Réactions

Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /2006 18:05

SegbethA quelques jours du vote des militants pour la désignation du candidat du Parti Socialiste, Ségolène Royal a accordé cette interview au Journal Du Dimanche.

Trois femmes démocrates, dont
Hillary Clinton, viennent d’émerger du scrutin américain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Il ne faudrait pas accréditer l’idée que l’accès des femmes aux responsabilités est une chose acquise. De plus, le jour où trois femmes démocrates émergent aux Etats-Unis, on apprend qu’en France, une femme est violée toutes les deux heures. Il y a encore tellement à faire contre ces violences cachées faites aux femmes, contre le harcèlement sexuel, les inégalités salariales… La question des femmes n’a donc pas beaucoup progressé. Je pense même le contraire, quand j’observe que 80 % des travailleurs précaires sont des femmes.

Cependant, le fait qu’une femme puisse être candidate à l’Elysée ne montre-t-il pas un progrès ?

Je crains qu’on ne se réjouisse trop vite e t qu’à partir de quelques symboles, on se dise: « Voilà, c’est fait », alors que les résistances machistes sont fortes. Au plus profond de certains hommes, il y a antinomie entre l’exercice de l’autorité et du pouvoir, et lefait d’être une femme. On voit d’ailleurs ressortir des plaisanteries douteuses.

Quel bilan tirez-vous de ces débats que vous craigniez au départ ?

Le parti a pris le risque d’affaiblir son candidat. Doutant de mes capacités, ce sont les deux autres qui ont voulu ces débats. Et s’ils en ont exigé six, c’est qu’ils pensaient que je ne tiendrais pas la distance. Finalement,
les militants ont permis que tout se déroule correctement et moi, j’ai refusé de répondre aux attaques très violentes dont j’ai été l’objet. Si j’étais tombée dans la polémique, cela aurait pu très mal se terminer. Or, à l’issue de ce processus, ma légitimité n’est plus contestable, et le PS en sort grandi. C’est bien.

Que pensez-vous de la vidéo qui circule sur le Net et dans laquelle vous affirmez que les enseignants devraient être présents 35 heures par semaine au collège, au lieu de donner des cours de soutien dans le privé ?

Ce sont des méthodes de fin de campagne. Je les déplore. Les questions d’éducation méritent mieux que ce genre de procédé. Je pense qu’une vraie révolution éducative est nécessaire pour lutter contre l’échec scolaire. Je préconise donc que les moyens à donner à l’éducation et à l’organisation du travail dans les collèges fassent l’objet d’un débat approfondi dès la campagne présidentielle et que l’on réponde au besoin de soutien scolaire individualisé. Je redis ici toute l’estime et la confiance que j’ai dans les enseignants.

Ces mauvaises méthodes ne compromettent-elles pas le rassemblement des socialistes derrière le vainqueur ?

Plus la participation sera forte, plus le score sera net, et mieux les socialistes pourront se rassembler. C’est pourquoi la désignation du candidat, largement et dès le premier tour, est indispensable pour combattre la droite et les dégâts de sa politique.

Etes-vous rancunière ?

Non, pas assez, c’est peut-être ma faiblesse. Mais comme je vais de l’avant, je ne traîne pas avec moi les scories du passé, toutes les méchancetés, les humiliations…

Pourquoi les militants voteraient-ils pour vous jeudi soir ?

Mais parce que je peux gagner! Je suis la seule à pouvoir l’emporter sur la droite. J’incarne le changement profond que réclament les gens. Pour beaucoup, je suis la candidate contre les pouvoirs en place, contre les pesanteurs, contre ceux qui se pensent propriétaires de la chose publique. Il y a un côté insoumission chez mes partisans. Que la symbolique du père de la nation puisse être une femme, ça, c’est une révolution!

Vous sentez-vous prête à affronter le débat, vraiment contradictoire celui-là, avec des adversaires de droite ?

Tout à fait, le débat sera plus clair, donc plus motivant.

Nicolas Sarkozy ne vous fait-il pas peur ?

Mais c’est aux Français qu’il fait peur!

