Ségolène Royal - France Inter
Vidéo envoyée par franceinter
Ségolène Royal est l'invité de Fabrice Drouelle dans le 7/10 de France Inter (8h20 - 11 mars 2009)
MONTROUGE A DU
DESIR
Le comité local de Désirs
d'Avenir
Ségolène Royal - France Inter
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Ségolène Royal est l'invité de Fabrice Drouelle dans le 7/10 de France Inter (8h20 - 11 mars 2009)
Ségolène Royal aux banques: "J'en ai marre! J'en ai marre !"
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Ségolène Royal était l'invitée de RTL ce 27 janvier 2009.
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Ségolène Royal.
Ségolène Royal : Bonjour.
Martine Aubry a-t-elle eu raison d'inciter les députés socialistes à déposer la motion de censure du gouvernement qui sera discutée, cet après midi à l'Assemblée nationale ?
Je le pense. En effet, la situation économique et sociale est extrêmement grave dans le pays. Elle se détériore rapidement. Et en face, on a un gouvernement qui n'a peut-être pas pris la mesure
de l'ampleur de la crise, en tout cas que les Français jugent beaucoup trop inerte et beaucoup trop en-deçà de ce qu'il faudrait faire.
"Le gouvernement est inerte. Il aide les banques. Il aide les constructeurs automobiles. Il aide les fabricants d'avions. Il aide tout le monde". Il est vraiment inerte, Ségolène Royal
?
Les Français voient tout cela. C'est vrai, il y a un certain nombre de choses qui sont faites. Mais en même temps, la grande interrogation c'est qu'en est-il du péché originel de ce gouvernement,
c'est-à-dire du bouclier fiscal ? A partir du moment où les Français ont le sentiment que les efforts sont mal répartis ou alors que l'injection de fonds publics dans les banques n'est pas suivie
des mesures de contrôle nécessaires qui permettraient d'empêcher, par exemple, la fuite en avant dans le surendettement des familles qui est un problème extrêmement lourd aujourd'hui, il y a
beaucoup d'angoisses, beaucoup de souffrances. On voit des chefs d'entreprise se suicider parce qu'ils sont au bout du rouleau. On voit des familles renoncer à mettre leurs enfants dans
l'enseignement supérieur, y compris maintenant dans les familles moyennes. On voit des retraités ne faire plus qu'un repas par jour. Et on voit en face un gouvernement qui n'accepte pas de
reconnaître qu'il a fait une erreur dans ce début de législature en donnant 15 milliards d'euros aux plus riches. Si on les supprime, ça fait 1.000 euros pour 15 millions de famille.
On a l'impression que l'importance de la crise n'a pas grand chose à voir avec le "paquet fiscal" que vous évoquez ? C'est plus important !
Mais je pense que tout se tient. Il y a le "paquet fiscal", il y a la réforme fiscale qui ne vient pas, 20 milliards d'euros de niches fiscales, ça permettrait de donner 1.000 euros à 20 millions
de famille, ça n'est pas rien aujourd'hui. Regardez 1.000 euros + 1.000 euros, ça ferait déjà 2.000 euros à réinjecter tout de suite dans le pouvoir d'achat. On voit une réforme bancaire qui ne
vient pas, c'est-à-dire des milliards d'euros qui ont été injectés dans les banques et des familles qui sont de plus en plus endettées. A tel point, regardez Jean-Michel Aphatie, j'ai présidé
hier mon conseil régional, j'ai dû remettre des crédits de la région pour créer un micro-crédit social gratuit, pour empêcher... parce que j'en ai marre ! J'en ai marre, Jean-Michel Aphatie ! de
voir des banques continuer comme si de rien n'était...
Les banquiers ne font pas leur travail ?
... A pratiquer des taux d'intérêt de 18% pour des familles qui ont tout simplement besoin de changer de voiture, besoin de déménager, besoin simplement de vivre et de construire leur projet
d'avenir. Et aujourd'hui, ce qui manque cruellement...
Pourquoi vous dites que vous en avez marre ? Qu'est-ce que ça veut dire quand un responsable politique dit : j'en ai marre ! et qu'il le répète trois fois ?
Ca veut dire qu'il porte la parole des gens qui attendent d'un gouvernement quel qu'il soit, de prendre...
Mais là, vous parlez des banques.
... Oui, mais les banques ont été renflouées par les contribuables. Donc, la responsabilité de l'Etat aujourd'hui c'est de mettre en contrepartie des règles. Ca a été fait dans tous les pays
européens. Pourquoi est-ce qu'en France, il n'y a pas des règles en contrepartie de l'injection des fonds publics dans les banques ? C'est un élément crucial de la politique économique
aujourd'hui puisqu'on attend des banques qu'elles remplissent leur rôle, c'est-à-dire qu'elles prennent des risques mesurés à l'égard des entreprises, et qu'elles cessent d'enfoncer les familles
dans l'endettement. C'est quelque chose qui est très important, je vous assure... qui est une angoisse aujourd'hui profonde parce que les familles, je le répète : les Français voient les mois se
dérouler et leur endettement augmenter. Et on sait que la crise financière est née du surendettement des ménages aux Etats-Unis, on le sait. C'est ça qui a fait basculer dans la crise l'ensemble
du système de nos économies. Donc, il ne faut pas recommencer.
