est de zigouiller les Musulmans d’Inde. Si les Indiens vivent très bien cette situation, je crois qu’en France, il serait difficile d’imaginer un parti démocratique ayant le pouvoir, avec à côté une ribambelle de petits partis démocratiques de gauche ou de droite qui n’auront jamais le pouvoir et comme principal opposant, un parti nationaliste qui veut opérer une véritable purification religieuse.

 

 

 

            Imaginons un peu ce que serait le Paysages Démocratique Français si le Parti Démocrate voyait le jour.

 

 The ten original Care Bears in the logo for the 1980s franchise, with Tenderheart Bear at top.

 

            Je rappelle que dans le PD de Monsieur Bayrou (désolé pour le sigle, c’est Bayrou qui a choisi le nom de son parti), il y’aurait (j’insiste sur le conditionnel), les deux tiers du PS, les Verts, l’UDF et deux tiers de l’UMP autrement dit, deux français sur trois. A gauche, on aurait la partie la plus à gauche du PS, le PC, les trotskistes de LO et de la LCR et les altermondialistes. A droite, on aurait comme opposition, les plus réacs de l’UMP, Villiers et le FN. Les deux extrêmes ne pouvant former une coalition pour gouverner ensemble, vous pensez bien que le PD serait au pouvoir serait au pouvoir pour longtemps avec comme seule alternance possible : Le Pen… ou les trotskistes… ça fait rêver !

 

 

 

            Le PD de Bayrou est un impossible rêve, celui de conjuguer tous les talents. Alors oui, on peut croire avec les meilleurs intentions du monde qu’un gouvernement avec DSK comme Premier Ministre, Villepin aux Affaires Etrangères, Chevènement à l’Intérieur, Lang à la Culture, Borloo au Logement, José Bové à l’Agriculture et Sarkozy… à Neuilly sur Seine ça serait une belle preuve d’union de la Nation où tous les Hommes seraient frères. Mais malheureusement, la France, ce n’est pas l’Ile aux Enfants ni le pays des bisounours, c’est un pays réel avec des gens différents. Il y’a des gens de grand talent à gauche et à droite mais ils ont des conceptions radicalement différentes de la société. Il suffit de comparer les programmes de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy pour s’en convaincre. Mettre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal dans le même parti, c’est comme mettre de l’acide nitrique et de la glycérine dans le même flacon : c’est très dangereux !

 

 

 

Quelle majorité pour Bayrou ?

 

 

 

            Soyons fous deux secondes et imaginons que François Bayrou soit élu Président de la République.

 

 

 

            Bon, première chose, sous la Vème République (je sais que Bayrou veut la VIème comme beaucoup de Socialistes mais on est encore sous la Vème), le Président choisit le Premier Ministre en faisant en sorte qu’il puisse tenir devant l’Assemblée Nationale. Dans cette logique, Sarkozy nommerait un UMP et Ségolène Royal un Socialiste mais Bayrou, lui, veut nommer un Socialiste.

            Si quand on vient d’être élu, on décide de nommer un Premier Ministre de l’autre camp, on a la décence d’attendre les législatives et là de nommer le chef de la maison d’en face. La maison d’en face pour l’UDF et ce, depuis qu’elle a été crée pour soutenir Valery Giscard d’Estaing qui lui, en bon démocrate n’aurait jamais imaginé se fondre dans le même parti que François Mitterrand, c’est le Parti Socialiste dont le Premier Secrétaire est François Hollande. Vous imaginez François Hollande qui accessoirement se trouve être le compagnon de Ségolène Royal, accepter d’être le Premier Ministre d’un homme qui aurait fait subir au PS et à sa compagne, mère de ses enfants, la pire humiliation que son parti ait jamais subit avec le 21 avril 2002. Car, ne nous y trompons pas, si Bayrou était  présent au second tour, c’est que Ségolène Royal aurait été éliminée.

            Alors Bayrou irait voir un autre ou une autre socialiste qui saurait bien que s’il disait oui, il passerait pour un traître aux yeux de tous les autres socialistes.