Même s’il reprend certaines idées du projet du PS, comme le remboursement des aides publiques par les entreprises qui délocalisent ?

Il n’y a pas de risques de nous confondre. On ne fera pas une seconde fois aux Français le coup de la fracture sociale. Mais pourtant, son thème de la rupture paraît marcher… Les gens ont tellement besoin de croire au changement, de croire à l’efficacité du politique! Précisément, si je mène une bonne campagne, je saurai faire la différence.

La campagne sera-t-elle à nouveau axée sur la sécurité ?

Moi, je suis axée sur les problèmes du pays: la relance de l’emploi, la lutte contre toutes les formes d’insécurité, mais aussi l’aide à ceux qui décrochent. Je veux tenir les deux bouts de la chaîne. Les sécurités quotidiennes sont le problème majeur des catégories populaires. Ceux qui, au PS, m’ont traitée de « deuxième Sarkozy », sont à côté.

Ce thème de la sécurité renforce-t-il le vote Le Pen ?

La question que je me pose c’est comment ramener les électeurs d’extrême droite dans le giron républicain ? Parmi les électeurs de Le Pen, une partie, la moins nombreuse, adhère à ses idées. Les autres votent par colère. Il n’y a pas de honte à s’adresser à eux, le Front national n’est propriétaire d’aucun électeur. L’important, c’est d’être vrai. Je ne veux pas revivre le 21 avril 2002.

Le Pen doit-il avoir ses 500 signatures ?

C’est son problème.

Si vous êtes désignée par le PS, comment comptez-vous rassembler la gauche ?

Je crois à notre force de persuasion, et je fais le pari de rassembler un maximum de personnalités dès le premier tour. C’est mon côté idéaliste. Je ne suis pas inquiète et je m’attellerai à cette tâche immédiatement, si je suis désignée.

Et Jean-Pierre Chevènement ?

J’ai bon espoir de le convaincre, dès lors qu’il se sentira respecté dans son itinéraire et ses convictions, qui font partie du patrimoine de la gauche.

Un rapprochement avec François Bayrou est-il envisageable ?

Il est hors de question de nouer des alliances d’appareil avec la droite. Mais il peut y avoir des convergences sur des projets de loi. On appelle cela des majorités de projets.

Vos détracteurs vous soupçonnent de vouloir transformer le PS en parti de supporteurs?

Qu’il y ait des supporteurs ne me choque pas, ce sont eux qui m’ont soutenue. Je respecte suffisamment les adhérents pour penser que, s’ils peuvent être des « supporteurs », c’est parce qu’ils ont des convictions.

Interview Pascale Amaudric et Florence Muracciole

Source : Le JDD


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Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /2006 18:31

"C'est un renouvellement de la pratique politique"

19/11/2006

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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /2006 22:49

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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 23:06

SVLa candidate socialiste à l'Elysée Ségolène Royal a promis vendredi qu'il n'y aurait "pas de fiscalité nouvelle qui décourage le travail" ni de hausse des prélèvements obligatoires si elle est élue en 2007.

"Il n'y aura pas de fiscalité nouvelle qui décourage le travail ou l'effort", a déclaré Mme Royal, interrogée par la presse sur les hausses d'impôts proposées par François Hollande, lors de la présentation de ses voeux au conseil régional de Poitou-Charentes qu'elle préside.

"Il faudra rééquilibrer la fiscalité, l'alléger sur le travail et peut-être la renforcer sur le capital si l'on veut résorber les déficits. Mais cela se fera sans augmentation des prélèvements obligatoires", a-t-elle dit.

La candidate a rappelé qu'elle avait "mandaté un certain nombre de spécialistes pour mettre à plat (ces questions de déficit et de fiscalité), voir les pistes envisageables".

"Le débat sur la question des graves déficits dont souffre la France aujourd'hui est indispensable (...). Le moment venu, dans le cadre du projet présidentiel, je dirai un certain nombre de choses sur ces questions", a-t-elle ajouté.