Allez-vous manifester, jeudi, Ségolène Royal ?
Jeudi, je serai au Forum Social de Belem. Alors vous allez me dire : mais pourquoi ?
Au Brésil ?
Au Brésil. Et vous voyez, je pense qu'il y a un lien... Je vais vous dire quoi ?
Pourquoi vous êtes à Belem au lieu de venir manifester ? Non, vous n'allez pas me dire ça ?
Non, non. Ah non, je ne vais pas vous dire ça. Non, non, non.
Alors, c'est bien de manifester. Vous serez ailleurs, d'accord. Vous n'y serez pas.
Mais je serai ailleurs parce que là aussi, je crois qu'il y a un lien très étroit. Vous savez, j'étais à Washington ; ensuite, je fais du travail concret dans ma région.
Mais partout où se fait l'histoire, c'est ça ?
Je vais là où il y a, en effet, des moments historiques très importants mais qui ont un lien les uns avec les autres. Et si vous le permettez, quel est le lien entre ce formidable événement de
Washington avec le peuple américain, notamment le peuple noir qui se réconcilie avec son histoire et un Barack Obama qui pousse son pays vers l'avenir avec de l'espoir. Belem avec les
alter-mondialistes, c'est la suite de Porto Alegre. Qu'est-ce qui s'est passé à Belem ? Et à Porto Alegre ? C'est la suite. C'est premièrement : un autre monde est possible ; et donc, nous devons
tous, aujourd'hui, réinventer ou inventer le modèle de développement qui va succéder à la crise et deuxièmement : qu'est-ce qui se dit dans le forum social mondial comme ça s'était dit à Porto
Alegre ? C'est qu'aujourd'hui, il n'est plus possible de faire de la politique sans les gens, sans le mouvement social, sans les associations et que les dirigeants ...
Et donc vous serez à Belem, jeudi ?
.... Juste un mot parce que c'est très lié à ce qui se passe en France. Les dirigeants, les grandes banques, les "sachants" ont mis le système dans le mur, ont échoué. Et donc, il faut, en effet,
que le mouvement social, que les citoyens reprennent la main, qu'on leur redonne la parole, qu'ils prennent la rue, c'est ce qui va se faire jeudi, c'est ce qui se fait pacifiquement aux
Etats-Unis pour une autre façon mais d'une certaine façon, c'est aussi comme l'a dit Barack Obama, avec la démocratie participative, une volonté d'associer toutes celles et ceux qui subissent la
crise, d'autres qui profitent de la crise et un système de décisions qui n'est plus adapté au Monde contemporain.
Un ministre, Eric Woerth, ministre du Budget, vous demande d'éclaircir vos rapports avec l'homme d'affaires Pierre Bergé qui finance votre action politique. Eric Woerth s'en est ému. Il dit :
"Il faut qu'elle éclaircisse ce rapport parce qu'il faut savoir comment la politique est financée".
Mais ce rapport est très clair...
Il respecte la loi ? C'était la question d'Eric Woerth.
Mais bien sûr, il respecte la Loi. Eric Woerth demandait si "Désirs d'avenir" est un parti politique ? Non. Mon parti politique, c'est le Parti socialiste. Et "Désirs d'avenir", c'est une
association
Et c'est bien d'être financé par un homme d'affaires ? C'est pas un problème ? Ca ne vous lie pas à quelqu'un si jamais un jour vous êtes au pouvoir, peut-être que vous lui serez redevable
?
Je ne le crois pas parce que d'abord, Pierre Bergé n'est plus directement dans les affaires, d'une part. Il n'est pas le seul. Il y a heureusement beaucoup de personnes qui veulent
s'impliquer dans la réflexion et "Désirs d'avenir" est d'abord, une structure de réflexions pour justement préparer, travailler, écouter, se déplacer, pour voir quels sont aujourd'hui les grands
principes et les grandes valeurs qui devraient nous guider.
On a lu que le Parti socialiste ne vous payait plus certains de vos collaborateurs, et même plus vos journaux. C'est vrai ?
Parce que c'est une collaboratrice qui était chargée de presse et donc qui avait les journaux. C'était son outil de travail.
Ca va à ce point, mal, entre vous et le Parti socialiste, Ségolène Royal ?