            Au cas ou aucun socialiste ne voudrait, il irait chercher un UMP. Ah oui…, il y’a ça aussi, l’état de l’UMP suite à une défaite de Sarkozy face à Bayrou. La nature des choses est que l’homme fort de la Droite, s’il perd, perde contre le représentant du camp d’en face, pas contre le supplétif de son propre camp. La nature des choses dans l’esprit de Sarkozy est qu’il se retrouve face à Ségolène Royal. Tel qu’on le connaît, s’il se retrouvait face à Bayrou, il croirait n’en faire qu’une bouchée alors qu’en réalité, le piège se serait refermé sur lui : il serait en réalité déjà perdant.

            Sarkozy qui rêve d’être Président depuis qu’il a du poil au menton le ferait payer très cher à l’UDF qui n’a un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale que parce que l’UMP lui réserve des circonscriptions. Sans les voix UMP, il n’y a pas d’UDF !

 

 

 

            Qu’on le prenne dans un sens ou dans l’autre, si François Bayrou était élu Président de la République, il serait l’otage turbulent de l’UMP, c’est tout.

 

 

 

            Enfin, le dernier élément à prendre en compte est que nous ne sommes pas en Allemagne où on peut faire une coalition si les deux grands partis sont à 50/50. Ce n’est pas la tradition française. Il n’y a qu’une seule exception : l’Union Sacrée, quand le sol de la Patrie est attaqué, tous les Français ont le devoir de s’unir.

 

 

 

François Bayrou, pas de droite… ?

 

 

 

 

 

 

            Il y’a enfin une chose qui m’agace terriblement, c’est cette histoire de ni gauche, ni droite. Il appelle ça l’extrême centre.

            Soit, je veux bien mais alors, il faudrait, pour être un vrai centriste que François Bayrou ait pris autant de mesures de gauche que de mesures de droite.

            Regardons un peu le parcours politique de François Bayrou. Je mets D pour un truc de droite et G pour un truc de gauche :

            -Il est élu Conseiller Général en 1982 à l’âge de 30 ans. Il est déjà à l’UDF qui à cette époque est dans l’opposition (certains croyaient encore cette année là que les chars russes allaient défiler sur les Champs Elysées un de ces 4 matins). D

            -Soutient Balladur pour l’élection présidentielle de 1995. D

            -Tente d’intégrer au budget de l’Etat les investissements pour les établissements confessionnels (1994). D

            -Refuse toute alliance avec le FN aux régionales de 1998… Républicain, tout simplement…

            -2002, donne une claque à un enfant qui tentait de lui faire les poches…C’est ni de gauche, ni de droite : il a bien fait !

            -Depuis 2002 : a voté tout ce qu’à fait l’UMP sauf lors de deux motions de censure déposées par le PS. François Bayrou a globalement soutenu une politique et un gouvernement de droite. DDDDD et D !

  

    Enfin, suivant le bon vieil addage, dis moi qui sont tes amis, je te dirais qui tu es : A Montrouge, le Maire Jean-Loup Metton qui est bien de droite avec ses caméras aux carrefours principaux pour surveiller qui circule où, sa volonté de casser petit à petit le bâtit existant au bénéfice des promoteurs, son couvre-feu à 22H00 pour les cafés, sa conception que la jeunesse est un risque (il y'a un département Jeunesse et Prévention à la Mairie de Montrouge) et bien notre Maire qui est bien de droite soutient Bayrou. Je vois mal Jean-Loup Metton prendre des Socialistes dans sa majorité municipale.

   

 

 

 

 

            Pour conclure cette démonstration, je cite Laurent Joffrin de « Libération » :

 

 

 

            « On peut comprendre la tentation Bayrou. L’homme est talentueux, direct, simple. Déjà ministre sous Balladur, il se présente comme une alternative au « système ». C’est un vieux routier qui parle neuf. Ses attaques contre TF1 lui ont valu une large adhésion. Ses envolées mendéssistes sur les promesses inconsidérées lui assurent l’estime des réalistes. Ses aspirations de franc-tireur sont souvent bienvenues. En général, les centristes sont ronds. Voici un centriste carré. Mais entre droite et gauche, les bobos qui rêvent d’un ni-ni oublient une chose : les actes en disent plus que les mots. Bayrou, le fier discoureur, a toujours, à l’heure des choix, agi avec la Droite. Ceux qui ne veulent pas l’imiter ne doivent pas l’écouter. »

 

 

 

 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Billets d'Humeur
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