François Hollande, le Premier secrétaire du PS, a relancé le débat sur la fiscalité en se prononçant pour des hausses d'impôts pour les contribuables touchant un salaire net de plus de 4.000 euros par mois. "200.000 contribuables sont concernés", selon lui, 1,2 million de personnes, selon le gouvernement.

Faisant allusions à ces déclarations, la présidente de la région Poitou-Charentes a déclaré :"tout le monde a la légitimité de s'exprimer. Tous les responsables politiques ont la légitimité pour faire des propositions, donner leur point de vue (...)".

Interrogée sur le rôle de François Hollande dans la campagne, Mme Royal a répondu: "il est premier secrétaire du PS, il a tout son rôle mais je veux rassembler les compétences au sein du PS et au delà. J'ai déjà rassemblé à l'extérieur du PS d'autres forces de gauche".

Source : AFP


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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 16:51

FH SRFrançois Hollande en appelle à la justice. Le Premier secrétaire du PS a porté plainte pour diffamation après avoir été accusé d'avoir utilisé avec sa compagne Ségolène Royal une Société civile immobilière (SCI) pour échapper à l'impôt sur la fortune (ISF), dont ils sont redevables, a indiqué mardi son avocat. "François Hollande considère que les propos de M. Godfrain sont attentatoires à son honneur, et il demande réparation", a précisé Me Jean-Pierre Mignard.

Révélée par Le Canard Enchaîné daté de mercredi et déposée auprès du tribunal correctionnel de Toulouse, la plainte de François Hollande vise le député UMP de l'Aveyron Jacques Godfrain et le quotidien régional La Dépêche du Midi qui avait reproduit des propos de ce dernier. Le couple est détenteur, avec les parents de François Hollande, d'une SCI, dénommée La Sapinière et rassemblant des actifs immobiliers : une maison à Melle (Deux-Sèvres) appartenant à Ségolène Royal, une maison à Mougins (Alpes-maritimes) achetée en viager, et un appartement à Boulogne-Billancourt qui appartient aux parents de François Hollande, selon leur avocat. En revanche, elle ne comprend pas la maison de l'avenue Duquesne, à Paris, un moment habitée par le couple, car celui-ci ne faisait que la louer.

Le 10 janvier, après une rumeur née sur Internet via un mail envoyé et un message posté sur de nombreux blogs et forums, le député UMP de l'Aveyron Jacques Godfrain avait évoqué l'existence de la SCI. "En faisant cela, on ne paie pas l'impôt sur la fortune", ajoutait-il, selon La Dépêche du Midi du lendemain. "L'existence de cette SCI a été incluse dans la déclaration patrimoniale de François Hollande, pour laquelle la déclaration d'impôt sur la fortune a été faite", a formellement démenti l'avocat du Premier secrétaire.

Et une Renault Scenic

La candidate socialiste à l'élection présidentielle, sollicitée par la presse, a d'autre part rendu public mardi son patrimoine. "En cumulant les deux patrimoines, précise-t-elle, François Hollande et moi sommes redevables de l'ISF pour la deuxième année consécutive pour un montant annuel de 862 euros".

Ségolène Royal détaille ainsi ses avoirs : "- part, pour un montant de 197.800 euros, dans l'appartement familial de 120 m2 à Boulogne-Billancourt acheté en 1990 par emprunts sur 15 ans aujourd'hui remboursés. - part dans une maison des Alpes Maritimes de 120 M2 achetée avec un plan épargne logement en 1986. Emprunt remboursé. J'en possède une part pour un montant de 108.000 euros en valeur actuelle. - maison à Melle, dans ma circonscription, de 100 m2 (logement et bureau ; mise à disposition gratuite pendant les vacances au bénéfice de l'association Familles sans vacances). 168.000 euros (valeur d'achat), moins 111.024 euros d'emprunt sur 15 ans en cours de remboursement, soit 50.000 euros de patrimoine net". Aux chapitres actions-obligations, objets de valeur, assurance vie, Ségolène Royal précise à chaque fois "aucune". Elle déclare enfin être propriétaire d'une Renault Scénic.