Je vais vous dire, Jean-Michel Aphatie, je ne demande rien pour moi. Je me débrouille comme je peux, même si en effet, aujourd'hui, nous ne sommes pas malheureusement étant 50% du Parti
socialiste, nous ne sommes pas dans la direction. La vraie question politique, c'est que Martine Aubry fasse en sorte, on a vu que les temps sont durs, on vient de le voir, que l'ensemble des
socialistes soient rassemblés, que mon équipe rentre à la direction du Parti socialiste. Et moi je suis disponible pour être utile. Je ne demande rien. J'ai proposé soit de m'occuper des élus de
terrain parce que je crois à la force de la décentralisation et aux expériences de terrain qui réussissent ; soit des relations internationales. Je suis disponible pour travailler, pour me rendre
utile mais je ne demande rien pour moi.
Voilà. Ségolène Royal, qui ne demande rien, était l'invitée de RTL ce matin.
Le Parisien
Ségolène sur France 2
Vidéo envoyée par segoleneparis
Interview de Ségolène Royal durant le journal de France 2. www.segoleneparis.fr
Vous envisagez
désormais de prendre les rênes du PS, mais ne vous en êtes-vous pas tenue trop éloignée depuis l'élection présidentielle ?
Je ne le crois pas. J'ai profité de ces quelques mois pour lire, écrire le bilan auquel je m'étais engagée*, travailler sur le fond et accepter des invitations politiques à l'étranger. Et à chaque fois avec des élus et des responsables socialistes ! Et consacrer du temps à mes enfants et à mes amis. Cette respiration était nécessaire. Du coup, cela a créé une interrogation sur mes projets. Certains m'ont crue anéantie. Eh bien non ! J'ai beaucoup réfléchi, beaucoup consulté, et j'ai entendu tous ceux qui me demandaient si j'allais les laisser tomber. Je pense notamment aux jeunes des quartiers, mais pas seulement, qui attendent tellement que la politique change, et à d'autres qui ont cru à certains slogans et qui aujourd'hui se sentent trahis et nargués.
Vous pensez que les courants, dans l'opinion comme au PS, vous sont encore porteurs ?
Dans de multiples signes quotidiens, je peux vous dire que le lien avec les Français est resté intact. A chaque fois, j'en éprouve la même émotion. Tant de gentillesse, de générosité, d'attente ! Les millions de voix qui se sont portées sur mon nom au second tour de la présidentielle me donnent surtout des devoirs et une incontestable expérience. Personne ne peut contester qu'il y a un potentiel à mettre au service du PS et de la préparation de l'alternative. Je suis très heureuse de voir que beaucoup des idées que j'ai portées durant la campagne sont aujourd'hui largement reprises, notamment dans le cadre des forums du PS. Nicolas Sarkozy continue de piller les propositions qu'il combattait il y a encore six mois, je pense à la réforme de l'indice des prix. Il vient même de reconnaître qu'on ne peut réformer un pays sans dialogue social, quelle découverte ! Mais que de temps perdu et de dégâts en sept mois ! Il a aussi dérobé à Edgar Morin le concept de « politique de civilisation », alors que sa méthode est aux antipodes de cette humanisation des politiques publiques.
Certains vous reprochent de lancer une offensive pour prendre le contrôle du parti alors que démarre la campagne des municipales...
Je m'intéresse à l'avenir du PS, je travaille et j'irai jusqu'au bout de ce travail en équipe. Ne nous trompons pas. Ce sont les polémiques entre socialistes qui nuiraient à la dynamique de la campagne municipale. Et je mets en garde ceux qui s'amuseraient, une fois de plus, à se tirer une balle dans le pied. Car, voyez-vous, c'est le mouvement qui fera gagner des mairies supplémentaires. J'ai fait bouger les lignes durant la campagne. Le travail politique doit d'abord se faire sur les idées. La question du leadership et de ma responsabilité se posera à ce moment-là, et à ce moment-là seulement.
Ecartez-vous l'hypothèse de vous rallier à un premier secrétaire autre que vous-même ?
La question n'est pas d'actualité. Cela ne vous empêche pas de pousser les feux du débat interne... Tant mieux s'il y a du débat ! Pour moi, la politique, c'est faire mouvement d'entraîner, de donner envie.
Quand souhaitez-vous que le congrès ait lieu ?
Ce qui compte, c'est le contenu. Et il faut que les socialistes soient fraternels les uns avec les autres quelle que soit la densité des débats, qui doivent être utiles à la France.
Quel est votre programme immédiat ?
Retravailler avec tous les socialistes, y compris ceux qui hier n'ont pas été à mes côtés, pour rassembler, réunir, consulter, discuter, proposer. Stimuler les forums participatifs dans le cadre des municipales. M'impliquer pleinement aux côtés des candidats aux municipales et cantonales qui me le demandent. Poursuivre le travail de réflexion en profondeur pour le mettre demain au service des Français, pour le traduire en action et en résultat. Et participer, le 20 janvier, au forum sur la rénovation du PS qui se tiendra à la Mutualité, à Paris.
Propos recueillis par Philippe Martinat - Le Parisien
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