Réagissant à la plainte pour diffamation, le député UMP de l'Aveyron Jacques Godfrain a affirmé mardi qu'elle le laissait "complètement froid". "J'ai publiquement cité un site que tout le monde peut consulter et qui existait déjà depuis un certain temps. Est-ce illégal?", s'est interrogé l'élu.


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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 17:30

Ségolène Royal a dénoncé mardi des méthodes de "racailles" à la suite de rumeurs laissant entendre que le couple Hollande-Royal aurait tenté d'échapper à l'impôt de solidarité sur la fortune.

"J'ai subi des attaques diffamatoires insupportables. Je pense que des méthodes de campagne comme celles-ci sont inadmissibles", a dénoncé la candidate socialiste sur LCI. "Ce sont des méthodes, comment disent-ils déjà, un peu de 'racailles'".

"J'y répond par la transparence et par la clarté", a tonné la candidate socialiste, qui avait fait connaître dans la journée dans un communiqué le contenu de son patrimoine et précisé que son compagnon François Hollande et elle-même allait payer l'ISF pour la "deuxième année consécutive". "Je souhaite que ce type d'attaques diffamatoires diffusées massivement sur Internet puisse cesser".

"J'ai toujours fait de la transparence et de l'honnêteté dans le comportement personnel de la morale politique ma ligne de conduite", a-t-elle ajouté. Et de prévenir: "ceux qui insinuent qu'il pourrait en être autrement, cela va se retourner contre eux".

Source : AP


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Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /2007 07:41
Votre avis nous interesse.

-Comment avez vous trouvé Ségolène Royal hier soir sur TF1 ?
-Quelles sont les mesures qui vous ont le plus marqué ?

Votre avis nous intéresse.

Nous mettrons vos réactions en ligne après modération.

La vidéo de l'émission sera mise en ligne dans la journée.
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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 22:16

Collège du Hauts-Mesnil, ce matin

En cette période troublée pour les professeurs de collège et de lycée, Ségolène Royal a envoyé une lettre destinée aux professeurs afin de manifester sa reconnaissance et son soutien à l?enseignement public.

 

 

Le comité « Montrouge a du Désir »  tient à profiter de la publication de cette lettre pour apporter son soutien le plus franc aux professeurs des différents établissements collèges et lycées de Montrouge qui  luttent pour une éducation meilleure pour les enfants de notre ville, nos enfants.

 

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Si je peux aujourd’hui m’adresser à vous, c’est à mes professeurs que je le dois, car c’est à l’école que j’ai été soutenue, encouragée, valorisée et que j’ai reçu le bagage qui m’a permis d’être une femme libre.

L’Etat sera demain le garant de la reconnaissance que vous attendez. Je m’adresse directement à vous toutes et à vous tous parce que l’école, qui forme les générations de demain, qui prépare l’avenir de la Nation, est concernée prioritairement par le choix de société que les Françaises et les Français exprimeront les 22 avril et 6 mai prochains.

L’éducation ! Tel est, pour moi, l’enjeu majeur de l’élection présidentielle. Avec moi, l’éducation sera au cœur de tout et en avant de tout.

Lever des malentendus, vous dire mes convictions, ma confiance et ma reconnaissance pour votre mission, vous faire connaître ma volonté, tel est l’objet de cette lettre.

La République s’est construite par et autour de son école, l’école gratuite, obligatoire et laïque. Je suis moi-même la fille de cette école. J’en assume l’héritage ; j’en revendique les valeurs ; je veux poursuivre son œuvre dans l’avenir.

Notre pays vit des crises profondes : crise économique et sociale ; crise politique et morale ; crise de l’esprit public. Je veux apporter des remèdes à ces crises. J’ai voulu écouter les Françaises et les Français. Ils m’ont exprimé leur révolte, leurs colères. Ils réclament des réponses claires aux urgences auxquelles j’entends répondre pour réussir ce changement que notre pays attend : l’urgence économique et sociale, l’urgence éducative et culturelle, l’urgence écologique, l’urgence démocratique.

Je veux remettre le pays debout. Mais j’ai besoin, pour réussir dans cette tâche, de tout votre soutien et de tout votre engagement. Rien de grand ne se fera sans vous. J’ai pour l’école de la France une immense ambition. Pour refonder la République, pour guérir nos blessures, pour reconquérir nos territoires perdus, j’ai besoin de vous, de votre dynamisme, de votre engagement.

Je sais que l’école concentre toutes les difficultés de notre société. Mais je sais aussi qu’il ne lui appartient pas de résoudre toutes ces difficultés. La société ne doit pas se défausser sur l’école de tous ses échecs ou de tous ses renoncements. C’est pourquoi, je l’ai dit, il faudra de nouvelles politiques territoriales, des aides aux parents, des moyens renforcés pour la justice, une priorité à l’emploi et au logement, la revitalisation du tissu associatif. Autour de l’école, de nouvelles politiques doivent aider l’école à assumer au mieux sa tâche, qui est d’instruction et d’éducation. Je m’y engage.

Mais si l’école ne doit et ne peut pas tout, son rôle est essentiel. Pour lutter contre le fléau du chômage, la montée des inégalités, la perte de l’esprit public, le retour des fondamentalismes et la marchandisation du savoir et de l'information, l’école est au premier rang du combat. C’est ce qui fait la dureté de votre tâche ; c’est ce qui fait aussi sa noblesse et sa vocation. Et si la France demeure l’une des premières Nations du monde, si elle a conservé son rayonnement et son attractivité, elle le doit en grande partie à son école, à la qualité et au dévouement de ceux qui la servent.

Depuis des années, l’école est attaquée : elle l’est dans ses moyens par des budgets insuffisants ; elle l’est dans ses missions par des ingérences pédagogiques inacceptables ; elle l’est dans son autorité et dans sa dignité par des procès d'intention et des mépris coupables. Cela doit cesser. Il faut donner à l’école de la République et à ceux qui la servent tous les moyens et toute la considération nécessaires pour lui permettre d’accomplir son œuvre nationale. Je m'y engage.

C’est pourquoi un plan pluriannuel de prérecrutement, de recrutement et de création d’emplois sera mis en place. Je l’accompagnerai d’un plan de résorption de l’emploi précaire. Je referai de l’école le premier budget de la Nation et je proposerai une loi de programmation pour garantir cette priorité. Je veillerai à ce que les métiers qui entourent et aident les enseignants et les élèves, autour de l’école comme dans l’école, soient à nouveau encouragés et soutenus. Nous avons besoin de personnels d'encadrement, d'infirmières, de psychologues, d’assistants sociaux, de conseillers d’orientation.

Dès la rentrée de septembre prochain, je rétablirai les postes d’enseignants qui ont été supprimés.

Je veux redonner la considération qu’ils méritent aux enseignants, en améliorant les possibilités de formation, les conditions de travail, les déroulements de carrière, les rémunérations. C’est un vaste chantier qui supposera une très large concertation avec vous et une réflexion partagée sur les missions du métier d'enseignant. Je sais que vous y êtes prêts. Je veux que la Nation soit présente à ce rendez-vous. C’est pourquoi j’ai proposé comme méthode le dialogue et la concertation avec vos représentants dans le cadre d’Etats généraux de l’éducation que j’ai décidé de tenir dès juin prochain avec vous ainsi qu’avec tous ceux qui partagent la préoccupation de la justice et de l’excellence pour tous. Il ne s’agit pas de préparer une nouvelle réforme, mais de faire en sorte que notre éducation fonctionne mieux. C’est dans ce cadre que je proposerai la mise en œuvre d’un soutien scolaire individuel gratuit pour les élèves. Les enseignants qui souhaiteront l’assurer seront évidemment rémunérés.

Dans la fidélité à nos valeurs, je veux bâtir avec vous l’école du XXIème siècle, celle de la réussite pour tous vos élèves. La difficulté de votre tâche, je la connais ; j’en sais aussi la grandeur, et je sais la fierté que vous avez d’exercer votre mission.

Mon Pacte présidentiel place l’école en son cœur. Lorsqu’il faut vaincre les fatalités, les pesanteurs, les peurs, les égoïsmes, alors nous retournons toujours aux mêmes sources. Nous avons besoin des lumières du savoir contre l’obscurantisme, de l’égalité contre les privilèges, de la laïcité contre les fanatismes et les intolérances, de la gratuité et du service public contre la marchandisation de l’éducation.

Mon engagement politique s'est construit dans ma reconnaissance à l'égard de l'école. Je lui demeure fidèle. J’ai confiance en vous. Vous pouvez avoir confiance en moi.

Veuillez agréer, Madame, Mademoiselle, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
 
Signature Ségolène Royal
 

Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Réactions
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 /04 /2007 16:57

 Nous avons reçu cet appel des enseignants et des parents d'élèves du Collège Georges Pompidou de Villeneuve la Garenne. Ce texte montre bien comment le Président du Conseil Général de notre département, Nicolas Sarkozy, laisse certains établissements scolaires à l'abandon. Est-ce là l'école que nous voulons pour les jeunes français ?

"Montrouge a du Désir" apporte tout son soutien aux parents, aux enseignants mais aussi aux enfants qui doivent étudier dans ces conditions déplorables.

Collège Georges Pompidou

1, av. Georges Pompidou

92390 Villeneuve la Garenne

Villeneuve-la-Garenne, le 4 avril 2007

A l'attention de tous.

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes des enseignants et des parents d'élèves du collège Georges Pompidou de Villeneuve-la-Garenne, dans le nord des Hauts-de-Seine. Ce collège est dans un état calamiteux, tant du point de vue des locaux que des moyens consacrés à l'éducation d'élèves issus en grande majorité de l'immigration et appartenant à des milieux sociaux très défavorisés.

Après un travail sur la Convention Internationale des Droits de l'Enfant avec des élèves, il nous est apparu évident que plusieurs de leurs droits fondamentaux y étaient bafoués et nous avons tous, enseignants, CPE et surveillants, décidé de lutter contre la fatalité: il nous semble indigne de la République de ne pas faire de l'éducation de ces enfants des cités une priorité absolue.

Nous sommes en zone d'éducation prioritaire mais quelle priorité leur est véritablement donnée ?

Notre établissement est pourtant situé dans le département le plus riche de France, dans une région présidée par Nicolas Sarkozy [NDLR : Nicolas Sarkozy est le Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, administration compétente pour les collèges. Le Président de la Région Ile-de-France est le Socialiste Jean-Paul Huchon].

Or, les locaux sont dans un état de vétusté intolérable, les plafonds s'écroulent en plein cours, les rideaux sont déchirés, les murs dégradés. L'unique salle d'informatique compte 14 ordinateurs pour 670 élèves. En début d'hiver, les cours ont eu lieu sans chauffage pendant une dizaine de jours. Le collège va être reconstruit, cela veut dire encore quatre années à apprendre et enseignée dans un environnement défavorable.

Par ailleurs, l'infirmerie a été incendiée le 5 décembre dernier. Depuis, l'infirmière n'avais plus aucun outil pour soigner ou dépister les élèves, pas le moindre thermomètre, pas même un matelas pour allonger un élève: l'infirmerie était absolument vide. Le mouvement des enseignants et des parents, a permis d'obtenir un minimum de matériel, ce qui est encore insuffisant. Il y a eu 4 départs de feu dans l'enceinte du collège depuis les vacances de février dont un a nécessité l'intervention des pompiers.

 

Les personnels de la vie scolaire, surveillants et CPE, sont 7 pour 670 élèves, soit un pour cent. Ils sont régulièrement insultés ou menacés, ont fait l'objet de violences physiques.

 

Par décision académique, l'an prochain, quatre classes seront supprimées, et nous perdrons 90 heures de cours et dix enseignants. Les classes d'enseignement adapté, les SEGPA, sont encore plus rudement touchées, l'an prochain les 6èmes et les 5èmes seront regroupés dans une même classe. Des heures d'UNSS, activités sportives proposées le mercredi après-midi, seront supprimées.

Les enseignants, en se mettant en grève ont initiés un mouvement commun. Bénéficiant d'un très fort appui des parents d'élèves qui bloquent le collège tous les matins et refusent d'y envoyer leurs enfants depuis vendredi 31 mars, nous espérons que vous manifesterez votre soutien, avant vendredi prochain, jour des vacances scolaires.

Nous sommes en train d'organiser une soirée, jeudi à partir de 17H30, qui réunira de manière conviviale parents et professeurs.

Nous attendons que les élus montrent publiquement que l'éducation de ces enfants des cités est une priorité absolue.

Les enseignants et les parents d'élèves du collège Georges Pompidou

 

collegepompidou92@hotmail.fr

http://collegepompidou92.blogspirit.com


Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Réactions
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Mardi 28 août 2007 2 28 /08 /2007 20:42
 
Chère camarade,

Dans une interview récente (le JDD du 26 août 2007), parlant de Ségolène Royal,
candidate à la dernière élection présidentielle, tu estimes qu’ « elle a été imposée par
les sondages et les médias » et que « c’était un leurre ».
Nous sommes un certain nombre, militants de longue date du même parti que toi, le
PS, ou adhérents plus récents (ces fameux « nouveaux adhérents » arrivés en
masse et parfois moqués ou craints – ou les deux) à vouloir te faire part de notre
« étonnement » à la lecture de tes propos.

En effet, si nous pouvons accepter – à condition qu’elles ne finissent pas par nous
paralyser, nous faire tenir des discours contradictoires illisibles pour nos concitoyens
et nous conduire à l’échec – des divergences sur certaines questions de fond,
idéologiques ou stratégiques, il est insupportable de voir à ce point délégitimé le vote
des militants socialistes qui, à plus de 60%, ont, le 16 novembre dernier, choisi
Ségolène Royal pour être la candidate de leur parti.

Il est vrai que nous avons déjà connu le non respect de ce vote dans un processus
antérieur. Mais aussi contestable soit-il, il résultait d’une divergence d’appréciation
réelle. Ici, ce que tu mets en doute, en faisant référence au rôle des médias et des
sondages, en suggérant la manipulation à laquelle se seraient laissés prendre 60%
des adhérents socialistes, c’est tout simplement l’intelligence de ces militants, leur
clairvoyance, leur autonomie, leur libre arbitre. Nous tenons à le réaffirmer, ce ne
sont ni les médias ni les sondages qui nous ont redonné espoir après la cruelle
défaite de 2002 mais ce que la candidature de Ségolène Royal apportait en terme de
démarche comme de renouveau idéologique. Et ce, qu’il s’agisse, pour proposer une
réponse progressiste et adossée à nos valeurs aux attentes des Français, de la
démocratie participative, du refus des sujets tabous ou de la confrontation avec le
monde tel qu’il est.

Si nous sommes profondément choqués, c’est parce qu’à travers ton affirmation,
c’est également toute la légitimité du processus démocratique – interne au PS mais
en général – que tu mets en cause, assimilant finalement militants et, plus largement,
électeurs à des consommateurs immatures, susceptibles d’être totalement
conditionnés.

Ce n’est pas sur de telles bases que nous allons pouvoir retrouver confiance en nous
et, surtout, redonner confiance aux Français. Il nous faut pourtant, pour la suite,
retravailler ensemble. Nous y sommes prêts si ce qui nous rassemble au sein de
notre Parti – notre histoire commune, nos valeurs, nos conquêtes et notre désir
d’alternative à la politique du président élu – sait être plus fort que les trop
nombreuses tentations centrifuges qui, à travers règlements de comptes, rancoeurs
personnelles et expressions individuelles, nous menacent aujourd’hui.

Reçois, chère camarade, nos salutations socialistes.

Des adhérents du Parti socialiste


Si vous êtes adhérent du PS et que vous souhaitez cossigner cette lettre, vous pouvez le faire en envoyant un e-mail à cette adresse : fatou@tangana.com
en précisant bien votre nom, votre prénom et votre Section.
Par Nicolas Gatineau - Publié dans : Réactions - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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